‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 109 sur 444 · PRÉFIXES IN ET DE · texte numérisé non relu

PRÉFIXES IN ET DE

Irraitonnàble j déraisonruibU. Improuver ^ désapprouver.

IRBAISONNABLE, DÈBAISONNABLE. Sans rai son.

In nie la raison d'une manière complète , absolue; il marque absence de raison, à la rigueur, si bien que l'être irraisonnable en est totalement dépourvu. « Tous les philosophes ont distingué en l'homme deux parties , l'une raisonnable qu'ils appellent voOc , mens; l'autre qu'ils appellent sensitive et irraisonnable. > Boss. « J. C. naît dans une crèche , pour se montrer la pftture môme des animaux irraisonnables. t» In. Lafontaine, parlant de notre ressemblance aux bétes, dit : a Nous sommes l'abrégé de ce qu'il y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables. >

Dé exprime déchet , perte partielle , suspension momentanée de raison par suite d'un écart , d'un dérèglement de celui qui en est doué et qui en mésuse. « Un homme ne serait pas moins déraisonnable , s'il me voulait obliger de croire quelque événement , par cette seule raison que cela n'est pas impossible. » P. R. « Le pasteur est pour son troupeau; et il n'est personne d'assez déraisonnable pour prétendre que le troupeau soit pour le pasteur. > Holl. « Rien n*est plus déraisonnable que de vouloir que tous les sentiments aient une expression également marquée. » Lah. Déraison ne signifie pas , à la lettre , manque de raison , mais extravagance , faute contre la raison.

Les animaux toute leur vie, les enfants avant un certain âge , tous les hommes pendant le sommeil , et les imbéciles tout le temps de leur maladie, sont trra{<onnab{e«; l'homme est déraisonnable toutes les fois que , dans sa conduite , il agit contrairement à la raison , il use mal de sa raison.

IMPROUYER , DÉSAPPROUYER. Ne pas approuver , trouver mauvais , sans pourtant aller jusqu'à réprouver , c'est-à-dire jusqu'à rejeter avec aversion et à proscrire comme détestable.

Improuver est plus près de réprouver. On improuve une mauvaise action; on désapprouve quelque chose de peu sensé. Improuver est agressif, c'est être contre, blâmer; désapprouver n'est que restrictif, c'est retrancher de l'approbation , lui faire perdre quelque chose : on désapprouve en jugeant qu'une chose n'est pas bonne , conve I nable.

iM

mBMËU f AUTIM :

Mais un« antre dfflérénee dsttsisto ea e» qtie désGppTowcer est débnîf, ovrert, expKûHe', a un air de sentence qui manque à tvnprouvfr. Celui qui désapprouve , juge, ]iroBonee , èèckre^ htnjt^ tement, solennellement ^*vne chese n'esi pas bonne. Imprdwwr, c^^t trourer à redire, mai» plutôt istéfieurenient , âidii^tetteftt. Gehti qui imprtmce condamne dan« son coeur.

« eiiton e«t Tarbitre des bons moroemi, et il n*est' guère permis d'avoir do getk pour c# qu'il déiopprouve, » Labr. « Quand je âésappnuve l'usage du vin , je ne condamne pas de même oea boissons qui égayent la ruson. v Montssq. « La majeure et plus saine partie du goutememettl a désapprouvé assez hautement ce coup fourré. » J. J. — a Des représentations de quelques membres de la bourgeoisie suffisaient pour marquer qu'elle tmprout'att la procédure. » Id. « La bourgeoisie a le droit de faire des représentations dans toutes le» oecaisiMs- oè elle fmpf^siiiM^Ift eowiatle des magistrats, v Id. « Le libertinage n'est plus un bon air dès* que voitre' eoadliijle Vimpnkme, » M4SS. (Sur leê vêrtUÊ de» gtùiM)^

Ce caractère é» démipfvvmj&f kn vleat, <m de ce que de est la particule dèterménatifre par eK*celleitee , ou de ce que te vottocF cotofWBé latin approhare, en cela différeot dm sÉnpler proèorv , signifie neti seuAenMiit cppreuver , mats aussi tômoigocr son aaseatimeftt par des démonamiieBs;

PRfiPIXB9 Ilf Vf MI»,

iffiviMVy. APOiWTk inewiisii) escmeni

IMCltSR» EXCITER. Disposer quelqu'un à faire quelque chose en le stimulant , en réchauffant.

Inciter f incUate, dUwe f ciet€ t» , mouvoir vers. £jKil«r , excilate , dt^re , cter* ex y faire sortir de son étftt, émouvoir, remuer. Inciter a essentiellement rapport au but; ^sai dit^on. toi^urs tncifer d, et jamais, d'uiie manière absolue, inciter simplement , comme on dit exciter : il n'a pas besoin qu'oa VexeiU^ D&softcâtè, cutter a essentiellement rapport 4 la force ou à rénergie provocante et provoquée; oa dit ezciler l'ardeur (Boss.) , le zèle (àgad.).

