POURRIR, CHAKCIR, MOISIR*, SE POURRIR, SE CHA^QR, SE MOISIR
« La viafide pourrit , les confitures chancissent , le pùn moistt ; ce sont des accidents que ces objeis doivent éprouver , ou même qu'ils éprouvent actuellement. La viande se pourrit, les confitures se ck4»Mcistent , le pain se moisit : ces objets sont alors dans la crise ou fermentation qui produit la pourriture, la chancissure ou la moisissure. » Roan.
ETTGJUISSEE, S'ENGRAISSER. Devenir gras.
ffij^raiMpr signifie simplement et d'une manière abstraite le fait de la substitution de l'embonpoint à la maigreur; il est relatif au résultat. S engraisser est relatif à la cause , au temps , au travail , aux efforts , à tout ce qui est nécessaire pour amener le résultat; il vous peint à l'œuvre, fous engraissant ; il représente l'action continue , constante 6^ engraisser , et tous les changements SQccessilis qui remplissent l'intervalle entre la maigreur et l'embonpoint. Les animaux engraissent dans certains pâturages , et on les envoie <'y |
engraisser. — Distinguez de même amaigrir et ^amaigrir.
ÉPAISSIR, S'ÉPAISSOL Devenir épais, plus épais.
"Tous deux marquent le fait de l'épaississement , mais chacun à sa manière. En employant épaissir, vous ne laites qu'énoncer le fait; en employant s'épaissir , vous le dépeignez , vous montrez le sujet en travail ou sans cesse occupé & prendre de la consistance. Un instant peut quelquefois suffire À une chose pour épaissir; il lui faut du temps pour s'épaissir. Il semble ensuite que l'un exprime un épaississement ordinaire, naturel ou périodique, qui n'a rien de spécial , et l'autre un épaississement accidentel , dont on remarque particulièrement la cause ou la manière. Le lait épaissit en se caillant ; il s'épaissit quand on le bat pour en extraire le beurre. — On distinguerait pareillement sécher et se sécher, durcir et se durcir. On sèche d'ennui dans une prison ; « Otez aux hommes leurs divertissements , vous les verrez se sécher d'ennui. » Pasc. « En quelques minutes les œufs dwAissent dans l'eau bouillante ; « Le tronc rude et noueux de ces arbres «'est durci par le nombre des années. » F En, « Le bois du cerf ressemble au bois des arbres par la manière dont il croit , dont il se développe , se ramifie , se durcit, se sèche et se sépare. » Buff.
ROUGIR, SE ROUGIR. Ces deux verbes se disent également de ce qui prend une couleur rouge.
Rougir signifie le fait d'une manière abstraite ; se rougir montre la chose en train de devenir rouge. Ensuite , c'est dans les choses plutôt une propriété de rougir , comme de noircir et d'è^paûsir, et un accident de se rougir, comme de se noircir et de s'épaissir. Certains fruits rougissent à certaines époques de l'année , mais ils se rougissent avant , si des maladies ou des insectes les* attaquent. — La différence est la même entre brunir et se brunir, « Trois ou quatre jours après leur naissance , les petits des nègres paraissent d'un jaune basané qui se brunit peu à peu. «Buff- EMBELUR, S'EMBELLIR. Une campagne, une ville embellissent et s'embellissent , c'est-à-dire deviennent belles ou plutôt , d'une part , deviennent belles et de l'autre se font belles.
Embellir est reUtif à l'effet , s' embellir k l'action. Le premier signifie l'espèce de changement opéré. Le second le- montre s'opérant; celui-ci se rapporte au temps , aux détails , aux efforts successifs , aux progrès de la chose. Au printemps la campagne embellit; la campagne la plus ingrate et la plus mal située finit par s'embellir à force de culture et de travaux.
APPROCHER , S'APPROCHER. Devenir proche.
