‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 242 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Kniuite, puMriter ressemble plus qu'oK^niier à ptlér, broyer, triturer: reflet qu'il marque est dû quelquefois k l'action d*un homme; seulement, cet effet n'a pas été touIu comme bon en lui-même , et comme propre à mettre les choses à notre usage. « Quand on pt^o^Kte les cubes de cet aimant, ik se décomposent en paillettes brillantes couleur de feu. » Buff, c Après avoir p%tk>ériii des pierres oUaires, des observateurs en ont tiré du fer par le moyen de l'aimant. > In. Voltaire dit, au sujet du veau d'or qui, suivant la Bible, fut jeté au feu et réduit en poudre : « Il est impossible de puMriier l'or en le jetant au feu ; l'extrême violence du feu le liquéfie, mab ne le calcine point. »

3* Ptler, broyer, friiiirer.

Piler et hrùyer signifient deux sortes d'actions différentes : on piU en frappant, on brote en pressant et en firottant. On pile du ciment, du verre; on ptle dans un mortier, c Ces pierres (argentifères) sont jetées dans des tirons pour y être pHéês et réduites en limon, par le moyen de quantité de gros marteiftix que l'on fait agir. » Rbgn. On brote sous une meule ou sous ses dents. « C'est Dieu qui nous a donné des mains pour prendre la nourriture , des dents pour la couper et la hroyer , un estomac pour la digérer. » RoLL. On brote des couleurs, et cela se fait au moyen d'une molette qu'on promène , en la pressant, sur une table trte-dure où la substance k hroyer se trouve placée.

Triturer^ du latin tritura (tritor, broyeur), du grec Tpî6c(v, broyer, est un terme didactique ou savant. « Le docteur Sangrado disait que ces aliments étaient les plus convenables à Testomac , comme étant les plus propres à la trituration^ c'est-à-dire à être broyés plus aisément. » Lbs. c Le zinc est phosphorique ; sa chaux paraît lumineuse en la triturant. > Buff. Outre cela, la trtturaltofi suppose d'ordinaire plusieurs substances qu'on cherche à mélanger en même temps qu'on les broie, c II faut frîlwrer le mercure avec l'argent pour en faire l'amalgame. » Buff. « Le soufre se mêle au mercure à peu près comme les graisses lorsqu'on les triture ensemble.

ATTITUDE, POSTURE. EUt OU situation du corps , manière dont il est placé , manière dont les membres se trouvent les uns par rapport aux autres.

Attitude vient de l'italien attitudine^ qui a été formé du latin aptitudo, aptitude , disposition à. En conséquence de cette origine italienne , attitude, k la rigueur, ne devrait être employé et ne l'a été d'abord qu'en termes d'art , c'est-à-dire de peinture et de sculpture surtout , et quelquefois de danse , ou en parlant des pantomimes. Ce mot n'a jamais été mis hors de ces limites par les grands écrivains du siècle de Louis XIV , tels que Mme de Sévigné , Labruyère , Molière et Fénelon ; et c'est dans ce cas seulement que nos anciens dictionnaires , même celui de Trévoux , permettent de s'en servir. Pofti«re , au contraire , a toujours été du langage commun.

Cependant, ofltliuie a fini aussi par être usité dans tous les styles. C'est alors qu'il est devenu

difficile , ce semble , de le distinguer de poitiirr.

Vattitude est pittoresque et essentieUemc&t relative au beau. Elle est belle, gracieuse, élégante, admirable. La poifure, de son cêté, est relative au bien , physiquement ou moraknieatt c'est-à-dire qu'elle est commode ou incommode, modeste ou indécente. Sans compter que attiiudt conserve toujours son caractère spécial par lequel il convient seul quand on considère les choses an point de vue de l'art. Un honmie se plaindra d'être dans une poelure forcée et contrainte, qui le met mal à l'aise; la critique reprochera à unar* tiste d'avoir donné à ses personnages une attitude forcée et contrainte, c'est-à-dire maniérée. «Li principale beauté de ce portrait de Verres coosiste à peindre un préteur du peuple romain dus Vattitude où le représente Cicéron, appuyé nonchalamment sur une femme.... Verres paraisaat en cette indigne poiture semble braver la biea* séance publique. 9 Roll.