Inoittr , c'est doao doBner Fid&e d'un but- et y pousser doucement, en dedans, en seoiet, iaire qu'ony incline; eoMfier, c'est réveiller, pousser fortement et avec vivacité.

Inciter marque bien aiiisst nrapulaioB, baIs Diiblement; son idée propre est l'iâdication du but. « C'est par le piaâsir et fia doolettr que Dieu pousse et incite les animaux aux fins qu'il s'est proposées. 9 Bôss; c La soleanità de cette égtiae , et je ne sais quel mouvement de mm «sur m'mcit9 à parler du nom de Jésus. » Iik « IncUé par le plaisir que j'avais senti , je oveiilie un second et un troisième fruit. > Buff.

£'j;ctf9r peut bien aussi marquer ti but, mais ce • n'est pas toujours ni aussi expressément; son idée propre est la f&rce de la stimulation. < Les sens excitent Tâme , ils la réveillent', ils* l'avertissent de certains effets. » Be9S. « Ce sera ua motif pressant qui me réveillera , qui m'tfscAefo:, qpii m^90CDU« ragera à tout entreprendre. « Bourd.

On a besoin <f tneimcton ponrs'nffsar de et d*tMitaHon pour nroir k f^rcede ftire.

INCnR&Mnf , KXGimSIOlf . Coune d'b d'animaux de leur pnys en ub entre.

L'un vient de in emrerfy courir dans^ sur' en vers; rantrrdeénretirmre, courir bots: deL Oa

dit faire une menriiefidans le Pélopennèse(CDv^X enSitnte (Volt.), sur Bénévnnt (6ord.)> ci. faire une êxeunion hors de son pays : « Mes tutana me permettront cette eMunion bon ds mn derune retraite. » Volt;

Po«r tnenrvtoi» lidée cnvaetëristSque est crtin du but, du lieu oCi l'on se porte; pour tmtmtitfn c'est celle du point de départ , du lieu que l'on quitte. Un pays est exposé aux incursions oa à l'abri des tneurstotu. La garnison d'une ville doit faire de rares et de courtes excursions , de peur de surprise. Des peuplée nomades qui* n'ont séjour fixe ne peuvent feiire que des ti

Toutes les fois qu'on a présent à l'esprit k Ueu d\fk le mouvement part , on doit se servir dai eoMiiffM^n. Des peuples, dee hommes, deei (Buff.) sédentaires, ov^qni H'uuvent ckes eia tout ce qui est néoessaiie à leurs besoins , nafem pas dTeercuriieNe* AU contraire, tncnrmoir sem.Le mot propre , si l'attentiott se porte nécessairenMOl sur le lieu où le mottvemeivt aboutit. Dans Fant»quité,. les peuples bertems, attirés enoertnins pays par raçFpAt du botin , 7 frisaient den «enr^

siOMi.

Excwsimi est le sent àe ces deux mot»<r^ m

prenne dans le sens de digression , parce qu'il est le se«rt qui marqte m rapperl au Iteii é\sà on s'élofgne.

On dira danirun sens analogue , la eonnaimaifeee de tels monuments , de telles fiantes est dne aux incursiong dee savnots dans tels pays; at , oe-b^. tanistc ne se borne pas à étudier les fleur» dn Men qu^l habite , il fait de fréquentes* escnrsMmr.

C'est ainsi que irruption signifie If action de se précipiter dans ou sur ; et érMpHony oiUe desortir de , de s'élancer hors de.

PR&FGŒS 19 BT DIS.

Infamant y diffamant, Infofme, digjotme.

Ihconvenanee y disconvenante,

INFAMANT , DIFFAMANT. Qui pTodiltC FiMfoÉe on teniiil larrépntaftion.

Le premier a une piénxtiide de senn qui mtBfne an second. In nie la réputation , la benne ranoDi* mée d'une manière absolue et positive. JKrnmrque une séparation inadMvée, en. train de sn 1 fhtre, et peint l'effert avee lequel on ropèveN; il n'est pas plus négatif et rigoureux que dé dans âéraisonntAle* Ce qui est «n/inmMl'perteinfanûe, rend infâme , et c'est parce qne ce mol marqua un effet plus complet qu'il se dit dee astes de jiistice : peine (Labr., Roll.» Coitn., Mark.)» anwuid» (Volt.) , note (Boss.) tnfamnnte; suppliée (Vûlt.)» arrêt (Lab.) infamant. Ce qui est d»7^tfMfaeXipese à pendre ou fait perdre peu à peu la répntatinn^ f^ descendre, 00 plutftt tend, cberche à latmi desoendn du rang qu'on oconpe dent l'o{nnioia, publique. Il £Mit distinguer la satire persennalle' et diffamante de k sntiie génémle (Mams.). I

SYNONYMES (gCl' ONT LK WSm RADICAL.

