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TERMINAISON IL, ILE

Ce n'est point là une terminaison particulière ,

\ . Pestiféré appartient au langage purement scientifique. Pestilentieux est tout à fait désusilé. 11 ne se disait qu'au figuré dans le sens de pernicieux, c'est-àdire pour qualifier une chose pleine de danger, mais considérée en elle-même, et non comme exerçant actuellement une funeste influence. Sentiments pestilentieux (Agad. 4 762). « La bouche du méchant, c'est un trou puant et pestilentieux. » Charr.

PREMIÈRE PARTÎE :

ayant une signification qui lui soit propre. Mais, suivant qu'elle se trouve ajoutée à une base ou verbale ou nominale , cette désinence se ramène à la désinence ible , cible , ou à la désinence al.

Ainsi , d'une part , docile , docilis , de docere , instruire, enseigner, est pour docibilis, qui même a été employé par Térence; fragilis . facilis , ductilis , volaiilis , habilis , ne sont pas moins évidemment des formes abrégées de frangîbilis , facibilis. ductibilis . volatibilis , habibilis. D'un autre côté, l'identité des terminaisons il et al, nuand elles finissent un adjectif composé, à base «ubstantive . est attestée par l'habitude où est la langue latine de se servir indifféremment de l'une ou de l'autre : témoin, juveniiis et juvenalis, de jeune homme . juvénile ; vernilis et vernalis , d'esclave, servile. Donc, les adjectifs en il équivalent aux adjectifs en Me dans le premier cas, et aux adjectifs en al dans le second.

Toutefois , si les désinences il et al signifient absolument la même chose à la fin des adjectifs à base nominale , les désinences il et ible . à la fin des adjectifs à base verbale , différent quelque peu sous le rapport du sens. Ible marque dans le sujet la possibilité d'être fait ou rendu tel : c'est une désinence toute passive ; il est ou actif ou passif: actif dans ayile , reptile, versatile, par exemple, passif dans docile, facile, ductile.— En outre , même étant passif, il désigne plus que la possibilité, la simple capacité, et suppose une plus grande disposition à être fait tel. Ce qui est facile , fragile , utile , est plus que faisable , frangible , usable. En latin, docibilis se dit d'un homme sur qui les leçons ont quelque empire , et docilis de celui qui s'y prête bien volontiers. On peut consacrer cette différence , en disant que les adjectifs en ible sont facultatifs passifs , et ceux ent7, facultatifs dispositifs.

TERMINAISONS ILE et IF.

Mobile , motif.

MOBILE, MOTIF. Ce qui meut la volonté et porte à faire quelque chose. « L'argent est son unique mobile. L'intérêt est le seul motif qui le fait agir. » Acad. Ces deux mots sont formés du verbe latin movere , mouvoir.

Mobile . mobilis , pour movibilis , se prend ici dans le sens actif: c'est ce qui peut mouvoir, ce qui a une disposition à mouvoir: motif signifie bien , ce semble . la même chose , car c'est ce qui a vira movendi , la faculté de mouvoir. Cependant ils diffèrent, et à peu près comme sensible etsensitif; ce qui doit être.

Mobile n'exprime pas aussi purement la faculté . n'est pas aussi exclusivement potentiel et indépendant de l'acte même ; le mobile peut mouvoir et meut effectivement avec facilité. Le motif peut mouvoir, et rien davantage : c'est son plus ou moins de valeur sous ce rapport qu'on considère en lui. Le mobile est une impulsion qui entraîne ; le motif, quelque chose qui est capable de porter à tel parti , et que l'esprit pèse , compare , pour savoir le cas qu'il en doit faite. L'argent est l'unique mobile de celui que partout et toujours la vue de l'argent pousse à agir. L'intérêt est le seul motif

qui fait agir celui dont l'esprit . parmi plusieurs raisons d'agir, trouve toujours son intérêt la meilleure et la préférable.

On se représente le mobile comme quelque chose qui pousse : c'est un désir , une passion , un appétit, un mouvement sensible quelconque qui pèse sur la volonté en quelque sorte et la détermine. « Dans ce monde imaginaire les passions sont comme ici le mobile de toute action. » J. J. Pour mener les enfants, il faut employer quelquefois le mobile de la gourmandise (In.). H,enri VIII d'Angleterre était emporté : <c On savait que la fougue de ses passions était d'ordinaire le mobile de ses démarches. » Cond. «Développer dans un écrit la force et les effets de l'émulation . ce mobile moral si puissant et si nécessaire. » Làh.

