‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 710 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mêmes ; et tous les bourgeois voudront marcher sur les traces des financiers. » Fén.

Interrogeons marchands, financiers, gens de guerre,

Courtisans, magistrats. Boit.

a II n'y a pas encore longtemps que les financiers ne voyaient que des protecteurs dans les gens de condition, dont ils sont aujourd'hui les rivaux. » Ducl. « Avant le système de Law, il n'y avait que quelques financiers qui eussent des idées nettes de tout ce qui concerne les espèces, le crédit public... » Volt.

David.

a Comment veux-tu que j'aie amassé ce trésor dans un aussi petit pays qui n'a jamais fait le moindre commerce? »

Joab.

« Je n'en sais rien , je ne suis pas financier. » Id.

Les -partisans et les traitants ont été chez nous ce qu'étaient les publicains chez les anciens , les fermiers de l'impôt , des gens avec lesquels les ministres passaient des marchés pour ^e recouvrement des revenus publics, et auxquels ils demandaient quelquefois des avances dans les besoins pressants de l'État.

Seulement les partisans étaient en grand, et les traitants en sous - ordre. Suivant Etienne Pasquier, partisan, dans cette acception, fut inventé sous Henri III , et on le trouve défini dans les anciens dictionnaires, celui qui fait des partis, des offres aux rois ou aux princes pour la levée des impôts. Le traitant traite ou fait des traités pour des portions moins considérables, pour la rentrée des droits d'un petit pays ; c'est plutôt un sous-fermier qu'un fermier principal ou général, un agent, un employé , qu'un grand entrepreneur. — Au mot de partisan s'attache l'idée d'énormes richesses gagnées illicitement. a N'approfondissez pas la fortune des partisans. » Labr. a On achète à deniers comptants , comme une métairie , la splendeur des partisans. » Id. «ï a-t-il eu dans la Grèce des partisans? Que sont devenus ces importants personnages qui méprisaient Homère , qui ne lui rendaient pas le salut ? » Id. a II semble qu'il ait à sa disposition la bourse d'un partisan. » Les.

VALERE

Ce fameux partisan, par exemple, pourquoi.,.. (Ne le prendriez-vous pas pour gendre)?

MADAME GROGNAC.

Il est trop riche

Gagne-t-on en cinq ans un million sans crime?

Regn.

Laissez-moi carpe devenir :

Je serai par vous repêchée; Quelque gros partisan m'achètera bien cher.

(Le petit poisson et le pêcheur). Laf.

Traitant a bien aussi ce sens défavorable , mais à un moins haut degré , et il se rapporte à un moindre personnage. Racine écrit à son fils : a. Ménagez cet argent, et souvenez- vous que vous n'êtes pas le fils d'un traitant, ni d'un premier valet de garde-robe. » Dans le prologue des Ménechmes de Regnard, Plaute dit à Apollon : Et si j'avais à reprendre naissance,

J'aimerais mieux être portier

D'un traitant ou d'un sous -fermier,

Que Mignon de votre Excellence.

a Le roi enrichissait une armée infinie de traitants et d'employés à ces divers genres d'impôts.» S. S.

Màltôtier et maltôte viennent de maie tollere, mal tollir, comme on a dit autrefois, lever (un impôt) à tort, indûment. Màltôtier est une expression de dédain ; il désigne les plus -petites gens occupés à la perception des impôts, a II l'avait vue à Paris , où elle était soudoyée par un màltôtier, et l'avait soufflée à l'homme d'affaires. »Les. aPleinœuf était Rerthelot, c'est-àdire de ces gens du plus bas peuple , qui s'enrichissent en le dévorant, et qui, des plus abjectes commissions des fermes, arrivent peu à -peu, "à force de travail et de talents, aux premiers étages des maltatiers et des -financiers par la suite. » S. S. « Ah! fi, m'amour! ne parlons point d'impôt : c'est quelque nouveau venu de màltôtier qui tous a soufflé cet avis-là. » (Proserpine à Pluton dans la Descente d'Arlequin aux enfers)- Regn. a On obligea tous les nobles (1696; à faire enregistrer leurs armoiries. Des maltôtiers traitèrent de cette affaire , et avancèrent l'argent. » Volt. Du reste, si le màltôtier est méprisable par la bassesse de sa condition, ses vexations sont moins odieuses que celles du publicam , et il ne fait pas de gains aussi scandaleux que le partisan, et le traitant. Màltôtier est quelquefois un terme purement comique. Dans la comédie de Démocrite de Regnard, Thaler, à qui le prince Agélas offre une récompense à choisir, répond :

Faites-moi màltôtier toujours pour commencer.

J'ai servi volontaire un an dans la marine-;

Et me sentant le coeur enclin à la rapine,

Après avoir été dix-huit mois flibustier ,

Un mien parent me fit apprenti mahôtier.

(Crispin dans les Folies amoureuses). In. JSqus Latinus , sous ce bon maître , Chacun, heureux comme un bon prêtre, Sans craindre impôt ni màltôtier, Vivait fort bien de son métier. Scarr.

PUBLIER , DIVULGUER. Porter une chose à la connaissance du monde , de la multitude , du grand nombre.

Publier, c'est donner de la publicité , rendre notoire , annoncer partout ; ce mot ne se prend point en mauvaise part , et n'a rapport qu'à la diffusion , à l'étendue de la manifestation, a Les cieux publient la gloire de Dieu. » Mass. « Les hérauts dénoncent la guerre et publient les ordres du général. » Barth. <* Notre engagement du baptême doit être ratifié par un aveu de la bouche , déclaré, publié, notifié à tout le monde chrétien. » Bourd. « Ces compilateurs sont assez imbéciles pour croire partager la gloire des anciens, puisqu'ils la publient. » Volt. « Ces monuments (ex-voto ) publient la vertu de ceux qui sont ensevelis dans ces tombeaux, comme leur vertu publie que le Dieu pour lequel ils ont souffert est le vrai Dieu. » Id. « Tout le monde publiait le bonheur de Callisthène, qui était tous les jours à faire bonne chère à la table d'Alexandre. » Fén.

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