TERMINAISON URE
Arme , armure. Tissu , tissure. Seing , signature. * Tour^ tournure. Temps j température. Bord,
bordure. Jointe jointure. Entaille ^ entaiUure.
Teinte, teinture.
Les substantifs en ure sont à base verbale ; les uns se forment de l'impératif français , comme tournure, tissure; les autres du supin latin, comme signature de tignatum , texture de textum, A la diffêrence de leurs synonymes sans terminaisons significatives et la plupart à base nominale , ils marquent donc un rapport à une action. C'est en quoi ils ressemblent aux substantifs en ton et en ment. Mais ils ne sont pas relatifs, comme ces derniers, à l'action elle-même; ils se rapportent au résultat , et c'est pourquoi Butet les appelle des résultatifs. Ainsi , tandis que les noms à terminaisons indifférentes signifient la chose d'une manière absolue et en elle-même , les noms en tire la montrent comme étant l'effet , le produit, le résultat d'u|ie action marquée par le verbe radical , et comme ayant , par suite de cette action , des qualités extrinsèques et indépendantes de sa nature, une forme, une manière d'être, une disposition, un arrangement, une façon, survenus en elle et y ayant été mis par un agent ou un ouvrier.
Le devant d'une maison est une expression qui signifie d'une manière abstraite la partie antérieure de la maison ; et la devanture est un terme d'art qui représente tous les ouvrages de menuiserie, de serrurerie, etc., qui se trouvent dans cette partie, or La terminaison ure , dit Roubaud , désigne si bien un résultat , qu'elle sert souvent à exprimer un ensemble, un tout formé de la réunion , de l'assemblage de plusieurs choses du même genre. Ainsi , la mâture est l'ensemble des mâts , la ferrure la totalité du fer employé dans un ouvrage, la. parure Pensemble des ornements qui servent à parer, la figure l'ensemble et le résultat des traits du visage. » De même la toiture est tout ce qui sert à couvrir une maison , et le toit n'en est qu'une partie , celle qui est exposée à Vm et à l'eau.
ARME , ARMURE. Instrument pour se défendre.
Arme exprime la chose en elle-même , indépendamment d'un travail subi antérieurement , lequel est toujours rappelé par armure : dans le danger , on se fait une arme et non une armure, d'une pierre ou d'un bâton.
Ensuite , « Varmure , dit fort bien Roubaud , est l'ensemble des annes d'un guerrier , » ce sont les armes artistement agencées et formant un tout.
Armure est donc un nom collectif, et n'a guère de rapport de synonymie avec arme, qu'autant que ce dernier se prend au pluriel.
A quoi il faut ajouter avec Girard qu'armure signifie exclusivement les armes défensives , parce que sans doute ce sont celles dans lesquelles se montre et l'on considère davantage le travail, la façon , l'art et l'habileté de l'armurter. On revêt son armure , et l'on prend ses arm^s.
TISSU , TISSURE. Liaison de fils formant une étoffe.
Le tissu est l'objet en lui-même , l'étoffe , la toile , le tout formé par l'entrelacement de différents fils, l'ouvrage tissu, avec sa longueur, sa largeur et ses qualités intrinsèques , comme d'être de soie , de laine , de cheveux , rouge ou vert. La tissure désigne la façon , la manière dont a été fait le tissu par le tisseur ou le tisserand , la qualité de la fabrication, résultant de la»main-<l'œavre; elle est lâche ou serrée, égale ou inégale. -* c Les lits des sauvages sont d'un tissu de coton, s MoMTAiGN. a Tous nos ctforts ne peuvent seulement arriver à représenter la tissure de la chétive araignée. » Id. « Je n'aime point de tissure où les liaisons et les coutures paraissent. » Id. — On peut dire que la tissure d'un tissu est telle ou telle suivant le plus ou le moins d'habileté de l'ouvrier. ■
Au figuré , le tissu d'un discours , c'est l'ordre des idées , le discours lui-même divisé et disposé de telle manière; la tissure est l'arrangement, la forme seule : on saisit , on expose le tissu d'un discours, et on en admire la tissure. C'est ainsi que ce qu'on regarde dans le contexte d'un écrit, c'est le senst et dans la contexture, l'art.— Du reste, au figuré , pour exprimer la façon dont les choses sont comme tissées , tissurene se dit guère : od le sert proprement des mots texture et conteiture.
