PREMIÈRE PARTIE
d'être renversé. Si une diose chancelle , c'est le résultat des circonstances; si elle est chancelante , cela tient à sa nature , à sa constitution même.
PENCHER, ÊTRE PENCHÉ; INCLINER, ÊTRE INCLINÉ. N'être pas d'aplomb ou perpendiculaire à sa base.
Les deux verbes marquent un état relatif, un penchement et une inclinaison qui commencent, qui se font, qui sont encore faibles; être penché et être incliné désignent un état achevé , permanent. Deux lignes qu'on croit parallèles inclinent cependant l'une vers l'autre : c'est une inclinaison peu sensible et incomplète. De même au figuré , quand on incline vers une chose , on a pour elle un conmiencement d'inclination ; quand on y est incliné ou enclin , on a pour elle un goût bien prononcé. « Les soclniens penchent à l'indififérence des religions. 9 Boss. « La faiblesse humaine est trop penchée par elle-même au relâchement. a> Id.— Ensuite, si une chose penche ou incline , c'est par accident , par le fait des circonstances ; c'est par nature qu'elle est penchée ou inclinée. Un arbre penche sous le poids des fruits ; le narcisse est penché ou incliné au bord des eaux. Un mur est incliné, quand il incline beaucoup, et depuis très-longtemps, ou qu'il a été b&ti obliquement sur le sol. ^ Enfin , parce qu'ils sont relatifs , parce qu'ils représentent le penchement et Vinclinaison en train de se faire, les deux verbes expriment que le sujet approche de plus en plus de sa ruine. Un état penche vers sa chute , un vieillard vers la tombe. Être penr ché y être incliné désignent un état permanent , qui se suffit en quelque sorte à lui-même, qui ne va point finir par la ruine. — Quelquefois la différence est encore plus grande. Incliner et pencher expriment une action, se disent de choses en action, au lieu qn'étre incliné ou penché signifient un état , s'appliquent à des personnes ou à des choses arrêtées , fixes. Dans une course de chevaux , on voit le cavalier et l'animal pencher en avant ; le Poussin a fait un tableau « où un cavalier et son cheval sont penchés en avant : les crins du cheval, les cheveux de l'homme , son manteau , tout est flottant et repoussé par le vent en arrière, s Fén.
Remarquez que , à la place du verbe neutre , le verbe réfléchi aurait le môme caractère. Ainsi , à incliner et k pencher , on peut substituer sHncliner et se pencher; la différence restera la même , ou peu s'en faut, entre ces derniers, et les expressions, être incliné j être penché. C'est donc définir inexactement s'indigner et être indigné , que de les traduire l'un et l'autre , comme le fait l'Académie, par éprouver de Vindignation, Dans,*'tn^ digner, l'idée commune est empreinte de relativité; au lieu q\ïétre indigné j la présente absolument et comme ^hevée. Celui qui #'tfidigne est à l'œuvre , en quelque sorte : on peut le calmer. Celui qui est indigné a conçu le sentiment de l'indignation dans toute sa plénitude ; l'indignation est sa qualité, son état, sa manière d'être. Pendant qu'il parlait , on voyait les assistants s'indigner peu à peu ; après qu'il eut parlé , tous les assistants étaient indignés. De plus, il y a dans s^indigner une idée d'activité étrangère à
son synonyme. Sindigner, c'est se soulever, s'émouvoir contre une personne ou une chose; être indigné j c'est être intérieurement affecté d'une certaine manière. On dirait bien , il ne faut pas s'indigner contre un crime involontaire; car cela dépend de nous en partie; mais dans ce cas on ne pourrait se servir d'être indigna, parce que cette dernière expression marque une manière d'être fatale et toute passive.
8TNOVTMIB D'un TBRBB ▲ L'IHDIGATIF AVEC CE MâlCE TERBB AU BUBJOHCTIF.
Croyex-wnu qu'U le fera? Croyez-vous qu'il k faue?