0B (fin A>iicr «ne ««idkiBiiatioif ^amtmtè I J. J.^ , et une ifliputtrtfoii (Fifr.) <m me iDftulpa<' âa(Bpini:) «galeweirt di/Jlimenfc. On Anr aussi ysTiee (RôtL., S. S.) oh «ndéfilnt (% S.) t^/imiitffil^ et de» bruits fiivx et- iM/HummUr (PÉir.).

Même différence entre informe et eUflirm» .* TmoBsl tii/'^nie^ D'il- pBS d^fome* ou est^ttwt dSl^rae; FaonssI tf^ilftrMr pfc&e-settienMBf 'sims le ikpport de Eé: foUM',' esV ccmtrefsit'ov nsl liÉti. c^ pici enrr étftit lierriMemeiit^ iud<; <m ne reeoBBmiten loi ftneuov ^ure 'tPanhuni; e'é-^ taît use masse informe et bidèaBei... Se- mère- Ytfwoi Mebé longitenijM , if eomnmçtt à^ devenir ► Vàrr, ' et' (UetfOiiMiiQiMjv ) défaut oè- eoff*s« &tiDguent dtiDft- autre' iiiuiièt^i piTHiif^'tfupiwopoyfteime ^ emporCfe^ mu «Me de du^rlé et de reiaitioa ètrmgdfe' au- BDffliMieeiianee , qui se preod tot^imn absoluine&tet ea morale. ^ Inconverumce n'est pas disfMiRiiMei , dH Toltaire; en entend p8f' âdcoH'^ remn» des dioees» qui ne se eonvienoest pas rme »ee Fantre^ eV J'enteads par mnmemume dachess- qu'H ne eoimentr pas'dt^ ftire*. »

nof^uoi l'Aoadèinîo, qui* aAnet' (HcnfintfBtteutif^ fak-cBe «fficnhà d^Ldmeftr» imonwnmee ?"

la^

lËkûbiUj maihabile. Impropre, èipoffi^, iiuU.dÛ90fë. ImpM^ mal

IHHiBILB, MALSIOaJE. Qut ]Ban|ae'd%8bi^

UisftiiVBfc 'ev BRfRfUV toftcleiMJif ^ li^uwA^N^ neB a pas bunoottp. Bn elRt ' t» nie', et 'mal né ^ qne présenter son» un iaa«rai9 jourj qm dfiimer une idée déAiiroraftlei

Inhabile est donc le moT qu? oouWeBt yanî prioer m dè€iut adïsolu. 1a iieîUeBBB'est> MfliO* «Bt fAoiMrs dont k JeoMflse' abait; Le pédants sont

IdbMey à tont^ tMir de sens eoauaoïK Ma«

c n y atrè»-peu d'hoonoM enlièfeiBear^Mif {èrÀ loateoeenpâtka.' LAK»llioBtàigDe*raaia*q«oen Iv-ioène ono iw*a>tfili<> à^ touto. sofrto d^affane: Ifo impRiioxieov oà eiiipaiin toQ|MmÀ Ib ^ gueur^oinaseaertqaa'd'infeaWe. aConnAfiBr dêeteé Éifcnfttfe 4 sucoéAsr à: VempJan.M Cond.

ITa/ftcMiif', au contraire, désigna- on èéfeot nittif, Unipeiléctiott plutôt que IfabMfioo do nabâelé. «Pn nrinistte'fwitthittte vontrtpujours ^unaioitlrqaoYouft ètes^eielamai» HomasQ.

•b ne sont pas assegrmnihaMMt pours^enga^er > Mtmta la désiatérassemant do ea^ piétandu nnr. ». Bans. « Vous èlas fiienfNa<JMii«#amTT âh, d'aToia fàir talle^choso: sAcas.

vnonui, liAL fpi— . Quii^esfep»i>i^pcr kt bon pour , eonTeoafalOi

Va «sma ta»propi(e art- déplacé là oÉiil sa <n«« , il déMrtoro la senn; u»tapm«iiialpn>pfv ^wmoina; 8cuianeiii.it ne. convient pas, il' m mé pas bien» Pidéa. Da» un antm'Oins on 01 âapnoprr ai ce ipcur quoi en u^bsI pas^né, et uei propre à cequ'on ftiit sana beaucoup d» rao- ^•Uboenf esttaipvDpfv à la guerre^ quand il «BttrapjcnBeovtitrprTiouï, blessé, naïade, i^

est mai propre au labovr, <^aat-é44tf» qu'fibb. bourenml, ihvtedt» fèrco. L»> homttes' sent de* métaoe taipMprae'el'tiioipropMf'à oertMaes ehflM> ses. Un paysan grossier', sans mstrucfiou , estPiAo^ propre aux afl^ÎTflai un artiste», un poêla , yc sent meii propres: Dana^lo Misant Airopo,Oltmait«iir saToir'd^ylcaete si lo-somiat qu^ a lailesf beui^ Aleeeca lui répond r

BfoBsiear, j# sala mei pr^peei âdibiièr la^oHosej^ V^«tteiiai«e»diapBMeri..

