DEUXIÈME PARTIE
petit areo le monde , tiui quittent tout poar yaquer à leur salut, pour se consacrer particulièrement à Dieu, pour vivre dans la retraite, qui sont de toutes les bonnes œuvres , qui lèvent l'étendard de la jnété (Mass.) , qui en font profession, sans pourtant prendre l'habit. La différence est donc bien grande entre la dévotion et la religion , puisque celle-ci réside dans l'ftme et n*en sort pas ; la piété tient le milieu, c Le comte de HoQcy était plus religieux, quoique moins dévot <iue sa femme qui Tafflchait , et lui le contraire.» S. S. ^ En conséquence, dévotion se prend souvent en mauvaise part pour marquer un excès ^ 'OU bien une religion ou une piété purement apparente. « Jamais tant d'extérieur de dévotion, et jamais peut-être moins de piété, » Mass. « Nul autre motif ne me fait agir, que celui d'empêcher que les vaines dévotions ne prévalent contre l'ancienne ptVI/, enseignée par saint Augustin et par saint Thomas. > Boss. « La distinction entre ^a vraie piété et la fausse dévotion, si solidement établie (dans le Tartufe) par Gléante. » Lab. « Un des plus beaux morceaux du Tartufe est celui où Molière fait Téloge de la piété chrétienne, de la ▼raie dévotion. » In. « J. B. Rousseau affectait un ton de dévotion très-propre à lui concilier tous ceux qui croyaient favoriser en lui la cause de la religion, sans songer que ]a piété vériiable n'écrit point de méchancetés. » Id. « On a dit d'un prince de nos jours , très-respectable, très-ptet» . très-bienfaisant, trés-indulgent pour les autres, et par conséquent ennemi de la persécution et du i fanatisme , qu'il était religieux , et non pas dévot. Ce mot, plein de sens, est digne d'être médité par les dérots non religieux, » D'Al.
Avec de la religion , on est pénétré du sentiment de ses devoirs envers Dieu : tels peuvent être les philosophes et les gens du monde. La piété nous fait aimer et adorer Dieu ; on n'est pas pieux sans l'habitude de prier avec ferveur et de fréquenter les temples. La dévotion nous dévoue à Dieu, nous fait donner à lui exclusivement, tout entiers.
La religim est plus dans le cœur qu'elle ne parait au dehors. La piété est dans le cœur et paraît au dehors. La diction paraît au dehors, mais sans être toujours dans le cœur (Gir.).
REMÈDE, MÉDICAMENT. En latin remedium, medicamentum^ dont la racine commune est medert, guérir, d'où vient aussi medicus, médecin, celui qui guérit. C'est ce qu'on emploie pour -guérir quelque mal.
Dans remède , re marque le rétablissement de la santé, le retour à l'état sain ou normal; et •dans médicament la terminaison ment annonce un résultat , exprime quelque chose de fait et de <)onné pour guérir.
Tout ce qui guérit le mal est remède; il n'y a de médicaments que les matières ou les mixtions trlificiellement composées , préparées et administrées pour produire cet effet. La diète, l'exercice, le bon air, la gaieté , la patience, l'eau, surtout certaines eaux minérales , le lait , la saignée , les simples, telles qu'on les recueille, sont des remèdes , et non des me'dicaments ; les médicaments sont des produits d'une certaine indus-
trie de l'homme. La nature fournit ou saggh les remèdes : le pharmacien fait , apprête les widitaments, c Le médecin Hyghens oonnaisssit bien les simples et les remèdes dont il savait Eur usage, et la composition des ntédieamenU comst le meilleur apothicaire et comme un bon ^ miste. > S. S. c Les anciens ont vanté, cobs médicament, la graisse d'oie que Ton prêparaH à Comagène avec un mélange d^aromates: et Wilhughby prétend trouver, dans la fiente d'ok. le remède le plus sûr de l'ictère. > Buff.
