EXPÉRIMENTAL, D'EXPÉRIENCE
Une preuve expérimentale n'indique pas aussi positivement , aussi rigoureusement qu'une preuve d'expérience , une preuve tirée d'une ou de plusieurs expériences. Elle n'a avec les faits qu'un rapport peu prochain.
BAPTISMAL , DE ou DU BAPTÊME. Qui a rapport au baptême.
Baptismal ne se dit que des choses qui ont au baptême un rapport éloigné , qui en sont des circonstances ou des accessoires : robe baptismale , fonts baptismaux; ou bien on s'en sert encore au figuré pour qualifier relativement au baptême d'une manière large et étendue , la grâce baptismale, l'innocence ou l'intégrité baptismale. De ou du baptême , au contraire , s'emploie pour exprimer quelque chose d'essentiel au baptême : les paroles du baptême , nom de baptême , extrait de baptême, les vœux du baptême. Les parents d'un enfant nouveau-né assistent aux cérémonies ou aux pompes baptismales , et le sacrement du baptême efface dans l'enfant la tache du péché originel. — Toutefois on dit également fonts baptismaux et fonts de baptême , eau baptismale et eau du baptême. La différence alors est analogue à la précédente. Baptismal est toujours général et vague; de ou du baptême est toujours particulier et précis ; ce qui est baptismal servira , peut servir pour les baptêmes , ou bien sert pour tous les baptêmes ; ce qui est de ou du baptême sert ou a servi pour les baptêmes , ou plutôt pour un baptême spécial, dans un certain cas. On dira en général, l'enfant est tenu sur les fonts baptismaux par le parrain et la marraine ; et , en parlant d'une personne , c'est moi qui l'ai tenue sur les fonts de baptême. L'eau baptismale se verse sur la tête de l'enfant; saint Jean-Baptiste versa sur J. C. l'eau du baptême. D'ailleurs baptismal qualifie les fonts et l'eau d'une manière moins étroite par rapport au baptême; il les désigne comme faisant partie de la cérémonie : au lieu que de ou du baptême réveille l'idée du sacrement lu --même. Dans l'expression qui contient baptismal ce qui est en saillie , ce n'est pas l'idée du baptême , qui n'est représentée que par un mot accessoire , un adjectif; mais dans celle où figure de ou du baptême , le baptême étant rappelé par un
mot principal, un substantif, attire toute l'attention. Les fonts baptismaux de telle église sont de marbre ou de bronze et plus ou moins ornés; en sortant des fonts du baptême l'âme a perdu toute souillure. L'eau baptismale doit être pure; l'eau du baptême est bénite et consacrée pour cela , et aussitôt que l'enfant a reçu l'eau du baptême, il est régénéré et admis au nombre des chrétiens.
COURTISAN, DE COURTISAN. Qui a rapport à la cour ou à ceux qui la fréquentent.
Courtisan marque relativement à la cour une simple ressemblance ; de courtisan exprime avec la cour un rapport plus étroit , celui d'appartenance. Un langage courtisan est celui d'un homme de cour, un langage de courtisan est celui d'un homme de la cour. Le premier est tenu par quelqu'un qui n'ayant peut-être jamais mis le pied à la cour en a cependant la finesse et la flatterie adroite; le second est d'un homme qui vit à la cour. — Du reste , soit qu'il s'agisse ou non de personnes qui approchent les princes, l'adjectif exprime toujours quelque chose de plus faible que la locution atljective : avec un ton courtisan vous parlez comme un courtisan; avec un ton de courtisan vous parlez tout comme ou absolument comme un courtisan. L'esprit courtisan est quelque chose de plus superficiel ou de moins essentiel que l'esprit de courtisan. Ce fut pour plaire au roi de Suède, que Regnard , dans son voyage en Laponie , s'astreignit à faire des observations exactes ; « et cet esprit courtisan que l'on prend toujours auprès des rois asservit pour un moment l'humeur indépendante et libre d'un homme absolument livré à ses goûts. » Lah. Au moment où Britannicus tombe empoisonné par Néron, Tacite nous dépeint les courtisans restant immobiles , les yeux attachés sur César. « Demeurer maître de soimême à un semblable spectacle est le dernier effort de l'habitude de servir et le sublime de l'esprit de courtisan.» Lah.
HOMME LETTRÉ, HOMME DE LETTRES. Homme qui a des connaissances littéraires , qui n'est pas étranger aux belles-lettres.
Mais le lettré est avec les lettres dans un rapport plus éloigné que l'homme de lettres; il a seulement quelque teinture des lettres. L'homme de lettres, au contraire, cultive sans cesse les lettres ; il en fait son occupation habituelle , unique , il y est entièrement adonné. Le lettré a de la littérature; l'homme de lettres suit la carrière des lettres, fait des lettres sa profession, et en vit. Le premier est un érudit; le second, un auteur. L'un a du savoir; l'autre compose, produit des œuvres littéraires. L'instruction du lettré est plus superficielle. « A une certaine époque du moyen âge , les gens d'église seuls avaient quelque teinture des lettres, et de là vient que le nom de clerc devint le synonyme d'homme lettré, et se donna même par extension à quiconque savait lire. » Lah. Cicéron plaidant pour le poëte Archias appelle son client un homme de lettres et se félicite d'avoir affaire à des juges qui sont des hommes lettrés (Lah.). ,