Toutes les fois qu'en écrivant on veut rquésenter à l'imagination et faire comme un portrait ou un tableau , le mot attitude doit être préféré, c Son enjouement, sa douceur, sa figura agréable m'ont laissé de si fortes impressions que je vois encora son air, son regard, son altitade.* J. J. « Elle brodait près d'une fenêtre. Son ellî- Ittde était gracieuse, sa tête un peu baissée laissait voir la blancheur de son cou ; ses cberenx, relevés avec élégance , étaient ornée de fleurs....* Id. c L'homme se soutient droit et élevé , son etHtude est celle du commandement , sa tête regarde le ciel et présente une face auguste sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité, s Bnrr.— Hais on se servira de posture quand il s'agira de déterminer si on est debout, assis, à genou, appuyé sur un bâton , couché , et coudié de telle ou telle manière bonne ou mauvaise, sans prétendre faire une image. Mme de Sévigné et Voltaire remarquent que la posture , qu'on est obligé de prendre pour écrire, « fiait mal, tue la poitrine. » C'est ainsi qu'on doit parler. Mais on peut rendre par attitude cette manière de tenir le corps, dans le cas où on veut la peindre. « Un peintre arrive chez moi; il me trouve écrivant devant votre portrait; il me peint dans cette attitude* » Volt. C'est très -improprement que J. J* Rousseau dit, dans une de ses lettres : « Tonte autre attitude que celle de me tenir droit mi suffoque. »

De plus, les personnages mis en spectacle par la peinture et la sculpture étant presque tov^oan montrés en action , ou plutôt comme allant faire quelque chose , cette nuance reste toujours à oftitude : d'autant plus qu'elle résulte aussi du sens étymologique de ce mot : aptitude signifie disposition à faire quelque chose. On dira donc l'oltttude et non la posture d'un lutteur , d'un homme qui a le bras levé pour frapper ou les bras ouverts pour embrasser, c Charles XII, frappé à mort, avait eu la force de mettre la main sur la garde de son épée , et était encore dans cette attitude, k ce spectacle, etc. > Volt. « En disant ces mots, il se lève et s'avance dans Vattitude d'un homme qui allait se précipiter. » Id. « Les vainqueurs érigèrent à Pliilopémen une statue de bronxe où

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

ib k repréflentaient dans la même aititude dans laqoêUe il avait tué le tyran. > Roll. — Mais fottien se dit du corps tel qu'il est, simplement, et sans rapport à ce qu'il est sur le point de faire, ni aux passions qui l'animent, c Le corps de- ■leuie comme immobile et dans la même posture.» Mal. « Virgile prétend qucT Thésée est assis pour jamais sur une chaise, et que cette poiiwn est son supplice. > Volt. « Il s'appuya le front sur son bâton et demeura plusieiHs moments en cette pofture. » S. S. « On place le cadavre dans la po9ture d'un homme qui est assis les mains appuyées sur les genoux. > Buff.

Enfin, autant sont relevés les arts qui ont d'abord adopté Fexpression oflihide , autant sont bas ceux qoi font un fréquent usage des mots terminés en «re. C'est pourquoi Voltaire dit avec raison, à propos d'un vers de Corneille : « Le mot de po$hif€ n'est pas assez noble. > < ToHwre gro tesqoe, biiarre, extravagante ; potfi«res de bateleur, de baladin. » Acad. — c Les grues, naturellement assez disposées à la lutte , conune il parait par les aUiiu^ où elles se jouent , les BouTemenls qu'elles affectent, et à l'oràre des batailles, par celui même de leur vol et de leurs départs, sa défendent vivement : mais les singes refiainent sans cesse au combat ; et comme par leurs stratJtgèmes , leurs mines et leurs postures , ils semblent imiter les actions humaines , ils palaissent être une troupe de petits hommes à des gens peu instruits, s Buff.

