‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 563 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

le savoir-faire , de l'habitude ; Y adresse et la dex- j térité, de la facilité dans l'exécution.

L'habileté suppose du génie , de l'intelligence , | une haute capacité. Ce mot est le plus général et j le plus noble. Il se dit dans le grand , même en j matière de science et de spéculation. L'homme j habile répond au aocpos des Grecs : c'est un homme supérieur , qui connaît la nature des choses, qui conçoit de grandes vues, forme des plans , et s'entend parfaitement à tout ce qui est de sa compétence ou de son état. On n'attribue jamais & habileté aux animaux-, mais on dit l'habileté d'un général (Boss. , Volt.) , d'un ambassadeur (Roll.) ou d'un ministre (S. S.); l'habileté d'un artiste (Acad.) ou des médecins (iD).En même temps qu'il se rapporte à la conduite, comme tous ses synonymes . habileté a cela de particulier . qu'il est aussi relatif au savoir théorique-, de là vient que -habile passe quelquefois pour synonyme de savant. « Vous vous piquiez tant à' habileté, et vous en aviez tant pour découvrir le fond de chaque chose, et pour en connaître l'équité ou l'injustice! » Bourd. « Je trouvai cette idée digne d'un homme qui nous a donné des preuves de son habileté dans toutes les sciences mathématiques.» B'uff.

L'art suppose de l'étude. Avec de l'art on a de la méthode , on a connaissance de certaines règles et on s'y conforme. « Les jeunes gens doivent apprendre à tailler leurs plumes et à le fajre avec art et selon les règles. » Roll. « L'art merveilleux avec lequel les abeilles construisent leurs cellules. » Acad. « Employez-y Y art des plus excellents ouvriers. » Labr. « Combien d'art pour rentrer dans la nature ! Combien de temps , de règles , d'attention et de travail pour danser avec la même liberté et la même grâce que l'on sait marcher! » Id. « Le général des ennemis a plus à.' art , de justesse et de suite que le nôtre. » Fén. — Ou bien , toujours conformément au sens du mot étude , art exprime surtout le soin , l'application , et c'est pourquoi on dit , l'art de plaire , l'art des ménagements, l'art des précautions (Mass.), l'art de s'insinuer dans les cœurs (Barth). « On proposa sous Auguste la correction des mœurs et du luxe des femmes. Il est curieux de voir dans Dion avec quel art il éluda ces demandes importunes des sénateurs. » Montesq. « Dieu semble ne régir pas tant par puissance le cœur humain , qu'il le ménage par art , et qu'il le conduit par industrie. » Boss. — D'ailleurs, le mot art est surtout objectif-, il appelle principalement l'attention sur la chose faite , et la représente comme soignée , comme bien et régulièrement travaillée. « Observez seulement un insecte , une mouche , vous y verrez un art infini qu'aucune industrie humaine ne peut imiter. » Volt. « On ne peut nier qu'il n'y ait de l'art dans la nature. »Boss.

Industrie exprime de l'invention dans les moyens, une habileté subalterne, ou une partie de l'habileté qui consiste à trouver sans peine des expédients , à découvrir ce qui peut être utile à l'action. C'est le sens qu'a ce mot dans les expressions : vivre d'industrie, et, chevalier d'industrie. Les brevets d'invention sont la récompense de

ceux qui se distinguent par leur industrie. « Il y a dans ce qu'on appelle nature un art et une industrie supérieure dont l'invention humaine n'est que l'ombre. » Fén. « Les complaisances de Protésilas et son industrie inépuisable pour m'inventer de nouveau! plaisirs. » Id. « J'étais un étranger-, tout était contre moi; je n'avais de ressource que dans mon industrie. » Mazarin. Fén. « On appelle parmi nous un grand ministre celui qui est homme d'industrie , et qui trouve ce qu'on appelle des expédients. t> Montesq. « Dans ce monde , il faut vivre d'adresse , et aux personnes comme moi le ciel n'a donné d'autres rentes que l'intrigue et que l'industrie. » (Frosine , femme d'intrigue, dans l'Avare). Mol. «Newton, l'Archimède de notre temps par la force de son génie industrieux et inventif dans la pratique. » Roll. « Dercyllidas était surnommé Sisyphe à cause de son industrie à trouver des ressources, et de son habileté à inventer des machines de guerre et à en faire usage. » Id. « Quant aux animaux, en connaît-on dont les travaux , les mœurs , les habitudes, montrent plus d'industrie, plus de sagacité, plus d'invention que les castors et les fourmis! » Lah.

Ulysse , en apparence approuvant mes discours , De ce premier torrent laissa passer le cours; Mais bientôt rappelant sa cruelle industrie....

iRac.