Le motif est une vue de l'esprit, une conception des avantages, de la convenance, de la justice d'un parti pris ou à prendre : c'est une raison d'agir , un principe d'action éclairé et réfléchi . qui influe, non plus sur la partie sensible , mais sur la partie intelligente de notre nature. Quel motif, c'està-dire quelle raison avez - vous eu- pour vous conduire ainsi? «Les raisons qui m'ont retenue dès le commencement prennent chaque jour de nouvelles forces . et je n'ai pas un motif de parler qui ne soit une raison de me taire. » J. J. «La raison de vous approcher de moi, donnée pour seul motif de votre retraite , aurait un ridicule qui ne convient point. » Boss. « Le motif le plus puissant que pussent employer les généraux pour animer les troupes à bien combattre . était de leur représenter que , la guerre qu'ils faisaient étant juste , ils pouvaient certainement compter sur la protection des dieux. » Roll.

Le mobile est plus ou moins fort, on y cède; le motif, plus ou moins plausible ou décisif, on s'y rend après délibération.

Ensuite, motif ayant rapport au travail de l'esprit, qui délibère, qui apprécie les diverses raisons d'agir , se dit plutôt de ce qui détermine à une action particulière: au lieu que mobile signifie plutôt ce qui fait tenir toute une conduite.

TERMINAISONS IL et IQUE.

Civil, civique.

CIVIL. CIVIQUE. De civis , citoyen; qui concerne les citoyens. En latin, civilis et civicus.

La première de ces qualifications est extrinsèque, et la seconde intrinsèque. Civil . qui concerne les citoyens . tels qu'ils sont en réalité , dans le temps et dans l'espace : guerre civile . lois civiles. Civique, qui concerne les citoyens comme appartenant à un genre , ou l'idée du citoyen, ou le citoyen quant à ses qualités essentielles.

Les droits civils , civilia jura . sont déterminés par les lois civiles, lesquelles diffèrent de pays à pays; les droits civiques , civica jura, dépendent, quant à leur nature et à leur étendue . de l'idée qu'on se fait du citoyen . et sont étrangers à la considération des temps et des lieux.

Les vertus civiles regardent la manière dont les citoyens se comportent entre eux , dans leurs cités , avec leurs mœurs et leurs institutions ; les

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

vertus civiques sont les vertus constitutives du citoyen , demeurent toujours les mêmes , et une libéralité civique (Lah.), un désintéressement civique (Beaum.) témoignent du civisme, montrent qu'on se conforme à se que doit être et faire le citoyen absolument.

La mort civile détruit les droits civils; la dégradation civique enlève les droits civiques, et fait qu'on ne réalise plus en soi le type du citoyen. Les Romains appelaient couronne civique une couronne de chêne , accordée à celui qui , dans un combat, avait sauvé la vie à un citoyen, voulant marquer par là que celui qui l'obtenait ennoblissait en sa personne l'idée du citoyen.

TERMINAISON OIRE.

Oire , latin orius , a , um , paraît une terminaison composée de or , français eur , qui marque celui qui agit , et de ius , a , «m , abréviation de icus, «, um, qui signifie à quel genre une chose est relative. D'après cela, oire annoncerait un adjectif d'adjectif, un adjectif désignant un rapport à quelque chose qui est tel ou tel , et ce rapport serait celui d'une chose à une certaine sorte d'agent. Ainsi blasphématoire, contradictoire, oratoire , rémunératoire , vexatoire , se disent de ce qui a rapport , de ce qui appartient essentiellement à un blasphémateur , à un contradicteur, à un orateur , à un rémunérateur , à un vexateur.

D'un autre côté , la terminaison or , grec top , fut en possession , chez les Romains , de représenter les professions les plus nobles , les états les plus élevés : témoin , dictator , imperator, prœtor, orator , triumphator.

