‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 711 sur 881 · PAULIN · texte numérisé non relu

PAULIN

J 'entends de tous côtés Publier vos vertus, seigneur, et -ses beautés. Rac.

Mais divulguer , c'est faire connaître une chose de côté et d'autre , en la tirant du secret où elle devrait être laissée, et, pour employer les termes mêmes de Condillac , c'est rendre publique une chose qui devait être secrète. « Auguste se repentit d'avoir lui-même divulgué les désordres de sa fille. » Roll. « Divulguer des faits que le public ne doit jamais savoir. » J. J. « 1res -mystères de Mithra ne doivent point être divulgués.-» Volt. « Il court dans Paris la copie d'une lettre de moi sur cette affaire ; cette copie est fort infidèle, et celui qui l'a divulguée n'est pas discret.» Id. «Bien loin d'exagérer les défauts des autres ou de les divulguer , l'honnêteté les couvre et les excuse. » Nie. « M. de 'M eaux dira-t-il que c'est moi ou mes amis qui avons parlé indiscrètement, et qui avons divulgué le secret qui était impénétrable de sa part? » Fén. a Albéroni ne manqua pas de dire que Leurs Majestés Catholiques avaient regardé avec autant d'indignité que de mépris le libelle infâme divulgué contre lui. » S. S.

Je sais fort bien qu'Élise a l'esprit trop discret :Pour aller divulguer cet entrelien secret. Mol. En publiant on répand ; en divulguant on révèle mal à propos. « Joseph est témoin d'un si grand mystère (d'un Dieu-homme), et il le goûte en secret sans le divulguer. Les Mages et les pasteurs viennent adorer Jésus-Christ, Siméon et Anne publient ses grandeurs. » Boss. « Les disciples de Jésus-Christ publièrent l'Évangile (Fén.); il ne faut pas divulguer le secret d'un testament qu'on vous confie (Boss.). Un homme à bonnes fortunes d'ordinaire est vain et publie ses conquêtes, il veut que toute la terre en soit instruite (Les.); un amant babillard divulgue les faveurs qu'il obtient, il ne peut s'en taire (Mol.). Au reste , on publie toutes sortes de choses , même de celles qui n'ont d'existence que dans l'esprit, des imaginations, des idées, des opinions; on divulgue seulement ce qui est réel ou effectif, quoique caché jusque-là. Aus,si se serton bien de publier , mais non pas de divulguer, avec que. « Les frères mineurs se déchaînèrent contre Jean XXII : ils publièrent qu'il n'était pas pape.... » Cond.

Quand je ne serais pas au rang de vos amis, Je publierais partout que l'on ne trouve guères D'homme plus entendu que vous dans les affaires.

Regn.

Ce sont eux que l'on voit, d'un discours insensé , Publier dans Paris que tout est renversé. Roil.

PUNIR, CHÂTIER. (SÉVIR , PAYER). Faire subir quelque peine à quelqu'un qui a commis une flûte.

La punition peut venir de nous-mêmes , d'un égal, d'un inférieur, ou même du seul événement des choses. Un gourmand qui éprouve des indigestions est puni par où il a péché (Acad.).; a Chez les Carthaginois, les armées qui avaient été battues mettaient quelquefois en croix leurs généraux, et les punissaient de leur propre lâcheté. » Montesq. Le châtiment est toujours in-

fligé par un supérieur. Les pères et les maîtres sont assez souvent punis par l'ingratitude des enfants et des élèves, de la faiblesse qu'ils ont eue de ne point les châtier.

Lorsque punir, et c'est le cas le plus ordinaire exprime aussi, comme châtier, l'action d'une personne sur une autre qui lui est subordonnée , il n'annonce d'autre intention que celle de faire ■expier le crime par la souffrance. C'est tout ce qui résulte de l'étymologie de ce mot : punire pour pœnire , de pœna , peine , tourment , expiation. Mais châtier, latin castigare, de castum agere, rendre pur, irréprochable, bon, marque le dessein de rendre bon ou meilleur celui qui subit l'action. Qui aime bien, châti' bien (et non pas punit bien), dit le proverbe; nouvelle preuve de l'intérêt que porte la personne qui châtie à la personne châtiée.

On punit en rendant le mal pour le mal , afin de tirer vengeance , de donner satisfaction à la loi offensée, de faire un exemple, mais point du tout afin de corriger la personne punie, « Diei' n'est pas moins Dieu quand il afflige et quand h \punit, que quand il console et use d'indulgence. » Pasc. « Dieu rend le mal pour le mal, le supplice pour le péché , quand il punit les pécheurs impénitents., parce qu'il est juste. » Boss. ■a Dieu condamne le zèle qui cherche à punir plutôt qu'à corriger. » Mass. « En imposant la retraite comme une peine publique à certains prêtres impénitents , nous voulons les punir, :nous n'espérons pas de les corriger. » Id. k Les hommes ont .oublié Dieu.... Ils sont punis , .sans ■ être corrigés. » Fén. « Il fallait essaye: de corriger ce jeune homme, au lieu de le punir. » Volt. La correction,, -au contraire, est le but unique idu châtiment. « Vous avez besoin de croix aussi bien que moi. Oh ! qu'il est bon de nous châtier •pour nous corriger ! » Fén. « On châtie un homme qui a failli , parce qu'on veut lui faire connaître sa faute pour la corriger. » Boss. « Seigneur, vous ne cessiez de châtier mon cœur, y opérant sans cesse par une sévérité miséricordieuse des remords cuisants. » Mass. « Dieu, pour fléchir mon cœur rebelle , et pour me faire rentrer dans le devoir d'une obéissance filiale, m'a. châtié p&r des adversités et des souffrances.» Bourd. « Le Seigneur, notre Dieu, pour nous châtier et nous corriger, s'est mis pour un peu de temps en colère contre nous. » Roll.

« Souffrons avec amour et confiance ce que les impies souffrent avec révolte et désespoir. Quelle différence entre ceux que le père châtie comme ses enfants bien-aimés, et les ennemis qui sont punis sans consolation et sans espérance! » Fén. a J!ai mal usé de ma santé , ô mon Dieu , et vous m'en avez justement puni. Ne souffrez pas que j'use mal de votre punition. Faites que votre grâce me rende vos châtiments salutaires. » Pasc. Il faut savoir châtier à propos , et punir en proportion du crime.

La tendresse châtie, la justice punit. D'où il suit qu'en général châtier signifie quelque chose de moins rigoureux. « 11 faut lui apprendre (à J. J. Rousseau) que, si on châtie légèrement un

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