‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 166 sur 444 · TERMINAISON ANT · texte numérisé non relu

TERMINAISON ANT

^^ivv, courant. Reste, restant, E»cès, egeédant.

I^a'r a de noms de cette désinence que des Pt^ipes présenU pris substantivement, et les 2J[">yni«s que quelques-uns d'entre eux se trou- '«t SToir manquent tous de terminaison sjgni-

ni. nuuiç.

ficative. Quelle peut donc être la différence qui distingue des substantifs, originairement participes présents, d'avec des substantifs à radicaux purs?

Les substantiel à radicaux purs sont absolus et abstraits; ils replantent les actions ou les choses en elles-mêmes, indépendamment de tout rapport, de toute modification reçue. Mais, en passant par le verbe pour donner ensuite naissance à un substantif de même désinence que le participe présent , un radical prend des caractères tout à fait opposés : il devient relatif et concret, il exprime l'action ou la chose comme étant telle ou telle, comme ayant lieu dans telle circonstance particulière. Parmi tous les substantifs à base verbale , cette observation s'applique surtout à ceux qui tirent leur origine du participe présent, puisque le participe présent désigne quelqu'un ou quelque chose «comme étant présentement en action, dans un cas tout particulier.

GOUBS, GOUBANT. Us se disent des eaux qui coulent par opposition aux eaux stagnantes.

CottfoiU rappelle l'action du verbe courir , au propre, et il est concret; il signifie les eaux en mouvement : l'agneau de Lafontaine va se désaltérer dans le courantp et non dans le cour*. Court est bien plus abstrait : d'ordinaire il se rapporte à l'espace parcouru et à la direction, sans donner l'idée d'aucun mouvement : le cours d'un fleuve s'étend de sa source à son embouchure; il est droit ou sinueux; on le suit comme on suit une route. Le courant , c'est l'eau courante , l'eau même en mouvement : aussi , comme on dit, dans ce sens, un courant d'eau pour désigner un ruisseau, on dit un courant d'air, un courant électrique.

Remonter le cours d'un fleuve, c'est retourner vers sa source; en remonter le courant ^ c'est faire la même chose , mais cette dernière expression représente la résistance qu'on éprouve de la part de l'eau courante. « Figurez-vous un homme qui, remontant une rivière , en combat le courant par de continuels efforts de rames et d< bras, v B088. Si on dit d'un fleuve que le cours en est rapide, impétueux, c'est d'une manière tout abstraite; on a égard seulement è sa vitesse, et on ne songe pas aux effets que produit ce fleuve en courant, à la difficulté de le remonter et au risque d'être entraîné par lui.

L'idée propre du courant est si bien celle du mouvement exprimé par le verbe courir , que , suivant Condillac : « Le cours d'un fleuve se dit de la direction de toute la masse d'eau , et le courant de la direction de la partie la plus rapide. » Les obstacles établis sur les rivières augmentent la vitesse du courant entre les piles et causent peu de retardement i la vitesse totale du cours de l'eau (Burr.) .

« Ces mots , sjoute Condillac , conservent c^tte différence au figuré. Suivre le cours des affaires, être entraîné par le courant des affaires : un bon politique suit le cours des affaires, et ne se laisse jamais entraîner au courant. On peut suivre le cours des plaisirs , mais il ne faut pas se laisser entraîner au courant, » « Un ministre n'a

BUlPtl^ »AR1fg

le temps- d'éoMter si inilrttetitiaQ ni eoOBQUe.» U eaumni àe& afltire» Kemporte. » Volt.

HBSTB , ¥XS9AMT, Ce (fui reste à^va. teuL

|{««tanl ne se dit absolument que de ^oaes mfttériellee , que die ce qui reste d'une quantité ou dfmie soBUfie eoacrète; mette s'emploie au moral et dans le sens abstrait , comme ait propre. Le propriétaire d'une maison en loue deux étages, et garde pour lui le rettant; maie en aritlunéti'que, on soustrait un nombre d'un autre, afin d'obtenir un ¥êit€ et non pas un rmt^M.

EXCÈS, EXCÉDANT. G» qui va. aiL delà do la mesure.

Iftdifléreiioe est la mâme, mats plueeensiUe encore , entre ces doux moto qu'entre tes deux précédents. L'un n'est d^l8age qu'es parlant d» choses abstraites; et l'autr» qu'en paplast da cboses concrètes. Eft arithmétique, on dilesod», comme on dtt reste; fl en est de m6«i»au moail, quand on veut eiprimer ce qui eicède Ifss bornes, de la raison, de la justice, de la bienséaftce. Vais , s'agtt-il de quantités cooorètes , on Be^peut se servir que du mot eaeédant. « U doit être permis de vendre à ses voisins Yexeéêa/ntAe soBbié.» ToLT. Henri IV avait pour prineipe qu'on n'& droit d'exiger des cultivateurs que Yeviédanê de leurs besoins (Mark.). « Lorsque les nations ont une monnaie , et qu'elles prooèdent par vente et rar ach^t, celles qui prennent plus de marohan^ dises, se soldent, ou payent l'esc^Etotil aveede lfar« cent. 9 HbNTBSQ.

