‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 251 sur 444 · IV. iteprifidre, r^riviander^ corriger · texte numérisé non relu

IV. iteprifidre, r^riviander^ corriger

Ces mots expriment le blAme d'un supérieur à «n inférieur, d'un maître à son élève, d'un père à son fils; blâme adressé à la personne elle-même; blâme, non plus hostile, quoique toujours plus ou moins fort , mais au contraire plein d'intérêt et de bienveillance, ayant pour but, non plus de décrier, mais d'amender, de ramener à mieux on à bien, de relever par des conseils, de faire éviter désormais des fautes déjà commises. « Si Leois XIV avait à r éprendre, à réprimander ou à corriger, c'était toujours avec un air plus ou moins de bonté , presque jamais avec sécheresse , jamais avec colère. » S. S.

Mais d'abord reprendre diffère bien de répri» nander.

Méprendre, c'est ressaisir ou ramasser ce qui avait échappé, et le montrer; ou bien c'est refùr, repasser ce qu'un autre a liait, afin d'y apercevoir et d'y &ire remarquer des fiantes ; c'est simplement relever. Réprimander a une tout antre énergie : c'est agir pour réprimer^ c'est maimener , faire des remontrances , punir en paroles, et menacer, c'est pour ainsi dire traiter Moune un petit garçon , conune un écolier. ^ La fépréKeneion est généralement plus douce et plus modérée; elle ne fiait qu'indiquer la faute. «De li vient que «eux qui sont dans la nécessité de

reprendre les autres choisissent tant de tours et de tempéraments pour éviter de les choquer.» Pasc. «Estrce là tout ce qu'on a pu faire que de ne trouver dans tous ses ouvrages que trois lignes à reprendre?» In. «Quand on veut reprendre avee utilité, et montrer à un autre qu'il se trompe, il f^ut observer par quel côté il envisage la diose , car elle est vraie onûnairement de ce côté-là, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est fausse.... On ne se fâche pas de tout voir, mais on ne veut pas être trompé. » In.

Non moins prudent ami que philosophe austère , M ornai sut l'art discret de reprendre et de plaire.

VOi.T.

n nous Iknt en riant instruire la jeunesse , Btprendre ses déCauls avec grande douceur. Mol.

«Des savants ont employé trois volumes à reprendre dans Montesquieu des fiautes de détail. » In; Les choses mêmes font l'action de reprendre, tant elle a peu de force et de violence : « Pour revenir aux auteurs que ces remarques reprennent.... » Vàuo.— Mais la réprimande éclate, élève la voix , se manifeste avec aigreur et emportement; elle part d'un homme qui se fiftche et qui mortifie. Réprimander vertement (AcAn.). « Les Athéniens étaient un peuple qu'on pouvait, en flattant son oreille, r^^mander comme un enfant. » Mabh. «m. de Beauvilliers tomba sur M. de Ghevrense comme un fiaucon, et le traita comme un régent fiait un jeune écolier qui apporte un thème plein des plus gros solécismes, et les fiait tous remarquer en le réprimafidank 9 S. S. « Pontchartrain fils disait aux gens les choses les plus désagréables avec volupté, et repris mandait durement en maître d'école. » In. « On conte qu'un empereur chinois réprimanda un jour et menaça l'historien de l'empire: Quoi, dit-il, vous avez le front d'écrire jour par jour mes fautes! etc.» Volt, «Les états généraux r^primandireni vivement leur ambassadeur.» In. «Montrez-moi quelque évoque qui ose, comme feu M. révêque de Chartres, lever la tête pour réprimander fortement l'erreur.» Fin. «Davison , ministre d'Elisabeth , avait obéi (en apposant les sceaux à l'ordre d'exécuter Marie Stuari), lorsque le lendemain elle lui ordonna de suspeD> dre et le r^tmanda de sa précipitation.» Coirn.

Ensuite , et en conséquence , on reprend plutôt pour des erreurs involontaires, ou pour quelque chose de léger, pour des fiautes d'esprit, de langage, de prononciation; réprimander ^ au contraire , suppose des fiautes plus graves et ne convient guère qu'à l'égard des moeurs et de la conduite.

Enfin reprendre se dit des choses aussi bien que des personnes : trouver quelque chose à reprendre, reprendre les vices, des défiauts, des abus, des excès : l'action de réprimander ne porte d'ordinaire que sur les personnes : r^^rtmonder quelqu'im.

Corriger, eum regere, régir, réformer, rendre correct ou droit , a aussi sa nuance toute particulière. Elle consiste en ce que corriger a principalement rapport à TefiTet. L'amendement n'est que sous-entendu dans reprendre et dans r^^rùnon-

km

DBUlMfin I^AUTIf?