SEING, SIGNATURE. Le nom de quelqu'un, écrit par lui-même au bas d'une lettre, dune promesse , d'un contrat ou d'un acte quelconque, pour le certifier, le confirmer ou le rendre valable.
Le seing exprime la chose d'une manière absolue ou par rapport à la nature de cette chose; U signature la désigne d'une manière relative ou par rapport à la personne qui appose le seing- Le «emflrn'apas toujours été le nom de la personne, mais un signe quelconque : une tache d'encre, imprimée avec la paume de la main sur un acte public, était le seing ordinaire des empereurs ottomans. A l'époque où on croyait aux sorciers, on s'imaginait que le diable appliquait une marque à toutes ses favorites , « et que le sceau du diable était un petit seing (signum) qui rendait la peau insensible. » Volt.
Ducange pense que le mot seing vient du si^ de la croix qu'on apposait autrefois au bas des actes avec la signature, comme un symbole u serment qu'on faisait de les observer. Aujourd nui, votre nom est Votre seing , et votre seing est voir^ signature, quand on le considère par rapport vous, en tant que vous l'écrivez et à la ^^^^ dont vous l'écrivez. Deux frères ont le mem seing et peuvent avoir des signatures ^»»" ", , rentes; c'est ainsi que deux écrits peurent êtrei mêmes sans être de la môme écriture. Le seing
SYNONYMES QUI ONT LE. MÊME RADICAL
ihiire H comiiran des rois d'Espagne est lo , el
Hè. soi , le Roi. L'écriture distingue la signature
pi.ticaiière de chacun d'eux.
Useing est le type , Tidéal , la manière générale
de signer, c Saint-Charles Borromée examinait
hi-mèmt les pièces qu'on jouait à Milan , il les
nanissût de son approbation et de son seing. »
YoLt. La tiptatwe est le seing effectif ou réalisé :
peut-être eziste-t-îl encore de ces pièces au bas
desquelles x Ut la signature du saint archevêque
de Milan.
VeUei aa bas d'un écrît un nom imaginaire , Totre uiitg est faux ; c'est un déguisement qui coDsisie i ne pas signer son nom : mettez-y le nom de quelqu'un , 'votre signa4ure est fausse , TOUS commettez la fraude qui consiste & signer do DOQ d'autrui.
Jinôs. tignature , à la différence de seing , rappelle si bien l'action de signer , qu'il signifie quelquefois la cérémonie , le soin , la formalité , avec lesçoeb cette action se fait , et qu'il indique plutôt un acte public, authentique et revêtu de formalités, qu'un acte privé, simple, ordinaire. Ajoutez une autre différence : la désinence ure étant commune et peu relevée , le mot signature a moins de noblesse que son synonyme. « L'auguste letii^ de Votre Majesté. » Les.
idonx, a-t-il dit, Tordre de Tolre maître,
De MO anguste seing reconnmisies les traLts.>R4c.
De même on dit des écritures dans un sens plus Tulgafre que des écrits. « A présent que j'ai un maudit procès pour mes dîmes , et que je fais des ieritwts . je ne peux guère faire d'^crtl*. » Volt. Tout, T0CR5URE. Ces mots se disent tous deux, au figuré, des affaires, de l'esprit et du style, pour en marquer la manière d'être , l'état , la tendance , la dispolition.
four est absolu , et tournure relatif : le tour foèfique, une tournure poétique : on ne dit poat le four, mais seulement la tournure de ^Iqu'un (Volt., J. J.), pour sa manière d'écrire. Il faut dire aussi la tournure , et non le tour d'une réponse particulière (Lab. , J. J.).
Le Umr se considère en lui-même , idéalement ,
dpHori; tour est un terme du langage didactique.
«ll| auntotcr à donner à tout.» MoNXBSQ.sL'^nft-
Maehinvtl est dangereux par le tour malin qu'on
peut donner à plus d'une expression. » Volt.