Ce qu'on considère dans le remède, c'est V^eU la force , l'efficacité; et dans le médieameni, c'est sa composition , ce qui y entre , on faiea Papplîcation qu'on en fait. « Le médecin loi dit qi'il avait un remède dont le succès était prompt et infaillible, mais qui était fort violeof.... Il applique donc sur ses yeux son médicawtent, oà îl avait fait entrer du suc de cantliarides. « Rou. « Si l'on fuit toutes sortes de méiHcamenU ksyqu'on est en santé, l'usage des médieametiis sen plus désagréable et plus pénible dans ia màUàîe. D'un autre cêté , si l'on s'accontnme tn^ aux remèdes, ils perdront de leur force et de leor efS cace quand on en aura un besoin réei. » D'Al.
Remède a une étendue de sigoificalian beaucoup plus grande : il est le seol de ces deux mots qui se dise au figuré comme au propre , au moral comme au physique, et en parlant de r^oe comme en parlant du corps. « A force de médicaments on guérit les plus profondes Uessures, e; on en tire tout le venin ; et à force d'employer les remèdes que fournit un confesseur, Û n^ k point de passion si violente dont on s'amortisse peu à peu l'ardeur. » Bouan.
REMPART, BOULEVARD. Fortificatîoos élevées autour d'une place; au figuré, abri, soutteo, ce qui protège ou sert de défense.
Le rempart^ rem parai, pr^iere la diose, la met en état de résister; ou bien, comme le renfort (re en fort) donne beaucoup de force ^ k rempart (re en parer)' pare efficacement, c*»t4dire met à couvert contre les assauts. Boulevard, allemand bollwerk, veut dire peut-être ouvrage. werk, contre les balles ou les boulets, snivan: l'étymologie de Nicod ; ou bien , comme le croit Voltaire, boulevard , écrit d'abord hmdever on bouUverd, vient de boule sur le rerd,< parce que le peuple de Paris jouait à la boule sur le verc ou le gazon du rempart.
Le rempart se conçoit comme quelque dsose d'élevé , mais de simple. Une muraille , uie barrière, est un rempart. « Les eaux minent pea i peu les voûtes et les remparts des cavernes souterraines. 9 BoFF. « Les habitants de Catane ob: construit de très-for les murailles de cinquante pieds de hauteur; et, environnés de ces remparU, ils se sont crus en sûreté contre les laves du volcan. »*In. Le boulevard est proprement un ouvrage de fortification disposé en tenasse ei placé devant le rempart pour le proléger; oi c'est le rempart avec cette addition , ainsi compliqué; ou c'en est seulement le terre -plets, i.* talus , la surface supérieure plus ou moins étec due. «Les montagnes de Frisland sont enttàtment couvertes de neige; et toutes ies cdtes, lio
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
lace , comme d'un boulevard qui ne permet pas 'en approcher. » Bupp. «Les montagnes du Pérou amblent être quelquefois des fortifications forlées de longues courtines munies de houleards. » lo. On arrive au pied ou au haut du cmpart; on se promène sur le boulevard. Le impart est plus ou moins haut : « Le prince de onti se présente au pas de Villefhmche , remart du Piémont, haut de près de deux cents 3ises. » Volt. Sur le boulevard se passe tel ou il événement : « Gloire à ces guerriers morts ctr des boulevards inaccessibles. » Mass.
Au figuré , comme au propre , le rempçLrt est eu étendu. Un homme se fait un rempart, et non as un boulevard ^ du corps d'un autre homme, 'un tronc d'arbre, d'un rocher, d'un simple uisson. II suffit d'une ville pour servir de remart à un pays. « Cette place est le rempart de )ute la province. » Acad. « La ville d'Azof servit ux Russes de rempart contre les Turcs. » Cond. e boulevard, au contraire , est quelque chose de rand ; il ne faut rien moins pour former le bounard d'un pays qu'une ligne de places fortes , ne vaste forêt , une chaîne de montagnes ou >ute une contrée. « La Hollande , ce boulevard ue nous avions élevé nous-mêmes contre l'Emane , tombe sous nos coups : ses yilles n'ont plus e murs à l'épreuve de la bravoure française. » [A8S. « Le reste de la Hongrie n'était encore & i maison d'Autriche d'aucune ressource, mais était toujours un boulevard des Etats autri- [liens: > Volt. Voltaire dit aussi dans une épttre, a parlant des Alpes :
Le voilà ce théâtre et de neige et de gloire ,
Éternel boulevard qui n'a point garanti Des Lombards le beau territoire.