âer; la p«rs«iiDe qui f»(HKan<i ou qui féprkmmâe fa-Bflvtoment en T«e. Miin remendasMiit forai« t'idè» esseottélle deoorft>0r; si bi«n qa« eelui f(ui eofHflfe opère rasuABdeneiit , Mit eSedti^emtirt, ée tûX , soit en toumifiMiiit let moyeas'de le inrodujre. c n y fl comme deux pitoeipeff av dedans dt nous; Vun se tMmfpe , l'autre corrigé ; l'te ?a de trarert par sa pente , l'autre le TBdresse.sFiii. « Sî les nobles lement les tributs^ il n'y aumit point de tribunal supérieur qui les eorrt^pd^. » MomrasQ. aL*emploi de la comédie est dé eorrigvr les yices. • Mol. à proprement parler, on repreni et <m réprimande afin de ewriffer, a'B8t»*c« slnsi qae l'on mstmit , que l'on reprend , q«e l'on oorrigê'^ t> Lab. « Apprendre aux jeunes gens avec quel sentiment religieux un flU ddt receToir à tout âge les réprimandes et les eorreeiions d'un |Père, quand mémeii y a trop'de'rigaevr.»|ffAmi. « L'orgueil a plus de part quer la* bonté aux m^ ffiOBtmoes que nons faisona à emax qui oommew teot des ftutes, etnousnelesrepfviioMf pcie tant pour les eorrt^er, qve p^ur leur peranadur que noua en sommes exempts. • Lànocn. On eseaye, on entreprend de corriger, mais man pasde re^ prendre ou de r «fprimomler ; o*est une tâohe k laquelle ou travaille, sftnon une ac^ionqul s'é*imise en ua seu4 eoup.

Iwn, ni tafiesW'iDétte' N'eB TioadraH pu à beut, perdrait eenaet raieeii ▲• Tovloàr corriger uns- tflUe imiteoB. XeL.

«.Lexèle prudent n'^ntmprend pas â'Initmin et <lieam'9er cequ'il devrait se^eontenlerdf édifier.» VABf . « Vous êtes supérieure-; personne ne peut entreprendre de vous iofri(j«r. »Boeiii>.

M£66UIIB , PUMB. Lésions <m ma«x du corps 4|ae la chirergie a pour but- de guérir.

Bieeefere est un substantif verbal , qui exprime le résultat de r action de bkuêr; pkvie, plaga. nhififi^ est un substantif pur qui ne rappelle Faction d'avcuii verbe. De là toute la différence 4tttre les deux mots.

La djessure se prend qnelqaefibis pour un lait et a un certain rapport au tenvp». « L'instant de ia tOeesure de Charles XII fut celui de sa mort. » ¥ocT. « Le maréchal de Joyeuse, blessé À la cniaae, retourne au eomi>at après sa bietsuire» • BooL. c Plutapque dit que la M«fswre ou la mort di'oa général ne doit pas être simptement an ac- Bident, csata un moyen qui oontriiHie a« sacoès , «t qui influe dans la viotoire «t le salut de Tarmée. » RoLL. ^ La plaie ^ aa cobtraîre, est toujours considérée comme une obèse qui est talk ou telle, mais qui ne peut en aucune'fafon dire prise pemr nnévéoenuat.

La bletiwre est toujours un effet, la suite d'un •oii{>i, eUe a une causeiextérieun. La p^e peut pnavenir d'une- cauBe'intàrisuM, de la maligniié dis knmeurs, par exsupie : un ulaèie n'est point eu teutnne bleieure, mais une plaie. « Le pauvre Laeare était tout couvert d'uioéres, et n'avait pas de quoi guérir ses plaies, » Bovrd.

J)ans les cas \et ce sont les plus nombreux) où laptoie, oemme la bkarKfv , vient du dehors, <*to ae conçoit , non pas au moment du coup , la Mcaruire, mais postérieurement. Vous rea une hUssme , ose kkeswN j^os ou moins

profonde , vens la sentaa plus on moins ; la mg jatlUt-de votre plots, le ahirurgien la sonde, en rappnwftie les lèvres , la guérite » Dès que le poltron voit apporter -an eaanp quelqu'un toot suglant d'une Wessure qu'il a re^, U aocMit vers lui et étanoho le sang qui oouledeaapteîa.* Làvk. « 8i je meurs des blesnÊres que Je viens de recevoir ) je souhaite que les vôtres ne vous empêchent pas de profiter de ma mort.. .. Le cbirw^ gien visita nos pUùer qu'il trouva trés-dangereuses. * Les. —Le motpfoie est si peu relatif sa coup et à ce qui y touche immédiatement, que dansune acception accessoire il signifie cieettrite» marque du mai api^ sa guérison. « Jésus-Christ ressuscité porte encore les cicatrices des liflesnir» qu'il a reçues. Quoique ces ploies ne conviennent guère , ce semble , à la bienbenreuse immortah lité, il se fait un plaisir de les conserver. > Botrnn. Arrivés dans l'f nde , les soldats d*Aiexaadre refusent de le suivre am delà en lui dissnt : c Voyez ces visages h&ves et ces corps tout couverts de plaies et de cicatiices. » Roll. « Rappelez ce grand et premier concile où les Pères qui le comp oaaieat étaient vemarqaablas ohamui par quelques membres mutilés on par km cicatrices qui leur étaient restées deafarenn de U persécution^ ils semblaient tenir de leurapietef le droit de sVmeorr dans cette assemblée générale de toute r£glvse. » Labr.

Lamème^dlstinotion s'applique an flgnfé.

irieistire annonce un mal reçu , dont on t étft frappé , «n coup , une atteinte quiconque.

