IIIe part., lect. x
2. Laharpe fait à ce sujet une remarque d'une vérité frappante. Quintilien , dit-il, regarde la propriété des termes comme essentielle au discours ; aussi est-ce à ses yeux un devoir plutôt qu'un mérite. Aujourd'hui, si c'est un devoir, ce devoir est si rarement rempli, qu'on peut sans scrupule en f lire un mérite. Il y a si peu de gens qui aient cru devoir étudier leur langue , qu'il ne faut pas s'étonner si, parmi ceux qui écrivent, il en est tant à qui la propriété des termes est une science à peu près étrangère. Ce qu'on lit le plus, ce sont les journaux; et les journaux sont faits, sauf les exceptions, par des hommes qui ignorent le plus souvent la valeur des mots dont ils se servent, par des hommes qui savent fort peu, et qui n'ont ni la volonté ni même le temps d'en apprendre davantage. —Augustin Thierry, parmi les causes de la décadence évidente de notre langue assigne aussi le néologisme , l'impropriété des mots , ainsi que le défaut de naturel et de clarté dans le style. Une négligence d'écrivain qui consiste à employer un mot au lieu d'un autre , qui en semble syno-