«'Je aatsBBmidigprapf» à bte'.enéantav' caf-qua* TOUS souhaitez de moK » Mou.

Je< toasi seoottdecal, qaol|an< mai pmpm i^ feindMr

Dos.

dThMune'^KttHitifàlatériié, areonnuceqwéteif propre ooinnl prepre k seadasseina. » Bosoi « Ob dH' qa'tnr^ bninM est^picpre^ ou mal paupra àilacourse, v In.

Montaigne dit d'une manière absolue que , « impropre à faire bieiv el à faire mal, il ne cherche qu'à passer; a et,. d'une. manière relatire, que c les £:>ifeur sont maJ ptopres aux. exercice^ du corps, s

monmséf tÊêÊ^msmmki DiDa<una mmimiée disposition d»corpn oœd^sprit..

Pour' élna «Miûpastfi, il teot ètm nnlnÉaq ià. snflOt domnpaa soaeatir biea, di flottac estaeilai saBté>et>la'inatadia^ pnnrétre:m<il ditpm^

DrtantfnpsE^, omeat tndi«^atf.'eontra>qDal)Dnteii et mni âiepesé pmir quelqu'un; on • est? laifaiiv • aigBifooatBaieatnât.UiY onr ne fera rien, panrrtittv onn'aai'paa ptarté i»éD<Mler' cehn-ct, cependant^ on peoleneovofsirwpaurlotquBlqonxbDsa. On est tndtfpattf' contre la: pnneiBM'dnnt:odia}àisn' plaindre-, el^moi diepmé involontaivemaainàf^réi' garddo'cetto dont l'air j la taurnore nvrmieeh' neuf paÉ'Oainopréviannciu paaeu sa tereun.

nvon, WML FOU. Qui laisse à désirer 'sonn in rapport de' la- pékHasse.

VimpeH n'a point de politesse ; lomolimétiite a-panasies', ou i/a- qu^une poltesse impnAila.: « La phipart dea jeunes gens croient ètre'naua»rels, lorsqu'ils se sent' que* mn^' poii<iOi» gaisierei^hmÊMÊX

PJUgfSUSS m- m Us,

Momh, «mttfivs'.

nnjaiBLE;fiiiISIBLE. Qu'on ne peut Ure; deux mots intentés au xviu* siëole , quoiqu'il y ait un exemple dlmlûtbiedanaMme d£ Sévigaé.

Inlisxble est formé contre l'analogie. Devant I, ia.de«ent>a: UgaX^ illdgal; lettré, illettré;. Umitdr illimiié. On doit donc le supprimer ou y. attacher une signification propre. Or, un écrit peut n'être paa Usiblev soit parce que les caractèrea ea sont mal formés ou iudistincta, soit parce que la sens en est mauvais , insupportable. Pourquoi, na pas représenter ces deux vues dà l'esprit par deux termes diflCérents? Et irUisibTe^: irrégulier dans sa forme . produit de l'ignorance «. ne convient-il paa peur désigner un défaut grosr sier,. apparent, qui na demanda pour être vu.

-h. An TlkééU«-Vnarçaf«, on se Ti?nnet' de' corr^r Motiére, et, partme faosse délicaUssse, l'taetwn sa»«

PREMIËBE PARTIE :

qu'une opération toute simple , savoir , le défaut d'être indéchiffrable; tandis que iUitible senrilait à qualifier les écrits qu'on ne saurait lire, tant on y trouve à reprendre?

«Il y a quelques feuilles de mon discours extrêmement barbouillées et presque irUisiblet , difficiles même à relier sans rogner de récriture que j'ai quelquefois prolongée éiourdiment sur la marge. » J. J. « Sa main ne forme que des caractères inlisibles. » Volt. « J'ai perdu les yeux avec une malheureuse petite édition de Corneille , en caractère presque tnimble. » In.

Mais on dira avec Laharpe : un livre ou un drame illisible , c'est-à-dire , comme il l'explique lui-même en un endroit, insupportable à la lecture ; un auteur ridicule , iUiHble , ennuyeux et absurde ; les fasUi de Lemierre sont une Ulinble rapsodie.

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