< Chaque style a un cercle de mots , de tours et
4e4gures qui lui conviennent. » Màbk. c Le re-
truicbement des articles et des pronoms donne
i la phrase un tour plus vif. * Lab. — La tournure
rappelle le travail, l'opération, la manière de
quelqu'un qui a tourné ; tournure est un terme
de critique. « Nous avons imaginé avec Cramer
Q3e tournure pour que le parlement ne soit point
fiché, a Volt. « Je crois la tournure des premiers
actes meilleure de cette seconde cuvée. » Id. a Vous
troQTez atout moment dans Labruyère cette (our-
^vc traînante.... » Marm. « Voltaire a su ôter à
^ i^tés générales , par la vivacité des tour-
'*«'«, ce qu'elles ont d'abstrait et de senten-
cieax. » Lab. ,
H y a un tour oriental (Lab.) , des tour^ ora- ^ves (BoFP.) ; mais en parlant d'une tournure employée effectivement par quelqu' un , on la qua-
snr. FBAKC-
li fiera d'habile (Volt.) , ou d'originale (Lab.). On admire en lui-même un tour heureux ; mais dans une tournure heureuse c'est l'auteur qu'on admire.
De là il suit que tournure exprime une disposition , une forme plus particulière, plus spéciale , ou même un tour propre à une seule personne. <c Les auteurs grecs ont tous des tournures et des constructions qu'ils affectionnent, et quand on passe d'un auteur à l'autre , il faut faire une sorte d'apprentissage des tours de phrase qui sont familiers i chacun. » Lab.
« Vous direz plutôt un tour de phrase , et la tournure du style. Avec la plupart des tours ordinaires à la prose , la poésie a ses tournures , sa tournure particulière et distinctive : les poètes, avec les mêmes tours , ont quelquefois leur tournure propre et un caractère particulier. Les formes ordinaires de la langue ne sont que des tours; mais j'appellerais plutôt tournures ces tours singuliers qui, contraires aux formes communes, et même aux règles ou de l'analogie ou de la grammaire, mais reçus, servent, par leur singularité même et leur désordre granunatical , à donner plus de force à la couleur , plus de mouvement à la passion, plus de philosophie à l'arrangement des idées , plus de grâce à l'expression. Quel est votre aveuglement 1 Voilà un tour français et vulgaire. Quel aveuglement est le vôtre! Voilà une tournure singulière empruntée de l'italien. > Roub.— « Au bruit de Neptune est une de ces tournures figurées qui distinguent si heureusement la poésie de la prose. » Lab. « Expressions, tournures, mouvements, tout dans Bossuet lui appartient. > In.
TEMPS , TEMPÉRATURE. Tous deux signifient l'état de l'atmosphère sous le rapport de la chaleur et de l'humidité.
Temjfs est absolu , et température relatif. Aussi dit-on le temps ou un temps , sans rien ajouter : le temps est ou il fait un temps chaud ou froid , agréable ou rude. Température demande toujours qu'on détermine par rapport à quoi on l'entend la température de l'air , la température de tel climat est chaude ou froide , agréable ou rude.
Ensuite» la température est , par rapport au lieu dont il est question , quelque chose de réglé , qui règne pendant toute une saison; au lieu que le temps est quelque chose d'indéterminé aussi quant à sa durée , qui d'ordinaire est plus courte.
BORD, BORDURE. Extrémités de certaines choses, comme tableaux, vases, etc.
Bordure ne se dit que du bord qui a été travaillé d'une certaine façon par la main de l'homme. On dit , les bords , et non la bordure ou les bordures de la mer. Les bords d'un ruisseau peuvent être couverts d'une bordure de fleurs. Les bords sont naturels, et non pas artificiels comme la bordure; ils ne sont point comme elles ajoutés à l'objet , ils en font partie.
JOINT, JOINTURE. L'endroit où deux choses se joignent.
