‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 87 sur 881 · AVOIR NOUVELLE, AVOIR DES NOUVELLES · texte numérisé non relu

AVOIR NOUVELLE, AVOIR DES NOUVELLES

La première expression est plus complète et plus vague ; la seconde est partitive , délimitée et précise. On a nouvelle d'un événement , quand on l'a appris , quand on sait qu'il a eu lieu , mais sans plus , sans pouvoir en rien dire de particulier ;

A. Du, étant pour de le, c'est-à-dire renfermant l'article, semblerait devoir être plus déterminé que de. Et cependant il l'est moins , car fournir du sel , c'est en fournir une quantité qui n'est nullement spécifiée, et fournir de sel, c'est en fournir une quantité déterminée par la consommation, qui est une mesure approximative, et variable sans doute', mais enfin une mesure. Mais il est à remarquer que du définit bien ici la seule chose que l'article soit chargé de définir, l'espèce signifiée par le nom qu'il précède,

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

en avoir des nouvelles , c'est en savoir telles circonstances , de manière à être capable de les décrire , d'en rendre compte. On disait au temps de Vaugelas et de Bouhours avoir nouvelles , au pluriel; c'était à tort, car le vague produit dans cette locution par l'absence de l'article s'accommode mieux du singulier , de sa nature général , compréhensif, complet, mais impropre à marquer les détails.

§ IL Article numérique un.

Comme l'article défini , il donne aux substantifs qu'il précède un sens précis et déterminé. Ainsi , lorsqu'il se rencontre deux expressions synonymes renfermant le même substantif, mais sans article dans l'une et avec l'article numérique dans l'autre , ce substantif a dans la première une signification indéterminée , vague , qui rappelle la primitive, mais en l'étendant et en l'affaiblissant , et dans la seconde , au contraire , il reproduit la signification primitive dans toute sa force et dans toute sa rigueur. On peut être complaisant , sans aller jusqu'à être un complaisant (Marm.).

FAIRE AFFRONT , FAIRE UN AFFRONT ; FAIRE INJURE, FAIRE UNE INJURE. Offenser quelqu'un dans son honneur ou son amour-propre , lui causer une mortification.

Les mots affront et injure dans faire affront et faire injure n'ont plus qu'une signification étendue et vague, en vertu de laquelle ils expriment une légère offense , ou quelque chose qui tient de l'offense plutôt qu'une offense réelle; mais dans faire un affront et faire une injure, ils conservent toute leur force et demeurent synonymes d'outrage et d'insulte. L'action de faire affront consiste quelquefois uniquement à marquer peu d'égards ou à reprocher quelque cbose en public de manière à inspirer de la honte. Quand on nous fait affront, nous rougissons, rien de plus ; quand on nous fait un affront , nous frémissons , notre sang bouillonne et nous courons à la vengeance.

On va a. fait un affront, et je veux m'en venger. Dest. D'un autre côté , nous disons continuellement en conversation, et sans conséquence : c'est me faire injure que de croire , vous me faites injure en me supposant de telles intentions.

C'est moi qui vous l'assure; Et si vous en doutez, vons me faites injure. Dest. Faire une injure aurait une toute autre portée. On fit une injure à Dion en donnant le commandement de la flotte à Héraclide; car Dion auparavant avait été déclaré généralissime des troupes de terre et de mer. (Cond.)

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