‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 384 sur 426 · RÉPUTATION, CONSIDÉRATION; —MOU, U · texte numérisé non relu

RÉPUTATION, CONSIDÉRATION; —MOU, U

NOM, RENOMIIEE, CÉLÉBRITÉ. Place qa'oD £ dans l'opinion des hommes « Vous, vous é:es M. de Voltaire , nom qui renferme tous les genres de bonheur, réputation^ considération^ célébrités

DUDBVF. •

Héputation est le terme général , le plus commun de tous et le plus faible. Il est si bien indéterminé, qu'on y ajoute souvent d'autres mots qui le déterminent : réputation de vertu , de misanthropie, de savoir, de talent. Il n'expriae riea de brillant, rien de grand, à quoi chacun ne puitf e prétendre et parvenir. Il a d'ailienrs celi de spécial et de distinctif , qu'il marque plus particulièrement l'idée que les autres oat de nous sous le point de vue moral ou quant à h probité.

La considération est une haute réputsHon, une réputation distinguée, qui rend eonsidén

9ii

^e, qui fût qn*on est regardé, compté, tenu our beaucoup, qu'on impose. Elle peut provenir es qualités, du mérite, il y aune cansidérty- Ion personnelle ; mais elle dépend plutôt encore e l'état, du rang, des richesses, du pouvoir *obligeret de nuire. « Il ne faut pas confondre i eonsidératûm arec la réputation : celle-ci est rincipalement le frUt des talents ou du savoir ; &Ue-lA est attachée au rang, à la place, aux icbesses , ou en général au besoin qu'on a de eux à qui on l'accorde. » B'Al. « On voit dans entrée triomphante de Jésus-Christ à Jérusalem n homme , qui paraissait le dernier de tous les ommes en considération et en puissance, receoir de tout le peuple les plus grands honneurs.» oss. « Après la mort de Charles I**, l'Angleterre erdit sa considération avec son bonheur; les utres nations la crurent ensevelie sous ses uines jusqu'au temps où elle devint tout à coup lus formidable sous la domination de Crom- ^eli. a Volt. « Persée voyait aveq une peine ifinie que la considération de son frère Démérius dans la Macédoine et son crédit chez les omains augmentaient de jour en Jour. > Roll. Lorsque dans la monarchie la profession lucrave des traitants parvient encore à être une proission honorée, un dégoût saisit tous les autres tats , l'honneur y perd toute sa considération, » LoMTBSQ. c Le mépris des richesses était dans ;s philosophes un chemin détourné pour aller à i considération qu'ils ne pouvaient avoir par les ichesses. » Larocb. c Helvétius* avait une rande fortune, une place à la cour, une consiération personnelle et méritée. » Lab. — D'un litre côté, considération est de tous ces mots > seul relatif à ce que l'opinion que les autres at de nous nous attire de leur part. On dit des inaoignages de considération (J. J.), c'est-à-dire is égards , des attentions , des respects. On se it une réputation , on obtient de la considéra on. « A cinquante-cinq ans la fortune est éta- Lie, IsL réputation faite, la considération obtene. » BuFF.

La réputation et la considération sont d'ordi* lire bornées, elles ne s'étendent pas au delà du ircle des personnes qui nous entourent. En cela, les diffèrent profondément du nom, du renom , î la renommée et de la célébrité ^ par lesquels 1 est connu au loin dans l'espace ou dans le mps , par lesquels on fait du bruit, on a de la )gue ou de l'éclat. Chacun de ces mots désigne ne grande réputation, une réputation répandue ms le monde , qui fait qu'on est dans toutes s bouches : volito per ora virûm.

Le renom est le redoublement du nom, il renlérit sur le nom^ il désigne non pas seulement le grande, mab une très-grande réputation. liant à la renommée , elle n'est autre chose que i renom considéré d'une manière concrète : le inom se mesure par le bruit ou par l'étendue uMl remplit, la renommée par les choses, le Dmbre des choses qui en font le sujet. Un 9mme de renom; attaquer la renommée d'un omme. Pour plus ample distinction de ces trois lots, voy. I" partie, p. lit et 199.