Approcher n'exprime que le fait du rapprochement par l'abréviation et la diminution de la distance : ce qui est loin approche. Àpprochex , c'est-à-dire , soyez proche ou plus près ; c'est en faisant du bien aux hommes qu'on approche le plus de la Divinité. S'approcher désigne, non le simple fait d'jjne plus grande proximité , mais surtout l'action par laquelle ce fait est produit , c'est-à-dire l'action de franchir l'espace intermédiaire , sa manière , sa durée , sa difficulté. Aussi est-il susceptible de beaucoup plus de modifies-
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PRBMlfiRE PAUTifi :
tion« «Ea ajfjfvookaut dul»08%uel, J'aperçus... En y entrant, je vis avec surprise ta cousine i'appro^itr de moi, et> d'ua atc plaisamment suppliant, me demander un baiser.» J. J. EnopprookmU 4nonoQ un fait accessoire, sur loquel oa u'insiate poûit ; je vis t^a^^ocker , exprime un fait principal qu'on iisuLt voir s'eflectuaut , dont on veut représenter la naniëra. « Une mort lente et qui 4'eat oftpfMehéê oomma par degrés.» D'Ao. « Gecmaaicus ptenait le &ain de «'approcher seoràteme&t des tentes pesMJbuit la njuit, et de prêter roreiile aux dtsoours da ses solddts. » Bourd* D'aill^us^ «9|iroiàar est général, s' approcher particulkBf : la moirt «pfH^ocfc^ pour tous et s'appfoche pour chacun; l'un est absolu ^ et l'autre relatif : je l'ai prié à' approcher , et il n'a pas osé Rapprocher. — Oa distingivrait à pau près de miâme arrêter et s'earéter.
AVANCER, S'AVANCER. Aller en «rant.
Pavanée énonce U» lait; je m'aioonce le montre s'acoomplissant. Avancer exprime en elle-même , dans son essence , une. action iuiqualifiable par cela même , si ce n'est sous le rapport du plus ou du moiRS. S'avofMer emporta relation A la manière , aux progrès, aiu -obstaoles, et à toutes les circonstances; il reçoit par conséquent beaucoup de nsodifîcations; osks'twance avec noblesse, lente* ment, avec peina, rapidement, au travers des périls, contre l'enRami» etc^érovaneer, d'ailleurs, présente le sujet se portant en avant, agissant sur aoi-méme pour se mettre en mouvesMut , prenant sur soi d'aller vers, a La duc de Rohaa se mit à la porte du cabinet. Comme le roi agiprêcha , il s'avança. » S. S.
MONTER , SE MONTER , s'emploient également pour marquer qu'un nombre, une somme, une dette , une créance va ou s'élève jusqu'à tant.
La seule différence qu'il y ait entre les deux expressions , c'est que la seconde est relative au détail, à l'addition : vous me devez telle somme ; an y joignant telle et iaUe autre, le tout te monte à mille francs. Quand on voudra seulement exprimer un total , on se servira du verbe neutre monter. « La succession de mon frère moole à des sommes immenses. » Dest. « Les dettes de Louis XIV , à sa mort , montaient à deux milliards six cents millions. » Volt. Mais il faudra préférer le verbe pronominal, se monter^ si on rappelle un calcul ou Topération qui a servi, à établir le total.
Un après un le seigneur fait le compte (des aulx) : Puis qaand U voit que son calcul u monte A la trentaine, il les met dans un plat. Ljif. «Le stupide ayant calculé avec des jetons une certaine somme , demande A ceux qui le cegardent fiiire à quoi aile se monte. » Labk.
ÉCHAPPER , 6'BCHAPPER. S'évader , s'esquiver , quitter en toute bAta un lieu où l'on est pour se metlie en sûreté.
On échappé et Von t.*étthappe des mains de quelqu'un. Mais le premier de ces verbes énonce ce que le second dépeint Dans s'échapper on voit le sujet en action, faisant* effort, cherchant le moyen de fuir. On échappe par boi|heur , parce qu'on n'est point aperçu ; on s'échappe par adressa. «Titus ferma de si près les avenues de
I Jérusalem f qu'il n'y avait plus moyen de e^échap- I per. 9 Bo8S.
Pour t'échapger de nous Dieu sait sll est allègre.
Rac;.
Racine dit encore dans Bsther qu'on peut surprendre la justice des plus grands rob : « ils ont peine A t^ échapper , dit- il , des pièges de Tartifice.» Il y a beaucoup de dangers dont on ne peot éeherpper qu'en s* échappant. — Ces deux verbes se disent encore tous deux , au figuré , dans le sens de s'éva- Qouir , se dissiper. Il arrive un moment oA le dernier espoir échappe ou s'échappe. Le seeond verbe semble marqnerime succession , et non UBe-action faite tout d'un coup. On dirait que Fespoirne s'échappe que peu A peu et malgré des afforla peur le retenir. «Sentant défà la vie qui s*échappe . je chc.-che A la ressaisir par ses-oommencemenlB. a* J. J. — Us se disent enfin de certaines choses qui ^i'eUssmémes sortent d'ui^ lieu qui les contieiit ou les renferme. Mais échapper convient peur une sortie brusque , instantanée , et s'échapper s'il est question de choses qui sortent par une aetten ancces* sive. Un bâton échappe de la main, une idésdela mémovre; des pleurs Réchappent des y*iix, des ftammeb d'un volcan. « Quand une chose q»e neas tenons éehapped» nos mains, noussentmis parce moyen en quelque feçon qu'elle se meut. « Boa. On ne peut jamais dire d'aucune chose avec justesse, qv^elle commence A échstpper.