Ces deux tours de phrase ont cela de commun, qu'ils peuvent être l'un et l'autre employés par un homme qui doute , qui est dans l'incertitude et qui interroge quelqu'un pour en sortir.
Mais d'abord croyex-vous qu'il le fera ? annonce toujours une chose future , et quelquefois , croyexvous qu*il le fasse ? une chose présente : vous venez d'ordonner à quelqu'un d'aller faire sur-lfr champ telle ou telle chose ; et vous me demandez presque aussitôt après , croyex-vous qu'il la foue? c'est-à-dire qu'il soit actuellement à la faire.
Cette première distinction est insuffisante; car le subjonctif quHl fasse répond également dans notre langue au futur et au présent de l'indicatif d'où il se forme , et il y a des cas où les deui tours s'emploient pour exprimer un doute relativement à une action future : croyex-vous qu'il Ufa$« signifie pour lors croyex-vous qu'il doive le faire?
La différence en pareil cas est difficile à saisir. Pour la trouver et la concevoir nettement, il faut se faire une idée exacte des rôles de l'interrogation et du subjonctif dans le discours.
On interroge quelqu'un pour savoir ce qu'il pense. L'interrogation ne suppose essentiellement qu'un doute , celu> qui se rapporte à l'opinion de la personne interrogée. Quand je vous demande : Pleuvra-t-il? Viendrez-vous avec nous? Quel parti prendrons -nous? il se peut que je sache très-bien à quoi m'en tenir sur tous ces points, et que je veuille seulement connaître ce qu'il vous en sem ble. Je dois sortir dans quelques heures; une personne m'engage à ne le point faire, parce qu'il doit pleuvoir, le ciel étant chargé de nua ges. Quelques instant après , le ciel est parfaite ment pur , le soleil brille , je demande à la même personne : Eh bien! pleuvra-t-il? sachant bien qu'il ne pleuvra pas , et n'ayant de doute que sur la pensée ou l'aveu de la personne à qui je parle-
De son côté , le subjonctif a par lui-même et essentiellement pour caractère de marquer le doute sur ce qui fait l'objet du discours : il n'est pas probable qu'il vienne , je n'espère pas qu'il vienne , supposé qu'il vienne.
Ces simples notions peuvent seules aider à dé couvrir une distinction vraie entre ces deux façons de parler si approchantes l'une de l'autre.
Dans croyex-vous qu'il le fera ? il n'y a pas nécessairentent deux doutes tombant , l'un sur votre croyance , l'autre sur l'événement futur dont il s'agit; il se peut qu'il n'y en ait qu'un, le pre mier. Je suis persuadé qu'il ne U fera pas, e\
STIfONYlIES QUI ONT LE MÊME HADICAL.
c*est Gomixie si je disais : Estril possible que tous soyez assez bon pour croire q\i*U le fera? Au contraire , quand je dis : Croyef-^out qu'il le jasse? mon doute porte à la fois, et sur votre sentiment à Tègard du fait, et sur le fait luimême; c'est comme si je disais : Je ne sais s'U le fera , qu'en pensez-TOos?
La difficulté est la même et se résout de même quand les deux yerbes sont au présent , Tun au présent indicatif, Fautre au présent subjonctif : Crofes-^out ipue la lune est habitée et soit habitée? Quel parti croyex-^ous qu*<m doit prendre et qu'on doice prendre? En me serrant du premier tour, je ne témoigne qu'un doute , celui qui a rapport à votre sentiment , soit que j'aie moi-même une idée arrêtée sur la chose dont il s agit, soit que je n'aie pas dessein de mettre cette chose même en question. Mais quand j'use du subjonctif, je doute doublement, et touchant votre opinion , et touchant la chose sur laquelle je vous interroge. Lorsque Joad dit à Abner dans Athalie:
Quel cagaeUf cfaer ihaer, eryres^vous qu'on doit
mitne? Rac.
Joad n'est point incertain, il veut seulement sonder ks dispositions d'Abner. Mais il montrerait de l'indécision s'il disait : Quel conseil croyeztous qu'on doive suivre?