D'un autre côté, le rempart couvre ou préserve lutôt une seule personne ou une seule chose.
On amasse les revenus de l'Eglise pour s'en lire un rempart contre les accidents à Tenir. » ouRD. « Se former l'esprit au goût du bon et du }lide pour s'en faire un fempart contre l'attrait es plaisirs et l'habitude de la dissipation. » S. S. e rempart de la liberté (Buff., MaHm., Vert., AH.]f de la religion (Cono.), de la pureté ou de : continence (Bourd.). Le boulevard , au con- "aire, fait la sûreté de toute une société d'hom-^ Les. a Walitein paraissait le seul boiUevard de' empire, s Cond. « Marins fut la terreur des irbares , le boulevard de la patrie. » Lah. L'art a inventé, dit Démosthène aux Athéniens, our la garde et pour le salut des villes, diverses èfenses de toute espèce, remparts, murailles, •ssés et autres ouvrages semblables; mais la itare ceint et environne les sages d'un bouleird commun qui les couvre de tous côtés , et ai pourvoit au bien et au salut des Etats. Quel i% donc ce boulevard? C'est la défiance. »
DLL.
Enfin , il semble que boulevard se prenne plu- )t en mauvaise part. Serait-ce parce qu'il vieillit ans le sens où nous le considérons ici ? « On Dulait que la Bastille fût détruite , en haine de 3 de3poti?me dont elle était le boulevard. » :arm. « L'Encyclopédie fut le boulevard de tous ïs ennemis de la religion et de l'autorité. » Lah.
« Les luthériens regardaient la scholastique comme le boulevard de tous les abus. » Cond. « La justice des duels judiciaires n'était que le boulevard des criminels les plus hardis » Id.
RENAISSANCE, RÉGÉNÉRATION. (PAUNGÉNÊ- SIE). Nouvelle existence.
Le premier de ces mots est français, quoique formé du latin renasci, renaître; le second est tout latin, car on a dit en latin regeneratio.
Ils diffèrent donc d'abord en ce que l'un est plus commun que l'autre. Renaissance appartient à la langue ordinaire ; régénération est du style particulier de la théologie et de celui de la médecine. On dit la renaissance des lettres (Acad. , Cond.), de la philosophie, de la peinture, de la sculpture, de la poésie, de la musique (d'Al.), du printemps et de la verdure (Acad. , Marm.). Mais en théologie on appelle régénération une transformation spirituelle opérée pnr la grâce du baptême (Mass. , P. R. , Volt.) , et en médecine on admet la régénération des chairs et de cer^ taines humeurs (Boss.).
Us diffèrent aussi quant & l'idée : renaissance fait concevoir celle d'une réapparition, d'un retour à l'être, et régénération celle d'un travail intérieur semblable à celui qui a lieu quelquefois , dans l'ftme suivant la religion , et au sein du corps suivant les médecins. La renaissance de Rome (Roll.) après l'expulsion et l'extermination des Gaulois fut due à Camille ; Massillon dépeint quelque part la régénération , le renouvellement des pécheurs en qui Dieu crée de nouveau l'homme céleste, et la vie de la grâce éteinte dans leur cœur. C'est par la renaissance de toiftes les vertus que s'opéra la régénération de l'enfant prodigue.
Enfin renaissance se prend en mauvaise comme en bonne part; au lieu que régénération, le contraire de dégénération, se prend plutôt en bonne : on dit la renaissance d'une hérésie (Boss.) ; e'est-à-dire sa reproduction , et la régénération d'un peuple (Acad.) , c'est-à-dire sa réformation, son amélioration, son perfectionnement '.
RENCONTRE (ALLER A LA). ALLER AU-DEVANT. Se porter vers quelqu'un qui vient.
