‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 48 sur 426 · EXPÉRIMENTAL, D'EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTAL, D'EXPÉRIENCE

Une preuve expérimentctlè n'indique pas aussi positivement , aussi rigoureusement qu'une preuve d'esopérience , une preuve tirée d'une ou de plusieurs expériences. Elle n'a avec les faits qu'un rapport peu prochain.

BAPTISMAL, DE OU DU RAPTÊME. Qui a rapport au baptême.

Baptismal ne se dit que des choses qui ont au baptême un rapport éloigné , qui en sont des circonstances ou. des accessoires : robe haptismcUe , fonts baptismaux; ou bien on s'en sert encore au figuré pour qualifier relativement au baptême d'une manière large et étendue , la grâce baptismale, l'innocence ou l'intégrité baptismak. De ou du baptême , au contraire , s'emploie pour exprimer quelque chose d'essentiel au baptême : les paroles du baptême , nom de baptême , extrait de baptême, les vœux du baptême. Les parents d'un enfant nouveau-né assistent aux cérémonies ou aux pompes baptismales , et le sacrement du baptême efibce dans lenfant la tache du péché originel. — Toutefois on dit également fonts baptis- •maux et fonts de baptême , eau baptismale et eau du baptême. La différence alors est analogue à la précédente. Baptismal est toujours général et vague; de ou du baptême est toujours particulier et précis; ce qui esibaptismai servira, peut servir pour les baptêmes, ou bien sert pour tous les baptêmes; ce qui est de ou du baptême sert ou a servi pour les baptêmes , ou plutôt pour un baptême spécial , dans un certain cas. On dira en général , Fenfant e^ tenu sur les fonts baptismaux par le parrain et la marraine ; et , en parlant d'une personne , c'est moi qui l'ai tenue sur les fonts de "baptême. L'eau baptismale se verse sur la tête de l'enfont; saint Jean-Baptiste versa sur J. G. l'eau du baptême. D'ailleurs baptismal qualifie les fonts et l'eau d'une manière moins étroite par rapport au baptême; il les désigne conmie faisant partie de la cérétnonie : au lieu que de ou du baptême réveille l'idée du sacrement lnr-même. Dans l'exprcsssion qui contient baptisfnal ce qui est en saillie , ce n'est pas l'idée du baptême . qui n'est représentée que par un mot accessoire , un adjectif; mais dans ceUe où figure de ou du baptême , le baptême étant rappelé par un

mot principal, un substantif, attire toute l'attention. Les fbnts "baptismaux de telle église sont de marbre ou de bronze et plus ou moins ornés ; efn soflant des fonts du baptême Vkmê a perdti toute souillure. L'eau haptismcUe doit être pure; l'ean du baptême est bénite et consacrée pour cela, et aussitôt que l'enfant a reçu l'eau du baptême, il est régénéré et admis au nombre des chrétiens.

COURTISAN, DE COUR'HSAN. Qui a rapport à la cour ou à ceux qui la fréquentent.

Courtisan marque relativement à la ctrar raie simple Pêsscfmblance; de courtisan exprime avec la cour un rapport pins étroit , celui d'appartenance. Un langage courtisan est celui d'un homme de coar, un langiigede courtisan' est eelui d'un homme de la cour. Le premier est tenu par quelqu'un qui n'ayant peut-^re jamais mis le pied à la cour en a cependant la finesse et Ui flatterie adroite; le second est d'un homme qui vît à la cour. — Du reste , soit qu'il s'agisse ou non de personnes qui approchent les princes, l'adjectif exprime toujours quelque chose de plus faible que la locution adjective : avec un ton courtistm vous parlez comme un courtisan; avec un ton de courtigan vous parlez tout comme ou absolument comme un courtisan. L'esprit courtisan est quelque ehose de plus superficiel ou de isoins essentiel que l'esprit de courtisan, Ge fut pour plaire au roi de Suède « que Regnardi, dans son voyage en Laponie, s'astreignit à faire des observations exactes; « et cet esprit coutiisan que l'on prend toujours auprès des rois asservit pour un moment l'humeur înàèpendante et libre d'un homme absolument livré à ses goûts. )» Lab. Au moment où Britannicas tombe empoisonné par Néron, T«cite nous dé^ peint les courtisans restant ioûnobiles , les yeux attachés sur César. « Demeurer maître de soimême à un semblable spectacle est le derm'ar ef> fort de l'habitude de servir et le sublime de Tesprit de courtisan. » Lah.

HOMME LETTRÉ, HOMME DE LETTRES. Homme qui a des connaissances littéraires , qui n'aet pas étranger aux belles-lettres.