Du reste , quand même , après eroyex-fious , le verbe à Fio^icatif indiquerait déjà quelque doute sur la chose en question , ce ne serait à proprement parler qu'une suspension de jugement , que de l'indifTérence entre le oui et le non ; au lieu qu'avec le veihe au subjonctif on exprime un doute positif, de l'incrédulité. Un prêtre qui enseigne des enfants, et un philosophe qui dispute sans avoir encore une opinion faite , diront : Croyexvous qu'il Y a un Bien et qu'il prend soin de ce qui nous r^arde? Mais un ath^ dira en secouant la tète : CroyeX-coiM qu'il y ait un Dieu et qu'il yretmt soôn de ce qni.nous regarde?
STKOHTKIE DBS TEaBBS ACTITS AVKC CBS MÊMBS VEABSS DBVETIUS PBOHOKINAUZ.
Attaquer quelqu'un , t^aJtiaquer à quelqu'un. ImaçinerjS^imaginer, Attendre , ^attendre. Apercecotr, M'apereevoir, Bte.
Le verbe actif indique le fait ou l'acte en luimême , ou relativement à l'objet. Le même verbe , devenu pronominal, implique l'idée d'un rapport particulier au siqet : il représente l'action comme plus personnelle, il exprime un retour vers la sujet, il Sait pensera lui, aux sentiments qui raniznent, à ses efforts, aux idées qu'il conçoit.
La raison de cette règle est fecile à trouver. Le verbe pronominal renfermant le verbe actif doit d^abord signifier la même chose que lui, et comme il j ajoute le pronom, cette addition doit avoir pour effet de rappeler de quelque manière le sujet on la personne qui agit. L'action du verbe . quand il est pronominal , au lieu de se pc!ier immédiatement sur. l'objet qui ne lui sert alors qne de complément indirect, au moins pour l'ordinaire , ne l'atteint qu'après avoir , pour aÎDd dire , fait retour vers le sujet et en avoir
reçu quelque modification. Le verbe ordinaire appelle naturellement l'attention sur l'espèce d'action elle-même ou sur l'objet qui est son complément direct ; et le verbe pronominal , par sa rétroactivité vers la personne , en fait saillir quelque qualité ou la représente comme ajoutant quelque chose d'elle-même à l'action.
ATTAQUER quelqu'un, S'ATTAQUER à quelqu'un. Prendre quelqu'un pour objet de ses attaques et de ses coups.
S'attaquer y c'est se porter à attaquer, attaquer avec résolution, et c'est d'ordinaire & plus fort que soi qu'on s'attaque.
Ah ! tu sauras, maraud, à U confusion , Ce que c'est qu'un valet qui s' an, .que à son matu^. Mol. ( Amphitryon.)
S'attaquer à Dieu (Bon ru.) , au Créateur (Boss.). Il n'y a dans attaquer d'autre idée que celle du fait : l'ayant trouvé sur son chemin , il Vattaqua. Dans s'attaquer il y a de plus un rapport à la personne qui s'en prend à quelqu'un , qui l'entreprend , un rapport aux sentiments particuliers qui l'animent et la rendent si osée , le ressentiment, la haine, la vengeance, l'humeur ou bien l'acharnement de sa volonté et l'ardeur de ses poursuites. En deux mots, attaquer n'exprime qu'un simple acte, l'agression, la provocation, un acte d'hostilité , abstraction faite de toute circonstance ; s'attaquer y ajoute l'idée d'un retour vers le sujet et représente celui-ci ou conmie ne craignant pas d'attaquer , comme attaquant ouvertement, ou comme animé de telle ou telle passion dans son attaque , ou bien encore comme prenant à partie avec discernement , par choix et préférence, celui-ci ou celui-là, à cause d'un tort vrai ou prétendu. Ce qui est essentiel dans attaquer , c'est le fait en lui-même , et dans s'attctquer, c'est la circonstance toute relative à l'agent, d'oser attaquer, d'attaquer avec acharnement et passion , et telle personne plutôt que telle autre.