J'ai reTU l'ennemi (Hlppolyte) que j'avais életgaé; Ha hUnure trop Vtve enaailéta migaé.

{Phidrm,) Iac.

«c Ces injustices atroees de mes persécuieun sont toujours des hlèssmts récentes. » Volt. Mais plaie désigne plutôt un mal dont la cause est au dedans même du suyet qui l'éprouve. « Le désordre des finanoes est la pUfie de cet empire.» ÀCAn. « La rérvoeaticn de l'édit de Nantes a été regardée comme une grende plB»e dana Tlfttat. > Volt.

Ou bien VimsMvre représente le mal par rapport au fait de sa produotion; et plaie le signifie à une distance plus ou moins grande de ce fait , en lui-même , pendant qu'il dure ou qu'en le traite. « C'était !a maxime de la daupbine que la raillerie ne convient pas à cenx qui sontétevés. que- les traits qui partent d'en haut ibnt des blmwts plus profondes. Que s'il lui était éofaappê une parole sévère contre ses domestiques , qnel soin ne prenait-elle pas d'adoucir et de guérir la plate qu'elle avait faite ? v Fléch.

BUJBTTB , É?riZS'GELLB. Parcelle de fbu.

La blHeile élilouit; elle est trompeuse et vaine . c'est une lueur qui' se dissipe bientôt, une flammèche fugitive et inutile. VélineeUe a plus de réalité; on appelle de ce nom le reste on le principe d'un feu qui peut être grand ou eonstdéreble : c'est r^tmcsUe qui , jaillissant d'un caillou fknppé par le briquet , ou conservée sons U cendre , sert à allumer le bois du fo> er et quelquefois un incendie. Aussi , au figuré , la bluette renchérit sur r^taceUe sons le rappoit de la pe* tîteese on de k frivolité. Une Muette d'esprit

SYNONYMES À RAMCAUX DIVERS.

ii*est qu'un feu follet, une ombre et comme un simohcre d*espfit; une iUncelle d'esprit est quelque chose de moins superficiel, suppose un ftsds d*esprit. Le génie jette des étincslUs (Iabk.); il ne jette pas de hlttettes.

Non moins bfilhmt , qaoiqae sans éHnceite, Le seul Horace en tons genres excelle. J. B. Booss.

c n n'est pts Trai , dit Leharpe à propos de ces deux vers , qu'Horace soit sans étincelle : il en a de plus d'une sorte, s*il est vrai qu*on doive enfondre par ce mot des traits saillants : ses odes surtout en sont pleines. Ce rers de Rousseau sem* blenit dire que les étineellet sont un défaut; mtôM Jamais ce mot n*a été pris en mauraise part.» Bhietfe, au contraire, se prend assez souvent en mauratse part. « A présent que nous aTODs mis à découvert Tintention secrète de Pour teneBe, il ne faut qu'un coup d'œil pour flaire évaaeuir ses hhuHes métaphysiques. > Lab.

La Ntwfte ue se rattache à rien; le mot Uuette estabsfdu. C'est pourquoi on nomme bluette^ au ilpiré, et non ^INnce2Ie, une sorte d'ouvrage d'e^srit « S^ m'échappe d^autres binettes littéraire, vuns les aurez comme la Mère coupable, » BsioM. « Cette petite comédio n'est qu'une NiieCte. > AcAD. Boileau parle des hluettes folles de Benserade. Vélineèlh^ au contraire, ne se coDçoit qu'en rapport avec quelque chose dont eBeest détachée, soit qu'elle en vienne, soit qu'dle doive le produire. « (Hlberf eut certainement de la verve poétique , et même en laissa éflbapper des étimcêUêM dmis quelques-unes de •e» -edes. » Lab. « Je reconnais en toi le digne ami deThomme juste ; il me semble voir dans tes yeui une étincelle de son &me. » Marm. « Ce B<ètiieaf phu que de pâles éfineeliee d'un feu mmtdÊïL* In. « Une petHe étincelle peut causer mr grand incendie. » Acad. G'eât improprement que Régnier a dit :

De !a fin d*nne amoar Tautre natt plus parfaite , Cenooe on veil un grand fen naître d'nne hh»ett:

BOrnSR^ CLOCHER. Marcher mal, d'une manière inégale et défectueuse.

Ifoifer est le mot ordinaire , et on ne s'en sert qu'au propre ; tHoehet est un terme 'familier , tant tu propre où il est très-peu usité , que dans le style figuré où il est le seul en usage . Cela suffît ponr guider sûrement dans l'emploi de l'un et de f autre.

Au propre , on <fira toujours botter. < Je connais une femme t|ui marche assez bien , mais qui 9eile dès qu'on la regarde. » UoxfTKSQ. Si on y a substitué quelquefois clochefs 9'a été dans le style fomilier ou en plaisantant.

La route mal sûre De i'ine saint faisait e2ocAer l'alliire.

{ta PuettU.) VotT,

< Celai qui a vu Brusîlle monter au ciel vous dira qu'il a vu Claude y monter aussi tout dockont. » J. J. Rousseau , traduction de Vlfocolo- UntosiM de Sénèque,

Qoaiid tcoia fiUes passant » l'une dit : c'est frand'Jbonle Qa'U Caille voir ainsi clocher ce jeune fils, Tudis que ce nigaud, comme un évèque assis. Fait te veau lor son âne , et pense être bien sage. \Le mâumeTf tonjîls et i'aite,) Lav.

