‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 641 sur 881 · ARLEQUIN · texte numérisé non relu

ARLEQUIN

Diable! voilà un nom bien martial. »

(La Foire Saint -Germain). Regn.

Ah ! messieurs, sa foiie à chaque instant augmente ;

Un transport martial à présent la tourmente.

De l'habit, dont jadis elle courait au bal,

Elle s'est mise en homme. En cet accès fatal,

Elle a pris aussitôt un attirail de guerre,

Un bonnet de dragon , un large cimeterre ,

Elle ne parle p%is que de sang, de combats. Id.

MISÉRICORDE, MERCI. Comme nous disons demander, crier miséricorde , c'est-à dire grâce, pardon, on disait autrefois et on pourrait dire encore demander, crier merci. Entellus s'écrie dans VÉnéide travestie :

•Si j'avais ma jeune vigueur, Ce fanfaron qui fait le rogue..., De mille coups de poings farci, Serait vu me crier merci. Scarr.

On lit dans une ode de Malherbe au roi Henri IV:

Il n'est orgueil endurci ,

Que , brisé comme du verre ,

A tes pieds elle (la Fortune) n'attère,

S'il n'implore ta merci.

Le sens des deui mots n'est pas exactement le même. On crie miséricorde quand on a besoin de pitié, pour de grandes fautes ou dans de vives alarmes. On crie merci quand on a besoin d'intérêt, de complaisance, pour les fautes les plus légères , dont le pardon vaut ou attire de simples remercîments . ou dans une situation seulement embarrassée. Dans une ville prise d'assaut , le peuple , craignant d'être passé au fil de l'épée , crie miséricorde; si quelqu'un vous excède de quelque manière , vous criez merci.

On implore la miséricorde de Dieu, celle du prince, celle de tout homme qui peut punir et pardonner , perdre et sauver ; on demande merci à l'homme auquel on est soumis, à la discrétion duquel on est, et qui fait trop sentir sa supériorité. Le criminel ou le coupable implore la miséricorde; le faible demande merci. <t L'état où je me verrais (coupable d'un soupçon mal fondé) , prosterné, foulé sous vos pieds, criant miséricorde et faisant tout pour l'obtenir, publiant à haute voix mon indignité , serait pour mon cœur un état d'épanouissement et de joie. » J. J. « Mon triste état, la rigueur de la saison , l'abandon général où je me trouvais, tout leur faisait croira ; à Grimm et à Mme d'Epinay , qu'en me poussant à la dernière extrémité, ils me réduiraient à crier merci, et à m'aviiir aux dernières bassesses, pour être laissé dans l'asile dont l'honneur m'ordonnait de sortir. » Id.

Ces deux mots sont encore synonymes dans une autre acception. On est, on se remet, on s'abandonne à la miséricorde , à la merci de quelqu'un, c'est-à-dire à sa discrétion.

Miséricorde implique alors l'idée d'un sentiment de compassion, étrangère à merci. Vous êtes à la miséricorde d'un homme, d'un être sensible , capable de commisération ; vous pouvez

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