TERMINAISONS IS ET MENT
Gazouillis , gaxouillement. Gargouillis , gar'- , gouilkment. Logis , logement.
En s'ajoutant à la même base verbale , ces deux terminaisons forment des substantifs qui signifient également le résultat d'une action, ou bien le
lieu où se fait une action. Mais les uns reprëseo^ tent toujours la chose d'une manière passive e1 absolue, et les autres d'une manière active e^ relative. De sorte que les noms en is sont aai noms en ment à peu près comme les noms à ter minaisons indifférentes. A quoi il faut ajoutai que la terminaison is ne cesse pas d'emportei quelquefois une idée de confusion, tandis qu( ment , de son côté , exprime une action ou ui état plutôt intérieur qu'extérieur.
GAZOUILLIS, GAZOUILLEMENT. Petit bruil agréable que font les oiseaux en chantant, lei ruisseaux en coulant.
Mais le gazouillis exprime un bruit plus désordonné , plus embrouillé , plus confus. Ensuite , il caractérise ce bruit en lui-même , et ne le désigne pas par rapport aux objets ou aux êtres qui le produisent dans un moment donné, comme gazouillement, a L'ani est appelé à Gayenne houil* leur de canari, ce qui veut dire qu'il imite le bruit que fait l'eau bouillante dans une marmite , et c'est en effet son vrai ramage ou gazouillis. 9 BuFF. « On n'entendait plus que le gazouillement des oiseaux ou la douce haleine des zéphyrs qui se jouflent dans les rameaux des arbres. » Fên.
GARGOUILLIS, GARGOUILLEMENT. Broit que fait l'eau agitée dans certains endroits.
Gargouillis signifie un bruit qui résulte d'une action visible, celle de l'eau qui tombe d'une gargouille et produit un gâchis, un mélange boueux, comme les enfants qui barbotent. Le bruit exprimé par gargouillement provient d'une action cachée , d'une agitation de l'eau dans la gorge , dans l'estomac et dans les entrailles.
LOGIS « LOGEMENT. Lieu où on loge, où l'on demeure.
Le premier de ces mots est absolu , le second relatif. On se sert de l'un pour désigner en ellemême la chose dont il s'agit : on dit un bon , un mauvais logis, un logis spacieux, commode, grand ou petit ; on se sert de l'autre pour désigner la chose relativement aux personnes auiquelles elle appartient : on dit mon logement •, votre logement, le logement du concierge, tandis qu'on ne dirait pas mon logis, votre logis ^ U logis du concierge. Le logement, suivant l'expression de Beauzée, annonce une destinat-oa personnelle. On demeure dans le logis, on resir dans le logement. Le mot logis implique une permanence , une durée de séjour que nesuppose pas le mot logement : on cherche un logements et non un logis , pour une seule nuit. On offre à un voyageur un logement dans sa maison ou dans son logis.
Dans les expressions , ne bouger du logis , g^r* der le logis, demeurer au logis, logis exprime^ logement habituel, constant, et ne pourrait eire remplacé par son synonyme. Si on lit sur les enseignes des auberges, bon logis à pied f * ^ ^ ^^ val, ce n'est pas que logis exprime un lieu on ^^ ne loge que momentanément, mais ®'®*'^^L, veut faire connaître ce lieu en lui-môme , ®VJ^ ce logis chaque voyageur trouve un ^^^''^ Lorsque des troupes en marche arrivent dans ville , on distribue aux soldaU des biUeU de
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
100/. < Les soldats ont droit de logevMtU chez ks^irticdliers. v Roll.
Ufemaii n'est pas seulement relatif sous le .-^rt des personnes ou de la durée , mais aussi jfiosle apport de l'étendue; il a moins de com- ^enâoQ que logit, c*est un terme partitif: dans on I09Û chaque personne a son logement. ■ Le logis, & Condiliac, est une maison où on loge; le logement est la partie qu'on occupe dans cette maisoiL * « Ma petite maison est bien jolie , Totre logement tous y paraîtra bien à souhait. ' SÊT. c II me mena au logement qui m'était destiné : ToOà, me dit-il en j entrant, votre appartement > J. J. Logement signifie même retendue relatiie d'une maison : il 7 a dans une maison ou dais on logis , plus ou moins de logement.