Aller à la rencontre est agressif, et implique l'idée d'hostilité , d'opposition et de lutte : on va à la rencontre d'un ennemi pour le combattre, pour le repousser. Rencontre signifie dans une de ses acception; le choc de deux corps de troupes ; et aller à rencontre de quelque chose , c'est
4 . Palingénésie est grec, ayant été composé de ?r«- Aev, de nouveau, et de yrfv«ffi;, naissance, génération. Aussi eit-ce un terme didactique employé en parlant d'une fable de ranliquiié savante , la renais- , sance du phénix, ou quand il est question de ce que ( pensaient et disaient les philosophes anciens : «e Cer- | Uins philosophes ancieni admettaient la palingénésis universelle^ » Acad. Des philosophes modernes, Bonnet et Ballanche, ont donné le titre de Falingenés à des ouvrages de leur composition sur des sujets généraux et tout métaphysiques : PalingénésU philosophique , Palingénésie sociale.
8 y opposer, y êtra contraire, c La pie yoit elle approcher une corneille , elle vole aussitôt à sa reticontre, la harcèle et la poursml sans relâche.» BuFF. « L'engoulevent vole à la rencontre des iniectea, dont il fait «proie, et qu'il semble ingouler par aspiration. » In. « Solon alla à la rencontre des Hégariens qui s'étalent mis en campagne , et il leur donna bataille. » Fin. « Og , roi de Basan , rint aussi à main armée à la rencontre des Israélites, et ils le taillèrent en pièces.» Boss. «Une multitude effroyable d'Allemands s'étant Jetés dans les Gaules pour s'en emparer, Cloyis fut à leur rencontre à Tolbiac. 11 se donna là une sanglante bataille. » In. « Louis YI entra à main armée dans la Normandie : les Normands allèrent à $a rencontre; et les deux armées s'étant trouvées en présence, il y eut une grande bataille. a> In. « Qui est le roi qui, ayant à faire la guerre contre un roi , ne songe pas auparavant s'il pourra marcher avec dix mille hommes à la rencontre de celui i]ui en a vingt mille?» Id. < Mardonius ne craignait pas d'assurer qu'aucun peuple de la Grèce n'oserait venir à la rencontre de Xerzès , qui marchait avec toutes les forces de l'Asie. > RoLL. « Les troupes (romaines) s'avancèmt jusqu'à quatre lieues au delà de Rome pour aller à la rencontre de l'annemi (les Gaulois), qu'elles joignirent à la rivière d' Allia. » In. « Cyrus marcha vers Sardes. Crésus n'attendît pas qu*il l'y enfermât; il sortit à ea rencontre avec ses troupes pour lui livrer bataille » In. « Hippias (lieutenant de Persée) marcha à la rencontre du consul Harcius, qui s'avançait avec toute son armée, harcela ses troupes, et les incoounoda fort par les fréquentes attaques qu*il Leur donnait.» In. ,
Aller au-devant se distingue, au contraire, par l'idée de prévenance, et suppose des intentions bienveillantes ou respectueuses : on va audevant de quelqu'un pour l'assister ou pour lui rendre hommage , lui faire cortège, lui marquer de l'empressement , de la soumission , de la déférence. « Le père de famille, voyant son fils faible , exténué, agité, et hors d'état presque de se soutenir, court au'devant de lui. Il court , il se hftte d'aller au-devant pour le soutenir. » Uass. «C'est alors, grand Dieu, que, loin d'être insensible à nos gémissements, et de dédaigner nos prières, vous venez au-devant de nous avec toute l'abondance de vos consolations et de vos grâces. » Id. c II est insensé de courir encore après ce qui vous fuit (le monde) , et de vous obstiner à fuir un Dieu qui court au-devant de vous. » Id. «Uétellus revint à Rome : toute la ville sortit au-devant de lui , et son retour fut un véritable