Mais le lettré est avec les lettres dans un rapport plus éleigaé que l'homme de lettres; il a seulement quelque teinture des lettres. L'homme de lettres, au contraire, cultive sans oesse les lettres ; il en fait son occupation habituelle , unique , il y est^tièrement adonné. Le lettré a de la littérature; l'homme de lettres suit la carrière des lettres, fait des litres sa profession, et en vit. Le premier est un érudit; le second, un auteur. L'un a du savoir; l'autre compose, produit dœ oeuvres littéraires. L'instruction du lettre est plus superficielle. «A une certaine époque du moyen &ge , les gens d'église seuls avaient quelque teinture des lettres, et de là vient que le nom de ders devint le ^synonyme d'homme lettré y et se donna même par extension à quiconque savait lire. » Lah. Cicéron plaidant pour le poëte Archias appelle son client un homme de lettres et se £élicite d'avoir aSaâre à des juges qui sont des hemoies leUrés (Un.).

HOMME œURAGEtJX, HOMME DE COURAGE.

Homme incapable de crainte et de timidité , incapable de trembler et de fuir devant le danger.

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

VhOÊOUDA emorograe n'est pas un poltroa;

fhamiiie de OMtnigKst tout près d'tac im héros :

an honoEe Tua, ob adoire Taotre. Vhùame «•«-

raqeiÊS st conduit ésos Toccasioa «n hoaiBs ée

emngt; il sait au iesoia attaquer on se défendre :

rhomme de comngt a le courage «n partage; le

courage est ta qualité constitutive , essentielle ; il

a Vftme pins fortement trempée et pins de oon^

stau^ftwros coup àardi et soudain, à la guene

pciDûpaleDem, il faut un homme oonrogeiw;

pour ans entreprise longue on mâme temps que

difficile, dans quelque genre que œ soit, il ftnt

oaicmiDe ile courafe, car rhomme de €tmrage a

de la peisérèrance et na redoute pas les obstacles.

Hunîme eoumgeuM se montre plus eu moins tel ,

et par accès; lliomanie de coum^e est Traiment

oouEagenx dans tous les genres et dans toutes les

circonstances; il a nn fonds et une continuité de

Taienr qni le rendent ferme contre tout événe-

ment.— U même difl^rence existe entre Thomme

résolu et Thomme de fétolution.

UOtaa SBSSÉ, HOIQIE HB SEBIS. Homme qui dans sa manière de penser, de parler ou d'agir, lait prsaw de léfl^ôon, de diacemement, de

On est plus ou moins aanstf , esi l'est peu ou beaucoup; de sens fioxme use expression absolue qni marque la qualité au comble. L'homme sensé tient le langage ou la conduite de l'homme de MU, il montre du sens, quelque sens dans l'occasion, il n'est pas dépounru de sens ou insensé ; mai^k sens dans l'hoinme de sens est une qualité esscntiellp , prédominante , constitutive de son caractère on de sa nature. L'homme de sens nonseulement a du sens, mats en a au suprême degré et tûvjaais; il en est pétri , pour ainsi dire; ce n'est pas chez lui comme chez l'homme sensé une qualité accessoire et accidentelle , c'est une partie de a substance, et en effet elle est exprimée par un substantif, de jen#, au lieu de rêtce par un adjectif, sensé, L*homme sensé ne fait pas de folie; c'est là une qualiûcation commune : l'homme de sens est un sage qu'on va consulter; c'est là un des plus beaux élo^^es qu'on paisse faire d'un hanunfi. L'homme sensé est la copie, et l'homme de sens l'original ou le modèle. — On txouYecait une différence semblable entre Vhmmejudieieyas et l'homme de jugement, entre rhoDxaeeBtciidu et l'hoinme d^ entendement.

D'autres exemples pourraient encore être ajouti^s aux peècédents. Il suffira d'en citer quelques-ims , les arts tgséabtes «t les arte d'agirément; objet précieux et objet de pirix , pays conquis et pays de cottqttétSf pays wumUsgneux et pays de montagnes y etc. Là même règle de distinction s'y applique auasi aisémeat , et de nouveaux détails aeoient, sinon fiistidieux, au moin^ superflus.

Il est à remarquer que la différenae est la mâne quand le substantif de la phrase adljective eit précédé nom pbis de la préposition de , mais <ie û préposition d. Exemples : arbre fruitier et ertre à fruits ; boxnxae systématique et homme d Si homme préUnOeÊUt et homme à prêtai

L'adiiectif a toujours un sens plus étendu et plus ntgae, et la phrase aâjecjiye un sens plus res-

treint et plus rigoureux. L'un mar^pae plutôt quelque chose de possible, une disposition, et Vautre quelque chose d'actuellement effectif ou réel. L'arbre fruitier est propre ou de nature à porter des fruits; l'arbre à fruits en porte. L'homme sffrf j^tnattque est méthodique ; dûis ce mot l'idée de système est affaiblie et peu précise : l'homme à systèmes a pn^remant produit ou produit présentement des systèmas. L'homme prMemtieux est plein de prétention; l'homme à pf^tsnr tions a des prétentions, affiche des prétentioas. — L'adjectif se prend d'une manière toute générale et absolue; la phrase adjeotiw déteimine davantage. On connaît les fruits de l'srère à fruits , on pourrait les décrire, au besoin, en disant, par exemple , un arbn d fruits rouges , comme on dit un homme à grasdes préêenlions , des planiBS à fleurs IMées; au contmive, l'adjectif fruitier ne spécifie rien et ne peutreoevoir de epéonificaiif. De même systématique et pr^lefilie«s ne font allusion à auoun système, à aucune prétention en particulier, mais laissent entendre toutes sortes de systèmes, de prétentions; an Ueu que à systèmes et à ffrétentions donne l'idée de certains systèmes, de certaines prétentions, qm. se sont produits dans certaines circonstanoea.