IMAGINER, S'IMAGINER. Ces deux verbes signifient se représenter quelque chose dans l'esprit , quand ils ont un nom pour complément immédiat, et se faire ou avoir une opinion, quand ils sont suivis d'une proposition incidente , commençant par que. Ainsi , on dit , d'une part , tmorginer et s'imaginer des fantômes; de l'autre, imaginer et ^imaginer qu'on viendra à bout d'une entreprise.
Or, dans les de\ix cas, ces mots diffèrent de même , c'est-à-dire en ce qu'ils marquent le fait ou l'acte, l'un simplement, l'autre avec une circonstance prise du sujet , savoir qu'il croit à la chose imaginée , qu'il y donne son assentiment.
Il importe de suivre cette distinction dans les deux sens où imaginer et s'imaginer paraissent synonymes.
\* Imaginer, f imaginer. Se représenter, sa faire une idée.
Ces verbes, considérés seulement dans le cas où ils ont un nom pour complément immédiat, signifient tous deux se représenter quelque chose dans l'esprit. Imaginer , c'est se représenter quelque chose d'idéal , qu'on feint , qu'on crée , qu'on invente , sans aucun égard à la réalité de la re-
PMSaiËRE PARTIE
pi^entation. S'imaginer, imagmeri, soi, pour aoi , c'est se représenter quelque chose à quoi Ton croit , à quoi Ton s'attache , qu'on s'impose , qu'on se persuade. Il y a deux manières d'avoir de rimagination *, elles sont exprimées par ces deux teii»es. Imaginer, c'est être créateur, c'est avoir de l'imagination , en ce sens qu'on est capable de se former des représentations idéales , hypothétiques. S'imaginer n'est pas seulement conoeptif , il joint la croyance à la représuentation ; c'est av<Hr de l'imagination , en ce sens qu'on se laisse aisément entraîner à croire à ses conceptions. Dans imaginer se trouve l'imagination du poëte , de l'inventeur; dans s'imaginer l'imagination d« rêveur. Dans imaginer, l'imaginattion produit*, dans s'imaginer , elle impose la croyance à quelque chose d'imaginé. Imaginer des fantdmes et des périls, c'est simplement en produire Tidée dans son esprit; se les imaginer, c'est de plus croire qu'ils existent et avoir peur de sa création : Hoffmann imagine des flmtômes , rcnfant s'imagine des fantômes. Pour faire de son imagination un usage convenable , il faudrait n'imaginer qoe les choses qui peuvent être , et ne s'imaginer que les choses qui sont. Imaginer est plus original , plus inventif; f imaginer est plus logique , plus abstrait , et ce verbe emportant une croyance est très-rarement suivi d'un nom , mais presque toujours il est suivi d'un infinitif ou d'une proposition incidente , commençant par que. Les géographes ont imaginé des lignes et des cercles qui coupent le globe en tous sens , mais sans se les imaginer. « Il n'est pas besoin de s'imaginer aucun vMe. » P.R. C'est-à-dire qu'il n'existe réellement aucun vide. Dans les sciences hypothétiques, comme la géométrie, on dit à chaque instant , imaginez telle ou telle chose , une ligne qui, etc. Quand on se sert de s^imaginer, c'est qu'il y a croyance à la réalité de la chose. «Il est ffbsinde de s'imaginer des infinis en divers genres. » FÉN. C'est-à-dire qu'il existe de tels infinis. «Il n'y a rien de si déraisonnable que de s'imaginer une infinité d'êtres sur de simples idées de logique. » Mal. C'est-à-dire encore qu'il existe une infinité d'êtres. » H. Jourdain : a Je vous dis que ces souliers me blessent. « — Le maître tailleur : Œ Vous vous imaginex cela. » Mol. « Les Juifs s'imaginaient le Messie tout autre qu'il ne devait être. » Boss.
2*» Imaginer, s'imaginer. Se faire ou avoir une opinion.
