‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 146 sur 444 · TERMINAISONS ERIE HT AGE · texte numérisé non relu

TERMINAISONS ERIE HT AGE

Pillerie, pillage. Badinerie, hadinctge, Batarderie , bavardage. Badoterie , radotage. Bahdcherie , rabâchage. Etc. Lainerie , lainage.

Ces terminaisons , toutes deux communes et peu nobles , désignent également l'action et #on résultat. Mais l'une est diminutive , l'autre collective et compréhensive; l'une présente l'idée en petit , l'autre en grand. Les noms en erie s'emploient souvent au pluriel pour signifier les divers traits , les faits ou les tours particuliers , les différents cas où l'action se réalise , où un défaut se manifeste. Les noms en âge tiennent plus de l'absolu; iUne s'emploient guère qu'au singulier pour représenter la chose comme un tout considéré en lui-même et qui est d'une certaine nature. Un discours plein de rdbdcheries n'est que du rabâchage.

PILLER lE, PILLAGE. Action de piller et perte qui en résulte.

Tous les synonymistes , Condillac, Laveaux et Leroy , qui ont traité ces deux mots , leur ont trouvé les mêmes différences. Le pillage porte sur des objets d'un plus grand prix , il est plus désastreux et entraîne plus de dég&t. ~ li est commis , d'ailleurs , par des soldats , par un corps d'armée ; au lieu que la pillerie est l'action de pil> lards , d'un ramas de voleurs armés , de séditieux oii d'émeutiers, par exemple, qui ne font que piller de tous les côtés, a Les prejmières prédica-

tions de nos réformés furent suivies partout de sédition et de pilleries. » Boss. « Avant-hier, on roua un violon qui avait commencé la danse (une révolte à Rennes) et la pillerie du papier timbré.* SAv.

BADUfERIE, BADINAGB. L'idée commune à ces deux mots est celle qu'ils tiennent du verbe hoàxneTj d'où ils dérivent l'un et l'autre.

Mais badinage exprime le genre et badinent un trait : le badinage , une badinerie. Jamais on ne dit d'une manière absolue la badinerie. — « A examiner la cadence du vers phaleuque, on di rait^qu'il est fait exprès pour le badinage et pour l'amusement. * Roli.. « L'esprit de badinage. • S. S. « Le talent de plaire aux femmes consisU dans une espèce de badinage. * Mon tbsq. — t Le portrait de Mme de Mirepoix (en vers , par Montesquieu) est une badinerie qui fut faite à Lunéville pour amuser une minute le roi de Pologne.» Montbsq.

Toutefois, si on ne dit pas la badin«rt6 absolument , on dit bien un b<idinage comme une boàinerie. Mais alors badinage signifie une action ou une manière d'agir; et badinerie, un produit, ce qui résulte du badinage. Un badinage est une occupation ou une manière de faire : faire des vers, c'est s'amuser à un charmant haiiMgt (Volt.); une badinerie est la chose qui provient du métier de badiner, en quelque sorte. Je n'aime pas ce badinage, c'est-à-dire cette manière oo cette action de badiner : je n'aime pas cette bodt' nerie , c'est-à-dire ce qui vient d'être dit ou fait en badinant. Un auteur a un badinage, c'est4dire une façon particulière de badiner :

Imitons de Marot l'élégant badinage. Boa. Mais ce qu'un auteur a composé en badinant eit une badinerie. « La métamorphose de la fervtr que de Chapelain en comète est une ^odinme qui n'a jamais été achevée. » Boil. « Des personnes un peu sérieuses traiteront de badineries le procès du chien et les extravagances du juge (dans les Plaideurs) ; mais enfin je traduis Aristophane.» Rac.

Ajoutez à cela que badinerie indique quelque chose de plus petit que badinage : les badiMfifi sont des enfantillages ou des puérilités. « Être paré , courir de çà et de là , se déguiser, se masquer , sont des jeux d'enfants; nous nous rions de leurs badineries. » Boss. « On remarque dans les amitiés sensibles des soins, d^ petites libertés, ou pour les mieux nommer , des badinerin et des puérilités. » Bourd.