Savoir-faire suppose de l'habitude , une certaine facilité acquise par l'expérience. Il a plus de rapport avec le mot d'industrie qu'avec tout autre -, car le savoir-faire consiste aussi à être capable de se tirer d'embarras; mais il dénote moins d'originalité que de routine. Au reste , n'étant pas d'origine latine, comme industrie, mais formé de deux mots français , ce terme a moins de noblesse , convient mieux au discours familier , et se dit plutôt en parlant des choses peu relevées ou de peu d'importance. « Il n'y a pas grand savoir-faire à tuer et à être tué pour six sous par jour. » Volt. « Ceux qui n'ont qu'une ressource se rendent toujours très-savants dans l'art qui leur est nécessaire. Les autres peuples deviennent volontairement tributaires d'un savoirfaire qui leur manque. » Id. « Qu'une personne consacrée à Dieu renonce même aux avantages qu'elle peut tirer de son talent et de son savoirfaire. » Fén. « Je veux vous régaler ce soir d'un civet de lapereau de ma façon ; vous verrez si j'ai tort de vanter mon savoir-faire. » Les. « Tout le savoir-faire de Mlle de Chausseraye auprès du roi , était de faire l'idiote , l'ignorante , l'indifférente à tout , et de lui procurer le bien-aise d'entière supériorité d'esprit sur elle. » S. S. — C'est surtout quand il s'agit de l'acquisition des biens de la fortune qu'on emploie savoir-faire. Dans Lafontaine , un trafiquant sur mer s'étant enrichi, se croit redevable de ses richesses à son savoir-faire. « Être riche par son savoir-faire^ » Labr. « J'aurais bien pu me remonter , je commençais même à comprendre' que., pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir.» Beaum. « Ménage parle d'un honnête ecclésiastique qui avait eu plus de cinquante bénéfices. C'était un prêtre gascon ou provençal qu'on appelait,

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

pour son savoir-faire , l'abbé des expédients. »

D'Al.

Adresse et dextérité expriment de la facilité

dans l'exécution , une certaine habileté de main. La ressemblance est très-grande entre ces deux

mots. Vadresse et la dextérité emploient les moyens fournis par Vindustrie ou le savoir-faire , et agissent conformément aux vues , aux idées de Yhabileté et aux règles de l'art. Elles consistent à bien opérer, soit au propre, soit au figuré. C'est un talent tout relatif à l'action , et non pas à la théorie, à des règles, à l'invention des moyens. Un prestidigitateur , un archer , un praticien, un négociateur doivent montrer de l'adresse ou de la dextérité.

Adresse et adroit viennent de droit. Adroit, c'est-à-dire droit à, qui va droit au but, qui ne tournoie pas, qui ne s'égare ou ne s'écarte pas. Dextérité vient de dextra, la main droite, et rappelle la supériorité de la main droite sur la gauche. L'idée propre de l'adresse, c'est la justesse , c'est de faire comme , où et quand il faut , c'est « de n'employer que la quantité de force et de mouvement nécessaire. » Cond. « L'adresse est une juste dispensation des forces que l'on a. » Montesq. L'idée propre de la dextérité, c'est la prestesse , l'aisance et la délicatesse avec lesquelles on agit. Sans adresse , on se remue beaucoup pour faire peu de chose, on tracasse, on agit mal à propos , on gaspille ses moyens, on gâte sa matière; sans dextérité, on agit gauchement, sans grâce , d'un air lourd et embarrassé. « Il s'agit moins ici de grands efforts que d'une certaine adresse. *> J. J. « Cyrus s'avance gravement, et, tenant la coupe , il la présente avec une grâce et une dextérité merveilleuse. » Roll. a On venait à Paris pour toutes les cures et pour toutes. les opérations qui demandaient une dextérité non commune. » Volt. — D'ailleurs, l'adresse est plus générale que la dextérité : elle regarde tous les mouvements de toutes les parties du corps ; elle se développe dans tous les jeux d'exercice , le billard , la paume , la course , les sauts , la danse. «Il fait tout avec adresse; il a beaucoup d'adresse dans tous les exercices du corps. » Acad. La dextérité se borne strictement à la main. « L'homme a des mains dont la dextérité surpasse , pour se faire des armes , tout ce que la nature a donné aux animaux. » Fén. a Un médecin assez industrieux pour manier dextrement une partie et si malade et si délicate. » Boss. «Le phoque se sert de ses mains avec tant de dextérité , qu'il monte assez promptement sur un rivage élevé , sur un rocher et même sur un glaçon , quoique rapide et glissant. » Buff.

Au figuré , mêmes différences. D'abord , adresse est d'un usage plus étendu : il se dit de toutes les manières d'agir , même les plus abstraites , les plus éloignées de rappeler l'opération de la main.

Remarque avec adresse Avec quel soin Néron fait garder la princesse.

Rac.

Je vois qu'à l'excuser votre adresse est extrême.

Id.