Toutefois une seconde différence s'ejoute àoellelà, lorsque la préposition de la locution adjective est d , au lieu d'être de. Â est alors propiement indicatif : il sert & exprimer ce à quoi en reconnaît les choses , ce qu'elles portent et présentent {prrn se ferunt) comme une enseigne : bêtes à cornes j ehoMe àhras^ ehasidelifr à bronches, domas à fleurs. L'adjectif qualifie*, il marque la qualité dans le sujet : la phrase adjedâw d^emt; elle représente la qualité au dehors, eactérieuMment. Ainsi arbre frwUier signifie la sorte d'arbre, la nature de l'arbre; arbre à fruits eaprime Tidée ou l'image de la chose que porte efieotiyemsnt l'arbre : un pépiniériste tient des arbres ^itiatv; il faut étayer certains arbres à fruits , de pour que les branches trûpchargées ne rompent. Demandez à un jardinier, qui sait parler sa langue, qu'il vous fasse voir ses arbres fruitiers , il vous mènera à sa pépinière ; demandez-lui à visiter ses arbres à fruits, il vous introduira dans son verger. L'homme systématique ou prétentieux a tel défaut : l'homme d «y<(ème« ou d prétentions fait ou dit telles choses. On plaint l'homme syst^maltgu^ et le prétentieux y ou on en rit, on ne voudrait pas leur ressembler; on attaque et on réfute l'homme d systèmes f et on ne peut souffrir l'homme d pr^tentioftf , on l'évite ou on le relance.— L'arbre frutlter et l'honune systématique ou prétentieux sont tels en eux-*mémes, quant à la nature; l'arbre d fruits , et l'homme à systèmes ou d prétentions sont tels de fait, se montrent tels. '— Cette distinction est si vraie, que dans les looo» tions adjeotives composées de à et d^un substantif, ce substantif se met au pluriel, d fruits, à systèmes , à prétentions.; or c'est un des caractères du pluriel de marquer la manifestation , le phénomène, la réalisation, l'action extérieure. (Voy. p. X et suiv.) — Même différence entre l'honone ou l'esprit pcffodoxal et l'homme ou l'esprit d porodoopef»

STRONTVIB DES ADJECTIFS ORDINAIBES AVEC DES PARTICIPES PASSÉS PRIS ADJECTIVEMENT.

Epais , épaissi. Faible , affaibli. Convive , convié. Haut, haussé. Gros, grossi. Faux, falsifié. Courbe y cùurbé. Froid , froidi. Uns , unis. Inquiet , inquiété. Cher , chéri. Insigne , signalé. Quitte, acquitté.

Les adjectifs, ainsi que les participes passés, expriment dans les choses ou les personnes la qudlité signifiée par le radical commun , mais arec des difTérences assez sensibles. Ils marquent cette qualité , les premiers , comme inhérente à l'objet , comme lui étant propre et naturelle ; les seconds , comme lui étant survenue , comme acquise , comme étant Teffet d^une modification accidentelle. La qualité exprimée par Tadjectif est présentée comme tenant à la constitution de Tobjet, et le fait concevoir tel qu'il est; la même qualité exprimée par le participe est présentée comme tenant aux circonstances, et le dépeint tel qu*on Ta fait, tel qu'il est devenu. Le parti- 'cipe suppose donc un changement de l'état antérieur, idée totalement étrangère à l'adjectif, lequel au contraire désigne la qualité comme habituelle, si «c'est une manière d'agir, et comme naturelle , s'il s'agit d'une manière d'être.

La règle est sans exception , elle s'étend à tous les exemj^les. Onnatt avec un esprit épais; l'esprit épaissi est l'esprit devenu épais. On dit d'un corps solide qu'il est épais; d'un corps liquide, devenu sq^ide, qu'il est épaissi. Certains hommes ont naturellement 1^ langue si épaisse qu'ils ne peuvent parler qu'avec peine; il arrive à beaucoupde malades d'avoir la h^igne épaissie. «Quand l'air est plein de brouillards épais,... » FéN. a Si l'air devenait plus épais, nous nous noierions dans les flots de cet air épaissi. » io. Un homme est faible par lui-même ; il est affaibli quand il a subi une action qui l'a affaibli ou rendu faible. «Combien de vierges déjà /atblef par elles-mêmes , encore plus affaiblies par les abstinences , par les jeûnes..., n'ont pris néanmoins jamais aucun relftche?» Bourd. Convive marque un état habi- ^el ; convié désigne une qualité reçue , une modification, le résultat d'une invitation; l'un représente l'homme tel qu'il, est, l'autre tel qu'on l'a fait.