triomphe. • Vbbt. « Quand l'empereur Charles IV arriva à Paris, le roi (Charles V) fut au-devant de lui, accompagné des princes du sang; l'entrée fut magnifique. > Boss. « Conune le comte de Dunois amenait un second convoi (dans Orléans) , la Pueelle fit une sortie pour aller au-devant de lui, et le conduisit dans la plac«. » I». « Comme le maréchal de Foix approchait de Milan , Lautrec fût obligé d'envoyer avr-devant de lui une partie de l'armée pour l'escorter. » In. « Hiéron alla avec sa flotte toute équipée au-devant de T. Sem- |
promus qui était «rrivé à Kessine , pour offrir ses services an consul. » Roll. « Après ces eipé£tions, Annibal retourna k Garthage. Toute h ville sortit au-devani de lai , et le reçut au blieu des cris de joie et des applaudisMoients. i lo. a Les Scythes poussèrent leurs conquêtes daas la Syrie jusqu'aux frontières d'Egypte. Haâ Psammétique alla am^devani d'eux , et fit si his par ses présents et par ses prières, qu'Os as passèrent pas plus avant. « Id. « Pélopidss avec ses troupes marcha contre Ptolémèe. Celui-ci alla au-devant de lui comme au-devœU de sac supérieur et de son maître , eut recoan lax caresses et aux prières , et promit solemM&aeat qu'il garderait le royaume pour le fils du deidnL» In. c Tous les citoyens , dans le temi» même qu'ils allaient avrdevant d'Alexandre pour tai rendre leurs hommages, ftirent égoig^» la. « Lorsqu'après la défaite de Cannes, Je cansal Varron revint à Rome , tous les ooips de rstst allèrent au-devant de lui , et lui rendireot grtees (le ce qu*il n'avait point disespéré de la n^blique. » Boss. , Roll.
RBIfORCER, BBIflER, AMCUX. Qmtter une chose d'uaw manière volontaite et Ibraieaie» en le déclamoti ùixa, yar rapport à èUe acte dTabandoa.
Le caractère propre de reaoïicer seûrt&eeoa oljet , ^ui est toujoare «n bicii« mu avantage présent ou futur, quelque ohose qu'en possédées qu'oft espère, qu'en prétend, qu'on pomsaiL En sorte qu'on renonce d'ordinaire avee qasikqv peine, à legret; c'est un sacrifice ou canaie on sacrifice qu'on fait. Rtmmur à la oonieue, i un droit , aux dignités , aox plaisirs^ asi beoheur. à la richesse, i oe qui pkîtt» 4 une pcocone qu'on aiffle^
Le carvtèrs prspre de renier, c'est deeepnndre en nMiovaise part. PrUnitifemeat renier signifie déolaier contre la Térité qu'on n» oonnaîl point une personne on une cheee, et par estessiott se séparer honteusement, eomme un ren^si, de quelque obèse à quoi on devrait tait. Sùat Pierre renié Jésus-Christ^ feiiier ta ftu, ses baptême-, rmi$r la verta pour le vise (7. & Roues.) ; Zaïre ne pent plus rester an scnil sus renier son père, sen bonnenr et son Dieu (Yen.).
Les martyrs ont mieux aimé soufiûnr la mort que de renoncer à leur religion à laquelle ib étaient attadiés comme au plus grand des biecs; mais tous les premiers chrétiens n'eurent pas le courage de les imiter : plusieurs rent^rent la fa: dans la crainte des tourments. Un père remmee son fils, malgré la plus tendre afiectîmi, c'est pour lui une chose douloureuse; un ïïtsrene son père par lâcheté ou par intérêt, c'est de sa part une infamie.
Le caractère propre d'a&;urer est double : ce verbe marque une action brusque, violente, qui ne respecte ou ne ménage rien, et, d'un aalxe côté , il se prend le plus souvent en bonne part On abjure d'une manière décidée, c'est-à-dire publiquement, solennellement, ou en rejetsat loin de soi , en foulant aux pieds ; et ce qa'aa abjure peut être quelque chose de mauvais, des
SYNONYMES A RABICAUX DIVERS.
eurs, des maxitaes déttfistableff, éfo IbUes ours , des hérésies.