« La comtesse de Soissons régnait à la cour par

son esprit et par son aaresse. » S. S. Dextérité, au contraire, ne s'emploie qu'en parlant de négociations ou d'affaires qu'on manie , qu'on traite , auxquelles on met la main , et ce mot exprime alors une habileté de main ou d'action plus expéditive , plus délicate et plus exquise , pour ainsi dire. « M. Meuron a agi avec tant de dextérité , qu'il a ramené tout le conseil d'État à son avis. La manière dont il s'est tiré de cette affaire prouve qu'il est très en état d'en manier de plus grandes. » J. J. « Périclès avait une grande habileté et une dextérité merveilleuse à manier les esprits. » Roll. « Par sa beauté , par ses grâces et surtout par son adresse et sa dextérité infinie , Cléopâtre allait devenir toute-puissante auprès d'Antoine. » Id. « La dextérité avec laquelle Henri IV négocia la reddition de Paris, de Rouen, de Reims, marquait l'esprit le plus souple et le plus exercé dans les affaires. » Volt.

Une autre différence est que, comme dans quelques exercices du corps , la lutte et l'escrime, par exemple, l'essentiel est, pour le moins , autant d'échapper aux coups que d'en donner-, adresse se prend plutôt dans le sens négatif, pour indiquer qu'on esquive , qu'on évite les difficultés et les obstacles, qu'on se défend, a M. de Cambrai sait bien d'autres détours , et il est temps de découvrir plus à fond toutes ses adresses. » Boss. « Le bon père s'en échappa adroitement. » PAsc.aSi par éloquence et par adresse vous pouvez détourner ce coup. » Laf. « On s'affranchit des lois par la puissance , on s'y soustrait par le crédit, on les élude par adresse. » Dugl. Dextérité, au contraire , est toujours positif et suppose l'attaque, a Un sanglier passait son chemin ; mais la princesse a voulu égayer sa dextérité, et de son dard lui a fait au-dessus de l'oreille une assez petite blessure. » Mol.

A ces' mots Condillac joint celui d'entregent , qui a une idée propre bien distinctive : il n'est d'usage que par rapport à la société. L 'entregent , entre gens , est le savoir-vivre , tout différent du savoir-faire ; c'est la manière adroite de se conduire dans le monde pour se rendre les personnes favorables. « Je n'avais pas laissé , malgré mon peu d'entregent , de faire dans cette maison quelques connaissances. » J. J. a Le comte de Roucy avait , avec toute sa bêtise , un entregent de cour que l'usage du grand monde lui avait donné. » S. S. « L'abbé Fleury , discret, doux, liant , respectueux , modeste , circonspect , eut la fortune et l'entregent d'être d'abord souffert , puis admis dans les meilleures compagnies de la cour, et de s'y faire des protecteurs et des amis. » Id.

Elle n'avait pour tout bien qu'une fille , Jeune, ingénue, agréable et gentille, Peu d'entregent y beaucoup d'honnêteté. Laf. Je ne saurais pas bien mon monde, Et je manquerais d'entregent , Si.... Scarr.

II. Politique, souplesse, finesse, finasserie, raffinement, subtilité , matoiserie.

On peut appliquer à la qualité marquée par chacun de ces mots ce que Labruyère dit de la finesse seule : « Elle n'est ni une trop bonne ni une trop mauvaise qualité ; elle flotte entre le vice

et la vertu. » Cependant toutes ces qualités semblent incliner plus vers le vice que vers la vertu ; mais c'est vers un vice qui est plutôt bas qu'odieux, car il a moins pour principe la malice ou la méchanceté , le plaisir qu'on prend à nuire aux autres, que l'intérêt ou le désir de sortir d'embarras , de se soustraire à quelque chose de fâcheux. — Du reste, ce caractère mitoyen et neutre , pour ainsi dire , pourrait se démontrer par des citations de nos meilleurs écrivains. D'une part , Voltaire dit de la finesse : « Elle peut quelquefois subsister sans habileté. » Et Fénelon : « Gardez-vous de persuader aux enfants que c'est être habile que d'être fin. » « Suppléer à l'habileté par la finesse. » Acad. a Les finesses et les trahisons ne viennent que du manque d'habileté.» Laroch. D'autre part, Saint-Simon dit de M. de Pomponne : * Il avait une finesse , une souplesse sans ruse , qui savait parvenir à ses fins sans irriter. » Et Bossuet, au sujet des ministres protestants : a Voilà les subtilités , pour ne pas dire les artifices , où ils sont réduits pour se donner des prédécesseurs. ■»

Mais la politique est particulièrement distinguée par la dissimulation, c'est l'opposé de la franchise; et, comme il y a une franchise blâmable, parce qu'elle est excessive, il y a aussi une politique légitime et même louable. La souplesse est caractérisée par une grande facilité à se plier à tout et à tous ; elle se rapporte à la complaisance et est opposée à la hauteur, à la fierté- Finesse, finasserie , raffinement et subtilité diffèrent bien des précédents et ont entre eux la plus grande ressemblance. Ils expriment tous un esprit de ressource , mais en petit , un esprit capable de trouver de petits moyens , des tours ou des détours.