Un autre caractère distinctif consiste en ce que radje«tif est absolu et le participe relatif. La qualité marquée par ce dernier peut aller jusqu'à un très-haut degré sans doute , mais elle n'a pas lieu constamment et sous tous les rapports. Ce qui est haussé peut bien n'être pas absolument haut. Et il en est de même de ce qui est épaissi, grossi, falsifié, courbé, affaibli, froidi, etc., à l'égard de ce qui est épais, gros, etc. « Le duc de Chevreuse et le duc de BeauvlUiers étaient unis jusqu'à n'être qu'un.» S. S. « Quelque uns, car c'est trop peu dire unis, que laissent en tout M. de ChevreuseetM. deBeauvilliers, celui-ci n'approuvait pas les chimères de son beau-frère.» Id. «Je ne sais ce que veut dire cette douce attention distinguée du recueillement. Il ne faut pas distinguer des choses si unies, ou plutôt si unes.^

Mais, quoique dans le participe passé la qualité n'apparaisse pas comme absolue , elle y est plus saillante que dans l'adjectif, elle y appelle davantage l'attention ; précisément parce qu'elle. n'y est que par accident, elle s'y fait remarquer davantage. Aussi le participe se met toujours après le substantif, au lieu que l'adjectif peut se mettre avant ; et il est certain que , placé après le substantif, un qualificatif a quelque chose de plus spécial et sur quoi l'on insiste plus particulièrement. Sur ce vers de Racine :

La Grèce en ma faveur est trop inqtâStSe^ Marmontel observe que le participe inquiétée est plus expressif {{M'inquiète. « On ne dit pas , ajoutet-il , être inquiet en faveur de quelqu'un. En pareil cas , Mme de Sévigné dit toujours : Je suis inquiétée , inquiète lui aurait paru faible. »

Prenons , pour y appliquer ces distinctions , les deux mots cher et chéri. Ce qui nous est cher est aimé de nous dans l'ordre naturel , parce qu'il est dans nos goûts, dans nos habitudes de l'aimer; les personnes qui nous sont chères sont celles avec qui nous nous trouvons dans des rapports naturels de parenté , ou habituels d'amitié. Chéri exprime une affection qui sort du cercle commun, qui pourrait bien ne pas être , qui est plus spéciale, qui a lieu pour un fait particulier, ou dans une circonstance accidentelle, qu'on remarque davantage et dont on a , en quelque sorte , droit d'être surpris. Une mère ne parle guère de son fils , sans dire , mon cher fils , parce que dans son cœur l'idée de fils et celle qu'exprime cher sont intimement unies l'une à l'autre ; mais dans un moment de tendresse elle l'appelle son fils diéri. « Mes parents sont partis ce matin , en accablant des plus tendres caresses une fille chérie , et trop indigne de leurs bontés.... Une secrète angoisse étouffait mon âme après le départ de ces cft^r« parents. » J. J. Un roi cher à son peuple l'est habituellement, constamment; un roi chéri de son peuple s'est attiré par quelque action particulière une affection plus vive , mais qu'il peut perdre prochainement.

Deux synonymistes , Roubaud et M. Guîzot , se sont déjà servis , mais l'un sans les généraliser , et l'autre sans les généraliser assez , des mêmes principes de distinction. Nous placerons ici leurs articles, parce que les synonymes qui y sont traités rentrent dans la classe de ceux dont nous venons de nous occuper plutôt que dans toute autre.

« INSIGNE, SIGNALÉ. Ce qui a ou porte des signes, des traits qui le font remarquer, reconnaître , distinguer. »

« Insigne, simple adjectif, indique proprement ce que la chose est en elle-même. Signalé , participe du verbe signaler , désigne proprement , en cette qualité , que la chose est devenue on a éti faite telle. »

Il est impossible de mieux exprimer la différence principale qui existe entre les synonymes de cette sorte. L'auteur développe ensuite les différences accessoires qui en résultent relativement aux deux mots qu'il considère uniquement. « La chose si» gnalée est marquée et remarquée ; la chose tnj signe est marquante et remarquable. On est n-