réputation d'une certaine espèce, celle qui s'acquiert par les talents de l'esprit, et donne une place dans la mémoire et dans l'estime des gens instruits: la célébrité littéraire (J.J., n'ÀL.), d'un ouvrage d'esprit (Volt.), d'un écrivain (Volt., J. J., Lah.), d'un poète (Cond.), d'un philosophe (In.), d'un savant (Montksq.). « La célébrité des deux avocats, Cicéron, accusateur, et Hortensius, défenseur de Verres, me parait digne de curiosité. » Roll. « VÀrt poétique mit le comble' à la célébrité de Boileau et à l'autorité qu'il avait dans les lettres. » Mark. « Helvétius avait une vaine et malheureuse ambition de célébrité. 9 Làh. Ou bien la célébrité est simplement ane grande r Mutation dans les livres, dans l'histoire , celle qui fait vivre chez la postérité. « Les catholiques d'Irlande égorgèrent presque tous les protestants de leur lie en 1641 ; ce massacre n'a pas dans l'histoire des crimes la même célébrité que la Saint-Barthélémy. » Volt. « Le règne de Sixte-Quint a plus de célébrité qae celui de Grégoire XIII. » lo.

RÉSERVE, RETENUE ; — DÉCENCE, MODES- TIE, PUDEUR. Disposition à se contenir dans de certaines bornes*

La réserve et la retenue sont des principes d'action généraux, des qualités négatives, qui consistent à ne pas se donner trop de liberté, à s'abstenir^ dans certains cas» de parler ou d'agir. Ainsi l'économie est réserve ou retenue dans l'emploi de ses biens; la sobriété, réserve ou retenue dans l'usage des aliments; la discrétion, réserve ou retenue à l'égard des autres , etc. Mais la décence , la modestie et la pudeur sont plus particulières : ce sont des espèces par rapport à la réserve et à la retenue. La réserve et la retenw nous empêchent de faire quoi que ce soit; la décence, la. modestie et la pudeurnous empêchent chacune de faire une certaine sorte d'actione.

Ensuite , avec de la réserve , on se préserve, on se tient sur ses gardes , on est circonspect ; avec deéldi retenue ^ on se gouverne, on réprime ses mouvements , on est maître de soi (voy. Discrétion, réserve, retenue, p. 529). C'est-à-dire que la réserve et la retenue sont des conditions du bien , mais non pas quelque chose d'essentiellement bon. Au contraire , la décence , la modestie et la pudeur sont proprement des vertus , et non pas de simples qualités. On ne dit pas blesser la réserve et la retenue, comme on dit blesser *la dé" cence , la modestie et la pudeur ; on ne dit pas non plus passer les bornes de la réserve et de la retenue, comme on dit passer les bornes de la dé' cence , de la modestie , de la pudeur. La réserve et la retenue peuvent être employées à dissimuler, par exemple: mais la décence, la modestie et la pudeur sont toujours recommandables.

Décence , modestie , pudeur. Vertus qui demandent de la réserve ou de la retenue , qui consistent dans une sorte de réserve ou de retenue.

La décence nous empêche de violer les lois de la bienséance : c'est une réserve ou une retenue en ce qui concerne les convenances sociales. La modestie nous empêche de nous trop faire valoir:

La célébrité (latin cekbritas) est une grande I c'est une réserve ou une relenue en ce qui con-

Mt

DSOXttU PARTIS

eéroe roptnkm «pi« sont itom et q«e bom to«lons donner de nous aux autres. La psdftir novs empêche d'offenser lés morara : cTest une résene ou une ntenue en eo qui eooceme IlKnmAteté.

DéeencB imptîque Fidée de sodété : la déeenoe regarde le maintien, et, a^ee de la décence y on observe le décorum, on se montre en public bien, comme tl fout , avec dignité. Modestie implique l'idée d'humilité : la VMdestie porte à se bire petit, à s'eflkcer par rapport aux autres, et, avec de la modextte, on est sûr de plaire, parce qu'on oe blesse aucun amour^propre. Pude%r implique l'idée d'une extrême délicatesse, d^me crainte candide relativement à tout ce qui peut altérer la pureté de l'âme , et , avec de la pvdtwr, on rougit de tout , même d'être yu.

Sans décence , on est ou on agit d^une manière malséante ou messéante; sans modettie^ en est Tafn; et sans pudeur, effronté.