Un vieux hôte des bois, Renard fin, subtil et matois. Laf.

C'est la qualité opposée à un esprit grossier , pesant.

La politique est une espèce de tactique qui a pour but de ne pas laisser apercevoir ses intentions, de ne pas se laisser pénétrer, de garder toujours une arrière-pensée -, apparemment parce que la politique proprement dite, l'art de gouverner les États , demande surtout qu'on s'applique à cacher ses projets et à découvrir ceux des autres, a Auguste ne pardonna à Cinna que malgré lui, vaincu par les raisons ou par les importunités de Livie. Ce ne fut que par politique, et non par générosité qu'on le vit une fois exercer la clémence. » Volt, « Une mère, préoccupée de son directeur, est mécontente de sa fille , jusqu'à ce qu'elle prenne sa direction ; et la fille le fait par politique contre son goût. » Fén. « Si j'ai dit que je voulais corriger ma conduite, c'est un dessein que j'ai formé par pure politique , un stratagème utile, une grimace nécessaire pour ménager un père dont j'ai besoin. » Don Juan. Mol. « Une fine et habile politique pénètre dans les desseins les plus cachés des autres , sans jamais laisser entrevoir les siens. » Roll. Cette feinte douceur, cette ombre d'amitié, Vient de apolitique, et non de ta pitié. Corn.

• Quoique tous les Guzmans eussent une haine

mortelle pour ce jeune seigneur de fraîche date , ils la dissimulèrent par politique. » Les. — D'ailleurs politique est le seul de ces mots qui désigne tout un art , un plan de conduite , et non un acte ; un tour particulier; et c'est pourquoi il est le seul qui ne se prenne jamais au pluriel. a Vous qui conduisez des âmes, ne suivez pas les règles de la politique du monde. » Boss.

La souplesse est humble, docile, soumise, rampante. L'homme souple se fait petit, cède à propos, s'insinue et se faufile en se prêtant à tout ; il se garde bien de résister à ceux dont il veut tirer parti ou qu'il a intérêt de ménager. Tel est le courtisan. « La souplesse courtisane de Voltaire. » J. J. a On opposa l'inflexibilité à la soup lesse. » Volt.

La richesse permet une juste fierté ;

Mais il faut être souple avec la pauvreté. Boit, oc Ils sont intraitables : ni hauteur, ni souplesse ne les peuvent dompter. » Labr. « Gens humbles et souples jusqu'à la bassesse. » Bourd. « L'esprit du monde n'est qu'un commerce de souplesse, d'égards , de complaisances , d'attentions , de ménagements. Il faut n'avoif point de sentiment à soi. » Mass. a La fortune exige des soins. Il faut être souple, amusant, cabaler, n'offenser personne , plaire aux femmes et aux hommes en place. »Vauv. aBéatrix, qui avait l'esprit souple et liant , s'insinua sans peine dans les bonnes grâces de sa nouvelle maîtresse et gagna sa confiance. » Les. a Cette souplesse était le caractère dominant d'Alcibiade : véritable caméléon , il ne lui coûtait rien de prendre toutes sortes de couleurs et de formes pour se concilier ceux avec qui il avait à vivre. » Roll.

Finesse , finasserie , raffinement , subtilité : talent ou façon d'agir d'un homme ingénieux pour les. petits moyens, les petites inventions, les petites excuses, les tours ou les détours.

Finasserie est familier et signifie une mauvaise petite finesse (voy. Irc partie, p. 225).

Raffinement est augmentatif et volontaire : il marque une grande finesse , et une finesse recherchée , fruit d'efforts et d'une certaine application, ce Un homme qui sait la cour est maître de son geste , de ses yeux et de son visage ; il contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur. Tout ce grand raffinement n'est qu'un vice quelquefois inutile. » Labr. « Toutes les vues du plénipotentiaire, toutes ses maximes, tous les raffinements de sa politique tendent à une seule fin, qui est de n'être point trompé et de tromper les autres. » In. « Épuiser ses forces pour trouver quelque raffinement inusité dans la conduite des affaires. » Boss. « Des raffinements de critique. » Id. Un courtisan raffiné (Boss. , S. S.) est un courtisan très-fin, et qui a acquis sa finesse à force d'étude et d'expérience.

