XXXVIII INTRODUCTION
constamment dans l'étude des synonymes à terminaisons différentes K Nous nous en sommes même servi pour distinguer les synonymes à radicaux divers ; car elle est d'une application universelle. Ainsi , par exemple , entre blessure eî plaie la principale et même l'unique différence qu'il y ait tient à ce que le premier de ces mots , mais non pas le second , témoigne par sa terminaison qu'il vient d'un verbe 2.
VI. Méthode à suivre pour distinguer les synonymes à radicaux divers , ceux qui font la matière du Dictionnaire des synonymes proprement dit»
Maintenant examinons quelle doit être la méthode des synonymes étymologiques ou à radicaux divers. Les synonymes, avons-nous dit, se divisent en deux sortes principales , suivant la nature de leurs différences , les grammaticaux et les étymologiques. Les différences des premiers ont leur raison dans des modifications grammaticales , dont la valeur ne peut être sûrement déterminée que par la comparaison d'un grand nombre de synonymes où elles se trouvent. D'où la nécessité d'en former l'objet d'un traité spécial , où ils soient rangés par classes, qui admettent chacune sa règle de distinction. Ce traité produit trois résultats. Quantité de mots synonymes deux à deux , et qui ne sont liés à d'autres par aucun lien de synonymie , sont distingués sans retour et mis hors de cause. Ceux qui reparaîtront dans des familles dont l'idée commune leur convient, n'y reparaîtront que distincts entre eux et chacun avec sa physionomie propre. Enfin, les principes établis pour la distinction des synonymes grammaticaux purs serviront aussi quelquefois à mettre des différences entre les synonymes à radicaux divers et, par exemple , entre blessure et plaie , comme il vient d'être dit , entre douleur et souffrance, durée et temps, fortuné et heureux, etc.
Les synonymes à radicaux divers tirent leurs différences de leurs radicaux mêmes. Or, la valeur de ces radicaux , et celle par conséquent des synonymes qu'ils différencient ne peut s'obtenir par une méthode de classification, de rapprochement et de comparaison analogue à celle qui convient à l'égard des synonymes grammaticaux; elle se détermine par l'étymologie au moment même où l'on examine dans chaque exemple ou dans chaque groupe la signification essentielle des termes qui y figurent. Il ne s'agit donc plus ici d'un traité, d'une œuvre systématique , mais d'un simple dictionnaire dans lequel se trouvent rangées selon Tordre alphabétique des familles de mots quasi-équivalents.
Toutefois , il y a aussi pour la composition de ce dictionnaire , quoique la théorie ou la science y joue un moins grand rôle, des règles à observer. Les premières regardent le moyen de reconnaître quels mots peuvent et doivent y être
l.Voy. p. 164, 168, 175, 180, ce qui concerne les substantifs purs , sans terminaisons significatives , comparés avec les substantifs verbaux en ment, ion, ure et âge; p. 186, ce qui se rapporte aux substantifs synonymes terminés enté et en ion; p. 237 , ce qui est dit des adjectifs en eux et en ant. On peut aussi consulter l'article des adverbes et des phrases adverbiales, p. 86, et celui où il est question d'adjectifs venant, les uns de verbes, les autres de substantifs correspondants (menteur, mensonger; loueur, louangeur; etc.) p. 39.