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

gaalé ^ar des tTaiits particuliers, e{ insigne par des qualités peu communes. Votre piété est si gnalée par des actioxis , par des œuvres d'éclat elle est insigne par sa hauteur, par sa singulière émineuce Vous êtes tigncUë par ces actions et mcigne par cette éminence de vertu : du moins les Latins employaient ainsi le mot insignis : Insignem pietaSe rtnim , dit Virgile. Plusieurs exploits sigmaJés aimoncent une insigne valeur, comme plusieurs crimes signalés annoncent un insigne scélérat. Ce qui est tfut^n^ est lait pour toe signaU. On dit une faveur insigne ou signalée, an insigne ou signalé fripon, un bonheur ou un malheur insigne ou signalé j etc. Signalé marque Téclat, le bruit, l'effet que produit la chose : insigne n'exprime que la qualité , le mérite , le prix de la chose. Ce qui frappe esisigncUé , ce qui excelle est insigne. Nous en revenons toujours aux idées premières des mots. Ainsi , un insigne fripon, un très-grand fripon, n'est un fripon signalé qu'autant qu'ila donné des preuves éclatantes de fHponnerie. On sent combien un bonheur est insigiie , on voit combien il est signdilé. Le bonheur tfut'i^fie est une grande faveur inespérée de la fortune ; et un bonheur signalé porte les traits les plus forts et les plus manifestes de cette extrême faveur. Une grâce insigne n'est fignolée qu'autant que tout le prix en est manifeste. On ^t un insigne fripon , un insigne coquin ; on ne dira guère un insigne héros , un insigne orateur ; mus rorateuT et le héros sont signalés comme le coquin et le ÎTipon. Pourquoi cette différence ? parce qu'un coquin et un fripon peuvent l'être sans être connus , mais que vous ne pouvez savoir et dire que quelqu'un est un héros ou un orateur vssigne qu'autant qu'il s'esXsignalé par ses actions ou par ses discours , et dès lors vous direz plutOt signalé qu'insigne. »

& le premier principe de distinction n'a pas échappé à Roubaud, M. Guizot a parfaitement sai^ le second dans son article Quitte , acquitté. m On s'est acquitté quand on a payé tout ce que Von doit pour le moment; on est quitte quand on ne doit plus rien du tout. On a acquitté différents billets à termes , mais on n'est quitte que quand le dernier est payé. C'est ici le lieu d'établir une distinction entre les participes des verbes réciproques et les adjectifs correspondants. Les prexiûers expriment l'action ou la rappellent ; les seconds expriment le résultat de cette action , l'état où. se trouve celui qui l'a laite. Lorsqu'on s'est 4icquitté de tout ce que l'on devait , on est quitte. On s'est acquitté d'un emploi tant qu'on l'a exercé ; on n*en est quitte que quand on ne l'exerce plus. On s'est o^ui/ir^'d'une commission sans être quitte de celles qu'on pourra avoir à faire dans la suite. On ^acquitte mal , en général , des choses dont on désire être bientôt quitte. On a beau s'être acquitté journellement de ses devoirs , on n'en est jamais quitte. *

Nous n'avons rien à ajouter à pe que dit l'auteur du caractère distinct! f du participe passé , par rapport à l'adjectif correspondant, sinon qu'il CGOvient aux participes passés de tous les verbes , et non pas seulement aux participes passés des rtrbes réciproques.

STNONTMIB DES ADJECTIFS DONT LES OIVS SERVENT A FORMER DES SOBSTARTIFS ET DONT LES AUTRES 80N7 FORMÉS DE CBS 8UB8TAHTIFS.

Dévoi^ dévotieux. Avare, awiricieux. Doux, doucereux. Chaud, chaleureux. Vain^ vaniteux. Difficile , difficultueux.

Leurs différences résultent de deux circonstances principales : l'une , c'est que les adjectifs primitifs n'ont pas ou peuvent être considérés comme n'ayant pas de terminaison significative; la seconde , c'est que les adjectifs nominaux ou dérivés ont tous la terminaison eux , laquelle jouit d'une valeur particulière. £tant dépourvus de terminaisons significatives, les adjeptirs primitifs désignent un état abstrait, une qualité possédée sans rapport au temps , au lieu , au degré , aux actes de détail qui en émanent et en prouvent l'existence; tandis que leurs synonymes sont analytiques, distributifs et concrets, c'est-à-dire se rapportent à toutes ces circonstances , à toutes ces particularités étrangère» aux premiers, et peignent les points de vue, les effets divers de la qualité. En deux mots, les uns sont absolus et simplement énonciatifs de la qualité , les autres sont relatifs ou propres à rappeler cette même qualité avec différentes modifications et dans le détail. D'autre part , en vertu de sa valeur propre , la terminaison eux donne aux adjectifs dérivés le sens de plénitude, de surabondance, souvent même d'excès , et , comme tout excès est condamnable , elle les fait prendre en mauvaise part. Que si déjà le primitif entraînait une idée défavorable , elle renchérit et montre le défaut poussé jusque dans les plus petits détails , elle le peint s'appliquant aux plus petites choses , aux moindres circonstances.

DÉVOT, DÉVOTIEUX. Qui pratique exactement les devoirs de la religion.