▲TTtAYER, HAPPER, GRIPPEB* Chacun de ces verbes contient l'idée de saisir et la modifie à la manière.

attraper, c'est prendre i une frappe, à un piège, simplement; ou c'est mettre en Irappe, dans le piège, un animal, après avoir cçuru après, ad. Happer se dit d'abord de l'action d'un chien, qui saisit prestement et avidement ce fu'on lui jette ou ce sur quoi il se jette. Gripper, jouer de la griffe , signifie uniquement , au propre, l'action du chat, de celui des animaux que Lafontaine, après Rabelais, appelle grippe-miaoiid, le mtnel ou le minaud qui grippe. Dans l'i^R^ide iraveeiie , Enée, ayant trouvé le rameau d'or:

n Tarracha d'aussi bon coeur

Qu'un chien ou qn*an chat pille ou gri/fpe

Un morceau de chair' ou de tripe. &uRa.

Et, pour en finir tout de suite avec gripper , ce rerbe , au figuré , a pour caractère parfaitement distinctif son manque absolu de noblesse : c'est un terme populaire.

Pour ce qui regarde attraper et happer, mots appartenant au langage commun et moins restreints dans leur application , on attrape ce qu'on sa^t adroitement ou en l'atteignant i la course , et on happe ce qu'on saisit brusquement , tout à coup, à {'improviste. Attraper implique ce que happer exclut , l'idée de temps , de préparation , d'exnbftches ou de poursuite : on parvient à attraper; on happe soudainement , à l'instant. Le renard attrape la proie qu'il guettait, et la gendarmerie des voleurs qu'elle poursuivait; mais rhirondelle, dans son vol , quitte un insecte pour courir i un autre , et en happe , en passant , un

troiûème (Buff.) , et de même un age::t de police happe un filou qu'il rencontre , qui lui tombe inopinément sous la main.

« Le lièvre eut beau ruser, les chiens l'aurap^eni. 9 AckD. « Un mariage ne lui coûte rien (à don Juan) à contracter; il ne se sert point d'autres pièges pour attraper les belles. • Mol. c Les sauvages qui vont à la chasse de l'orignal poursuivent ces animaux , qui sont aussi légers que des cerfs , avec tant de vitesse qu'ils les lassent et les attrapent. > Buff. « Les grives mangent aussi des insectes , des vers ; et c'est pour attraper ceux qui sortent de terre après les pluies, qu'on les voit courir alors dans les champs et gratter la terre. >In.

c Toutes les hirondelles vivent d'insectes qu'elles happ«nl en volant. > Buff. c Le pélican mange de côté , et quand on lui jette un morceau , il le happe. » In.

An pied du lit se tapit le malin.

Ouvrant la griffe ; et, lorsque Tame échappe

Pu corps chétif , au passage il la happe. Volt.

Comme un oiseau de couleur bleue ,

Que l'on appelle un martinet.

Nage de l'aile i fleur de Tonde;

Et puis tout i coup son fond sonde «

Afin de prendre an dépourvu

Un petit poisson qu'il a vu.

Et puis, l'ajant happé , le croque. Scian.

ATTRIBUER, IMPUTER. Rapporter une chose à une autre comme ayant été produite par elle.

1* Alfrthiier, aUrthuere, fnhuere ad, donner à, assigner à , est le terme général : on attriime aux choses et aux personnes. ImptUer^ imputare, c'est^-dire porter en compte , de putare , compter, calculer, apprécier , estimer, est particulier; on n'tmputo guère qu'aux personnes, aux êtres qui sont eomptablei ou responsables, sur le compte desquelles on peut mettre les choses, aux agents libres. On attnhu un phénomène à telle cause ; on t'mpule une faute à quelqu'un. On aP' trxbue la cause d'un changement à ceci ou à cela (J. J.); on tmpu(e tel ou tel crime à un accusé (Màrm.). On attribue un malheur au sort ou à Dieu , qui , bien que personnel et libre , n'a pas de compte à rendre; on impute un malheur k l'imprudence ou k l'incapacité d'un homme. «Les malheurs de Cépion furent allnhu^ à la vengeance des dieux.... Les historiens imputent k sa témérité et à son arrogance la sanglante défaite des Romains par les Cimbres. » Boll.