/otn( exprime cette idée sans aucun accessoire ; jointure y ajoute celui d'arrangement, d'agencement des parties jointes. On appellera joint l'intervalle qui est entre deux pierres superposées , parce qu'il n'y a là aucune complication , aucun
ns
PREMIÈRE PARTIS
arrangement; c'est nne simple fente. Vais on dira jointure en parlant des os , parce que leurs sépa* rations sont artistement disposées pour les mouvements des membres. «Les os sont brisés de distance en distance; ils ont des jointwres où ils s'emboîtent les uns dans les autres. Cicéron admire avec raison le bel artifice qui lie.les os. Qu'y a-t-il de plus souple pour les divers mouvements?»
FÉN
Au figuré , on dit ordinairement trouver le joint pour, trouver la meilleure façon de prendre une affaire; mais s'il s'agit d'une afTaire difficile, jointure sera préférable. «Les jésuites cherchaient depuis longtemps à s'emparer de la cure de Brest ; il? en trouvèrent la jointure et ne la manquèrent pas. » S. S. a Dieu est le plus subtil anatomiste de notre coeur : il entre jusque dans toutes les jointures , c'est-à-dire dans les plis et les replis de l'âme. » Bourd.
ENTAILLE, ENTAILLURB. Coupure avec enlèvement de parties.
VentaiUe est simple, fliite en ligne droite. Il n'en est pas de même de Ventailluré. Ce dernier mot , du reste , se dit plutôt en termes d'arts et métiers. Un coup de sabre produit une entaiUe , et non pas une entaiîlure.
TEINTE , TEINTURE. Ils se disent tous deux en parlant d'une qualité que l'on ne possède que superficiellement.
La teinte se considère absolument et dans le sujet ; la teinture apparaît comme un résultat. Il y a dans les paroles d'une personne une teinte de malice, de mélancolie, c'est-à-dire un peu de ces qualités ; on a quelque teinture de philosophie , de physique, de belles-lettres, c'est-à-dire qu'on en est un peu teint , qu'on les a un peu étudiées , un peu apprises. « On ne peut taxer Cicéron de la moindre teifite de superstition et de crédulité. » Lah. « L'esprit prend, malgré qu'il en ait, la teinture des choses auxquelles il s'applique. » Volt.
' Il en est de même au physique. Les objets ont telle teinte. « La méléchryse offre la teinte rougefttre du miel. » Bupf. « 11 y a quelques spaths qui ont des teintes d'un rouge ou d'un jaune léger; il y a des basaltes d'une teinte jaunâtre et comme rouilles. » ID. « Le front du petit-gris est mêlé d'une légère teinte de roux. » In. —Mais si on représente la teinte comme un résultat , si on indique d'où elle vient aux objets , elle doit être nommée teinture. « Les diamants colorés tirent leur teinture du sol qui les produit. » Buff. « La terre d'ombre est une terre bitumineuse à laquelle le fer a donné une forte teinture de brun. j> In. « La substance des cailloux rouges opaques a reçu sa teinture par des parties métalliques plus grossières que les agates. a> In. < On ne peut guère attribuer cette teinture noire des coqs nègres qu'aux aliments que les oiseaux trouyen$ dans cette lie. s In.
TERMINAISONS MENX n VMM.
Enchaînement , enchatnure. Déchirement , d^e^trure. Brisement, brisure. Enfoncement^ enf^mcure. Poliment, poîissure. Flissement, pïissure. Ligament, ligature. Parement, paruve. Enjoli-
■ vement, enjolivure. ÉîargtaseWÊent^élargiisui Emboîtement f emboUurt.
Les substantifs en ure étant à base verbale ainsi que les substantifs en ment , se rapportes comme eux à l'action signifiée par le verbe radj cal. Mais, au lieu de marquer 1 action elie-mêin comme ces derniers , ils en marquent le résultat au lieu d'exprimer qu'une action se fait et la ma nière dont elle se fait, ils expriment l'état qu provient de l'action ; ils sont plutôt passifs qa'ac tifs, plutôt relatifs à l'effet, à sa qualité, qn'i l'action et à l'agent.