Dévot exprime la chose d'une manière abstraite et synthétique, et dévotieux d'une manière concrète et distributive : on est d^t^ot par caractère et toujours; on est dévotieux quand on montre de la dévotion par de certaines pratiques déterminées et dans des circonstances particulières, a Êpicure , dit Roubaud, n'était pas dévot; mais dans les temples il était fort dévotieiuB. » «Le dévotieux, ajoute-t-il, se distingue du dévot ^ surtout par l'habitude extérieure , l'air , le ton , l'accent , la contenance propre à la chose. » —Ensuite , le dévot a de la dévotion , et le dévotieux est plein de dévotion; celui-ci pousse la dévotion jusqu'à l'excès, il s'attache avec l'attention la plus minutieuse , et la recherche la plus affectée dans les manières , aux plus petits détails et aux plus petites pratiques du culte. « Les enfants , femmes et vieillards seraient donc plus susceptibles de religion , plus scrupuleux et dévoiieux. * Chara.

AVARE, AVARICIEUX. Qui aime trop l'argent, qui y tient trop.

Avare caractérise ce défaut intrinsèquement et en général , avaricieux le dépeint extérieurement et dans les cas particuliers. « Il me semble , dit fort bien Girard , qu'ovare convient mieux lorsqu'il s'agit de l'habitude et de la passion même

PEEHIËKE PAATIE :

de ravarice , et qaJcmaricieux se dit plus proprement lorsqu'il n'est question que d'un acte ou d'un trait particulier de cette passion. "Un homme qui ne donne jamais passe pour un a/oare; celui qui manque à donner dans Voccasion s'attire l'épitbète à'aéoaricieux. » Elaute et Molière ont mis Va/vare sur la scène , et l'ont placé dans diverses situations où il se montre anaricieux. Avare, terme abstrait et absolu, exprime phitât ea ellemême la passion de posséder , de letenir y de garder, sane aucmi dessein de Dure uaage; avetri" cmm y terme conoret et relatif , 'représente la même passion dans ses effets particuliers, refusant de donner et se faisant seutir aux autres, c Apollon s'est fait architecte pour un roi afûœriciei»» et ingrat. » Lav. «Un awmricieux même qui aime devient libéral. » Pasc. Dans le Légataire , de Regnard, Géronte témoignant sa surprise d'avoir légué sans raison quinze cents francs de rente à un fripon tel que Grispàn, celui-ci lui répond :

Ne TOUS repentes pas d'une oeavre méritoipe ;

Yonlez-^vaus, démentant on fénérenx tflbrt.

Etre ftvanàêux même iprès votre moct?

D'un autre cêté, a/ooricimiix exprime une idée plus minuEtiense d'aira/ice. C'est pouorqusi oe mot ne se prend Jamais en bonne part, cetmme son qrnonyme : on est axwpe du temps., de louanges; un général estenoiv dussog.de ses soldats.

lK)fJX, DQOCHiffiUX. Qui a de kt doucâor.

DouM est opposé à amer, aigre , âpve, et se dit d'une cbose agréable au goût. Ce qui est dovceretia a tant ià douceur qu'il en defvient fade et rebutant; car le mot datwereus indique surabondance , excès de douceur,. et par suite saveur désagréable :

Ce via rouge et vermeil , mois fide et domereux^ N*af ait rien qu'un goût plat et qa*un déboire afheui.

Ben..

Même difiéreuse au figuré. L'homme doux dit des cboses ou tient une conduite qui charment; l'homme doucereu» dit des fadeurs qui lassent et ennuient. On est àxtuan , et on fait le doueere^àx; c'est-à-dire que le premier mot marque une qualité naturelle, et le second une qualité' factice, affectée , exagérée , chargée. « Dcucereux courtisans. 9 Rbgn. « Les manières de Lauzun étaient toutes mesurées , réservées , doucereuses» » S. S. a Nos poètes ont rendu les spectacles languissants, fades et doucereuff comime les romans. 9 FiN.

CHAUD, CHAUEUREDX. Qui a de la chaleur.

ChmLd est l'expression pure et simple de cette qualité, et signifie l'opposé de froid; cUaleure\ix se dit de ce qui est plein de chaleur. Mais ces deux mots ne sont guère synonymes qu'au figuré , lorsqu'on parle du style et des discours. Alors ekcKud marque moins de force d'entraînement et de véhépience; il exprime la qualité plutôt comme concentrée dans le 6^iet que comme se manifestant par des effets éclatants : une chaude dispute caractérise la dispute sans que la chaleur des disputants frappe beaucoup , conune elle frappe , par exemple , quand on dit qu'un général encourage ses troupes par de chaLeureuses paroles. « Les chaXewreux mouvements de l'éloquence, s Charr. ChaUureMx enchérit donc sur cUawd^ et même

quelquefois jusqu'à l'exagération, car il semble indiquer une sorte d'animation qui n'est pas toujours naturelle , et tient de l'emphase.

VAIN , VAïf rnsCX. Fier d'avantages frivoles ou chimériques.

