S'EMPRESSER À , S'EMPRESSER DE
On s'empresse à plaire à quelqu'un ou à le secourir, partout et toujours-, c'est un genre de conduite, une habitude, ce Toutes les religieuses à l'envi s'empressaient à divertir l'abbesse par leurs talents. » Les. « La nature a donné à l'enfant une figure si douce et un air si touchant afin que tout ce qui l'approche s'intéresse a sa faiblesse et s'empresse à le secourir. » J. J. On s'empresse de plaire à quelqu'un ou de le secourir dans une occasion unique; c'est un fait, un accident. « Au bruit de son arrivée , les principaux de la nation s'empressèrent de se rendre auprès du héros. » Barth. « Le vieillard tomba en faiblesse et il expira dans les bras de ses amis qui s'empressaient en vain de le secourir. » Les.
ESSAYER, S'EFFORCER, TACHER A et DE.
Après commencer et continuer on met et on trouve plus souvent à que de. Les verbes essayer , s'efforcer et tâcher , au contraire , sont plus ordinairement suivis de la préposition de. La raison de ce fait s'aperçoit sans peine. Commencer et continuer se disent en parlant de toutes sortes d'actions , naturelles ou humaines , fatales ou volontaires, qui tendent ou ne tendent pas à un but. à une fin déterminée. Essayer, s'efforcer, tâcher , signifient en eux-mêmes une action humaine et volontaire par laquelle on cherche à atteindre un but fixe qu'on s'est proposé. C'est pourquoi , rigoureusement , ils ne devraient prendre après eux d'autres prépositions que de; mais, comme l'usage leur adjoint quelquefois à , il s'agit de savoir dans quel cas il le fait et doit le faire.
^éloigne le but, de le rapproche. On essaie] on s'efforce , on tâche à faire une action ou plutôt une suite d'actes dont la fin est éloignée et indéterminée , ou bien à atteindre un but auquel on tend , sans qu'on sache si et quand on y arrivera.
On essaie , on s'efforce , on tâche de faire une action unique , particulière , qui est de nature à se terminer à l'instant ou bientôt. « Si vous tâchez à être plaisant, vous ne le serez pas; si vous tâchez de l'être , vous ne l'êtes pas. » Roub. A montre le sujet appliqué , travaillant à une tâche d'une assez grande étendue ; de le représente exécutant un acte qui s'accomplit tout entier dans le moment.
Cette distinction conforme ou plutôt identique à celle qui est établie ci-dessus , se pourrait confirmer , s'il en était besoin , par l'observation suivante. Ces verbes ont pour synonymes tenter , lequel ne s'emploie jamais qu'avec de , et la raison en est qu'il exprime toujours un fait unique , une entreprise restreinte , d'un moment , un coup de main : on ne tente pas de bien vivre, par exemple. Si , au contraire , tâcher a plus d'affinité pour à que ses synonymes , il le doit à ce qu'il signifie par lui-même une action qui a de la longueur et de la durée , à ce qu'il suppose une entreprise qui se prolonge. De même , si on dit avec le pronom, s'essayer à, et non s'essayer de, c'est que s'essayer indique , non pas un acte particulier à faire, mais une habitude à prendre.
Tremble, son bras s'essaie à frapper ses victimes.
Volt.
Enfin la pratique de nos écrivains les plus illustres fournit de cette règle une justification facile et concluante.
ESSAYER À et DE.
Montaigne parle de ce discours qui essaient à montrer la prochaine ressemblance de nous aux animaux. » « J'essaie, dit-il aussi, à corriger ce vice, mais l'arracher je ne puis. » Clitandre conjure Armande , dans les Femmes savantes , De ne point essayer k rappeler son cœur. a Baba-Hassan essaie à se faire aimer d'Elvire par toutes sortes de voies. » Regn. Et ces exemples donnent l'idée de toute une entreprise , non d'un fait simple , et d'une entreprise dont l'entier accomplissement ne peut être qu'éloigné. — C'est le contraire dans les passages suivants : « Ëpaminondas fut frappé d'un trait , et essaya de l'arracher. » Montaign.
Essayons de conter la fable (cette fable) avec succès.
Laf.
« Psyché essaya inutilement d'effacer cette noirceur avec l'onde. »Id. ce Télémaque essaie trois fois de bander cet arc. » Fén.