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DEUXIÈME PARTIE

jouit la critique qui parut sous le titre de : Senti- «Mfil de VÀcadémiesur le Cid. Mais cette critique est ûtutive en bien des points ; on a été trop loin quand on l'a qualifiée de chef-d'cBwore , et elle est plutAt un modèle d'impartialité et de modération que de justesse et de bon goût. » Id.

D'autre part, la censure est essentiellement grave , au lieu que la critique a souvent recours au ridicule , emploie l'ironie , se permet le badinage, la pLaisaiiterie et les jeux d'esprit. Aussi ertliqtier est plus voisin de railler. « Un mot échappé aux ministres du Seigneur devient le sujet de notre critique et de nos railleries. » BouRo. c Le monde ne censure les religieux que quand ils viennent à oublier ce qu'ils soot: autant qu'il a de malignité pour critiquer et railler ceux qui , demeurant dans le monde , y veulent être exactement et régulièrement chrétiens, autant a-t-il de mépris pour ceux qui , ayant quitté le monde , voudraient encore être mondains. » lo.

Enfin , la critique étant subtile et assez souvent maligne et mordante , ce mot s'emploie plutôt que celui de censure pour désigner des objections peu fondées, c A Tégard des censures qu'un journaliste a faites, non du fond de l'ouvrage, mais de la forme, on commence par le remercier d*une réflexion très-juste.... A l'égard de toutes les autres cnd'qiMf , elles ont paru injustes et inconsidérées. » Volt. « Je ne parle point des critiqws vagues , ineptes , infidèles , qui ne méritent aucune attention; je parle d'une censure qui serait motivée , et même équitable en apparence , et je dis qu'en matière de traduction alto ne suffirait pas.» D'Al.

m. Trouver à redire^ épiloguer^ contrôler, fronder.

Ce que critiquer signifie quelquefois et accessoirement, les verbes de cette classe le signifient essentiellement et toujours, à savoir: non-seulement bldmer publiquement, mais encore blâmer avec malice , de dépit , avec humeur. Ce sont , dans toute cette famille de mots , les termes passionnés , si on peut parler ainsi. De plus, à la diflérence de enUquer , ils sont plus ou moins familiers et ne conviennent guère que dans le style de la conversation , des lettres et de la comédie. Ils représentent très-bien la manie de certains esprits chagrins, aigres, mécontents, qui épluchent tout, qui se plaisent à juger de tout en mal.

Trouver à redire et épiloguer se ressemblent beaucoup, car l'un signifie trouver k dire après, et l'autre , parler sur ou après, Xiyctv M.

Cependant l'un est plus relatif au désir et comme au besoin de découvrir quelque défaut , et l'autre l'est davantage au peu d'importance des choses auxquelles on s'attaque. — On ne trouve à redire que parce qu'on a cherché, que parce qu'on a tourné l'objet de tous les côtés , afin d'y saisir quelque imperfection.

Nous chercherons partout à trouver m redire ,

El ne venons que nous qui sachent bien écrire.

Mol.

«Les tartufes voudront trouver à redire aux choses les plus innocentes qui pourront sortir de 1 na plume. » lo. c Je vois des gens qui disent I

que le cardinal de Retz devrait venir à Saint-Denis , et ce sont ceux-là qui trouveraient plus à redire s'il y venait. » SÉv. s A Rome , après la messe , on va prendre du chocolat à l'opéra de Saint-Ambroise, et personne ne s'avise d'y trouver à redire, » Volt. — Épiloguer, par son origine grecque , paraît s'être dit d'abord d'un savant ridicule qui vétille, qui blâme des misères, des riens.

Et pourquoi , s'il vous plitt, Lui bailler un savant qui sans cesse épilogue? 11 lui faut un mari, non pas un pédagogue. Moi*

On l'a appliqué ensuite à toute sortes de gens, qui relèvent dans les autres des bagatelles, dei défauts très-peu considérables. « C'est un bon livre. La critique, après cela, peut s'exercer sur les petites choses, relever quelques expressions, corriger des phrases , parler de syntaxe , épiloguer sur certaines pensées incidentes. » Volt. « N'allez plus épiloguant sur mes mots. • J. J. « Il j avait aujourd'hui huit jours que je n'avais leçn de vos lettres; et si je ne m'étais pas interdit à'épiloguer , je pourrais critiquer le petit papier où il n'y a pas trois pages complètes. » Dunirr. <t II épilogue sans cesse sur les défauts les plus légers des autres, et il ne songe pas seulement aux vices énormes qui l'accablent. » Boss. « Alexandre d'Hiéraple épilogue sur cette expression pour expliquer à quoi il réduit la difficulté.... Il trouvait toujours de quoi pointiIler.»lD.