Une seconde différence, non moins essentielle tient à ce que la modification représentée par un conmie itant subie par un objet , est presque toa jours le résultat du travail de l'art , d'une opération manuelle de l'homme. Lors même que les deux synonymes désignent un état , un résultat ou un efiet , celui qui se termine en ment se distingue toujours de l'autre . en ce qu'il est plus relevé , plus noble et s'emploie fréquemment aa figuré, tandis qu'on se sert presque exclusirement du substantif en ure en termes d'art et eD parlant de choses faites à la main. «La terminaison ure , dit Roubaud à ce sujet , est très-connae dans la langue des arts. »
ENGOAiNEMENT, ENCHAINURE. Liaison de choses qui , dépendantes les unes des autres t forment une chaîne ou une sorte de chaîne.
Beausée et Roubaud n'ont pas eu grand'peine à trouver que le premier de ces deux mots ne se dit qu'au figuré des objets physiquement ou mètaphysiquement dépendants les uns des autres, et le second que dans le sens propre des ouvrages de l'art dont les parties sont effectivement attichées par une chaîne; de ^orte que des causes» des idées , des malheurs et autres objets qui conduisent successivement de l'un à l'autre , formest un enchaînement, et des anneaux, des fils, àâs cordons et autres objets semblables, entrelacés les uns dans les autres , forment une enohati^^*' Le Dictionnaire de l'Académie leur présentait cette distinction toute faite.
Cependant Roubaud avait trop de sagacité pour ne pas entrevoir et appliquer à ces deux jax>U la première règle ci-dessus établie. « Ment , ^oulet-il, employé substantivement, désigne U cause, l'action , ce par quoi la chose est telle : ufs déagne particulièrement l'effet de cette cajuse, le ^' sultat de cette action, ce qui est produit dam la chose même. Les rapports que les» sciences ont entre elles forment leur enchaînement; ils le« *"' chaînent ensemi>le : la disposition même ^^ neaux qui entrent les uns dans les autre» eeij^^ enchaînuve; c'est l'état de IsLùhûseeneMnée.*
BÉGHIREMEirr, DÉCHiRCRE. Adion i» ^^' chirer ou résultat de cette actioo. .
Mais le premier marqua plutôt l'actio»» «*^^ second le résultat; si bien que la <'^*'!f',.!l l'effet du décMremeni, l'état dans leqiwl A««"<'° de déchirer a mis la chose. Ceat a«si qn«» froissure est l'effet du froissement. Le âéc^ ment des habits était , parmi les Juife, ^^J^^que de douleur «t d'indignation; on a un* <"«• rure et non un décrément à, son hàbiU
SYNONYMES Q€I ONT LE MfiME RADlCAL.
D'ailleurs , tUchirure se dît plutôt en parlairt fzie action faite par la main de l'homme: la itchirvn d^ime plaie ne doit pas s'entendre dans je même seos que le déchirement des muscles, des fibres. La mort de Jésus-Christ fut signalée par lededumwfit et Boa par te âéchirure du roile du temple.
Bnfift, éétUnmmU est plus noble et s'emploie seul ta figue : déchirenmrii d'enlrailles, déchiremmdt di cœur : ritalie , au moyen âge , fut en proie i et loegs déehirmnefiis.
Dslugiiez de même ^memetil et bri9^si : la bnamtesxVettH du brisement, cDieu seooue la teis il U brise , et ii guérit en un moment toutes sesirùirn. ^Boss. s Si nous tournons tout autour d'un bâton qui trempe à moitié dans l'eau, nous TOf DUS que la brisure tonme comme nous, s» /• /. — De phis , brisement se dit seul au figuré : iriament de cceur.
EfFOXCEXE^rr, ENFOKÇUKE. Ces deux mots rappellent l'action signifiée par le rerbe enfoDcer.
VeHfoneement est cette action même : IVn/btwe- ■fltf d'une porte , d'une barricade ; Venfimçure est uae ctTité produite par un enfoncement : il y a plusieurs enfoneures dans ce pavé ou ce parquet* le Tieillard couchait en une enfonçure du rocher. >L4F.
