CZ
signe une disposition habituelle , il la représente comme fréquentative , comme une sorte de démangeaison. « Si un hérétique s'était souillé d'un crime pareil à celui de Théodose, avec quelle complaisance tous les historiens déploieraient contre lui leur bavarderie! » Volt.
Pareillement, une radolerie est un trait de radotage. « Ma fille , il faut que je vous conte : c'est une radoterie que je ne puis éviter, » Sbv. « Ma tragédie n'est pas un jeu d'enfant, mais elle tient beaucoup du radotage. » Volt. — Rabâchage signifie le défaut, et rabâcherie ce qui en provient. Ensuite, rabâchage indique quelque chose de moins petit et une moins grande répétition des mêmes choses. « La Guerre de Genève est un rabâchage de la Pucelle. » Dudeff.
Appliquez la même règle de distinction à caquelerie et caquetage , clabauderie et clabaudage , badauderie et badaudage (Acad., 1692, J. J.), flagornerie et flagomage (Beau m.) , filouterie et filoutage (Volt.), etc.
LAINERIE, LAINAGE. Marchandises de laine.
Lainerie, par sa terminaison si familière aux petites industries , rappelle plus particulièrement l'art ou le travail de l'ouvrier ; tandis que la terminaison de lainage suggère seulement l'idée d'étendue, de grande collection. Le commerce des lainages est le commerce des choses de laine , en général ou en gros ; le commerce des lainerics est celui des ouvrages, des draps, des étoffes faites avec de la laine. Le lainage comprend les laines brutes comme celles qui sont travaillées . et même ces dernières n'ont reçu qu'une façon en grand , qui n'est pas descendue aux détails , qui n'a point été appliquée aux petits objets, qui a peu modifié, par conséquent, la matière première.
Enfin, lainage, comme plus absolu, a plus de rapport à la nature , au genre de matières ; et lainerie, comme relatif, en a davantage à la façon, au genre d'ouvrage.
TERMINAISONS ERIE et ADE.
Fanfaronnerie , fanfaronnade.
FANFARONNERIE , FANFARONNADE. Action de faire le fanfaron, ou ce que dit le fanfaron, vanterie en paroles.
Ade , comme âge , signifie quelque chose d'étendu, de compréhensif, et, quand il s'agit d'action, quelque chose qui se répète. Et c'est pourquoi les substantifs en erie , la plupart fréquentatifs, ont des synonymes de Tune et de l'autre terminaison. Mais, en ce qui concerne erie et ade dans les deux mots pris pour exemple , erie marque un défaut dont on fait métier ou profession , dont on a l'habitude , ou un trait qui en dérive ; ade exprime une simple action consistant en gestes ou en paroles, qui apparaît et frappe beaucoup, car la terminaison ade est trèsloin d'être diminutive comme la terminaison erie. On trouve insoutenable la fanfaronnerie d'un homme qui fait de continuelles fanfaronnades.
Une gasconnade , une arlequinade , une pasquinade, une capucinade, ne supposent pas qu'on soit gascon, arlequin, pasquin, capucin; de même la fanfaronnade est d'un homme qui fait
le fanfaron, tandis que la fanfaronnerie caractérise un homme qui est fanfaron. « Le duc de Vil- Jars avait une valeur brillante, avec une fanfaronnerie poussée aux derniers excès et qui ne le quittait jamais.» S. S.