‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 165 sur 444 · TERMINAISON AILLE · texte numérisé non relu

TERMINAISON AILLE

Jfur, muraille.

Désinence collective , comme le témoignent les mots bataille, ensemble de gens qui se battent, et partant grande batterie ; futaille , quantité de fAts réunis ; volaille , ensemble de volatiles , d'oiseaux , qu'on nourrit d'ordinaire dans une bassecour. A cette idée s'en joint généralement une autre , celle du peu de valeur des choses assemblées ou considérées collectivement et du mépris qu'on a pour elles : exemples, pierraille ^ ferraille ^ tripaitle ,• valetaille , gueusaiHe^ marmaille. Il y a de même des verbes et des qualificatifs dépréciatifs, les uns en ailler, les autres en ailleur : tels sont , chamailler ^ braiUer, criailler^ encanailler, ferrailler} braiUeur, eriailleur, ferrailleur.

MUR, MURAILLE. Constructions en pierres , en moellons, en briques, élevées sur des fondements.

La muraille est un ensemble ou une suite de murs , ou le mur étendu dans ses différentes dimensions; c'est une sorte d'édifice. Uur est le latin murue; muraille équivaut à mûri. On dit les murs d'un jardin , et les murailles d*une ville, c Les murailles de Babylone étaient d'une grandeur prodigieuse.... Ces murailles étaient entourées d'un vaste fossé... On avait laissé une grande distance entre les maisons et les murs de la ville. » ROLL. « L'escalade consiste à appliquer contre le mur un grand nombre d'échelles pour y faire monter plusieurs files de soldats. Pour la rendre inutile, on y opposa la hauteur des murat/Ief.slD.

Comme toutes les choses représentées par des substantifs à radicaux purs , le mur ne reçoit que des qualifications intrinsèques : relativement à sa matière, il est de pierre, de terre, de briques, d'airain (au figuré) ; relativement à sa construction, il est de face, en décharge, en allée, en ailes, double, triple, etc.; relativement à sa destination , c*est un mur de clôture , de refend , de séparation , mitoyen. La muraille se qualifie extrinsèquement et toujours sous le point de vue de sa grandeur et de sa force , indiquées par sa terminaison, a II y avait autour de Syringe double retranchement , et au delà une forte muraille. La ville de Jérusalem était renfermée par un triple mur. » RoLL.

Le mur n'a d'autre destination que celle que marque le radical (inipeertai, partager, ou jioipq^v, arrêter); il sépare, il arrête, il ferme. L'idée propre de muraille dépend de celle qui lui vient de sa terminaison : c'est de couvrir, de défendre', de fortifier, ou de servir de rempart, de boulevart. «c Sparte avait été longtemps sans muratilex, et n'avait point voulu avoir d'autre fortification que le courage de ses citoyens. Ce n'était que depuis que les tyrans y dominaient qu'on y avait

bftti des murs , et' cela seulement dans les endroits qui étaient ouverts. » Roll. ^ Les murs forment une enceinte : tel édifice est dans lesmun ou hors des mun d'une viUe, les murs d'une ville eom baignés par telle ou telle rivière. Les muratlles d'une ville en sont les foi^fications. c Les Sarrasins pillent la rithe église de Saint-Pierre hors des^tiTf.... Le pape Léon lY avait employé les richesses de l'figlise à réparer les muraiUes, ï élever des tours. » Volt.

Si , d'un autre côté , sans chercher à déterminer la valeur de U terminaison de mvraille, on observe simplement qu'elle est significative, celle de mur ne l'étant pas, il en résulte une autre différence , qui consiste en ce que le mot de wt raille se prend dans un sens relatif, et qui a été mise dans tout son jour par CoadillaJc.

a Dans les cas suivants, dit-il, muraille doit être préféré. Il n'a laissé que les quatre muraiUes. La muraille de la Chine. Enfermer quelqu'un entre quatre murailles. Si on disait le mur de la Chine, il semblerait qu'on voudrait parler d'un mur qui enferme la Chine, comme on parlerait du mur d'une ville , et on ne saurait pas ce que cela voudrait dire. Hais quand on dit , la muraille de U Chine. aussitôt on se représente ce mur fameux qui sépare la Chine de la Tartarie. Quand on dit renfermer quelqu'un entre quatre murailles, on ne se représente pas seulement quatre murs, mais on se représente encore quelqu'un qui a été prire de sa liberté. De même , il n'a laissé que les quatre murailles , est un tour relatif aux meubles et signifie qu'il n'en est point resté. Ce mot a donc différents accessoires suivant les cas. » — C'est de la muraille (RoLL.), et non du mur, que Balthaar, au milieu a'un repas , vit sortir une main qui écrivait des caractères qu'aucun de ses devins ne put ni expliquer ni lire.