Ces deux verbes , suivis d'une proposition incidente , commençant par que , signifient , non plus se représenter quelque chose , se faire une idée , mais se faire ou avoir une opinion. Leurs différences sont alors analogues à celles qui les distinguent dans le premier sens. Imaginer marque une opinion hypothétique, relative à la possibilité; s'imaginer une opinion sur la réalité. Il imagine qu'il en viendra à bout, c'est-à-dire il conçoit comme possible d'en venir à bout; il s'imagine qu'il en viendra à bout, c'est-à-dire il est dans la ferme persuasion qu'il en viendra à bout. Scapin dit àOctave : « Imaginez-vous que je suis votre père qui arrive , et répondex-moi fermement. » C'est à dire, non pas, imaginez, faites l'hypo-
thèse , <«oncenrez «onraie posaflile qm je sois ▼otr< père , mais persuadez-vous que je le suis réelle ment. Kos bons tuteurs, qui emploient quelquefois imaginer que , quoique Beauzèe Fait nié , li font suivre ordinairement du verbe jjouvotr. J. J dit de ses ennemis : «Sans doute , ik nHmaçfinen pas qti'on puisse sincèrement croire en Diou. » E ailleurs : « Je nHmaginais pas même qu*cm pûi vouloir nuire à quelqu'un qu'on devait aimer. » « Us n'imaginaient point qu'il fût possfl^le de traverser les Palus-Méetides. » Mohtesq. « Bt>ii)£ n'tmo^tyiott point ^'elle pÛt être , si elle ne commandait pas. » Id. Cest-à-dire ne ooncevart pas l'idée d'elle-mêrae comme possible sans le commandement. Imaginer équivaut à concevoir; s'imaginer à penser, se persuader. On imagine qu'une chose peut être ; on s'imagine qu'elle est. On peut se tromper dans les deux cas , mais Terreur est bien plus grande dans le second que dans le premier. Vimagine que je réussirai, c'est-àdire je conçois mon succès comme possible : je m'imsagine que je réussirai, c'est-à-dire je me persuade , j'ai la confiance que je réussirai , conune si mon suecès était actuel , ou tout au moins asraré. « Quelques aneiens ont imaginé que la vote lactée, était (c'est-à-dire pouvait bien être) le chemin que tenaient les monadres divinités pour se rendre au conseil du grand Jupiter. » Tés. S*iU se sont trompés, c'est une erreur hypothétique, idéale , théorique , un polit mécompte , et non une déoeptioB, puisquMls ont affirmé, non que U chose était, mais qu'elle pouvait bien être '.
4 . Se/tgurer a Je même aeiiB général que imagimer et sHmaginer^ saToir : se faire une idée, et se faire on avoir une opinion. Mais, au lien d'être créaieur comme imaginer, et décevant comme s'imaginer^ il est fifo* ralif, pittoresque ; il ne donne pas l'6tre & ce qui n'est point, il T«préMDte oe qui est, il on met aons le» yen de l'eifiii les fboroiei., la dispaattioB, tous les tnilt. Ce n'ett plus t'iffl«é;infttloii de l'inventeur ni celle dn rêveur que désigne sejtgurer, c'est ce que Volliire appelle rkmaginatioe de détail et d'expreisioa , ceUs qui n'est qu'ouvrière, qui travaille sur quelque chose de donné, celle qui distingue le grand écrïTain et qui conaisle à concevoir vivement le comment, la xnanièie, les circonstances d'un fait ou l'extérieur d*uii oiuet, SCS formes et ses couleurs. Quand on parle d'un géant, nous nous Jîgurons aussitôt unhomme defaaute staiore, robuste, aie. «Les peintres peigaent lea clioaes comme on se les Jigure, m Max» £t réciproquement on se figure les choses comme les peintres les peignent EfliscUvement, se figurer est synonyme û^ se peindre. Figure^tei Vjrrhm, les yeux étfaicelants, Entrant i la lueur de nos palais brûlants — Peins'-toi dans ceehorreurs Andremaque é^xn-dne....
iUo.