Vtsin exprime le défaut d'une manière générale et mdépendanzment des circonstances As temps, de lieu , ainsi que des objets et du degrlé; il fhit connaître un trert de canractère. Tomleuc se dit de celui qui est ou a été vain dans un ceitain cas et pour certaines choses déterminées. «Ge mol d'ailleurs est plus concret, et la vanité dutwmiet/x consista davantage dans la montre et dans les airs. Hais la différence la |)lus importante, c'est que vantteux présente tous les détails et toutes les minuties de la vanité poussée à Pexcès. Le vaniteuaa est vain des choses les plus insignifiantes , qui en valent le moins la peine; c'est une vanité sotte et puérile.

DIFFICILE, DIFFICUtTUECX. Peu accommodant, qu'on n'amène pas sans peine à conclure certaines affaires.

"Un homme habituellement difficile ou difficile par caractère se montre difficultueux dans un cas particulier. «Lorsqu'on m'en ftt la proposition, je fis la diffieuUuetue, » Les. Ensuite , difjieaitueux enchérit sur difficile : Thomme âé\^cv^ tueux est difficile sur toutes choses , soulève des difficultés à tous propos , où. il n'y a pas liwi. « La mère avait bien fait la âiffictûiueuse. » Les. c Oh ! vous êtes trop diflieultuenx. » In. « Ah \ que vous êtes difficukweuse. » In. « Calmer les soup^ çons d'esprits ftiibles et difficultueux, » S. 3. « On ne voit point de gens plus ombrageux , plus difftcuîtueux , plus tenaces , plus ardents dans les procès que les religieux. » Féit. « îhffleile , suivant Condillac, se dft des caractères qu'on a de la peine à contenter, des esprits qui condamnent tout , et qu'on ne sait comment prendre pour av^oir leur approbation ou pour en obtenir ce qu'on leur demande; et un homme difficuttueux est celui qui, dans les affaires, fait naître difficultés sur difficultés , mais ordinairement de^auvaises difficultés , auxquelles on ne devait pas s'attendre, *

Eux signifie proprement plénitude, abondance , et quelquefois excès de la qualité exprimée par l'adjectif. Si dans avaricieux, dévotieux, vontteux, difficultueux, elle semble y ajouter une idée de minuties, de petites choses, ce n'est pas que cette signification lui soit essentielle, car elle ne l'a pas 'dans doucereux et chaleureux; mais c'est que la manière d'être a^are , dévot , etc. , à l'excès consiste à l'être jusque dans les plus petites choses. La désinence latine osus n'emporte pas non plus nécessairement cette seconde idée. Ainsi , gratus signifie agréable , bien venu près de quelqu'un; gratiosus, flivorî, qui jouit près de quelqu'un d'une grande faveur , qui est dans ses bonnes grâces. Il ne faudrait donc pas non plus en latin se laisser abuser, sur la généralité de cette idée , par des mots tels que perfi^ diosus et indiUtriosus , qui désignent , l'une une perfidie plus subtile, plus artificieuse queper/tdus; l'autre , une industrie plus adroite , plus soigneuse, plus attachée aux petites choses que ii%dustrius.

SYNONYMES ftUf COIT iE MSW RADICAL.

V8SSB , MX L'aUTUS O^UH Sat^TAATtf CQBR»- P09BAVT.

Imtevr ^«lifWQiiger. loifevr » lotifliijrettr. PotMiat >

TiCiir âxHèfenoe de Talenr tient à leur âSSénace d'origiiie. V^jectàfrerbal suppose de la part un sujet gualiffé action, et presque toujunre action forte, «presse, Tolontaiie, intentionnelle. Au contnire , fadjectif nominal , ou ne désigne point facnoB, oa en désigne une peu prononcée ^ peu spéeiak, iSTolontaîre ; de là Tient que le premier se dft sDitoat des personnes, c'est-à-dire des agents capables de dessôn et de préméditation , taodis que le second s'applique plus particulièrementaux choses. Ensuite, l'adjectif yerbal qualifie en raison d'un Sût, et l'adjectif nominal en raison d'une qnalité constante. Le premier, par cela seul quHl tient dn wiiM , marque une qualité temporam; car l'idée d*sn temps précu, passé, pi^ésent, ou ftitnr et non continuel, s'attache toujours an rerbe , et c'est pourquoi il est appelé en allemand le mot du temps, Zeitwcrt. HETITEUR, HETiSORGER. Qui trompe en mentant, en iaisant considérer comme yrai ce qui est taux.

Us ne sont synonymes que lorsqu'ils s'appli- ^«it tous deux aux choses , attendu que mtensonjier ne pftul se dire des ^rsonnes. L'éclat mentmr ou. mauoiiger des biens de ce monde.

MenUuT est plus fort ij^e mensonger; il semble

indiquer des prouMsssis faites et qu'on ne tient

]a6; et, eoBuoe dans ce ssns, il se prend méta-

pbodquement, on ne l'emploie que dans le style

éjeré. Us récit sientair dilflre bien d'un récit vnsn-

jonfer: lapremi&ce expression emporte que lemen-

issge est dans la pers4»ane qui lait le récit , et la

seconde qu'il rèâde dans la cbose même. Faire

ua récit mesleifr, c'est mentir Tolontairement ,

en faisant un récit qu'on sait être faux; un récit

iiitfisAMi^er contient des iausseiés , mais on l'ignore.