On distinguera de même bwoardefie et Iwtordage. Bavardage est général et tout relatif il& forme : le bavardage; le bavardage des commères (ACAD.), des provinces <Sév.), des académies (J. J.), de la conversation (Id.). Mais ba^ardene est particulier et se rapporte au fond, à la matière. « Le maréchal me prit en particulier avec ses baoarderies. » S. S. « Marc-TuUe Cicéron, dans ses baoarderies éloquentes, dit quelque part.... » Voit. « Voici ma bavarderie académique (un discours académique). » Id. Ce que vou venez de conter là est du bavardage , et une oor varderie. —Que si bavarderie, au lieu de m^^ quer, comme d'ordinaire, un fait, un trait,

SYNONYMES QUI ONT LE HÊME RADICAL

âsOS

signe une âispoâiion habituelle , il la représente comme frèqaentative , comme une sorte de démangpaison. « Si un hérétique s'était souillé d'un ^rime pareil à celui de Théodose, avec quelle ccmpUisance tous les historiens déploieraient contre lui leur havarderie! » Volt.

PareîUemest, une radoterie est un trait de radotage. < Va fille , il faut que je voua conte : c'est une radoterù que je ne puis éviter. » Siv, « Ma tragédie n'est pas un jeu d'enfant , mais elle tient beaucoup du radotage. • Volt. — RaMchcLge signifie ledéfiut, et r<^)dcherie ce qui en provient. Ensuite . fobdckage indique quelque chose de moins petit et une moins grande répétition des mêmes choses, c La Guerre de Genève est un roh(kha§eit la Pueelle. » Duobff.

ippllquei la même règle de distinction à caquiterie et caqiietage , dabauderie et dahaudage , hùâeMderk et badaudage (Acad. , 1692 , J. J.) , i^cçenerie et fktgamage (Bbaum.) , fUÔuterie et fUeutege (Yolt.) , etc.

LlDlEElB, LAINAGE. Marchandises de laine.

laûime, par sa terminaison si familière aux petit» industries, rappelle plus particulièrement r^irt ou le travail de l'ouvrier; tandis que la termioaison de lainage suggère seulement l'idée d'étendue, de grande collection. Le commerce des lainaget est le coomierce des choses de laine , ea général ou en gros; le commerce des laineriet est celui des ouvrages, des draps, des étoffes fûtes avec de la laine, la lainage comprend les hiaes brutes comme celles qui sont travaillées , et même ces dernières n'ont reçu qu'une façon en grand , qui n'est pas descendue aux détails , qui Q'a point été appliquée aux petits objets , qui a pea modifié, par conséquent, la matière première.

Enfin , lainage , comme plus absolu , a plus de rapport à la nature, au genre de matières; et ^aertc, comme relatif, en a davantage à la fa- $03, au genre d'ouvrage.

TERMINAISONS EBIS bt ADE.

Fanfartmnerie , fanfaronnade»

VAIIFABONNERIE, FANFARONNADE. Action de {aire le fanfaron, ou ce que dit le fanfaron, T^terie en paroles.

Àde^ conune âge, signifie quelque chose d'é- ^Qdn, de compréhensif, et, quand il s'agit d'acticQ, quelque chose qui se répète. Et c'est pourquoi les substantifs en erte , la plupart fré- <iuentati[s, ont des synonymes de l'une et de Taotre tenninaison. Mais, en ce qui concerne ^ et ode dans les deux mots pris pour exemple , ^ù marque un défaut dont on fait métier ou profession , dont on a l'habitude , ou un trait qui en dérive; ode exprime une simple action consis- ^ en gestes ou en paroles, qui apparaît et ff^ïpe bâucoup , car la terminaison ode est trèsloin d'être diminutive comme la terminaison erie. ^ trouve insoutenable la fanfaronnerie d'un homme qui fait de continuelles fanfaronnades.

^ne ^aieoAiiade , une orlequtnade , une pot qui - *Qde, une eapuctiiade , ne supposent pas qu'on ^ gascon, arlequin, pasquin, capucin; de fli^ la [anfaronnade est d'un homme qui fait

le fanfaron, tandis que la fanfaronnerie caractérise un homme qui est fanfaron. « Le duc de Viliars avait une valeur brillante , avec une fanfaronnerie poussée aux derniers excès et qui ne le quittait jamais.» S. S.

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