TOMBE, TOMBEAU, SÉPULCRE, SÉPULTURE
Lieux où on dépose les morts.
Tombe et tombeau ont été distingués dans la Irc partie, p. 8. Ils paraissent venir du latin tumulus, qui signifie primitivement une élévation de terrain, un tertre. Sépulcre ne vient pas seulement du latin, c'est un mot latin, sepulcrum, dont la terminaison a été un peu modifiée. En conséquence, tombe et tombeau sont d'un usage général, au lieu que sépulcre ne se. dit qu'en parlant des anciens. « Les sépulcres des anciens Égyptiens subsistent encore à présent. » Buff. « Hercule pria Philoctète en mourant de cacher son sépulcre. » Fén. a On a imaginé des trésors dans les sépulcres de Cyrus, de Rustan, d'Alexandre , de Charlemagne. » Volt. Le sépulcre de David (Boss.), de Jésus-Christ (Bourd., Boss.). « Nôtre-Seigneur appelle les hypocrites des sépulcres blanchis. » Acad. « Antiochus menaça de faire de Jérusalem le sépulcre de toute la nation juive. » Roll.
Sépulture y en vertu de sa terminaison , est un mot collectif, comme armure, par exemple. Il désigne un lieu d'inhumation pour plusieurs, pour toute une classe d'hommes, pour une famille. « Saint-Denis est la sépulture des rois de France. » Acad. « La ville de Sais était le lieu de la sépulture des rois d'Egypte. » Roll. « C'était dans ce palais qu'était la sépulture ordinaire des rois des Perses et des Parthes. » Id. a La maison de Saint-Mesmin avait fait de grands biens au" couvent des cordeliers , et avait sa sépulture dans leur église. » Volt. « Les ruines de Port-Royal et les ossements de tant d'hommes célèbres insultés dans leurs sépultures par les jésuites s'élevèrent contre leur crédit expirant. )> Id. — D'ailleurs, ce substantif féminin qui marque proprement le résultat de l'action d'ensevelir, d'enterrer, sepelire, exprime plutôt d'une manière vague un lieu qui se trouve servir de tombe ou de tombeau , qu'un lieu précisément disposé pour cet usage. La terre est notre origine et notre sépulture (J>oss.).
On donne à ce héros (Pompée) la mer pour sépulture. Corn.
TOMBER, CHOIR, FAILLIR. Être emporté de haut en bas par son propre poids ou par impulsion.
Tomber est le mot commun : il est régulier, usité à tous les temps, et se dit au figuré ainsi qu'au propre.
Choir ne s'emploie qu'à l'infinitif, au participe, et ^lquefois au passé défini. Outre cela, Vol-
taire prétend qu'il n'est plus d'usage. C'est trop dire : il a seulement vieilli. « Choir a vieilli, et la poésie le regrette. » Marm. On ne s'en sert plus que dans le langage familier ou en plaisantant. « Vous avez laissé choir le tripot de la comédie de Paris. Je m'y intéresse fort médiocrement. 55 Volt.
Il a su si bien faire,
Qu'en descendant vers nous Chariot est chu par terre. Id.
Un astrologue un jour se laissa choir
Au fond d'un puits. Laf.
Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir
En badinant sur les bords de la Seine. ïd.
Peste soit du gros bœuf, qui, pour me faire choir,
Se vient devant mes pas planter comme une perche!
Mol.
Un monde près de nous a passé tout du long,
Est chu tout au travers de notre tourbillon.
(Trissotin). Id.
Des larmes grosses comme pois Lui churent des yeux trois à trois. Scarr.
Faillir, également inusité à la plupart de ses temps, n'a que l'acception figurée. Faillir* c'est commettre une faute ou donner dans le faux, faire quelque chose contre le bien ou contre le vrai. Et ce qui distingue nettement ce verbe des deux autres , c'est son caractère de subjectivité , c'est qu'il suppose dans le sujet un défaut , une imperfection , quelque chose de fautif, de répréhensible ou de blâmable. Tomber ou choir est l'effet d'un accident; mais faillir fait concevoir l'idée d'un manquement moral ou intellectuel, d'une faute ou d'une erreur. « Puisque nous sommes en usage, moi de faillir, vous de pardonner, couvrez encore mes fautes de votre indulgence. 55 J. J. a Vous vous êtes mépris (en faisant un quiproquo d'apothicaire); eh bien/ l'homme n'est-il pas sujet à faillir, et surtout dans cette profession? » Les. « Le sot projet que Montaigne a eu de se peindre 1 Et cela non pas en passant et contre ses maximes , comme il arrive à tout le monde de faillir, mais par ses propres maximes, et par un dessein premier et principal. Car de dire des sottises par hasard et par faiblesse, c'est un mal ordinaire; mais d'en dire à dessein, c'est ce qui n'est pas supportable. » Pasg.
TOME , VOLUME. Noms qu'on donne aux livres matériellement pris comme objets qui ont place dans les bibliothèques.
Tome , de iépvçw, couper, diviser, est une division ou une partie d'un ouvrage : un tome. en suppose d'autres, c'est un commencement ou une suite. Volume vient de volvere , rouler. Les anciens roulaient leurs livres et ils entendaient par volume chaque livre roulé séparément. Ce mot signifie aujourd'hui tout ce qui est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure. C'est un tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurs tomes en un volume : c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour tout l'ouvrage. On peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des opuscules qui aient peu ou point de rapport. Un tome peut à son tour être publié en deux ou plusieurs volumes.
Dans telle édition de Voltaire il y a tant de