AUGMENTER , S'AUGMENTER. Croîtra , éeipenir plus grand ou plus fort.
Augmenter est un terme abstrait, mathématique , propre A énoncer ou A signifier Tespàce et le degré de changement. «I^ chaleur «nj^meiirtait. • J. J. «Les effets du raisonnanmat u^mente¥^ sans cesse. » Pasc. « On reçut si bMQ les soaurs de Psyché que leur déplaisir en ou^menla de moitié.» Lâ7. ^'oM^mefOer est une expression qui dépeint, fait image et représente U chose en progrès. cL'£glise ne cessait de s'augmenter tous les jouis sous le fer et dans le feu. » Boss. oc La naissance des choses, elle est imparfaite; elles s*QMgmente»t^ se fortifient par Vaccroissanee. » Mohtajuii.
Une chose A remarquer, c'est que la différence est à peu près la même , quand le second verbe est réciproque, et non pas pronominal. Exemple: Disputer et se disputer , être en débat ou en contestation.
Disputer est purement énonciatif : il signifie la sorte d'action d'une manière abstraite. Se disputer est descriptif, et appelle l'attention sur les personnages qui soxït en scène , aux prises , et qui agissent' réciproquement l'un sur l'autre On n^est pas de même avis quand on dispute , et on dispute avec{ calme afin de trouver ou d'éclaircir la vérité; oa est animé de sentiments hostUes quand on se disi pute^ et on M dispute avec violence, avec animosit^i' quelquefois jusqu'A en venir aux coups. On dispuÉ sur une chose ; on se dispute à propos d'une chos^ Disputer est relatif A la chose discutée et marqifl plutôt un combat d'opinions ; se disputer a rappoi A ceux qui sont en dispute , et c'est un combat d| personnes qu'il exprime. Deux docteurs dans Té cole dtspul^nl , et on peut disputer même saa être en présence, par écrit ou par lettres ; deii
sTNoimfES ma 4in le mSmr radical.
fenuDes qui ont m» iguerelift dans la roa <e disfnieni. Fèaelon écrit k quelqu'un : a Vos amis di^^utôÊU k qui tous aura. » £t Veltaira dans une ^igramme dil en parlaoi 4*uae jjwxsonne ; l4ft BalîB» fii3|aace aai^adra, Lea nis«iiaeiin de JanséoUtei , Bl leuB conaîM les calrinistes Sb dùpmteaià qui ranra.
Pareînemexit, çtwneUer et àkamaCtter ne représentent pas les personnages en action , leurs efiGortaxée^vofiMs, leurs démêlés- ei lauca Uittêa comme sr 9«M«Uar et « /rliMMiMfc.
PAanCIPB PRéSBRT os £AaSB AGCOMPAOHi TERBB Un.
ou
liingutr, élre lonfuiMs»!. Tleiinr, lli*e /lorit- Mant.Dépemdn,99redép9ndamt. JbGfOir, Ity^ eseallenl. Obéûr, étre^bémoÊU, Etc.