En un mot , mênÈeur rappelle l'action du .vepJ)e

memir . rbabitode de mentir , et mensonger , l'état

constant de ce qui a la qualité escprimée par le

sul»tantif mensonge. On ne dit menteur que des

choses con^dérées comme des personnes qui chier-

chent à tromper, ou bien des cboses qui .sont

faites par des personnes à dessein de tromper. La

renommée est menteuse (Volt.) ; la inenteuse an-

Vicfttité (J. J .) ; oracles «enleurs (Laf. , Volt .). « Le

néant parait quelque chose; mais il n'est rien

qu'un néant sMstnir : que ne fiiit-il point espérer?

Hais dans le Amdque donne-t-il? » Fén, Langage

meafevr (lUc); paroles m^ite«se< (Mgi..)* «La

natOFe bumaipe est partout orgueilleuse., partout

meraetts0^ et veut toujours en imposer, s Volt.

Mensomger qualifie les choses propres à tromper ,

maïs non pas destinées pour tromper. Plaisirs

BKssosHPen (AGan.>; allusions (Lab.), légendes

(Volt.) wwmsongères. Les romans sont des produc-

tioas whtnmmgères (Lab.). La peinture et la poésie

sont des arts vwuonQeTs (J. J.).

ie r«î ym , ee n'est point ose ercoar psiaagéie

(^ proënil do sernsseil lavisear nmtongète. Yosrt.

LODEPH, LOUANGKinL Qui loue eu donne des louanges.

lAueur ne se dit que des personnes; Umçmgeur se dit aussi des choses : plume lotLougetue (J. J.); disconra ou ton louangeur (Acad.); histoires louangeuses (Lab.). lifueuf qualifie en raison d'un Cul unique, au lieu que louangew rnaj^ue plutdt une habitude constante : ain5i , La Fontahie dit qu'en donjaaot au prince de Condé, à l'égard de César, sinon la. préférence, mais la concurrence du moins, il croirait être un loueur modeste. Les hommes sont, suivant Alceste,

Sur toutes les iflUrei, Loueurs Impertinents , ou censeurs téménires. Voi. « Gorbinelli a fait une épttre contre les lou^rs excessifs. 9 Sér. Hais ^ouoRgeur n'a aucun rapport à un cas présent , à des faits particuliers ; il exprime une habitude de louer à tous propos , sans préméditation et comme par instinct. « Le cardinal Dubois était doux , bas , souple , louangeur , admirateur. » S. S. « Bonnard avait le défaut d'être un peu louangeur. » Lab. « Horace , qui n'est pas louangeur, appelle Sophocle le ^rand Sophocle. » In. Enfin, loueur est une qualification plus relative à la personne qui loue , et louangeur une qualification plus relative aux louan^e^ qu'il donne : un loueur perpétuel fait sans cesse l'action de louer; un iouanoietcr fade , fastidieux , emphatique ^ donne des Zouan^es fades , (astidieuses , emphatiques.

PASSANT, PASSAGER, se disent des personnes qui se transportent d'un lieu à un autre.

Par leur sens , ces termes se rapprochent beaucoup plus, l'un du verbe passer, et l'autre du substantif pottoge. Le passant ne fait que passer; ce mot indique un trajet très-court, et qui ne dure qu'un instant. Le passager met plus de temps à passer; c'est un voyageur qui séjourne quelque peu sur le navire qui le. transporte. On dit de l'homme qu'il n'est que passager sujt sette terre , parce que son passage y dure au moins quelque temps. Par la raison contraire , passant a souvent été employé dans les épitaphes : Arrête, passant. Hn outre, passant exprime réellement l'aotion de passer, et passager un état : on arrête \0& passants; sur un navire il y a des solds^s et ^eapowigers,

STNONTIIIB DBS VBUBES RBUTRESAVEC LES UÉM VBRBBS PEYBNUS ACTIFS ET ACCOMPAGNAS SV PBOJVQII PBRSOHliEI..

Passer , se passer. Jfounr , se mourir. PAmer , se pâmer. Panacher, se pancteher. Noircir, $e novrcir. Amender, s'omender. Pourrir, fihat¥ctr, moisir; se pourrir, sethanoir, se moisir. Etc.

Beaucoup de verbes, dans notre langue, ont à peu près la même signification , employés sous la forme neutre et sous la forme pronominale. Nous disons presque indifféremment, par exemple , que la beauté passe et se passe; qu'on meuft et qu'on se meurt; qu'on pâme et qu'on as jpdme; que le lait épaissit et s'épaissit ; que les animaux engraissent et s'engraissent ; que la campagne embellit et s'embellit; que l'heure approche et s' approche. De là autant d'ei:pressions sQn:iafiymi-

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