AU figuré , efoel^est seul de mise , et i! garde son caractère de fiimilianté. « Il ne faut pas être si prompt & condamner k conduite des autres , et ceux qui veulent gloser doivent bien regarder chez eux s'il n'y a rien qui cloche. » Mol.

Le noQud d'hymen vent être respecté.

Si par malheur quelque atteinte un peu forte Le fait clocher d'un ou d'autre côté , Goniporle»-voos de manière et de sorte Que ce secret ne soit point érenlé. Lat.

« C'est ainsi que ce mètre (le vers de trois pieds et demi) a de l'effet quand il est redoublé et continu; il prend alors jin caractère; mais il cloche ^ il est boiteux , dès qu'il est seul à côté d'un autre. » Lab.

Si toutefois on veut trouver une différence essentielle entre des mots déjà si distincts , on s'apercevra que botter dit moins que clocher. En eflet, on peut botter un peu, d'une fa^on presque imperceptible. « Je crois qu'il boitait un peu. » J. J. Hais pour clocher il faut incliner d'un eété , puis d'un autre , aller deçà et delà , sensiblement , comme une dodie , en un mot il Aeiut botter bas*

Quand je vois revenir des femmes sans maria ^ Il me semble de voir un cheval de louage : Lorsqu'on le ramène au logis , C'est un grand hasard s'il ne cloeheg £t , s'il ne boiie pas tout bas , Pour le moins on trouve , en ce cas , A coup sûr, quelque fer qui loche. Bbok.

BONHEUR , CHANCE. Termes relatifs aux événements ou aux circonstances qui font la prospé* rite ou la disgrâce.

Bonheur se prend toujours en bonne part, annonce toujours quelque chose de favorable. Mais la chance peut être heureuse ou malheureuse : conter sa chance , c'est conter sa mésaventure.

D'un autre côté, bonheur est plus général et regarde presque tous les accidents de la vie; clumce n*a de rapport qn'àceux qui dépendent du hasard seul , et à la production desquels nous ne pouvons en rien coutribuer. Notre bonheur, comme notre sort, n'est pas entièrement soustrait à notre îniluence, mais nous ne pouvons rien sur la chance, non plus que sur le hasard ; on ne se rend point chanceux , on Test ou on ne l'est pas.

BONHBDR , ?LAISIR , BfEN-ÉTRB , BÉATITUDE , PROSPÉRITÉ, FÉLICITÉ. Situation avantageuse, état où on est agréablement ou commodément. L'homme étant sensible , ne désire rien tant que le bonheur, le plaisir^ le bten-^e, la béatitude y la prospérité y la félicité.

Bonheur est pour bonne heure , bona hora. flera a signifié en latin le moment de la naisssance, lequel , suivant les astrologues , décidait du sort de toute la vie. En conséquence, le bonheur dépend de la destinée : on a du bonheur, parce qu*on est né dans nn bon moment, sous une bonne étoile. Avoir du bonheur, c'est avoir bonne chance, être favorisé du destin; on dit de quelqu'un que son bonheur, c'est-à-dire son bon sort ou son bon génie, l'abandonne. «Le bonheur n'était autrefois qu'une heure fortunée. » Yolt. « Fortune se dit de la divinité païenne qui était censée flûre à son gré le bonheur et le inalheuri

les bons et les mauvais succès.» Acao. Mais ce j qui , dans Tusage» distingue surtout lonheur de i ses synonymes, c'est la fréquence de l'emploi . qu*on en fait : il peut servir à définir les autres mots de cette famille , qui, par rapport à lui , expriment proprement des espèces.

Le plaisir est le bonheur d'un instant , un élément du bonheur; car, à parler exactement, le bonheur se forme d'une suite ou d'une somme de plaisirs. « L'idée du paradis se présente si faiblement à Tesprit d'un bomme amoureux qui se trouve vis-à-vis de sa maltresse , que le sentiment actuel et passionné d'un vlaisir volage prévaut sur l'image effacée d'une éternité de bonheur, » Vauv. a Je sacrifierai une joie plus sensible et de peu de durée à un contentement moins vif, mais stable et permanent, qui me procure, non pas un seul acte de pkimr , mais une habitude persévérante de bonheur. » D'Ag. « Le plaisir peut avoir les transports d'une fièvre ardente ; mais le bonheur doit être égal , sans accès ni relâche , sans ardeur ni frisson ; c'est proprement la santé de l'âme.» Marm. « Le plaisir est sans doute une excellente chose; mais le plaisir ne peut être pour l'homme un état habituel et constant. Le bonheur, c'est-à-dire un état doux et calme, voilà le but universel où doit tendre un être sensible et raisonnable.» Id. — On voit d'ailleurs par plusieurs de ces exemples que le plaisir peut avoir plus de vivacité que le bonheur; mais il est nécessairement plus passager.