TERMINAISONS IS et ÀGSl
Fittt.fàt^rage. TreilUM, treillage. PalrouiUii, patrouillage.
la substantifs en is se trouvent avec les syno- 0 jmes en ope à peu près dans les mêmes rapports qu'arec les synonymes en ment : ils ont cela de canctéristîque qu'ils présentent l'idée commune soQs un point de vue passif et absolu , comme & leur terminaison était celle des participes passés, ou qu'elle n'eût par elle-même aucune valeur.
PlTf5, pItchaGB. Lieux où l'on met paître Ifô bestiaux.
Les pâtis sont des espèces de landes ou de fricbes que la main de l'homme n'a point modifiées , cnithrées; les pâturages, au contraire, ont été rendus propres par la culture à nourrir le bétail. HyidoQcentre ces deux mots la même différence qu'entre la pâture et le pdfura^e, si ce u'est que le pâtis , quoique n'étant pas préparé , est au moins favorable pour l'alimentation des uimux qui paissent. « Le pâturage , dit Roubaud, est un champ où le bétail pâture et se repaît. Le pdliff est une terre où l'on met paître le bétail. La pdlicre est un terrain inculte où le bélaQ trouve quelque chose à paître. »
Le pàtis est un lieu naturellement plein d'herbe: daus Lafontaine , un cerf qui s'est sauvé dans une êtable à boeufs, promet à ceux-ci de leur enseiiner les pdlts les plus gras, apparemment au siilieu des bois. Le pâturage est un lieu soigné t:|entreteou de façon qu'il y vienne beaucoup «Tberie : un cultivateur met des pâturages en '•«rres à blé ou des terres à blé en pâturages. La r^<«re ressemble au pâtis en ce qu'elle exclut iussi ridée du travail de l'homme ; mais par oela ^ que le mot pâture est du genre féminin , la pdlvre est vague , vaine , vaste , indéterminée : on P^t en tirer quelque chose pour la nourriture ^ bestiaux, sans toutefois qu'elle soit faite P^Jv cela, par la nature comme le pâtis y ou par l'homme comme le pâturage.
îUiLUS, TREILLAGE. Ouvrages de bois ou de °^ formant des petits carrés ou imitant les Mies d'un filet
^ que l'on considère dans l'un , c'est la nalare;dans l'autre, c'est la façon. Un treillis est de fer. de bois , de fer d*archal ; un treillage est
nri. riAsç.
bien fait , élégant. On se sert du treillis comme d'une chose utile en soi, pour enclore certains espaces sans intercepter l'air ni la vue ; il y a des treillages qui ne servent qu'à la décoration.
Enfin , la terminaison âge ayant beaucoup de compréhension, imprime au moi treillage une idée de grandeur ou d'étendue qui n'est pas dans treiUis : en sorte que les treillis sont de petits treillages qu'on place , non dans les jardins pour les embellir ou former des berceaux , mais devant les fenêtres ou autres choses pour les clore et les garantir de tout accident.
Il (le chien] dit au loup par un treillis, Ami, Je vais sortir.... LA.r.
PATROCILLIS, PATROUILLAGE. Ce qui résulte de l'action de remuer de l'eau sale et bourbeuse.
L'un des deux mots fait considérer ce résultat passivement, objectivement et en lui-même : quel patrouillis est-ce là? L'autre le présente comme étant fait par quelqu'un ou comme se faisant maintenant : quel patrouillage faites- vous là? oc Le patrouiUis, dit Condiliac, est un lieu où l'on a patrouillé, et le patrouillage est l'action de celui qui patrouille. » Ces deux mots ne diffèrent pas toujours autant , car il n'y aurait guère entre eux de synonymie ; mais toujours patrouillis signifie la chose comme étant, et patrouillage la représente comme se faisant..