De là vient peut-être aux adjectifs en orius , a , um, le privilège de s'employer surtout en termes de jurisprudence , pour indiquer à quels genres d'agents se rapportaient les choses mises en discussion. Qu'on l'explique de cette façon ou d'une autre , le fait n'en restera pas moins constant , et il se remarque davantage encore dans notre langue , où la plupart des adjectifs en oire ne sont usités qu'au palais.

Quant aux substantifs de cette désinence , ils expriment tout naturellement ce qui appartient par excellence aux agents , c'est-à-dire leurs instruments, les choses dont ils se servent pour leur profession. (Voy. Oir, page 196.)

TERMINAISONS OIRE et ANT.

Diffamatoire , diffamant.

DIFFAMATOIRE, DIFFAMANT. Qui attaque la réputation.

Un libelle ou un écrit diffamatoire est essentiellement , et quant à son genre , un libelle ou un écrit de diffamateur ; diffamatoire en fait connaître la nature , et c'est de ce mot qu'on se servira devant les tribunaux pour le caractériser, pour le ranger dans la classe à laquelle il appartient, et pour déterminer en conséquence ce que mérite son auteur. Diffamatoire est uniquement destiné à qualifier des choses susceptibles d'être déférées à la justice , et punissables ou supposées telles , un libelle ou un écrit.

Ce qui est diffamant produit l'effet marqué par le verbe, dont diffamant est le participe, et ce mot convient surtout en parlant du danger que peuvent avoir certaines choses , des actions (Gond.) , des faits (Bourd.) , des bruits (Fén.) , relativement à la réputation. « C'est une chose diffamante pour une veuve de qualité d'épouser un homme au-dessous d'elle. » Les.

TERMINAISONS OIRE et EUR.

Déclamatoire , déclamateur.

DÉCLAMATOIRE , DÉCLAMATEUR. OÙ il y a de

la déclamation. Discours, ton déclamatoire ou déclamateur.

Déclamatoire, qui a rapport au déclamateur, qui en tient , s'éloigne davantage du sens du verbe déclamer , et se dit particulièrement bien du style (Lah.) et de la diction (Id.) : « Ce qui nuit le plus au Siège de Calais de du Belloy, c'est le ton déclamatoire qui trop souvent y domine. » Lah Déclamateur, qui déclame, qui fait l'action de déclamer , rappelle cette action à la rigueur et convient quand il s'agit , non d'une personne qui écrit , mais d'une personne qui parle : « Ah ! mon fils , poursuivit Sangrado d'un ton douloureux et déclamateur, quel changement dans la médecine!» Les.

Ensuite, déclamatoire caractérise : il qualifie d'une manière générale et vitupérative , en apprenant que la chose appartient à un genre mauvais. « La Riforma d'Italia est un ouvrage trop déclamatoire. » Volt. « Je ne suis point contente de l'ouvrage de M. Gibbon, il est déclamatoire , oratoire.» Dudeff. Déclamateur fait plutôt connaître quelque chose de particulier ou d'accidentel , et ne blâme pas aussi formellement ni aussi absolument. « Il y a des morceaux éloquents dans le Système de la nature , mais il faut avouer que ce livre est diffus, et quelquefois déclamateur. » Yolt.

TERMINAISONS OIRE , ANT , EUR et IF.

Consolatoire , consolant, consolateur, consolatif.

CONSOLATOIRE , CONSOLANT, CONSOLATEUR , CONSOLATIF. Qui console.

Consolant et consolateur viennent directement du verbe consoler et se rapportent davantage à l'effet; ils qualifient ce qui console.

Consolatoire et consolatif sont plus proprement adjectifs , parce qu'ils s'éloignent plus du verbe ; ils se disent de ce qui est de nature à consoler. Mais consolatoire, de consolateur, à la manière des consolateurs , indique le genre de la chose ; consolatif, qui a la force de consoler, en marque la propriété , la vertu. Un discours consolatoire appartient à la classe des discours qui consolent ; c'est là une qualification littéraire qui n'atteste en aucune sorte l'efficacité du discours pour consoler, laquelle est spécialement exprimée par consolatif. « Je vous envoie la lettre consolatoire de Plutarque à sa femme. » Montaign. Consolatoire est vieux, mais il mérite d'être rajeuni. M. Villemain parle , dans ses Cours , « d'une soirée où un poëte sifflé arrive et est accueilli par la maîtresse

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