La finesse diffère de la subtilité. Fin et subtil signifient primitivement petit, délié, menu, et propre par sa ténuité à échapper ou à pénétrer. Mais subtil semble rappeler subit , dont la racine est peut-être la même, subire, aller dessous, se glisser , éclater , survenir ; si bien que ce mot exprime la soudaineté, l'instantanéité. Avec de la finesse , on se tire d'affaire , mais ce peut être à

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

la longue ; avec de la subtilité, on s'en tire prestement et de manière que personne n'y voit rien , ainsi que l'escamoteur subtil, qui fait disparaître les objets comme par enchantement. Finesse désigne quelque chose qui peut avoir de l'étendue et de la suite ; subtilité , quelque chose de restreint , de passager, a On a une conduite fine , dit Voltaire ; on joue un tour subtil. » La finesse, pouvant procéder lentement et avec mesure, marque de la prudence. « Si vous ne formez l'esprit des jeunes filles à la vraie prudence , elles s'attacheront à la fausse , qui est la finesse. » Fén. « On appelle prudence une si indigne finesse.-» Roll. La subtilité dénote plutôt de la vivacité et de la présence d'esprit. « Ésope faisait tous les jours de nouvelles pièces à son maître , et tous les jours se sauvait du châtiment par quelque trait de subtilité. » Laf. a On tend un piège avec finesse; on en échappe avec subtilité. » Volt. « La défiance rend fin; l'envie de réussir, jointe à la présence d'esprit, rend subtil. » Gir.

La ressemblance est peut-être encore plus grande entre le raffinement et la subtilité. Car l'Académie définit le raffinement, une extrême subtilité; et pour subtilité elle renvoie à subtil, qu'elle définit par trop raffiné. De plus , raffiner et subtiliser sont synonymes dans le sens d'alambiquer, de chercher beaucoup de finesse dans une question , dans une affaire.

Mais raffinement rappelle le verbe raffiner, d'où il vient; il est subjectif, c'est-à-dire qu'il se rapporte à un sujet qui agit et aux qualités qu'il doit avoir. Subtilité , qui ne vient pas du verbe correspondant subtiliser, et qui, au contraire, sert à le former, est objectif, c'est-à-dire significatif d'une chose qu'il fait considérer en ellemême, selon sa nature. « Désabusez les enfants des mauvaises subtilités par lesquelles on veut faire en sorte que le prochain se trompe sans qu'on puisse se reprocher de l'avoir trompé-, il y a encore plus de bassesse et de supercherie dans ces raffinements que dans les finesses communes.» Fén. Raffiné se dit bien des personnes : « D'autres personnes qui se croient plus raffinées vous diront....» Boss. Subtilisé s'applique seulement aux choses : des excuses subtilisées (Fén.); des amours trop subtilisées. (Mol.). On se raffine, on ne se subtilise pas. — Quant au sens qui résulte des radicaux de ces deux termes , subtilité semble enchérir sur raffinement. « Ces théologiens n'ont que des sens théologiques , opposés au sens littéral, et pleins de raffinement et de subtilité. y> Boss. Dans raffinement et raffiner l'excès de finesse va seulement jusqu'à la recherche et à l'affectation ; dans subtilité et subtiliser , il est porté jusqu'à l'abstraction , à l'anéantissement , et comme à l'escamotage de la chose, jusqu'au ridicule et à l'erreur. Il y a des degrés dans le raffinement ; on raffine plus ou moins : on subtilise sans mesure. « Pourquoi subtilisez-vous sans mesure? Aimer ses ennemis.... (Vous voulez expliquer ce précepte).... Raffinements ridicules! Aimer , c'est-à-dire aimer. Pourquoi raffiner davantage ? » Boss.

Matoiserie est un terme familier qui exprime une finesse de vieux routier , une aptitude à avoir

toujours des expédients tout prêts, aptitude acquise par une longue expérience.

Sur la branche d'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois. Laf.

C'est un mot du style badin et enjoué; le talent qu'il signifie ne tire pas à conséquence , est peu capable de nuire.

Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un

point , C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie. Laf. On le dit aussi des hommes, a Je soupçonne ces femmes d'être deux matoises d'autant plus raffinées qu'elles affectent plus de simplicité. » Les. Matoise, mijaurée!

Fille pressée , âme dénaturée ! Volt.

Il s'y connaît. Ne vous y fiez pas !

C'est un matois; il fait le bon apôtre.

J. B. Rouss.

III. Ruse , artifice , — astuce , perfidie. Ces mots signifient une disposition essentiellement mauvaise, un penchant au mal. « Les sérails d'Orient , où Y artifice , la méchanceté , la ruse, régnent dans le silence. » Montesq. A la rigueur, un honnête homme peut être souple, fin, et même subtil ; mais il ne peut être rusé, artificieux, astucieux, ni perfide. Les qualités exprimées par ces derniers mots sont moralement répréhensibles. Cependant elles ne le sont pas toutes aussi absolument : on peut quelquefois se permettre la ruse ou Y artifice , mais jamais Yastuce ni la perfidie. Il y a des ruses innocentes, et des artifices nécessaires.

En amour comme en guerre une ruse est permise.