2* Attribuer se prend bien aussi dans le sens propre d'imputer ; on attribue, comme on impute, telle chose à une personne. Mais ce qu'on otlrthue est indifférent, n'est ni bon ni mauvais; au lieu que ce qu'on tmpute est louable et plus souvent encore bl&mable. On attribue une chose k quelqu'un qu'on regarde comme en étant la cause ou l'auteur, un livre, par exemple; on lui impute une chose dont on lui accorde le mérite ou dont on lui applique le démérite , et , par exemple , un

libelle.

3* Quand attribuer est aussi relatif à la valeur des choses, il se prend en bonne aussi bien qu'en mauvaise part : « Attribuer tous les défauts d'Homère à son siècle et toutes ses beautés k lui seul. » Mark. Mais imputer se dit plutôt de cho-

^Ik

BïtJXl£ME PAATiE

se» 'i)QtQV?;i»ês at Mtiaaâbf e^ : on oHriMte nné borme on une m&^aiisé âciicfh , de!(Teftii!r ôomme •^'es YÎccs ; on impute une Dûauvaise action plutôt

. qu^ltite bonn« , Aèk Vi^è^ plûftét qtié dés vertus.

* C'est qnUihpaier l^igfirffle ^rfnÂtlvetneht nièttre sur le compte-, et, p^r côtfséquent, s^ug^icfeiïtèr la dette ou la charge. « Non^ né poutontis |ugèr dés mceurs de J. C. que pat là conduite qu'cfn lui attrUInte,... Ses érangélistës né lui irAipùtèni d'autre action d'homme violent et emporté (fue celle d'avoir battu et éhas^ les mafchinds de bétes de sacrifice. » Volt. « Si parmi mes auditeurs , dit Socrate , Il s'eft trouve qui deviennent hoiinêtés gens ou malhonnêtes gens , il ne faut ni m'atfrt*huer la vertu des uns , dont je ne suis point la

^ cause , ni m'tmputer les vices des autres , autqUels Je n'ai point contribué. » Roll. « On Hnputa^ ce défaut (défont d'esprit des Béotiens) à la grossièreté de l'air du pays, comme aussi l'on attribuait la délicatesse du g6ût des Àthéntehs à la subtilité de l'air qu'ils respiraient. » în.

4' On àttribiie plutôt avec raison; oh impute plutôt à tort, d'un manière putative^ ou au moins détournée et conjecturale, a Notre coeur (en pratiquait la piété) se sent déchiré entre ces efforts contraires. Mars il serait bien injuste d'imputer cette violence à Dieu , qui iiou« attire , au lièù iè Vàttribuér an monde , qui nous retient, y pasc.

ATniiSTÉ , C0NTRÏ8TÉ ; — AFFLIOè, VA(9É , MdRtfWÊ. F^gùibleihent àfltecté;

Attristé et cofi&isté diffWent bien de% trOi« mots Suivants. Ils exprimant un état •gênértil de langueur causé par des maut éloignée où impersonnels, état dans lequel rftnrt est seulemeht rèndile mélancolique et peu expansive. Affligé, fâché et mortifié désignent, au contraire , un état accidentel de malheur ou de douleur produit |)ar d^ maux présents, personnels, dont Tftme est frappée , qui la blessent , la tourmentent , là désolent. L'homme attristé ou centriste est sombre , pensif, absorbé en lui-même, songeant à des maùi passés ou possibles ou qui ne le regardent qu'indirectement-, l'homme affligé, fâché ou mortifié vient de recevoir un coup très-sensible qui le fait souffrir , qui détruit sa satisfaction particulière et intérieure. On est attristé ou eontristé par des isoùvenirs , par des idées , par des événements publics où par des attires auxquelles on veut bien prendre part; on est affligé , fâché et mortifié par suite de revers ou de traitements <(u'on éprouve soî-rtiême actuellement et dont on ressent une vive peiné.