Contrôler, exercer un contrôle, c'est-à-dire primitivement vérifier ou constater si un homme dont on examine les registres ne s'est point trompé , tient de l'usage une nuance tout à fût caractéristique, c'est qu'il suppose qu'on blâme sans en avoir le droit; en sorte que contrôler^ c'est se mêler, avoir la hardiesse, se permettre de critiquer, s'ériger en censeur. Ainsi, assis à la porte d'une maison , on s'occupe ou on s'amuse à contrôler les passants (F^n. , Dbst.). < C'est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine 1 Voilà un bon nigaud , un bon impertinent! » Mol. c Taisez- vous, ignorante; ce n'est pas à vous à contrôler les ordonnances de la médecine.» Id. c Nous écoutons un chagrin bizarre, qui nous porte toujours à contrôler ceux que Dieu a mis sur nos têtes. J'avoue (pie pour les contenir dans leur devoir Dieu permet cette ii^ uste liberté qu'on se donne de les censurer. » Boord. c Vouloir détruire les passions , c'est contrôler la nature , c'est réformer l'ouvrage de Dieu. > J. J. Pascal appelle l'imagination « une superbe puissance ennemie i de la raison, qui se platt à la contrôler et à la , dominer pour montrer combien elle peut en toutes choses. > Lafontaine , dans des bouts-rimà contre Furetière, lui reproche une faute de finsçais , et ajoute :

Ne t'imagine pas qu'on la laisse impunie s Mais l'insolence suit en toi la calomnie; N'en est-ce pas un trait que de blâmer le roi? Tu eonirSUê ses dons , homme plein d'impodeoce.

Frùnder est un mot qui a été créé à l'époque et à l'occasion de la guerre de la Fronde. La fronde était la faction o|^osée à la cour et au cardinal Mazarin sous la minorité de Louis XIV. Frondir^ agir comme la Fi^onde ou comme les frondeurs ^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

e*est d'ibord partiealièreinènt attaquer dans sm discoan la cour (Volt. , Mol.), le gouTemement (J. J. , S. S.) ou le ministère (Coud.) , soit par nppoTi aux affaires politiques, soit par rapport i antre chose. « C'est ce mauvais goût justement frtmdé par Boileaudans ces vers :

Toutefois à la cour les torlopins restèrent , ete.»

YOLV.

c Bntre hommes , les propos de table roulent assez sourent sur la politique; et le Gascon, dès la soupe, se mit à fronder et à boire d'autant. » Mâbx. Mais ensuite ce mot s'éloigne dayantage de son origine et prend une signification générale. Néanmoins il retient toujours quelque chose de sa première acception. fVofider, c'est critiquer en se déclarant ouvertement ennemi, et critiquer en grand seigneq^ , avec ironie , légèreté , vanité , &Dftr(mnade. Ainsi, les marquis du siècle de Louis XIV frondaient les comédies de Molière (Mol.}, on sait sur quel ton.

Ta n'as point vu ceci (ceUe pièce] , msrquis? Ab ! Dieu

me damnai Je le trouve asscs drôle , etje n*y suis pas âne, ete.

Moi..

Ga flaudrin de lieandre, avee sa bee étiqoe, TooUit passer partout pour babile critique ; n ne parlait Jamais que d'acirices, d'acteurs. Et, d'au ton déeisif, ÏL /rendait les auteurs. Dssr.

« U ne portait pas de jugement plus avantageux des autres livres : il les frondait tous sans charité. Cètait apparemment quelque auteur. » Las. « Ces pièces (de théâtre) avaient pour objet de /fonder quelque folie à la mode. » D'Al. « C'est prmdpalement au parterre de la Comédie-Française , à la représentation des pièces nouvelles , que les cabales éclatent avec le plus d'emportémenL Le parti qui fronde l'ouvrage et le parti qui le soutient se rangent chacun d'un côté. » Volt.

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