Le bien-être est le bonheur physique, sorte de bonheur qu'on goûte ou dont on est capable , sans avoir besoin de posséder ou de développer la sensibilité morale, a Le bonheur n'est pas également réparti à tous les êtres sensibles : celui de l'homme vient de la douceur de son âme et du bon emploi de ses qualités morales; le bien-être des animaux ne dépend, au contraire , que des facultés physiques et de l'exercice de leurs forces corporelles. » BufF. « Le bonheur particulier de tous les membres d'une même société fait le bonheur commun de la société entière, de même que l'intégrité et la santé de chacun des membres du corps humain forment le bon état, ou, si l'on peut parler ainsi, le bien-être de tout le corps. » D'Ag. « Goûter la vie, la passer doucement, tant qu'elle est exempte de douleur et de péril, c'est le bien-être que la nature semble avoir accordé à tous les animaux, mais inégalement, selon les facultés dont elle a doué chaque espèce. Apprécier son existence , s'y complaire , en jouir et s'en rendre compte à soi-même parait n'avoir été donné qu'à l'homme, et c'est proprement le bonheur. Ainsi , le bien-être appartient à la sensibilité simple ; et le bonheur est réservé à la sensibilité réfléchie. » Haric.

La béatitude, beatitudOf est le bonheur destiné dans une autre vie à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celle-ci. « Nous ne serons jamais heureux, si nous n'aspîrons à une autre béatitude qu'à celle dont on peut jouir en cette vie. » PAsa «0 mon Dieu , vous comblez d'une béatitude toute pure vos saints dans la gloire de votre Fils unique.» Id. «Alors le ciel est promis à ceux quisouf- Â^nt persécution pour la justice; les secrets de la

vie future sont prêches et la vraie béatitude est

montrée loin de ce séjour où règne la mort.» Boss. « Le droit public se divise en deux espèces, dont l'une est le droit public temporel ou profane , parce qu'il ne regarde que les choses de la terre , et ne tend qu'à procurer une félicité présente; l'autre est le droit public spirituel on sacré, parce qu'ila pour objet les choses célestes, c'est-à-dire la religion, et pour terme la béaiituie éternelle. » D'Ag. « Les péchés véniels offensent Dieu à la vérité , mais ne l'irritent pas au point de nous priver de la béatitude. » Mohtisq. « Si te dieu Brama n'a que ce* présent à me faire (Ini rendre son mari dans un autre monde), je renonce à cette béatitude. » In. « Làbéatitude anticipée de l'autre monde eût été pour Mme la duchesse d'Orléans en celui-ci, si elle avait pa voir le duo du Maine établi roi de France au préjudice de son mari. » S. S. « Saint Pierre donandait à demeurer sur le Thabor; mais, en le demandant , il ne pensait qu'à une félicité temporelle , et non point à l'éternelle béatitude de l'autre vie. » BouRO. < N'est-il pas bien beau et digne de l'ordre , que Dieu n'ait voulu donner à l'homme la béatitude qu'après la lui avoir fait mériter? > FÉR. c Ëpicure défendait qu'on lui attribuât aucune chose indigne de l'immortalité et de la louveraine béatitude, » Id. — Quelquefois béatitudt n'a rien qui le distingue , si ce n'est qu'on l'emploie en termes de dévotion. Dans le Tartufe^ Tartufe dit à EUnire :

En vous est mon espoir, mon bien, ma qniélode; De vous dépend ma peine ou ma béatitude,^. Le bonheur de vous plaire est ma suprême étnds, £l mon cœur de vos vœux fait sa béatitude.

La prospérité et la félicité ne nous adviennent pas, ne sont pas un pur effet du hasard, comme le l>on/Mi«r;'nous pouvons, par notre conduite, contribuer plus ou moins à les amener. D'aolre part, la prospérité et la fi^tctl^ supposent toujours l'acquisition et la possession d'un bien positif, au lieu que bonheur se dit quelquefois aussi pour le mal qu'on évite. Mais voici ce qui caractérise plus nettement encore ces deux nouvelles sortes de bonheur,

La prospérité est le bonheur objectif ou extérieur, la fortune et l'état florissant des affaires; la félicité est le bonheur subjectif ou subjectÎTement considéré , le contentement de l'âme. Notre prospérité brille aux yeux du public et nous expose souvent à l'envie ; notre félicité se fait sentir à nous seuls , et consiste dans la satisfaction intirieure.— Dans la prospérité on est comblé de biens et on voit réussir toutes ses entreprises : être né dans la prospérité et dans l'opulence (Mass.) ; être étonné de ses longues prospérités et du coon fortuné de ses affaires (Boss.). Dans la félicité cm jouit, et parfois cela dépend plus du earactèn que de la position : « La félicité est dans le goât et non pas dans les choses, et c'est par avoir ce qu'on aime qu'on est heureux. » Larocb.— Prospérité indique ce qm arrive d'heureux à un homme à qui tout rit, pour qui tout tourne à souhait, c Crésus envoya quérir Solon exprès pour lui faire admirer sa grande prospérité, » Fin. Félicité exprime ce qu'une âme éprouve de joie, de doa-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

cenr j do suavité , de délices, c Te voilà au comble des idalsin , tu Tas nager dans les délices ; quelle félieUéloinqat deux cœurs bien épris approchent an moment attendu 1 » Reor. — Lorsqu'il est question du bonheur des justes au delà de cette vie , et qu'il s'agit, non de le désigner simplement, auquel cas on se sert de béatitude , mab d'en marquer Tintensité, félieité est de rigueur, et fnepérUé fermerait un yrai contre->s«ns. «Dieu paye un instant de tribulation légère par un poids éternel de joie, de gloire et de féliàté, » Mass. Les âmes des rois qui ont régné avec une sincère Ttrtu jouissent dans les Champs-Elysées d'une féiieiii complète (Vin.),