Ce qu'on se figure est un tableau ou en tableau dam , l'esprit. « Figurex^-vmm le apoctacle d'un homme souf- (kaat. » MAss.ti Tout seul qu'il est, onse figure autour de lui ses vertus et ses victoires. » Fléck. «Je mefigum assez, sans lavoir, celte magnificence. » Moi.. « ^al Augustin , voyam la cour des empereufs de Rome 4 pompeuse et .si magnifique; ee figurait par proporlioa la magnifloeDceetia beauté de la cour célesie. » ftomio. — Bn fait d'opinion sefigmvr^ ne signiOepas, commf! aesdsui synonymes, une sapposition toute gratuite. A» figurer, par exemple, qu'on est malade, n'est paattatl fiction toute pure , c'est une croyance ou une peniéft' fbndée sur quelques indices; mais s'imaginer qu'oSi est malade est le fkût d'un malade Imaginaire. « Qnej
sTN0imiE8 Qtf -mr ls Mttœ radical.
AimiDKK, ^ATITOMffi. Avoir Hdée qn'one dïose arrÎTera et y compter,
L*im se rapporte plus à la cfaose-qui doit arriver et à son arrivée , et Taotre à la personne. On at tend phis ou moins l<Higtemps; on ^attend à ce qu'on attend avec confiance. S'otteruire exprime la même chose qu'cUnulni , mais avec cette circon stanœ , qu'il manjoe en même temps comment le sujet mtend, cVst-i-dire avec persuasion que la chose ne muquera pas d'arriver ; de sorte que , si la ebose n'airmit pas , il serait bien trompé. On oftaetfimàérîfage, ime récompense; et on ^atttni i on héritage , à tme récompense : dans le ftoBner cas , on espère la chose sans trop y compter; dans le second, on Tespère et on regarde son acconq>lissement comme assm^, comme infaillible. S'il s'agit ffun malheur , la conviction qu'il arrivera fait que s'ottmdt'e représente Iti peisoraie c^nmse résignée. Ensuite, et toujours conformément à la ràglle, on attaiA plntdt ce qu'on ne craint ni n'espère , comme le retour des saisons , une réponse à laqoelle on est à peu près indifférent , tandis qu'on s'attend à ce qui importe beaucoup on excite vivement Pintérôt. Enfin , on attend les choses ordinaires, et on i^aUend aux choses extraordinaires. Le juste aUend une récompense au de& de cette vie ; le soldat q\ii vient de fâii% nne action d^éclat s'attend à une Técompense. On aftenà le retour des saisons ; et des personnes . à rappBtilion de certaines comètes , s^aftemlnit à la fin An monde. Cest que les motife de croire sont , d'mie part , communs , généraux , et , de rsiùtre, |»rticuBers au sujet, puisés «en luimême.
APEBGETOIB, S'APSBCBYOIR. Découvrir, arri:F«r à voir.
On aper^poU ce qui se mosa^n, on ^apm^oU de ce qaoD remarque; on apereoU lacilement une chose apparente . on «'operpoti aisément quand on a de la sagacité. Apercevoir marque le fait en luimême et plutôt relativement à Fohjet qu'au siqet ; s'apenetmr suppose , de la part du dernier, efiort, secbercfae, attention ou grande fiaesse du re^^^ard. On mperçn^ une maison; on «'«fperjpott de ce qu on a plus ou moins longtemps épié , afin de le voir, ou de ce qu'on surprend à force de pénétration , comme d'une intelligence , d'une ruse , dune intrigue, ou enfin de ce qu'on a intérêt à découvrir, comme un vol.
&Alsni, SE SAISU. Prendre tont d'un coup, roeltre la main sur.