Enfantement est seul d'usage au figuré : dam ffi/Mcrmeia de la yallée, de la scène , du ta- MeiQ ; et , au contraire , enfonçure se dit des :boses les plus communes, comme de l'assemihzt des pièces qui forment le fond d'un tonneau et de l'assemblage des aïs que Ton met à in bois de lit pour soutenir la paillasse et les matelas. < Les sciences spéculatires ont des re- .oins et des enfoncements fort peu utiles. » P. K. Montaigne , en pareil cas , se sert , mais à tan. du mot enfonçures : «iU y a dans les sciences ^éteodues et enfoneures très-inutiles.»
VOUSBSn, POUSSURE. Ils rappeUent l'action ie polir.
L'on fait penser & l'ouTrier qui taille ou frotte poar donner & un corps l'éclat ou le poli, et Uatre a^elle l'attention sur le corps même qui a nça cet éclat ou ce poli. « Combien soudainement Tiennent à mépris la poUssure et richesse des rétemeots l « MoNTAiGif .
Poiiwient, suivant l'Académie, est peu usité <ians l'acception où il signifie l'état de ce qui est poli; peut-être ne l'est-il point du tout, liais l'Acadénâie a raison de dire , sans restriction , que polùsure ^gnlfie l'action de polir ou le résultat ^ cette action. Seulement nous devons ajouter ^poliment exprime plutôt l'action de poÛr des choses de prix et relevées , les diamants , les glaça, le marbre; etj^olûnire, celle de polir des doses communes : la poîissure de la vaisselle. njSSEHERT, PLISSURE. lU renferment tous bridée signifiée parle verbe plisser.
^Itnement est l'action , et plissure Tart de plisser. Ptisfure est relatif, non pas à ragent, ^ aux qualités que reçoit son ouvrage. Ce plinement est pénible ; cette blanchisseuse n'en- Wrïen à la plissure. Ensuite, plissure marque f^iquefois simplement , non pas l'action, mais]
le résultat de l'action de plisser : cette plissure est bien ou mal faite.
LIGAMENT, LIGATURE. Ces deux termes techniques expriment ce qui aUache des choses ensemble.
L'un est un terme de science , c'est-à-dire d'»natomie; Fautre un terme d'art, c'est-à-dire de chirurgie. L'un exprime des liens qui n*ent pas été faits de main d'homme , des parties blanches et fibreuses qui servent , dans le corps de l'animal , à attacher des os ou des viscères ; l'autre exprime des liens ou des bandes, produits de l'industrie humaine , et dont les chirurgiens font usage dans différentes opérations.
s Les os sont percés dans les endroits où doivent passer les ligaments qui les attachent les uns aux autres. » PÉir. < N'est-ce rien faire dans un corps humain que d'en ôter les nerfs et les %aments? C'est un pareil attentat d'ôter à un discours les particules qui en^font la connexion. » Boss. «Il y a une sorte de ligament qui tient d'un bout à la face extérieure du fond de la vessie , et de l'autre au nombril. » Burr. « Ces graines restent attachées par leurs ligaments à leurs sutures et à leurs valvules. » J. J. — Quand on veut saigner une personne , on lui lie le bras , et « la veine enfle au-dessous de la ligature, » Pasc. oc Pécheurs , il y a déjà trop longtemps que Tenflure de vos plaies est sans {tgotiiref . » Boss.
Du reste , ligature a cela de particulier , qu'il s'emploie quelquefois dans la langue commune. a Rien de trop juste sur les membres d'un corps qui croît, rien qui colle au corps-, point de ligatures, n J, J. <t Les papes liaient et ils déliaient tout sur la terre. Cette ligaiure les rendait maîtres du continent. » Volt.
PAREMENT, PARURE. Ce qui pare ou orne.
Parement est d'un usage très-restreint ; mais , dans les limites où on l'emploie , il signifie une parure riche , noble , distinguée , devinée à des objets relevés. Un parement d'autel est Tétoff^e qui décore le devant d'un autel. « On voyait dans la messe luthérienne et les parement et les habits sacerdotaux. > Boss. < La grande aigrette a un magnifique parement de plumes soyeuses. «Buff. «Dans la classe des oiseaux appelés combattants , la crinière des m&les est pour eux un paremeit de guerre et une sorte d'armure. » lo. Nos parements d'habits n'ont été ainsi appelés primitivement que parce que les hommes portaient autrefois sur leurs manches de riches étofles.