« On Toit des princes et des grands qui n'usent de leor pmpérité que pour la féUcité de leurs sens. » Mass. « Ils regorgent de biens et d'honneurs, et il semble que le monde se soit épuisé pour les élerer à une proepérité complète; mais cependant leur coeur est-il satisfait? Bt dans leur freepéfité même, dans ce bonheur apparent, trouvent-ils en effet la félicitée» Boubd. «On plaint le riche plus qu'on ne renvie, malgré sa pretpérUé; mais on est touché du bonheur de certains états, par exemple, de la vie champêtre, parce qu'on se sent maître de jouir de la même

BCKIHES ACTIONS, BONNES OECYRES. Les unes et les autres sont moralement louables.

Seulement, bonnes aetiom est Teipression ordinairs, au lieu que bonnes osuvres se dit en termes de piété. OEuvre, du latin opus, operis, travail , entre dans plusieurs autres locutions qui n'ont cours que dans le langage de l'Ecriture ou de rEglise : l'cvui^re de la rédemption; Vasuwre de chair; esuvre pie. OKunre signiâe particulièrement aussi la fabrique d'une paroisse ou le banc des marguilliers.

L*homme de bien fait de bonnes actions ;lo bon chrétien, de honnes œuvres. Les honnef actions sont conformes à la raison ; les bonnes osuwes, à la Un. On obéit à la voix de l'honneur ou de la conscience en faisant de bonnes actions; on travaille à son salut en faisant de bonnes œuvres. Les bofiaeff actions sont opposées aux mauvaises , aux fautes de tontes sortes ; les bonnes auvres le sont aux péchés.

c Pythagore nous donne le conseil de rappeler le soir ce que nous avons fait dans la journée , pour nous applaudir de nos bonnes actions ou pour nous blâmer de nos mauvaises. » Las. «L'honnête homme à Paris n'est point celui qui bit de bonnes actions , mais celui qui dit de belles choses.» J. J. «-Ce général croyait qu'il suffisait, pour commander, de louer les bonnes actions^ NOS châtier les mauvaises. » Roll. « Les Perses oojaient qu'il était raisonnable de mettre dans la balance de la justice le bien comme le mal , Issfliérites du coupable aussi bien que ses démérites, et qu'il n'était pas juste qu'un seul crime «flaçât le souVenir de toutes les bonnes actions ÇQ'un homme aurait flûtes pendant sa vie. » In. « Dieu veut seulement que nous fassions pour lui tout ce que la raison nous doit faire pratiquer; il n'est pas question d'ajouter aux bonnes actions qu'on fidt déjà; il n'est question que de faire,

par amour pour Dieu , ce que les honnêtes gens qui vivent bien font par honneur et par amour pour eux-mêmes. » ¥is. « 11 faut que celui qui a un véritable désir d'honneur , au lieu de le poursuivre avec empressement , se contente de le rechercher en faisant de bonnes actions. » Boss.— c Un Père a eu raison de dire que le souvenir de nos péchés nous est infiniment plus utile que le souvenir de nos bonnes (suvres. a BooRn. « Si nous connaissions le jour et l'heure où nous mourrons, plus de pénitence dans la vie, plus d'exercice de piété. Tout serait remis au dernier moment ; et de là plus de salut , parce que le moment de la mort n'est ni le temps des bojunes csutrès, ni le temps de la pénitence. » Id. «Rendez votre foi certaine par vos bonnes csuvres.9 liASs. « Des jours pleins de bonnes œuvres et toujours occupa pour le salut. » Id. « Le sceau de la piété , ce sont les bonnes csuvres et la conversion du cœur. 9 Boss. « Pourquoi dans les jours d'abstinence l'Église romaine regarde-t-elle comme un crime de manger des animaux terrestres, et comme une bonne œuvre de se faire servir des soles et des saumons f » Volt.

Quand il est question de notre conduite à l'égard des autres , une bonne action est un acte d'humanité ou de bienfaisance envers un de nos semblables. « Chaque fois que tu seras tenté de sortir de la vie , dis en toi-même : que je fasse encore une bonne action avant que de mourir; puis va chercher quelque indigent à secourir, quelque infortuné à consoler,* quelque opprimé à défendre. » J. J. c Vous avez poussé trop loin la générosité en aidant ce jeune homme de votre bourse ; mais enfin c'est votre métier de faire de bonnes actions. » Volt. « Il faut louer Chapelain d'avoir fait une très-bontie action en procurant une pension à Racine pour son Ode sur le ma^ riage du roi. » Lah. — Une bonne œuvre est une œuvre ou un acte de charité envers notre prochain. Il faut que les bonnes œuvres soient secrètes , que la main gauche ignore ce que donne la main droite (Volt.). « Mon maître (J. G.) a peu subtilisé sur le dogme et beaucoup insisté sur les devoirs : il prescrivait moins d'articles de foi que de bonnes csunres.... Il m'a dit par lui-même et par ses apôtres que celui qui aime son frère a accompli la loi.» J. J. « Pour sortir de cette funeste indifférence, il faut s'Attacher à la prière, au jeûne, aux aumônes, aux bonnes csuvres.^ Bofis.