Attiristé éx eontristé , ayant même radical, ont Àé distingués l'un de l'autre dans la première partie, p. 135.

Affligé suppose un mal considérable qui abat et accable; fâché n'annonce qu'un déplaisir, un regret, un lêgé'r chagrin qui contrarie, qui pique; mortifié exprime un violent déplaisir , une grande amertume provenant , d'ordinaire , d'une atteinte portée à ramoùr-proprê.

Un Ibdmme bien affligé est navré, Inconsolable; un homme bien fâché est dépité; un homme bien moriifii est dévoré intérieurement.

On est affligé de la perte de ce qu'on aime ,

d'une maladie dangèféCAfe, ift^ik rentwftwin de fortune, d'une gfandè dfa^r&ce, dNin éevp , quelconque de l'adversité, des miisèrés etd« 1i)«s les grands malheurs qui peuvent ^frivél' èneéttè vie. « Peut-on conéoler les affligés od tAitêi leb larmes sont essuyées 7 » Boss. « Coudé lit vfttàî atfx ennemis que la Frlnce pottvait être to^at »lè foiji affligée et victorieuse , dans la désolfltioà «t en' état de leur donner la loi. » Bouho. « M. dl Ltirochetoùcauld a perdu sa traie liiM, ddot il est véritablement affligé ; je l'en ai tu pleakvr avec une tendresse qui me le faisait ado#er. >8t?i c Le comte de Brienne ayant péhhi sa f^miM) «i fut si affligé que son esprit s'aliéna. « Yolî.

On est fMié d'une petite perte , d'un teal lé^ qu'on aurait pu empêcher ou prévenir, èe lo« ce qui ne fait pas plaisir, de tout be dbnt cm n'est pas bien aise, de tout ce qu'on fait à regret, d'un contre>temps , d'une indisposfiion. è Jesoii fâch:é de Findisposition de cette Ëminëncê : il faut espérer que ce ne isera rien. » Boss. «Jfe suis plus fâché que vous de ne pouvoir vMs aller voir. » In. kt n n'en ftit ni aise ni fdcW. » Ô. S» « Montre^ toujours à ses élèviss ufte eontMaiic» 'sévère fet fâchée. ^ Voti-.

Si vous hvtk fiché de cette pfrêfé^eé, SI mon petit neiraet voin donne quelqub ennoi, Que n'arei-vout appris i damfer comme hn? Im.

fiecTOR. ^ .

Ah I monsieur qu'elle eii bdiè !

Et que j'ai de plaisir à vous vohr raccroché 1

YAÙàii.

A te dhre le Vràl, je n'en txxh ^ftéA,

Gomment I quelle firoideur 8*empare de voire Iffle!

On est mo^lf/î^d'unte déhiite , d^lh toanq^effégards , d'un rtefus d'hotoneuh, d'tin dédain, dHiae ironie, d'un a^ht, dè«s fautes <}u'bn a cemmisés, leh tafat qu'elles décèlent l'imperfecHoi/ la faiblesse. « L'amoulr- propre }n&riifié. > Bw. <c Ne reviendVait^il pas au même de léaofaofr à toute hauteur et à toute fierté, et de se traiter tous avec une mutuelle bonté , qui > aVee l'avantage de n'êtrfe jamais moffifiés , nous procu^^it un aussi grand bien que celui de ne Ikiorftfler personne? ■ Labr. « On pouvait jwgèr piter l'Wgueil des rois de Perse , toujours vainement fciefriifiés par leurs défhiies , qu'ils ^fédpiteraient leur cnute en donnant toujoui^ des batailles. » MoNTBSQ. « Un prince aussi orgueilleut qu'Antîochus dut être bien Wiofh'/W, quand il vit sa prétendue grandedr humiliéfe , anéantie et (Jouterte d'opprobre par ce traité. » Boll. « Je suis mortifia ^ en qualité de Français, d'hoinme, d'être pensant , de l'atfront public qu'on vient de faire aux mœurs. * Volt. *« Peut-être que It» rcîBto auraient été mortifiés dé voir cette souvciraîné dignité (de tribun militaire) ehtrer da^s tôut^ autre famille plébéienne , avant que la Kur en eût été honol"ée. » Vkbt.

