TERMINAISON IEN
Garde, gardien.
Cette terminaison a pour origine le latin anus , a , uni , de même que la terminaison ain , dont elle n'est qu'une variété : troïen , trojanus ; prétorien, prastorianus. Elle a aussi le même sens; elle désigne des relations extérieures de temps, comme quotidien, ancien, et plus souvent de lieu , comme phénicien , assyrien , athénien , égyptien, indien, péruvien, parisien, lesquels marquent tous un rapport du sujet qualifié avec le pays où il est , ou plutôt d'où il est. Par analogie , elle sert à marquer , non plus à quel lieu on appartient, mais à quelle société, à quelle école , à quelle secte , à quelle profession : témoin les mots, chrétien, théologien, cartésien, épicurien, logicien, grammairien, chirurgien, musicien, opticien, physicien, pharmacien, comédien, galérien. Après ce court, mais suffisant aperçu , l'ordre exige avant tout la comparai-son du substantif qualificatif gardien avec son synonyme garde à terminaison indifférente.
GARDE, GARDIEN. Ces deux mots marquent également une personne au soin ou à la garde de qui l'on a confié quelque chose.
Leur différence tient à la terminaison du second, et beaucoup plus encore à l'absence de terminaison dans le premier. Garde étant un radical nu , exprime l'idée commune en soi , d'une manière absolue et objective ; par la raison contraire , gardien l'exprime relativement et subjectivement.
1° Dans garde, ce qui domine, c'est l'idée d'un état et d'un état bien déterminé , réglé , soumis à des lois qu'on ne peut enfreindre. Un prince