Jne femme , quoi qufl lui en coûte , renonte su mâe, pour être toute à ses entants on à Bleu ; r le baptême nous aC)*fttrefci le monde et sesmpeS) hautement, afeo serment, par un acte blic, eu bien en général àbjunr le monde, st s'en détacher en le- réprouvant aree forée et daîn. « A la naissance de Ffigliee, on quittait, renonçait, on abjurait lé^ monde. » Pasg. Reneer au bon sens, c*est cesser d*T»er d'une si oellente chose*, Vdèjttrer^ c'est Pabandonner Tertementysans crainte ni retenue.— rlVkflleurs,. A différence de renier et en opposition à renier y jwnr peut exprimer un» action louable; on nie un passé honorable , en e^re un passé qui* it Mre rougir : « On n'était reçu alors dans> église qu'après avoir ébjtfré sa Vie passée. > l8G. Qui renie ta religion apostasie; qui Vahre ordinairement quitte l'erreur, se conrtit.
RÉPOfinMnf, B^tfQUn, RBPiiaiTfR. Bire lelque chose au discours de quelqu'un , parler rès un autre et sur ce qu'H a dit.
Jk^>ofidre est un mot tufts- usité; if a la plus tinde étendue de signification. On répond aux: lestions des personnes qui' s'informent; aux deandes de celles qui attendent des grâces ou de» trvices; aur interrogations des maîtres et des rges; aux lettres- qu'on nous écrit; aux reproles qu'on nous adresse ; et aux difficultés qu'on 3US propose touchant la conduite, les aflhires ; les sentiments. Mépliquer et repartir par rap- 9rt à répandre expriment des espèces.
Four ce qui concerne répliqner, c'est r^ofidr^ une réponse ^ reprendre la parole après celui tii a réponétu. < Ma lettre était une réplique à sa fponse. 9 BiiAUir. « Je viens de voir la réponse d votre apologiste à ma treizième lettre. Mais s'i e répond pas mieux à celle-ei, il ne méritera as de réplique. 9 Pasc. « La cfaancetière se mit e la partie : Je r^pondtf , fls répliquèrent. » J. J. La cour de Vienne envoie à Christiern IV" des ittres monitorîales , et lui enjoint d'évacuer les Très du Sleswig. Le roi de Danemark répond ue jamais ce duché n'a été un fief impérial. La }ur de Vienne réplique que le royaume de Daemark lui-même est un fief de fempire.» Volt. Savez-vous, lui dit don Luis, que vous êtes Duché depuis hier matin? Cela n'est pas posble, répondit Leandro. Rien n'est plus vrai, Cliqua son ami. » Les. ~ Ensuite , r^p^t'quer it le fait d'un homme qui , non satisfait de ce iii a été répondu , entre en discussion , engage ne lutte; ce qui peut être, suivant les cas, un ne d'indocilité, d^mpertiaenee, ou un moyen igltime de combattre un adversaire. On réplique Q raisonnant, en répondant par des raisons; ussi dit-on une preuve sans réplique. Qui repli* ue répond en raisonnant ou fait le raisonneur , u lieu de recevoir sans mot dire les réprimandes u'on lui fkit ou les ordres qu'on lui donne«
Relirc2-vou8, vous dis-je, et ne répliquez pas. (Rozane à Alalide dans Bajazet). Rac.
Je ne régliffu pas à ce qu'un mottce ordonne.
BloZi.
Air lom ces pointa douteux o'eat alnst quMl (le
directeur) prononce.
Alors, croyant dHm ange enlenére la réponn » Sa décote a'mcUne ,.etf calmant son esprit, A cet ordre d'en haut sans réplique souscrit. Bout.