Saitir exprime en eU&^mâme et sans aucune cificoDstanoe TaetioB ordinaire d'occuper , de s'emr pMrer. « Les enianti ne peuvent d'abord «ni mar-cher ni saitir. » J. J. 8e saieir a plus rapport au sujet qu'il représente comme plein d'ardeur et d'^ridùé , comme se jetant sur la chose ou la perwaanB. comme l'envafaiesant, comme la garrottant et rétraigsant. «A peine \m grand est-il débaxqaé qpie Théophile l'empoigne et.r'ea aainl.. »
si, après età^ ^ se trouve encore quelques théelogieiis qui 9ejîgm.reiu qu'en décTiani ces propoiilioiDS j'ai en y»fe de les décrier eaz-mèmes. Je déolare que celle famme idée ne saonit venir que des mauvais artifices de l'^mU^oque. « Bon..
Labh. — Sstnrfait penser àl'oljetsaisi , et tetaùit an sujet saisissant; tentir un objet, c'est le prendre ; s'en «otstr , c'est s'en rendre maître.
TAm, SB TAIttB. foire une chose , n totrt sur une chose; n'en point parler.
Tous deux désignent une prétermisrion volontaire; mais le second ajoute à l'idée commune celle d'une circonstance particulière au sujet. Il suppose de sa part soin , précaution , discrétion , force de volonté , ou bien des considérations qui lui sont propres. On se Uni malgré l'envie qu'on a de parler , on se contraint , on se fait une sorte de violence , et on est assez maître de soi pour ne point révéler ce qui ne doit point être su ; ou bien on a par devers sci des raisons toutes particulières de croire que cette révélation entraînerait des inconvénients. Il y a des choses qu'il faut toujours tafre; il y en a d'autres à l'^rd desquelles chacun , suivant les circonstances , a droit de juger s'il lui convient de se taire, c II serait honteux de taire des vérités importantes à l'humanité. 3> Katsal. j. j. Rousseau aurait mieux fait de taire ses fautes que de les révéler au public, a II se tait et fait le mystérieux sur ce qu'il sait de plus important, s Labr. « La vérité est que les phis discrets «'en taisent et n'osent en rire qu'entre eux. » 1. J. « Elle ne peut se taire de votre beauté. »Sév. «Tous chicaner inutilement sur le principe lorsque vous êtes obligé de vùus taire sur les conséquences qui suffisent pour anéantir le précepte de J. C.» Pxsc. «La princesse dtes Ursins se taisait sur le traitement qu'elle recevait, et le supportait avec un courage mStle et réfléchi. »S. S. — On dit dans le même sens , et il fhut distinguer de la même manière , eac?rer*une chow , et se cacher d*une chose. « J'ai travaiflé moi-même à ce livre , et je ne m'en cache pas. » J. J. « Poltrot ne se cache pas du dessein qu'il avait conçu d'assassiner le duc de Guise à quelque prix que ce fût. » Boss. .
RÉsemmS, SB BéSOUimB Â. Prendre un parti , se déterminer à agir de telle ou telle manière.
Késoudre, c'est simplement sortir de l'indécision ; se résoudre , c'est en sortir avec peine , en se faisant violence : il en coûte de se résoudre , on Tfy parvient qu'en luttant contre soi-même. A la fin, par nos raisons gagnée »
]51e «e résolut à souffrir la saignée. Hoi^. • Cehri qui est résolu de feire une action n'éprouve plus d'embarras, sait à quoi s'en tenir sur la conduite qui lui convient ; celui qui s'est résolu à la faire a trouvé en lui-même une résistance qu'il a dû vaincre. « J'ai en toutes les peines du monde à vaincre son scrupule : et ce n'est que d'aujourd'hui qu'elle «'est résolue à accepter le diamant. » HOL.
SENTm , SE SEmriR ; KESSENTIR , SE RESSEN- TIR. Éprouver quelque chose d'agréable ou de fâcheux. On se sent de la goutte et des infirmités de la vieillesse , comme on les sent. On ressent l'influence , ou l'on se ressent de l'influence de la tenq)érature , d'une doctrine , d'une administration bonne ou mauvaise; on ressent la munificence d'un prince , ou Ton s'en ressent.
Se sentir et se ressentir ne présentent pas l'ac-