Farure comprend tout ce que la main de l'homme fabrique pour parer, y compris teus les colifichets qui n'ont de valeur que par le caprice de la mode. 11 faut ajouter aussi que parure entraîne presque toujours une idée de vanité ou de frivolité.
EXJOLI YKMEIfT, ENJOLfVURB. Ce qui enjolive ou rend joli.
Enjolivement signifie quelque chose de phis grand, de plus relevé, de plus noble, qui ajoute considérablement à la beauté d'un édifice , par exemple. Les enjolivures , dit l'Académie , sont des enjolivements qu'on fait à de certains petits cm- Trages de peu de valeur, comme un étui. — Êiiiolivure semble aussi supposer une opération pure-
ment manuelle. Les fleurs de rhétorique , les traits d'esprit, semés dans un livre, enconstituent les enjolivements; ce qui ne Tehipêche pas d'avoir pour enjolivures des vignettes et des culs-de-lampe.
ÉLARGISSEMENT, ÉLARGISSURE. Ils rappellent tous deux Faction d'élargir»
Le premier exprime cette action et son résultat abstrait, l'augmentation de la largeur; le second désigne son résultat concret ou ce qu'on a ajouté pour élargir.
Secondement, on se sert d'élargissement en parlant d'objets considérables , comme un chemin , un canal , une rivière , et d'élargissure quand il s'agit de petits objets qui se façonnent à la main , comme un vêtement et un meuble.
Enfin , élargissement est seul employé au figuré : il signifie délivrance de prison.
EMBOITEMENT, EMBOItURE. Ils rappellent tous deux l'état qui résulte de l'action d'emboîter, d'enchâsser une chose dans une autre.
Hais emhoUure seul suppose que cet état est produit par le travail de l'homme; c'est particulièrement un terme de menuiserie. Si on dit Yemboiture comme on dit Vemhoîtement des os , la première expression n'est ni aussi propre ni aussi relevée que la seconde, a Ce qu'il y a de plus remarquable dans les os , c'est les divers emboîtements des uns dans les autres. » Boss.
De plus, eniboiterhent désigne simplement le fait ou l'état des os emboîtés ; emboUure y ajoute l'idée de complication, d'assemblage et d'agencement.
TERMINAISONS ION bt UIŒ,
Mixtion, mixture. Fraction^ fracture. Projection, projecture. Scission, scisshre. Position, posture.
La désinence ton marque l'action , la manifestation plus encore que la désinence ment , et elle est moins susceptible de s'objectiver, de se prendre dans le sens de résultat , d'efiet ou d'état , c'est-à-dire dans le sens qui est proprement celui de la terminaison ure. Aussi les substantifs en ure ont-ils beaucoup moins de synonymes de même radical parmi les substantifs en ton que parmi les substantifs en ment; et, quand ils en ont, ils en diffèrent par les mêmes caractères, mais plus tranchés , par lesquels ils diffèrent de leurs synonymes en ment.
Mixtion, mixture, deux termes de pharmacie qui donnent l'idée d'un médicament obtenu par un mélange, pourraient d'abord sembler synonymes; mais ils ne le sont guère plus que création et créature , nutrition et nourriture , par exemple. La mixtion est le mélange des drogues , et la mixture' le médicament qui en résulte. On obtient telle mixture par la mixtion de telles ou telles drogues. Quand on va chez le pharmacien acheter une mixture, il faut souvent attendre qu'il' fasse la mixtion.
Fraction est noble et ne s'emploie que dans certaines phrases consacrées , comme en parlant de l'hostie et du pain que rompit Jésus-Christ en présence des pèlerins d'Emmaûs ; fracture est de tous les styles, et se dit particulièrement dans
l'art chirurgical. ~ Proje etion est un terme de science, et projecture un terme d'art. — Scission se dit au figuré , et scissure au propre. — Il en est de même de position relativement Lpostun.