^ Plus sauvent eaoore ,. qui répiiqw réfHind en opposant des raisona, des prauvts, «n défendant une cause par des argume&ta. «A cela je n'ai pour toute f^pofite que deux paroles i voua dire , maia qui sont d'une autorité ai vénérable, at en Béma tenapa d'une déoisfion si espreeaa, qu'elles ne souflteit nuUa répliqiu. » Boom. « M. la duc d'OsUaas céda à la force de nés raisona ai de mes pnuvasy se put s'enpécher de demaurar caorvanau, et ne put aie. riea ^poser par diversea f^tqiies, sinon qua.-» $. &. « De maovaia moyens sont foeiles à détruire;, at donnait prise à la répliqué , lia laissent un grand avantage à an adversaire éloquant. 9 Makh. ^ Cette dernièra raison eat si forte qua je n'y caanaîs point de réplique....» Lab. «Ce qui la prouve sanaiMpitçitf , c'est qae...^ la. «Cicéron aes'épasgne pa» lui-méma aur les produotûMsa da H peamièmjeuaesMv* « Il n*élail paa de aea hommes qui croient qaTon n'a rlan à leur f^iqaer, lat^ qu'ils ont dit : J'ai été applaudi, doQC j'avab raisoBk » la^ I
Qoant à* repartir, e'est répondre par un trait, par quelque chose qv^on feit parl^ , qu'an lance vivement et adnntement : la repartie, voisine de la riposta, est une sorte de réponse moins sérieuse qua la rAfUque , et demandant moins de solidKé que da finesse et d'fr^oposi «Bn vémté, voue êtes Mea fovt pour le dtecipie d'un' saga, lui dit Rodope an souriant. Il répUqmet le plaa aérieusameol du moaée; èlia repartiiê « haéinant.» Mabh. Dans lea disputas, daaa leaoontrafaraac, dans les plaidoyers, an répHque^ mais c'est dans la conversation , et presque toujours en plaisantant qu'on ftiit dea reparHu. « Tu venraa que non» donnerons le tan à tonte» laa conversations, et qu'on adMûrera la vivacité de notre eeprit et le boiAeur de nos repmrties^» Mortisq. «J'ai connu un joaillier qui était un homme incompa> nibl&poiir faire des repmrHes vives et piquantes : cela partait eamms un conp- de pistolet. > Ijbb. c Henri IV va paraître, diton, à la Comédie firançaise. Je soohaita qo^il y paraisse avec beaucoup d'esprit , car il en avait ; il faisait de oes ternies que la postérité n'oiAiiera jamaia. » Volt. « Leur esprit toi^ouiB présent' et pénétrant leur fournit sans cesse des pensées neuves, des saillies, des réponses heureuses; quelque fonce et quelque finesse qu'on mette à ce qu'on peat Zisur dire , Ils étonnent par la promptitude da leurs ireparliet, et ne restent jamais court.» J. J. «L'A- propos de ses reparties toujours préeisesi et spiriHialles. » ILab. c Les eentes de milord Maréchal étaient ordinairement une rspartte délicate et ingénieuse aux sottiaes qu'il entendait dire. C'était lA sa manière daplaieaniter. «IVAi. )
Il suffit à la t^pon^r, comme en général an discours , d'être daire ; et , de phis , parce qu'elle se rapporte à quelque chose da dit antérieurement , elle doit être juste: Mais , en conséquence da leurs buts spéciaux, la répHque doit être fhrte
DEUXIÈME PARHE :
et coDTaiiicante, la repartie spirituelle et sondaine.
Par la répome on fait saToir; par la fi^tgtie on réfute; par la repartie on brille, on montre de l'esprit.
REPRÉSBIO'ATIOlf , REKOirTRAlfGB. Observations critiques adressées à quelqu*un sur ses actions ou sur sa conduite.
▲ la rigueur, les repr^featoftont ont rapport à ce qu'on doit faire; ce sont des objections, des raisons contraires oubliées ou inconnues que nous rendons présentes à l'esprit : les fanontrancêi portent sur ce qu'on a fait; ce sont des reproches par lesquels nous remonlront, nous remettons sous les yeux de quelqu'un sa conduite passée pour Ten foire rougir et repentir. Des officiers font pour détourner leur général d'une attaque les représentatùnu les plus mes (3. S.). Le prophète Nathan fait à David des remonlroncM sur Èe9 excès et sur ses crimes (Mass.).
Hais les deux mots ne sont pas toujours à une telle distance l'un de l'autre. Remontranee se prend le plus souvent, ainsi que représentatûm , pour ce qu'on dit à quelqu'un relativement à ce qu'il se propose de faire et afin de l'en dissuader.