« Le sénat voulait vaincre les ennemis par la force ouverte , sans y employer les rases ou les artifices, même ceux qui sont permis à la guerre.» Boss. « Il n'est pas d'un galant homme de se servir de ruse , excepté en cas de représailles et en fait de guerre. On est quelquefois obligé d'user à' artifice, pour ménager les gens épineux, ou pour ramener au point de la vérité des personnes fortement prévenues. » Gir.

Ruse , artifice.

La ruse ressemble beaucoup à la finesse , si ce n'est qu'elle est plus ordinairement mauvaise ou employée à mal; elle suppose de l'esprit, une imagination ingénieuse.

Qu'on a sous cet habit et d'esprit et de ruse! (Crispin dans le Légataire). Regn.

L'invention est belle

J'admire ton adresse à trouver cette ruse. Corn.

« Nous voyons les animaux imaginer, ruser même, et ce qui est plus fin encore, prévenir les finesses.* Boss. « Cette lecture n'est pas propre à cette sorte de gens d'esprit , qui n'ont que de la rase , et qui ne sont fins que pour pénétrer le mal. » J. J. a Le violement ouvert des traités , ou de petites finesses et d'indignes rusés pour en éluder l'exécution. » Roll. ce L'honneur permet la ruse, lorsqu'elle est jointe à l'idée de la grandeur de l'esprit ou de la grandeur des affaires, comme dans la politique , dont les finesses ne l'offensent pas. » Montesq. En général, la ruse a pour but et pour effet la tromperie; c'est la faculté de tromper ou l'emploi de certaines finesses pour tromper. « Les ruses du malin. » Laf»

Ce qu'il (le démon) ne peut de force, il l'entreprend de ruse. Corn.

a Les ruses de la mauvaise foi. » Barth.

Bien rusé qui pourra m'attraper sur ce point. Mol. — V artifice tient de la ruse et de Y art ; c'est une ruse préparée , arrangée , conduite méthodiquement , arte facta. On dresse un artifice (Mol.) et non pas une ruse. « V artifice de l'éloquence. » Rag. a Les artificieuses fictions de l'éloquence. » Boss. a Manœuvres artificieuses. » J. J. Ruse et rusé annoncent des ressources dans l'esprit, de l'invention; artifice et artificieux supposent de l'habileté dans la disposition, dans la combinaison et la conduite des moyens : ils donnent moins l'idée d'un tour que d'une intrigue, d'une machination.

C'est cet ambassadeur, c'est lui dont V artifice

Sous les pas des Romains creusait un précipice.

Volt.

«. La rouille de l'envie , Vartifce des intrigues , le poison de la calomnie , l'assassinat de la satire déshonorent une profession (celle des gens de lettres) qui par elle-même a quelque chose de divin.» Id. «Les artifices de votre politique. »Pasc. «Les artifices d'une coquette.» Montesq. « Octave se conduisit avec Cicéron en homme habile. Il le flatta, le loua, le consulta, et employa tous ces artifices dont la vanité ne se défie jamais. » Id.

Aussi artifice est-il propre à enchérir sur ruse. « La renommée peint les Parisiennes frivoles, rusées , artificieuses. » J. J. « Le riche , par mille ruses et mille artifices , s'est insensiblement pratiqué une infinité de moyens d'usurper. » Montesq. « Il avait été amené à leur point à force de ruses, d'artifices, de circonventions. » S. S. « Ce que Marcius et Atilius firent valoir surtout fut la ruse et Vartifice avec lequel ils avaient trompé Persée. » Roll. « Il faut bannir du commerce des hommes toutes sortes de ruses et d'ar, tifxes , et proscrire cette habileté maligne qui se couvre et se pare du nom de prudence. » Id.

Astuce, perfidie.

Vastuce est méchante et profondément dissimulée. Parmi les qualités précédentes , c'est à la politique qu'elle ressemble le plus. (Astuce vient d'àafv, ville, et politique de ttoàiç, ville.) Mais elle se plaît à faire le mal ; elle le médite sans cesse et y tend sournoisement par des voies cachées. « L'indigeste composition de tout le nouveau gouvernement fut due à l'ambition, à Vastuce et aux persévérantes adresses du duc de Noailles. » S. S. « Vous voulez qu'un hypocrite adroit qui ne marche à ses fins qu'à force de ruse et d'astuce aille étourdiment se livrer à l'impétuosité de l'indignation contre tous les états, tous les partis? » J. J. « La mère de Thérèse faisait le bel esprit, voulait diriger le sien, et gâtait, par son astuce, la simplicité de notre commerce. » Id. « Aller par astuce à des fins qu'on cache avec soin. » Id. « Mon indignation de Vastuce avec laquelle on l'a fait agir, sans qu'il s'en aperçût lui-même. » Id.