BON SENS, BON GOÛT. ▲ssembUge de principes sages et légitimes, selon lesquels on juge droitement. Les règles du bon sens, les règles du bon goût. Telle chose est conforme au bon sens, au bon goût , ou le choque. « Le burlesque est contraire au bon sens et au bon goût. » Mark. c Tout cela (dans Esther) sans intrigue, sans action , sans intérêt, déplut beaucoup à quiconque avait du sens et du goût. » Volt.

Mais le bon sens n'est autre chose que la raison, la raison vulgaire, la raison des bonnes gens , pour ainsi dire ( voy . Entendement , intelligence, etc.). «Cette vérité est conforme à tous les principes du bon sens et de la raison. » Bourd. « Il faudrait avoir perdu le bon sens pour dire qu'il est parfaitement clair que Time est moi-

MO

i>SUXifill£. PARXn :

telle. > Paic. s m. Ludoa, ipii me pantt homme de Iwitenêf pourra vous aider de aesicooteils. » Tis. « Tels sont les préceptes généraux qoe le beii MHS dicte à tous les hommes (sur ie suicide) , et que la religion autorise, a J. J. — Le bon gaùi est la raison dans son applicatioD aux dioses-d'agrément, aux objets beaux. «Le bon goût n'est qu'un sentiment fin et fidèle de la belle nature. * Vaut. « Le soin qu'un homme de b<m goût prend pour placer de bons tableaux dane un jour avantageux. 9 Fku. « Ce mélange (de diTersae dtatimiB dans un plaidoyer), si conforme aux règles de l'art, fut applaudi par les auditeurs de bon goût » Id. c Le hoH goût règne d'un bout à Tautre dans les LeUre$ pravineiales. » Volt. « Shakespeare aTait un génie plein de force et de fécondité, sans la moindre éttncella de bon goût, et sans la moindre connaissance des règles. » In. — Aveo du bon êen»^ on. sait distinguer le vrai du taux, le bien du mal; avec du bon goût^ on sait diseecoer le beau du laid.

ce Entre le bon 9ên$ et le bon gtét il y a la différence de la cause à son efiet. » Labr. C'est-àdire, conformément à- la maxime de Boilaau(rien n'est beau que le yni), les saines idées en matière de beauté dépendent» résultant des saines idées de la raison commune sur le vrai, le hien , rhonnète; soyez capable d'apercevoir le vrai et le hian, et par là même vous serez capable de sentir le beau. Une relation samblahk entre le bon ions et le bon goût est indiquée dans le passage suivant : a L'imagination s*afiranahiial(»s de toutes les règUs de vrabemblance et de convenance. Plus la raison s'altère « phis l'imagination devient vagabonde et déréglée. A cet égard, iecti« fier l'esprit, ce n'est que ie ramener à la raison et à la nature; c'est ie bon sens qui est le>préeur* •eur, le restaurateur du bon goût. » Maisk.

D'ailleurs, bon tent désigxiant la raison sous sa forme commune , populaire , dans son rap|»ort aux ohooes ordinaires de la vie , aux choses de pratique , a moins de noblesse que bon poât qui la représenta comme présidant à l'i^pcéciation des objets les plus relevés, h» plus. fins, les phis délicats.

!• BONTÉ (BÈNIGIflTS, SteONMAIRETft , BIENTEUXANGB, BIENFA18ANCB); — 2* DOV- CH7E (MANSUÉTUDB): — a» HUKAimifc (mi- LANTH&OPIE, CHARITÉ); — 4* SENSIBILITÉ (TBNDBB88S). Tous ces mots désêgnenl une dis^ position qui nous rend Savorahles aux autres. Ils paraissent se diviser naturellement en quatre classes sous les mots bont^, douctwr , hmmanitéet tmuibUM, qu'il s'agit de distinguer d'aherd.

Jonl^, doucaur, humanité , unsiMité^

On est bon par inclination , et4iotts par caiaelAra. La bonté est une qualité qui influe proprement sur la volonté par rapport aux biens et aux plaisirs qu'on peut &ire aux autres; en sorte que l'homme bon aime naturellement à rendre heureux, travaille volontierB pour l'avantage d'autnii, et est incapable de nuire , d'affliger, de souhaiter même du mal. Le contraire de la bonté est un penchant mauvais, la méehanoeté. «La bonl^ est un goût à faire du bien et à pardonner le mal. » •Yauv. «Nul m médte d'être loué de sa bonté, ^û

