‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 202 sur 444 · TERMINAISON BRE · texte numérisé non relu

TERMINAISON BRE

Cette terminaison Tient de la latine her ou bris: célèbre, ceîeber ou celebris; lugubre, lugubris. Elle est fort semblable , sinon identique , à la désinence adjective des Allemands bar, qui dérive de Vancien verbe bdren, porter, le même , sans doute, que le grec çepttv. D*où il suivrait que bre en français , ber ou bris en latin , comme bar en allemand , ferait signifier aux adjectifs que le sujet qualifié porte, c'est-à-dire porte en soi, contient, ou porte devant soi, présente ce qui est exprimé par leur radical. Célébré, qui porte gloire, xXco; fiswv; lugubre, qui porte deuil, luctum ferens: muliebris, de femme, qui présente ou représente la femme , qui en a Tair , qui la sent ou qui lui convient : muliebris forma , air efféminé.

TERMINAISONS BBS et AIBS.

Sèlubre, «aiulaû'e. Funèbre, funéraire.

SÂLCBRE, SALUTAIRE. En latin, saXuber ou solvbrii, et soXutaris; bon pour la santé, salus.

Ce qui est salubre , salutem fert , c'est-àniire porte en soi la santé ; ce qui est salutaire , se rapporte i la santé. Salubre indique sur le bienêtre du corps une influence plus entière, plus commune , plus constante , et il sert à qualifier Veau , l'air , la nourriture , dont on fait avantageusement, et de manière à se bien porter, un usage continuel ; il les représente comme chargés de santé qu'ils communiquent. Salutaire ne fait point image : c'est un terme abstrait , par lequel on détermine la propriété intrinsèque qu'ont certaines choses, les remèdes (Volt.), certaines drogues (J. J.), le fer d'un chirurgien (Id.)) les plantes, par exemple , de faire revenir à la santé quand on est malade. Buvez d'une eau qui n'est pas io2«&re,- vous vous porterez mal, vous tomberez malade; buvez d'une eau qui n'est pas sakOairt, quoique prescrite conune telle, vous continuerez à vous mal porter. « Je ne manquais point, à mon lever, de courir sur la terrasse humer l'air salubre et frais du matin. » J. J. « Je suis surpris que des bains de l'air salutaire et bienlaisant des montagnes ne soient pas im des grands remèdes de la médecine et de la morale. » In.

De plus, salubre signifiant avec la santé un rapport prochain , positif, de tous les instants , ne se dit qu'au propre-, et le rapport marqué par niioaire étant vague, éloigné, abstrait, extraoi:dinaire , cet adjectif s'emploie aussi pour exprime! qu'une chose est bonne indirectement pour la santé ou qu'elle est bonne sous d'autres points de vue. Des eaux salubres, quand on en boit, contribuent à la santé. Ce n'est pas précisément ce qu'entend Bossuet, lorsqu'il dit que le Nil portait partout la fécondité avec ses eaux salutetre*. Respirer l'air salutaire àe la liberté (J J.).

FUNÈBRE, FUNÉRAIRE. Relatif aux funérailles ou à U mort , funus.

Funèbre , funus ferens , prœ se ferens , qui porte la mort devant soi , qui présente un aspect de mort, de funérailles, est une épithète propre à dépeindre tout ce qui accompagne les funérailles,

et par extension tout ce qui a un air de mort : pompe, appareil, spectacle, honneurs, ornements , chant , convoi , funèbres; images funèbres, oiseaux funèbres. « Louis le Grand veut que ma faible voix anime toutes ces tristes représentations %t tout cet appareil fuhèbre. » Boss. «t Des flambeaux funèbres éclairaient le Champ-de- Mars.» D'Al. «Un père , à qui la mort vient d'enlever ses enfants , les accompagne jusqu'à la sépulture ; sa douleur même se plaît à se nourrir an long appareil de leur pompe funèbre.» Mark. s On reconnaît le génie de Crébilion à ces lueurs funèbres qu'il foisait briller dans la nuit tragique ; on lent que l'horreur était son élément. » Lab.

Tandis que dans les airs mille cloches émues, lyuTïJunèbre concert font retentir les nues. Bon.. Tel que Taslre du Jour écarte les ténèbres ,

De ia nuit compagnesyttnè^r^/. Rac. J*aurai soin du convoi, de la i^mpe /unèbre^ Et n'épargnerai rien pour la rendre célèbre. Rboïi .

Funéraire, qui concerne les funérailles, et non pas , comme funèbre , qui appartient aux funérailles , est un mot moins expressif ou plus abstrait , parce qu'il'marque avec les funérailles un rapport moins essentiel , moins présent* Funèbre peint, funéraire signifie : ce qui est funèbre vous frappe par un aspect de mort; ce qui est funéraire est froidement signalé à votre esprit comme ayant telle destination ou étant de telle sorte : urne funéraire (Marm.), frais /u»^atVe*(AcAD.), muséum de monuments funéraires (Beaum), style funéraire ou style des, épitaphes (Volt.). Funéraire est un terme , non pas de poète , mais plutôt d'antiquaire , de légiste ou d'intendant. Rollin, ayant parlé de divers usages rapportés dans l'Iliade , ajoute ; a Nous aurions à faire d'autres observations sur les cérémonies funéraires, t Le plus proche parent d'un homme qui vient de mourir confie à quelque ami les détails funéraires (Beaum.).

TERMINAISON ESQVE.

Pédant, pédantesque. Courtisan, courtisanesque.

Désinence empruntée de Titalien. Elle est beaucoup plus fréquente dans cette langue que dans la nôtre : elle y termine quantité d'adjectifs, parmi lesquels plusieurs ont aussi des désinences correspondant à tgue , k al, ou à il : angelesco , angelieo ; papeseo y papale; frateseo, fratile. Elle est faite , sans aucun doute, i l'imitation du latin icus , a , um , et partant elle a le même sens , si ce n'est qu'étant d'origine italienne , elle ne convient pas , en italien , au langage grave et sublime* conune ses analogues ico, aïe ou ile. En français, il y a plus ; non-seulement elle manque de noblesse, mais elle marque quelque chose de bizarre, d'étrange, pour la forme ou la grandeur, que ce soit un agrément ou un défaut dans le sujet : témoin burlesque, grotesque , pittoresque , romanesque, gigantesque, tudesqy^, soldatesque. Chevaieresque rappelle la chevalerie , ses mœuri et ses aventures extraordinaires ; moresque et arabesque, des monuments de l'art des Mores,

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