AUGMENTA, CSROtfRfe. ÏTevénir pîtft grSûd ou plus considérable, gagnet en (JuWitîté , êprohver un changement en pltfs.

Ces mots diffèrent à peu Jirès cdmilie W^i^ter et acérdître. Augmenter , latin ïiu^ere,^1foÛt racine au'g ou auc , d'où vient aussi nôtre iJrt|*>" sition avec, laquelle marqite addition ou atÂs-

STNOimfU ik RAOIGAilX DIVERS.

non.^ Gmt U égalenuDl te sou propr* ià^augmenter , el c'ûsi pourquoi 09 verbe , pids .actif emoii , est aynonyme à^ajernler, Croitrê^ quelle qu'en soit Tétymologie , s'est dit primitivemeiit et se dit eDCOfe proprement des animaux et des plantes, qui grasBÎBasnt et grasdissent par la imtiitia& «n détendant éa dedans an dehors.

In eonséquense , ios cbosas augmmient par addition et croiitenl par déyeloppement. UmAOurelle quantité survient dansée qui augmente ;xe qui enêt prend un nouveau degré id^iteDsîDn , d'éUnnâonea de vigueur^ Le waaàm , la maltitBd&, k Ibult, «upinafiMu^; le xoneours, Vafftuenee, la 'foaea, l'odeur, la 'eHesse erolsteiif. La iDÉDénBK aafjrmenlsH», atio^est'par juartaposition; hs êtres organisés et mants erojstenf , et c'est par intos-^sn^ception (Boff.).

< Â fflHure que la gndsse aupmeiiff, lapeau s'élBad timroit.io 6qtv. Le tasid'un «vare 4>ug' aMRHr (Gonn.); lH>iBlnre trêit ven le soir (Laf.)c A nenire que les Mena QUgmmtnit , rapbition eniL > 61R. —

Jmc Ma%len«cn mfai doU Mugmmmr. ¥sk.t.

< n sentait crpUr e tous les joui» son tsiédit et sa o^iufedion. » Boas. — « Selon B)mcui« , parmi les oknes, lea uses diminuent , les autres tm^mentmU des àéAaàn de «elles qui sont diminuées. -» PlÉir. m Les êtres pensants eroiMent en periéoiion l0iR{n'iis««riem^e quel^e^igaonmoa , ouquils 9e tirent de quelque enear. s i».

Ou dit bien des -ffidnesolioses qu*ell0B tmffmm taa eu qàWes ero^sseiif , suvrailt qu'on oensidère le «Rangement qui s^père^ en "elles-mèmas oosune canaé par quelque ohese d'extèneur, qui ?ient'y 4<^uter, ou comme VéSei d'un ^principe intéHeur de ^ ou d^aetvrité. La rivière oMfmefito par ranivde d'une nouvelle quantité d^u , à la snitedte orage ou de la fbnte^es neiges; «lie (toCr qaaad elle grossit , ou qu'elle hausse uomme d'eUe-ménie , sans aucune cause extérieure appanote. •Ta sédition ou^ente, quand de nou- Twa séditieux se joignent aux premiers; elle eiull, lorsque les séditieux âettenuent phas ardaoft. « BooB. De même, des dllflcukés, des matR, den bruits amgmmêmii^ en devenanl plus sonbieaK , «l^eroitiefa «n devenant |Aus intenses etpim fiarls.

Quand on parle des «eittimexits et 'des paa- BODB, on dit'plulftt 'qalls icrolMeAt,'à cause de f analogie qui -existe entre l'âme <ft le oorps , et païue «que 'ce «ont 'les ^dévetoppemeiits 'du piiDcipa ^actff t{ui nous nuime. Cependant on se sert €aHgmen9er lorsqu\m exprime la cause de œ ndoiibleSBeat , et que cette tause ett 'eoTténe«9a.«^L^niour ouj/mefile *par les obstacles.* Com. < On Teçdt si bien les soEfors de Psydhé qae leur déplaisir en wffrwfUa de moitié. -» Laf. xVoa enthousiasme Tèpublicain augmenta par l'aecocil que Je reçus à Ôenève. » 'J. I.