La différence n'est pas aussi marquée entre ces. mots , lorsqu'ils se disent tous les trois dans le sens plus particulièrement propre à ptedeur, c'est-à-dire en pariant du soin que les homme» et surtout les femmes doivent avoir d*Stre on de rester chastes , de respecter nionnêteté.

Alors la décence regarde la manière dont os se montre en public ; la modestie , la manière dont on parle ou dont on agit ; et la pudeur, les sentiments qu'on a dans l'Ame. On dit un habit indécent; des discours , des regards , des actions tmmodestes: des désirs impudiques. Une femme a de la décence, quand elle a tm extérieur, une mise, une tenue, un habillement convenables, quand elle ne fkit rien dont le monde puisse se scandaliser. Elle a de la modestie, quand- eHe n'est pas trop libre , quand elle est modérée (modeste et modéré ont la même racine , modus, mesure) dans ses discours, son ton, ses gestes, ses mouvements, ses œillades. Elle a de la pudeur, quand elle est pénétrée d'un sentiment d'aversion pour tout ce qui peut effleurer son honneur, quand son innocence s'eiihiye de tout et ftdt jusqu'à l'ombre du mal.

La décence est une modestie sociale, pour le monde ou le public, c Louis XIV fut toujours décent en public. » Volt, «r Notre régularité n'est qu'une décence que nous donnons au monde. Hass. Polixène en tombant sur la scène observe la décence (I. J.). La mode^rie est une manière de parler ou d'agir conforme à la pudeur; la pudeur est le fond , le sentiment , l'amour naturel de ce qui est pur , chaste , honnête. « Une femme à pied dans un pareil équipage n'est pas trop en sûreté contre les insultes de la populace. Ces insultes sont le cri de la pudeur révoltée, et la bniUlité du peuple , plus honnête qoe la bienséance des gens polis , retient peut-être Ici cent mille femmes dans les bornes de la modestie, » J. J.

RESPECT, VÉNÉRATIOlf, RÉVÉKENGE. (HOM- MAGE). Ces mots désignent une sorte de culte , les égards qu'on a pour une personnne, au-dessous de laquelle on se trouve placé et devant j laquelle on se prosterne en esprit.

Respect est le mot commun , vénération sîgni- '

fl« un 9Pnd raip«l; « Us fldiiGlsâi]i»

Chriar dément lii sttiNr ISfMpoi cilitMf non, qve éi»jef fadonëoB ntaenkc^è toute la tene. ■ BwBD^ • Qttsd ji vwiep. semet éet piétècn qui js onis ncoonlhife élus , f efitre-ea t&e WR^roMoii qui DM uiMi respect, » Fasc. « Lt praaier dfet é Ymm, o'ert d'iospiier QB graiA fMpetl; M I à b» méra$$em pa«r ce qusroi ii]iie.»b.0Biài respect peuf le gtin,df li^éi/ntMtpcarb v«rtu. « (Bft qui ne dunnat li plu, tMï respect de TauveDirgns pwr k géo* è lUtaire, et la tendra uMrefimd»%bBfpivl2 vertu de- YasvenavgUM. * Vin. Q f i A» h vénémtkm qudque chose âe friigiw, c'en poprement ou sovre&t ub toptd ponks Aosc saittterev Mcrées. cEa ttaiêènânt^\B)k dieasf ont pour les bœab ft bttseeti ^naà qufelle ft dégénévi en sepcutilbB, ètnÈs m de Favengl» reepett: àê rebjet d»]eirfMition ib ont £Ut une iàcHe* > Bvrp. cOn pstc au nomt de ofloyen toam ■ mpHt^M.

une vinérittion réBgieuse.>LiE tJmfimK fidèles tout ]» respect f^ttUtktMelimKcessaire pew bonorer oil agiA eween. »

Boom»; *- D'un autre eM, fopetfiBTipfortt plus à rextirieur , aox éèoMttàm.é ihirathn, à Ffatérieur, sa «liiBail; nai » ploie^Km bien respect, im»nfé»ifénx pMriel pour exprimer éa Mmspei^nèi man|nes <fe ce que oes mofli appewtîiefiK éprouve. « Kst-oni*)lltre«lHsutpB*e|»

quelque poettire de reipNlle Kitiitta<^^' ration Tïtimâat semte qv'flD a to M'î'

ilA^lmce enchérit aussi «r reiw* H M»

ble davsQtag^ â vénération K < ksiiBtaaair fice en toutes le» minières qni ^anivanspirer le respect et la rivému^^^' BoffWJ. « n 7^ s des tonnulesdefwpitf**"^ f arènes que nous prerii! à fégtri *» ^^ souvenir de» vertus âe tes père. »*"■*..