TERMINAISONS ÀlLLEUR et EUÏÏ.

Rimailleur, rimeur.

RIMAILLEUR, RIMEUR. Termes de mépris qui se disent en parlant d'un mauvais poète.

Le rimeur fait métier ou profession de rimerle rimailleur fait un tas de mauvaises rimes, ftmeur qualifie un poète qui ne s'occupe que de la rime, partie la moins importante de son *^î"' maille%ir qualifie celui qui n'a pas même le talent de rimer, qui rime beaucoup et mal. RivMiUeur enchérit donc sur rimeur; celui-ci désigne "i^ simple versificateur, celui-là un plat versificateur.

Le rimeur n'est pas un bon poète. On dit : û'^ jeunes rimeurs (Lah.), la foule ou la multituoe des rimeurs (In.). Volteire appeUe J. B. Rousseau un rimeur , et le poète Roy un obscur rimeur. dit de lui-même : « Je suis un vieux radoleiK: moitié rimeur , moitié penseur. » Le peupf^ 'j" meur est, dans Lafontaine , une périphrase pou les poètes. - Le rimailleur est un misérable poew • on dira donc le dernier, le plus mince ^^^^^.^ leurs (Lah.) : Pradon, ce rimailleur (Id); ^^ ^^ ,: de misérables Hmailleurs (d'Al.). « Avez-vous i tragédie de Jfirame, de Richelieu? C'était un octestable rimailleur que ce grand homme. »

SYNONYMES QUI ONT LE MBlIE RADICAL.

îi»

li&vpe âppeUe Lamotte un rimeur da troisièar ordre, et dit que vingt rimeun galants connot Dorai posent moins dans la balance de la postérité qu'un philosople tel que Condillac ou (TAlcmbert Mais il cite Tabbé Picque comme Tun d£j derniers rivuUlleuri de son temps , et dans un autre endroit, s'adressent k un censeur de Tellaire : • Vauteur de la Henriade , dit-il , serait donc aa nireau des derniers rimaiUewnf »

lEBHINÂlSON ASSÉRIE.

nRUNAISONS ÂSSEniB ST ESSE.

Finasserie^ fUiesse,

fntiMBIR, F11Œ8SB. Tour d'esprit ou dV dfOK qui consiste à trouver des expédients.

Piru dernière partie, la terminaison cornpoMtsMfie est diminutire et Cunilière; par la pKuére, elle est péjorative , c'est-à-dire qu'elle signifie quelque chose de mauvais, conune le promtnt les mots avoeasser. paperasse , putas- Mv, récolter, hommasse. Finasserie est donc, seinat la définition de Condillac , un terme £amilief qd exprime une fnesse petite , mauvaise , et toat «a plus propre à tirer les affaires en Iongneor.

TgBiroUISONS ASSIEFL bt ÀIULKUR.

Éerivassier, écriwUUewr,

iCUVlSSlBR, ÈcaiVAlLLEUR. Termes famiiùn servant à désigner un mauvais écrivain.

l'éeriuusier et VécrivaiUewr écrivent beaucoup 4 mil Hais Véerivassier traite des sujets vulgainsct bas, et, de plus, on considère davantage a loi ta manie ou la démangeaison d'écrire ; ce dosUe canetère résulte de la fin de sa termi- Ufion ter , laquelle est en même temps conmmne et lignifici^ve d'un déikut relatif à de petites eboMs.

Du reste , /crt rosster est d'un usage très-rare. n ne se rencontre point dans nos auteurs antérievement au xiz* siècle. On en trouve un exemple dans ks Mêlants de morale, d'économie et ^ politi^ de Franklin : « Un des derniers des Mccssiers. qui ont noirci contre nous leur FlttOM....»— Mais^crtvati^r, quoiqu'il ne figure ^ I^os qu'^miMMiier dans le Dictionnaire de rAcadémie avant 183S, appartient néanmoins à notre langue depuis fort longtemps. « Jean Bodin ttt Kcompaigné de beaucoup plus de jugement ^ la tourbe des eserivailleurs de son siècle.» ^îAisa. « Quelques polissons d'éerivaiUeurs «^'i^* YoLT. « La maison de Fréron était le TtDdez-TOQs de tous les éerivaiUeurs. » Lab.

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