Fin courtisan , plein (Vastuce profonde,

Le moine, enfin, le plus moine du monde. Volt, k Remarquez dans ce peu de lignes tous les moyens ^astuce sophistique qui sont les procédés

ordinaires de la secte que nous combattons, et qui doivent la rendre à jamais exécrable. » Lah. « Votre indignation s'est mêlée à la mienne en voyant l'astuce perfide avec laquelle le ministère S a su m'éloigner de Paris. » Beaum.

Outre que la perfidie a rapport à des choses | de plus grande conséquence , elle ajoute à Vas- ! tuce un degré de plus de noirceur ou d'atrocité : | elle implique un abus de confiance; elle prend | pour victimes des personnes pleines de bonne foi, qui comptent et ont le droit de compter qu'on sera bon pour elles, qu'on ne les trahira point. C'est une déloyauté, la violation de quelque chose qui lie, comme une parole donnée, un traité conclu , un engagement , la parenté , les liens de l'amitié ou de la reconnaissance. Voltaire cite plusieurs perfidies rapportées dans la Bible, et, entre autres , celle de Moïse , qui emprunte les meubles des Egyptiens pour s'en aller , dit-il , sacrifier dans le désert ; celles d'Aod et de Judith ; celles du patriarche Jacob envers son beau-père et son frère ; celle de David envers le bonhomme Uriah , et celle de Salomon qui fit massacrer son frère Adonias , après avoir juré de lui conserver la vie.

Je pourrais des Français punir l'ambassadeur,

Qui, m'osant outrager, à ma foi se confie.

Plus d'un roi s'est vengé par une perfidie. Volt. « Piles n'eut pas honte de rompre sa capitulation. Les catholiques crièrent avec raison à la perfidie. » Boss. « Colomb s'est dégradé par une trahison; Cortez, par une perfidie plus noire et plus infâme encore; et c'est lui qu'ont flétri les fers dont il a chargé Montezuma. » Marm. Une perfidie aussi cruelle que lâche est celle des Romains envers les Carthaginois (Cond.). On avait promis aux ambassadeurs de ceux-ci qu'on leur accorderait la liberté , leurs lois et leurs terres , à condition qu'ils remettraient trois cents otages et qu'ils feraient ce qui leur serait ordonné par les consuls. Les otages ayant été livrés , et les armes ainsi que les machines de guerre apportées conformément à l'ordre des consuls, on signifia aux Carthaginois qu'ils eussent à sortir de Carthage et que le sénat avait résolu de la détruire-

HABITANT, BOURGEOIS, CITOYEN. Ces mots servent à désigner un homme par l'endroit où il a sa demeure : un habitant, un bourgeois, un citoyen, ou les habitants, les bourgeois, les citoyens de telle ville.

Habitant, qui habite, qui occupe, regarde uniquement le lieu quel qu'il soit où on réside d'ordinaire, ville, village, château ou maison. Bourgeois, de bourg , gros village ou petite ville , indique séjour dans une ville, et par conséquent un rang intermédiaire entre celui du paysan et celui du noble : on oppose très-bien les bourgeois aux paysans ou aux gens de la campagne (Volt.). « Les habitants de la campagne et les bourgeois de la ville prirent les armes pour défendre leur temple. » Roll. Citoyen, qui fait partie d'une cité , représente un membre d'une société civile. On peut être habitant de la campagne; on est bourgeois d'une ville; et citoyen d'un État.

Les habitants se considèrent sous le point de vue purement local ; les bourgeois sous le point de

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

vue de la condition, les citoyens sous le point de vue politique. L'habitant d'un pays y est domicilié ; le bourgeois d'une ville y fait partie de la classe moyenne ; le citoyen d'un pays ou d'une ville y jouit de certains droits ou est animé envers sa patrie de tels ou tels sentiments. Dans une ville assiégée, les habitants souffrent de la faim , les bourgeois , ainsi que les artisans , se joignent aux soldats pour défendre la place , les citoyens s'assemblent pour délibérer sur les intérêts communs ou se conduisent avec plus ou moins de dévouement.

Les hommes sont habitants de la terre; les bourgeois sont de riches particuliers qui ont audessus d'eux les princes , les seigneurs , les hauts dignitaires , et au-dessous les ouvriers et les pauvres : les citoyens s'intéressent ou prennent part aux affaires du pays, « Sous Charles Ier d'Angleterre , on logea des gens de guerre chez les bourgeois qui ne voulurent pas prêter.... Un nouveau parlement fut convoqué, mais c'était assembler des citoyens irrités. Ils ne songeaient qu'à rétablir les droits de la nation et du parlement. » Volt.