La révérence n'est pourtant pas iéei^»

vénération r c'est un gnmd rtsffd t» ^

♦. Ub ■Mteynonyi»dèfffijwtf,tiifc»^ ppès égale, e^Bit A»imm^ ; os *» pw^JJ^ ramaent effirir à quel^i'iM, àost âw^m*^ fcê Qfa ses T9€§mtê^ Viummag* c«P*"^**t juste diiUnclloB de Condillac, est Toloittn(t«B| i la persomie, parce qu'elle a du «"*'*' c'est une ftmme , de h beauté ; le ''«f** *^ et se Ibit â réUl ou â U nasanec. On ei^ porter ses kommagm eà 1-ae TWt, •'""2e libre de retaaer sea rAfMflr. U V^^zZ kammaget, des alleiilieas( l'hoosêMéic"^ fM««, desdevttin. I^'aUlesn l'^^««««f»««**îr plus dans l'eUéneor, la moutre, U fj^ ia preuve, c'est que le mol *«w«î|e »«JJ*fJ souvent et plus voIonUe^ an plnriel,e»'^ prend qoelquefois pour one choM offerte ««^ Cest qu'on «o dit pu ua aesllow» i^ eouiBM M dit ua seoUneal de resptti, s^ pompew, aolenads, édatanJs ()|^)-'rLà sont pltts jaloux de s'attirer da ^"^^ gagner des cœurs. ■ ïd. « Je roudrus j«» . lanis des quatre lunes de JupiierimreBjtf^'r que aorte d'hommage, et ne regudmc» » planète qu'avec rtspect, » Fosr.

SYNONYMES À RADICAUX mVERS.

tte, suivant le sens dujatfn rwwwi, apbnder, redouter; au lieu que la vënéraliùn on grand respect joint & l'affection, à une > «Tépanchement incompatible arec la crainte. V révérence est réservée , timide. « Le jeune xne qui serait méprisé si , devant tel autre son père, il paraissait obséquieux, humble O^intif, est cité pour modèle lorsqu'il fait flLrquer dans Tamour filial cette révérence i^e. 9 Marv. S'abstenir de prendre le bien itrul par la révérence des lois (Labr.). « Le tre touche le pain vivifiant avec grande rêvé- Ce et tremblement. » Boss. < Même sous les 1res de Tancienne loi , il faudrait toujours aster aux sacrifices avec crainte et avec tremblent.... Aussi voyez avec quelle révérence Dieu olait que les Juifs entrassent dans le sanelire. » BouBO. — Mais la vénération est tene. « Le duc de Bourgogne était pénétré pour nelon, son maître, de la vénération la plus [\dre. > D*Al. « le ne vois jamais sans attenissement et vénération ces groupes de bons eillards (les Invalides). » J. J. « Nous allons lelquefois jusqu'à sentir de la vénération ^ de unitié pour routeur d'un chef-d'œuvre d'art , , s'il était là, nous l'embrasserions. » Volt. Une autre diflCreoce , aussi importante tout au Loins, se tire de l'objectivité de révérence, La vénération s'attribue toujours aux personnes. t elle marque la manière dont elles sont dispo- ^s ou dont elles agissent : la révérence s'attriue bien aux choses , et elle indique ce qui leur st dû , la manière dont on doit être disposé ou lont on doit agir à leur égard. Une personne âeuse se comporte à Téglise avec vénération et lonformément à la révérence du lien saint. « Le lue de Montausier assistait tous les jours au saint acrifice *, et son attention et sa modestie imprinaient le respect aux ftmes les moins touchées de a révérence du lieu et de la sainteté du culte. » «"LÊcn. « H. Jurieu ébranle ainsi avec la rêvé- •ence des premiers conciles les fondements de la oi. > Boss. K C'était une manière honnête d'exirimer une condition sans blesser la révérence l'une si grande assemblée (un synode national).» D. a Les spectacles et les jeux publics , où la ré^ ^érence de l'ordre sacerdotal est ravalée. » In.

