‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 488 sur 881 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

une religion , l'idolâtrie , la royauté , des cérémonies, des sacrifices, des honneurs, des impôts, des dettes, des traditions, des franchises, etc.

Anéantir, réduire à néant, à rien, dit plus que détruire; car c'est supprimer et faire disparaître la matière même des choses. « On ne saurait imaginer que Dieu anéantisse toutes les montagnes de la terre , et que , nonobstant cela , il y laisse toutes les vallées. » Desc. — Ce mot s'emploie principalement en parlant de certaines choses métaphysiques, indépendantes de toute idée de matière et de composition, et qui, d'ailleurs , ne sont pas de celles qui sont de mode , admises, autorisées ou pratiquées parmi les hommes. « La piété chrétienne anéantit le moi humain. » Pasc. ce L'âme entre dans des humiliations et des adorations profondes. Elle s'anéantit en la présence du créateur. » Id. «■ La beauté et la jeunesse ont fait naître la passion qu'on a pour les femmes , il est naturel que le contraire Y anéantisse. » Laf.

Oui, Rome n'était plus; oui, sous la tyrannie

L'auguste liberté tombait anéantie. Yolt.

a Le présent qui s'enfuit est déjà bien loin, puisqu'il s'anéantit dans le moment que nous parlons. » Fén. — Souvent aussi anéantir est une expression hyperbolique dont on se sert pour signifier détruire, exterminer ou abolir totalement, absolument. « Détruisons l'idole des ambitieux; qu'elle tombe anéantie devant ces autels. » Boss. « La loi positive peut modifier la loi naturelle , mais elle ne doit pas Y anéantir. » Cond.

Eh! qui vous répondra que lui-même aujourd'hui

Ne vienne exécuter sa sanglante menace,

Et des Asmonéens anéantir la race?

(Narbas parlant d'Hérode , dans Blariamne.) Volt.

DEVIN , PROPHÈTE. Au devin et au prophète est attribué un don de connaître surnaturel.

Mais le devin n'a aucun caractère sacré , au lieu que le prophète est ou prétend être inspiré de Dieu. Les Juifs consultaient quelquefois des devins , espèce de magiciens ou de sorciers , quoiqu'ils eussent des prophètes. C'est ce qui arriva à Saùl. « Le prince doit éviter les consultations curieuses et superstitieuses: telles sont les consultations des devins et des astrologues. » Boss. « Qu'il n'y ait ni enchanteur ni devin, ni aucun qui se mêle d'évoquer les morts. » Id. « Le prince doit exterminer de dessus la terre les devins et les magiciens. » Id. « Il y a ici un vieux homme qui dit qu'il est un grand devin : je n'ai pas de peine à le croire , car il a l'air d'un sorcier. » Dest. — Que si parfois devin signifie aussi un interprète de la divinité , ce n'est jamais qu'en parlant de l'antiquité païenne. « Chez les Romains, les devins qui suivaient toujours les armées , et qui étaient plutôt les interprètes du général que des dieux , inspiraient de la confiance aux soldats. » Montesq. Le devin Amphiaraùs (Fén.), ls devin Tirésias (Id.).

Dans le langage commun , quand il est question de personnes de notre temps , devin , de divinus , semblable à un dieu, a un sens très-étendu. Le devin a la faculté de découvrir ce qui est caché

ou obscur, de pénétrer tous les secrets, qu'ils soient relatifs au présent , au passé ou à l'avenir. A moins qu'être devin, l'on n'y peut rien comprendre. Laf.

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