Le veifae eaprinie sn Ail; le paràûpe, en tant qu'il tient de i'aiÇactif, oae qualité. Le vert>e exprimaol im £ût, est celatif ; et Jie participe exprimant une qualité ùjljbï état du si:^, est absolu^ Le premiar composte toutes aortes de aodtficatioBs, quant au circoostances et à la manière doDt le £ût paiticolier se passe; le second a par lui-même un sans complet, il r^résente une qualité casactésistique du sujet et iad^pendante de toute Gicconstance. On sert et on secourt une certûae personne , d'une certaine manière , dans œrtainas occasioDa: c'est un fut qu'on accomplit; on est Ma%ùMe et fccouralile indépendammentde tout nffpoct depecsoone, de iiea, de tempa, de moyens : c'est une qualité dont on est doué. Il en &t de mène quand le met qpi acsompa^pous le TBcbe ârw est un participe, au lieu d'être un adjectff. On maurt d'un coup de feu, dans aon lit, à un certaîn ifla, toutes circonstances qui ne peuvent être notéas dans l'expression, tel homme ai WÊOwramiy parce que cette expression est complète el se suiBt à eUe-méme. Quand tous dites :pi'ua jeune liosune est étudiant en droit ou en médecine , ▼eue exprimes tout ce que tous pouvez exprimer a;irac ce tour; mais, en vous servant du verbe neutre , tous direz qu'il étudie le droit ou U médecine dans une certaine viUe , avec plue ou moins d'ardeur et de succès, sous tels et tels maîtres , smant taUe eu telle méthode. Panni les hommes ffoi sont ien^iitsniiils , les uns lanffuii' »etU de nûsèie, ks antres d'amour, ceux-ci dans l'atteated'un biee, ceux-là dans un long exil. GerUioes npuhiiqiia ancienues ont été florissflRtes .-les noas/Zswwefa par les lettres, d'autres par le oomraefioe, d'autres par les conquêtes. « La prof^writé du monde fleurit avec quelque honneur dans la confusion de ce aiède : viendra le tempe du dieeemement. » Boss. c Thaïes s'en alk en £gypte où les sciences fUmtsaierU pour brs.» F«. £tm déptndaiU , c'est êtce dans la dépoeidaace, sans autre ^cification possible; mais on dépend de quelqu'un sous tel rapport, jusqu'à tel point, pendant plus ou moins de temps.
Damre part, le verbe expriauuat un fût désigne toiû^rs, par cala joftme, (pwlque chose
d*actnel et de passager. Au contraire , le participe , joint k l'auxiliaire , forme une expression significative d'une qualité fixe , constante, inhérente au svjet, qui ne le quitte pas. Cela résulte de la valeur ordinaire de Va^iectif dont tient le participe , et de ce que le verbe être, mis en saillie dans l'expression composée, lui donne un caractère d'existence , de permanence et de durée.
EXCELLER , ETRE EXCELLENT. Avoir un degré éminent de perfection, de supériorité.
Exceller est relatif, a besoin d'un complément et exige une comparaison avec des rivaux qu'on surpasse; on ne peut pas dire qu'une personne ou une chose excelle , sans indiquer sur qui et en quoL Un âne dit dans Lafontaine :
Les bumains sont plaisants de prétendre exceller Pw-dessBS nous»! Lav.
Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un point. G^est ttexcelUr en tours pleins de matoiserie ? Id.
Jl^re excellent est absolu , exprime une idée complète et n'a pas besoin d'un régime ni d'une comparaison. « Tous ne sauriez croire combien est exeeUenX le beurre que nous mangeons».» Laf. Ce qui excelle est meilleur que les autres, n'a pas de pareils dans son espèce ; ce qui est exceUeni est très-boD.
Ensuite, exeeUer représente plutdt le si^et comme, agissant , et itre excellent le dépeint comme doué d'une qualité. Le conducteur -de char, qui eti excellent y exûelle à conduire un char dans la carrière. On excalle k faire une chose; on est ean celleni pour subir une modification, ou comme instrument ou comme moyen. la chair des ramiers est excellente à manger. (Buff.), c'est-àdire à être mangée. «Les chiens naturels sonl ea?cellents pour garder les troupeaux. » Buff.
OBÉOt, ÊTRE OBEISSANT. Se soumettre aux volontés de quelqu'un.
Obéir désigne l'acte d^un moment , et être obéiS' sant une disposition constante. Le premier , tout contingent, tout dépendant des circoi» tances , signifie (aire dans l'occasion ce qu'on nous commande; le second, tout qualificatif, signifie, non pas (aire un acte d'obéissance, mais posséder d'une manière permanente la vertu de robéiasance- Ce qui prouve combien obéir est accidentel et relatif, c'est qu'on peut obéir sans être obéissasit , par contrainte ou par intérêt. — Toutefois , obéir se prend aussi , pomme être obéissant » en parlant d'une suite d'actes d'obéissance : «Il vaut mieux, dit Platon , ob^tr aux dieux qu'aux hommes. » Mais obéir est toujours plus considéré dans las actes produits et relativement à l'habitude : être obéisscbnt se rapporte davantage au 6\\jet doué de la qualité qui le caractérise. .D'ailleurs, obéir dépend des occasions d'agir et suppose des iatarvalles; être obéissant marque une disposition qui ne cesse pas un instant
CHANCELER, ÊTRE ftOlNCELAMT. N'être pas ferme.
Chanceler exprime un fait accidentel; à celui qui chancelle il arrive de chanceler. Être chance^ lant marque, une disposition ou qualité permanente : qui chancelle sort de l'état de stabilité; qui est ehaneelant demeure toujours dans un état contraire à celui de la stabilité , est toujours près