D'antre pan , Vidée d*ou^in?ntef est jflus étendue et plus^vague; celle de cfof ^e,i>lns restreinte et ^s prédse. VaoifmertUUim peut consiïfteT dans'uneaddfHion en poids, en 'valeur, en nombre, ou entoute^autre quantité : c'est loe que le ootnicjimentmi'indique^asiMïr lui-même, et et qu^mast souvent obligé d'indiquer par d'au-

tres mots (a«tfmenler de poids, de prix, de volume)^ à moins que la nature des choses dont on parie ne montre, suffisamment de quelle tgnndeur ilest question: les denrées ouftnenient, c'est^-dirB de :pni, OroUre a toujours par inimême un sens déterminé et complet. On sait .^fue la choso qui ero4i se déveli^pe cemme les étms vivants, suivant tantes les dimensions, et gagne en force et en solidité ; il n'est besoin de rien dite de plus pourse Inae «omprendse.

Enfin, ^Mpmenlsr n'exprime pas k manièM dont se fait l'action qu'il signifie; mais erolare annonce tot^jours tm progrès lent et insensible. 'Le froid, la pluie, les vents avgmenlenl et'diari- Buent; l'omlve, la lune, les jours eroittent et décroissent. « Votre richesse auj/mcnfe tout d*un coup par un héritage; elle eroit successivement par l'économie. » Roua. « L'amour qui eroit peu à peu et par degréa ressemble beaucoup à l'amitié. » Labii.

1* A17Qlf1S!fTBR, AOGROITIIE; — 2* AflUANDHI, ÈnSRDRB; ^ 8* GROSSIE , ENFLER. Ces verbes se rapportent tous i la quantité , et signifient j ajouter, la rendre plus considérable, opérer dans les choses un changement en plus.

Mais oui^ment^r et oc^rolCre sont plus relatif^ à la quantité arithmétique; agrandir et étendfB le sont uniquement à la quantité géométrique; gronif et enfler, à la quantité physique. On augmerth ou on ocarofl œ qui a peu de parties ou de force et d'intensité; on agrandit et on ¥tên& ce qui occupe peu d^espace; on grotsit et on en/le ce qui a peu de volume. On augmente ou on 00eroit un nombre , une somme , un traitement; on agrandit ou on étend la sphère ou le cercle de ses connaissances ; les pluies groesiesent ou enflent une rivière , des remarques grosstsfent ou enfknt

un livre.

Avgmenlter et crccroifre ne réveillent par euxmêmes aucune idée sensible particulière; ce sont des termes généraux et abstraits : ce qu'on augmente ou occrott gagne numériquemont en parties ou en degrés. Agrandir et rtendre rappellent les dimensions de l'espace , et "ce qu'on agrandit ou étend franchît les limites du lieu qu'il occupait, est porté au delà. Romxrtus iet Tatius augmentèrent le "nombre des 'patriciens , et agrandirent la vîlle désormais tr^p étroite (KoLL.). « Rome s^alppliqua à augmenter leurs revenus (des alliés) , et i étendre leur domaine;» iD. Vu homme, Tavi de son -abondance, veut augmenter sa dépense , et txgrandir ses grenfers (Boss.). GrotHr et etifTer tout naître TMée de quelque chose d*asscz*mince apparence 4 quoi «m donne par accttmulrftion une sorte d'aboadanse, de plénitude, de réplétron, de rotondité, él, comme on dit, du tsorps. Au lieu &augmeniir\» trésor de la science, des savants ne fant -qtfan grossir le volume (Hauv.).

f Augmenter , occroUre.

La première différence entre ces deux yeAm , c'est que l'un marque addition 'et l'autre développemetrt. tjuand on augmente tm objet , tn Veit pas lui qui augmente; on lui joint des objets du même genre avec lesquels il forme une plus grande somme, un tout plus complet. Quand on

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