RESSEUBLAKT, SEMBLABLE. Qui est presque e même qu'une autre chose; qui s'y rapporte; [ui a des qualités identiques ou pareilles.

Les deux mots ont la même racine , eembler, lu latin similis , semblable. Mais ressemblant esl )roprement un participe , le participe du verbe 'essembler^ et semblable est un adjectif ; d'où il ml qu'ils expriment , ressemblant une qualité le fait, contingente, visible, de forme, et semblable une qualité de fond, de nature, essentielle , métaphysique. Deux choses ressemblantes Dnt le même air, les mêmes traits, les mêmes ïpparences : des enfants ressemblants à leurs pères (RoLL.); un portrait ressemblant (Acab.); une plante ressemblante au ginseng des Chinois n'Oit au Canada (Yolt.) ; les Chinois élèvent pour le combat certains petits oiseaux ressemblants à les cailles ou à des linottes (Bdff.). Des choses temblahles ont de mutuels rapports sous quelque

pomt de vue que ce toit, et, par exemple , sous le point de vue intérieur, intellectuel ou abstrait: on dit des cas, des raisonnements sevriblaibUs, et non pas ressemblants. Aofaille n'est pas ressemblant à un lion, n'étant pas fait comme lui; mais il est semblable à un lion, c'estA-dire animé comme un lion. Les hommes sont les send^làblee les uns des autres , ou sont semblables les uns aux autres; mais on dira bien, en n'ayant égard qu'à la figure, que de tous les animaux le singe est le plus ressemblant à l'homme.

Secondement et en conséquence , ressemblam dit moins que semblable : il exprime quelque chose de superficiel et d'approchant seulement» en un mot une simple ressemblance , et non une similitude ou une conformité. « Rapin aurait dû savoir qu'imiter ce n'est pas fsUre une chose semblabîe, mats une chose ressemblante; que ce ne serait pas la peine d'aller au théâtre pour ne voir que la eopie exacte de ee que l'on voit dans le monde, v Mark. «Le prince de Conti, ressewMant au grand Condé par l'esprit et le courage.... » Toit. L'auteur n'a pas osé dire semblable. « La nature produit de» pierres un peu ressemblantes à des langues. > Volt. « Voilà deux mariages assez resrmii6Zaiif«. — A peu près.» Lbs.

RÈriBLIR, RÉPARER, RESTAITRCR. (RELE- VER, RBMBmUB, RAMENER, RÉRABULrTER ).

Rendre ou faire revenir à l'état primitif.

On rétablit ce qui est abattu, ruiné ou détruH; on répare ce qui est endommagé. L'action de rétablir a pour effet de remettre sur pied ou debout . et par extension de faire renaitre ce qui est aboli, supprimé ou tombé en désuétude; l'action de réparer, comme celle de raccommoder ou de rajuster , a pour eflét de pouryoir à des échcos , à de» déchets , à des préjudices , à des pertes. Le rétablissement est une reddition, un renouvellement d'existence; la réparation, un travail de réforme : on rétablit une ancienne route depuis longtemps abandonnée; on répare urne route défoncée. Rétablir exprime simplement le retour au premier état ; réparer ne l'exprime que par rintermédiaire de l'idée d'un remède apporté à un mal , d'une détérioration corrigée. On rétablit une muraille qu'on rebâtit; on y répare une brèche. On rétablit le combat en répa^ rant le désordre causé par quelques fuyards. On r^ablit sa fortune en repèrent ses pertes ou sey malheurs. Vous rétsMissex l'honneur d'une per* sonne en réparant le tort que tous lui aves fait par vos médisances. Jiétablis dans leur terre après la captivité , les Juifs s'appliquèrent à ré* parer les chemins, les fortifications, et en général tout ce qui avait été altéré ou g&té pendant leur longue absence.

Jtettaurer ressemble fort à réparer : il suppo» aussi un mal ou un dommage éprouvé, un dépé* rissement auquel il s'agit de subvenir. Mais , au lieu qu'on r^are une chose en remplaçant les parties qui en ont été enlevées , ou en remettant ea ordre celles qu'elle a, on restaure une chose en. lui faisant reeoiirrer ce qui lui a été été de force, de vigueur, d'éclat, de prospérité. On répare une toiture; on reeknre l'astomafi. Gn

Page 1