TERMKf AKOÎt ICE.

Cette désinence correspond & celle des Latins en itia et Hium : justice , juHitia ; avarice , aisa^ riiia; vice , vitium. I^es noms qu'elle termine appartiennent la plupart à la classe des substantifs abstraits. Parmi ceux qui , comme les précédents , expriment des qualités de l'&me, il en est qui sont également propres à exprimer lee tvaits ou les faits qjai en émanent; l'homn^ injuste ftiit des injustices; le malicieui; fait des malices; le capricieux a des calices.

TKRMmAISONS KE et ClffPJ*:

Malice , maHig^iH-,

Gnitë est une dàsineçAo composée ,( presque partiouiiève à de^x m«U d'origlaje latine , bénignité et maligwUé^ et ce n'eatqu^'en analysant ceux-ci qu'on peut parveaic à détoirminer sa valeur. Del'a^HKitdâ tous log. étymolo^iâtes, bénignité , bem^tas; vient de ben/^ geiUtus „ bien, né , né pour Cure W Mei^, avec uacaractèi^e de bonté; maUgniié , nnUig^itafi , de maU genitus * , mal né, né pour le mal „ avec- un cacactère enclin à la méchanceté. D'où il résulte q^^ les deux mots terminés ain»i expriment: des qualités abstraites , Batureiles , et considérées plutôt comme inbécentes au sujet qu# comme se manifestant par des tours ott des. traits particuliers^ c^actère parfai-

4. c'est ainsi que al>iegrmj^ àji si^in, est l'abréflaUon d'<^î« gtnitusy comme en grec vioyvdi, récemment né, vient de 9ioi, nouTeau, et de yc/ovc^c, né.

tement eonfonne, du raste> au seoade la tenninai^n simple , té'

UàUCM^ MAUGNIXB. Pispositiens à ouire^à faire dniuUl, noapas onivertement, mais d'une manière cacbée; ce qui suppose dansceaxfui les ont de l'écrit et da la faiblesse.

La maJUoe «'est qu'un trait ou ufi déCuit qui n'est qu'à, la superficie; «lie se considère moios dana le cafe/etàre que daivs U conduite. U msiignitë, au contraire, se prend subjectivemeot pour une qualité inhérente à l'âme , concentrée, profonde. La malice tient presque uniquement i l'esprit; il y a en elle de la facilité, de la finesse et de la ruse, une sorte d'enjouement, quelque chose de badin , de caprieiettx et de léger. U malignité est inhérente aux personnes ou aux choses qui ont pour propriété, peur eftt Batnrtl, de nuîre. Ce qui frappe en elle, ce n'est pis» 1'»' prit et l^adresse employés daaoïs ta manifeitatioD, dans le moyen , c'est hi puissance nuisible et sca effet ; et oe n'est plus par caprice et par sccèi qu'elle agit, mais avec réflexion et suite.

Un homme sans maHce est simple, inaeewt, bonhomme; un homme sans tna?ij«tft^ est bénin, droit , bienveillant. JLes ftmmes et les entote n'ayant pas I4 fbree, y suppléent par la iwl<w> la malignité se trouve souvent dans l'âme âes envieux ou des malveillants qui , n'osant ou w /pouvant attaquer de front, ont recours iUcalonmie, à la dfissimulation et à l*iiitrig«e.

Les paysans sont ordinairement fins et tiuwcieux (Les.); la malice naturelle aux hommes est le iffliiwipe^ l* comédie (Voit.); une f^' terie est bonne s'il y a, de la maUce O^^j] " n'est pecmàs aux femoaea «j^ se montrer noiin^»m qu'avec l'air d'un liadinâge innooent et Ijgit (ID.); oadit une malû» innooeote (^*^^*'^*J2 on dit : le poifion on le wni» âa la «•^'"ï (BOOM).}, une mali^^é xwifle (M A»-)> P^^'^^ (B068.) , enifieuse (P. R.)^ Sud vq noMveaevean le eenitiMB por0^ Avec malignîié jeUe un regard aride, Péoéire ses déCauts,. et dès le premier jour, Saiis pilié le condamne, etmCme sans retour. Craignez de ces messieurs la mali4» profonae.

▼otT.

Boileau dît de lui-même en s'adressant * * vers i

Déposez hardiment qu'ku fend cet homme l**")*' Ce censeur qu'ils enl peint si noir et si »•«»"» Put un esprit doux, simple, ami de l'é4fl>.i<^» Qui, eherchant dans ses vers la seule ^"7' Fil , laAft é)xe malith^ ses plua grandes maii^'

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