Habitant est général et comprend tous les hommes qui sont dans le même lieu, a L'effroyable circonvallation que Tite fit autour de la ville de Jérusalem ne laissait plus d'espérance à ses habitants. » Boss. Bourgeois n'est applicable qu'à ceux qui ne sont ni au premier ni au dernier degré de l'échelle sociale. « Pour contenter les Parisiens , Louis XI appela dans son conseil six bourgeois, six conseillers du parlement, et six personnes de l'Université. » Boss. Pour être citoyen, il faut n'être point esclave, ou étranger au pays , ou indifférent à ce qui le touche. « Nous avons vu les Juifs se répandre dans toute la Grèce et y jouir des mêmes droits que les autres citoyens , comme ils faisaient dans Alexandrie et dans Antioche. » Boss. a Citoyens et étrangers pouvaient prétendre à la couronne de Pologne. » Volt.

Par extension, bourgeois se dit d'un homme aisé, ayant l'amour du confortable, mais avec peu de générosité dans l'âme, peu de patriotisme, selon la manière actuelle de parler. En ce sens, on l'oppose souvent à citoyen. « On sut plus mauvais gré à Colbert de la suppression de quelques rentes sur l'hôtel de ville et du décri des billets de l'épargne, qu'on ne fut sensible au bien général qu'il faisait. Il y avait plus de bourgeois que de citoyens. » Volt. « L'amour du bien public est une chimère chez nous : nous ne sommes pas des citoyens, nous ne sommes que des bourgeois. » Id. a Ne suis-je pas à présent moi-même un habitant de Paris?... Peut-être, au bout d'un an, ne serais- je plus qu'un bourgeois, si pour être digne de toi je ne gardais l'âme d'un homme libre et les mœurs d'un citoyen. » J. J.

HABITUDE , COUTUME , USAGE , ACCOUTU- MAI CE , US. Ces mots donnent l'idée de quelque chose qui se fait d'ordinaire ou souvent, et à quoi la volonté est soumise comme à une loi.

L'habitude a cela de tout particulier , qu'elle est subjective, c'est-à-dire relative au sujet ou à l'âme. Aussi dit-on mieux Vhabitude , les habitu-

des d'une personne , de l'esprit , et la coutume ou l'usage , les coutumes ou les usages d'un peuple. En obéissant à Vhabitude, je cède à une impulsion naturelle, car l'habitude, comme on dit, est une seconde nature ; en obéissant à la coutume ou à l'usage, je défère à l'autorité et à l'opinion. Dans le premier cas , je suis un principe intérieur et personnel d'action; dans le second, je me conforme à un principe d'action extérieur et commun. La force de l'habitude dépend de ma faiblesse , et me fait agir comme j'ai toujours agi; la force de la coutume ou de l'usage dépend de la puissance de l'exemple , et me fait agir comme les autres, comme tout le monde. Avec beaucoup d'empire sur soi-même on triomphe de l'habitude : a Priez pour obtenir le courage et la force qui vous manquent pour vaincre votre goût et votre longue habitude. » Fén. Avec beaucoup d'indépendance on résiste à la coutume : a Charles XII avait fait la guerre d'une manière nouvelle, il ne se laissait conduire en rien par la coutume. » Volt. — La psychologie traite des habitudes , et non des coutumes et des usages : elle recherche comment nous les contractons, et fait voir la manière de combattre même les plus invétérées , les plus enracinées , épithètes inapplicables aux coutumes et aux usages. — Les habitudes seules intéressent la morale, parce qu'elles seules ont de l'empire sur l'âme , dont elles restreignent la liberté. C'est l'office de l'histoire de signaler les coutumes et les usages.

On dit bien toutefois en parlant d'un homme , c'est sa coutume, et peut-être dit-on aussi , c'est son usage de.... Mais alors même coutume et usage n'expriment pas , comme habitude , une inclination ou un penchant vers la chose dont il s'agit. « Qu'est-ce autre chose qu'une habitude, sinon une forte inclination?» Boss. Avoir l'habitude du café ou du tabac, marque un besoin; avoir coutume d'en prendre , indique simplement le fait extérieur. On a l'habitude de faire ce qu'on est poussé à faire ; on a coutume de faire , et plutôt encore de souffrir , ce qu'on fait et ce qu'on souffre fréquemment, que ce soit ou non volontiers.

Tu peux avoir raison; c'est contre ta coutume.

Regn.

« Personne n'est venu nous rendre visite, et nous avons été seules tout aujourd'hui.... Cela m'étonne ; car ce n'est guère notre coutume. » Mol.

Coutume et usage diffèrent aussi, même sensiblement.

La coutume est une manière d'agir très-géné raie , qu'on trouve partout , comme une mode. L'usage est quelque chose de plus particulier, comme une pratique. C'est pourquoi on dira plutôt, la coutume simplement, et l'usage de quelque chose , ou des usages, a On dit la coutume du pays , et les usages d'un corps. » D'Al. a La ville est partagée en diverses sociétés, qui ont leurs lois, leurs usages, leur jargon. L'homme que le hasard a porté au milieu d'eux se trouve là comme dans un pays lointain , dont il ne connaît ni la langue, ni les mœurs, ni la coutume.»

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