Alors la repr^xenlaliofiest une pure contradiction ou objection qui tend à foire changer de dessein, avant que l'exécution soit commencée, au lieu que la reinonlrafice , inséparable de l'idée de blAme, de répréhension et de plainte, a plutôt pour objet de foire cesser une entreprise commencée, de corriger un abus ou une habitude vicieuse, en reprochant et en censurant ce qui a déjà été foit. Jtemoftlrance« contre Ténormité des impôts (S. S.), contre la tyrannie des moines (Volt.), contre une manière de parler défectueuse (Mol.), contre des désordres habituels (Mass. , Mal.).
Enfin, remontranee s'emploie aussi quand il s'agit d'une action particulière à prévenir. Mais il garde toujours dans sa signification quelque chose de distinctif. La représentation est une considération , une raison qui vous éclaire ; c'es un conseil négatif, elle vous fait voir des difficultés, des inconvénients, des dangers. « Nonobstant les représentatione du commerce de Cadix, le roi d'Espagne voulait accorder cette permission aux AngUis. » S. S. « Obéir sans opposer de difficultés, et sans faire de représenta tions. B BooBD. « Julie ayant ordonné de rejeter à l'eau tous les poissons , cette opération ae fit lentement, à contre-cœur, non sans quelques repr^^enUiltofii. » J. J. « Si vous croyez être absolument sûr que la pièce réussira auprès de tout le monde, et ne déplaira à personne, mes raisons, mes représentations ne valent rien. » Volt. Mab la remontranu est une censure anticipée; elle vous signale des torts, des erreurs, des foutes, des crimes à éviter ; elle tient plus de l'avertissement et de l'avis. Pilate a beau remontrer aux Juifs que Jésus-Chrbt est leur roi, et que d'attenter à sa vie , c'est pour eux le crime le pius énorme, ils n'écoutent ni ces remontrances tant de fois réitérées ni reproches intérieurs de la conscience (Bouan.). Pisistrate
s'empara de la tyianale malgré les remomirema
de Selon (Fan.). Dans TafiEûre des Ariciense:3& Ardéates, les consuls remumPrèrent au pe^ qu'il allait se déshonorer pour toiQoars s'il s k jugeait à lui-même le territoire contesté (Bon. — Larepr^senkiltOA tend à vous empèdua d'iç: inconsidérément; et la remœUramee^ d'une asnière répréhensible et coupable. On ne pcutns représenter à qui est infaillible , ni rioi rema^ trer à qui est impeccable.
. D'autre part, la repréwemiaMûm a piutùt ]m de l'inférieur au supérieur : c'est, par exsDfbe, la démarche d'un sqjet qui avant d'sèéir présente des explications pour obtenir disfense et délai. Lee remontrances sont plutôt d'oa maître qui parle avec autorité , force , insistaace, ou si elles vont de l'inférieur an supéiiear^ âcs dcovent être pleines de respect et de soumissiaE. car elles annoncent qu'on commettra une fonte, une iiyustice, une action mauvaise oa cnoiinelle, si on y résiste.
A peine est-il besoin d'^onter, comme conséquence de tout ce qui précède , que rrmimSrama enchérit sur représentation et qu'il doit être mis après plutAt qu'avant, parce qu'il exprime quelque chose de plus fort. « Découvrons à nos anûa, avec autant de fermeté et de liberté que da charité et de douceur, leurs égaiemenU. Tidioos de les redresser par nos représentalitms ei nos remonfrencef . > Bouan. «Qu'il soit pombaai magistrats ordinaires de faire des reprétemtaticnt et des remonfronces. » Coao. « Le duc d'Oriéans m'ouvrit carrière à lui représemiery pour ne pas dire reprocher, ses méfoits à nom ^gard (à l'égard des ducs).... Il m'allégua pour denâer retranchement la noblesse qu'il ne voulait pas soulever. Je lui remonf rat , avec une indigaat/on que Je ne pus contraindre , que c'était loi-méme qui l'avait soulevée. » S. S. — « Bes instituteurs respectables et indulgents ramenaient les jeunes pythagoriciens par des oorrections douces, qui avaient plus l'air de la repréeenUAicm que do reproche. » Bartb. Ce sont des remontrances, c'est-à-dire des reproches , que le maître d'écok ' de Lafontaine adresse à l'enfont qui se nois : Dans ce récit je prétends foire voir D'un certain sot la remomtramee vaine..^