i^a paaia teee dTéica méehimt : Ittalaantie htmé n'est le plus somrent qne parassetou impnisMaM delà Toèanlé.» Labocb. La douseur est une qoaiité qui influe snr l'humeui: et a jnpportà la nanièra.de preodee Las choses dans le eommams de \& ijùi àÙa faiifm'-OB ae montre .gracieux, amoBmodaaA, qu^on ne choque, qu'on ne déëaigm, qu'nu/ ne rehate penonna, qu!en ne se flcbe pas aiwément. La.dMtteiir«pourc(mtnaires.tDHlB8hs qnalilès .anttadftahw r. elle nous mufècào d'èke rudes, hourras, anariitres, pleins d'aignir au d'smporlement. c. Bien heureux cmix qui sont deiw, sais aigreur, sans enflure, sans dédain, sans prendre avantage sur personne, sans issalter aux maUwuxeuz, sans même choquer la supeebe; dons même à ceux qui sont aigns, n'opposant peint l'humenr à l'hâimeur , la violeaoa i la violence. » Boas. -* La bonii^ produit eatra ks hommes un échange de services ; ln> dancaar antnttieni la société par le liant qu'elle met daaslaatesiesrelatinos..-^ Au reste, on; peut être bassaos être dewa, et iécipiequement. On peut Itra boa avae un caractère bmaque , Apre, groaiisr, violent même. On peut êtn dotic, avoir des panles et des manières engageantes, flatteuses, nais saiÀ trouver réellement plaisir à obliger : qua de gens appelés aimables dans le monde sont aiasi fiaiU. « n y a loin de la doneaiir à la bonté. Les grands qui écartent las hommes A fi»vee de politesse sons bonl¥, ne sont bons qu'à être écartés eux-mêmes A force de respects sans attashement.» 9acu

VhmwiUté^i la fontt^îKl^ ont i^us de raaaaDblance entre ellea qu^elles n'en ont avec la bosi^ et k douceur. Biles sont moins spontaaées que ceiles-oi et plus négatives , c'est-à-dire qu'éDes ne consistent pas à se rendre de sot-mêne, et sans excitation , utile ou agréable , maôs à soulager des «Baux ou à épargner dea peines parce qu'on est touché*. Baas être ni bon par nature, ni dans par caraotèie , on aéra néanmoins hwmom ou aansible, si on a du cœur, n on est compatîBsaBt, si on ne peut voir sans peine les maux d'avtroî.

L'^SMHi^ et la saiwtbOîf^ eut aussi leurs difiéfmraes. Nous éprouvons de Yhummnêté^^ l'égard de tous les hommes indifféremment , et par ceU seul qu'ils sont hommes ; nous n'avons da tmnbiUié que pour ceux dent les maux présents nous frappent et nous émeuvent en leur faveur. Cdoi pour qui nous sommes hiiwMitnr est à nosyau notre semblable , nous f At-il d'ailleurs tout à feit étranger; oelui auquel la smoibUité noos fait prendre intérêt est devenu notre ami , noos soeffirans de ses souffrances. — Vhumamté est un siatiment Bioral et vertueui, calme, firoid, fiisonné, constant, fruit de la réflenien ci de lumièras , qui peut ae trouver dans les êmea les moins tendres et les moins délicates ; la saatM* Uté, au contraire, donne l'idée d'to eentîDBeDt vif, passionné, capricieux, qui naît dans l'Oecasion , qui dépend tout de l'organisation et napaot se produire que dans une ftmetfèsHmpressionDe' ble. L'homme est plutêt humotn, et la tm0^ tentibie. — Vhummnté étant phis générale, pl«» froide, moins voisine de l'amitié, a par ce^^ même m<Has de oharme. « Et noue qui nev p*'

SYNONYMS; À. «AnCî&in DIVERS.

kit

scmuDes pas même htnnoin»-, noat le» tof^ms^ nous les abandoimoi», neu» ne ^littm» pae 1»» Tulr.»— BaFF. L'HumanH^sftppoeeëes mtuX'piMir ]»qaels on a besom d'être assisté pwc nn seecwrs effectif; et la sensibiHié des amux de meioére conséquence peut-être , mais donlourefue et tev* chants, comme des peines et des diagrins, dont on a besoin d*étre soalagé , ee qui demcnrle «eulement ({n'en y prenne part» On eet pTOpfement hicmaM et secoirrable, rennitfeeteompsttssBiil. — CTégdiste , peur qui les antres hommes n'esisteat pas ou sont d'une nature inférf evre à la siennei e«C sans human«r<; le cœur dur, qui est fénné à toutes les impressions attendrissantes, manque da ttmibiUU,

t* Btm»é, bénignm^ dUbmmawefê , MeiweM- Umeéj binfàisance. Tous ces mots ont le même radicsîl , ïfon , bem , bien. Ils signifient toae une disposition à flaire du bien, à rendre servîee, à procurer le bonHeur, à donner, à eeoourir, à'OX' euser, à pardonner.

Bonté est le terme générique. Bêntgnêté et âêHmmaireté désispnent une granéte bôfiM; la bi/tMseiViancB et la bîmfaistmee sont les deux modes principaux de \z:bontié.

Bénignité ^ débonnaireté ^ grande bûnté. Bénignité^ de benegmtitust bien né, né bon, exprime une boni/ naturelle , ert se dit bfen des choses inanimées qui exercent par elles-mêmes une infiuenoe ou produisent des effets salutaires': La bénignité du soleil (J. 7.); une saison bénigne (Dosa.)) ^n^ fleuve bénin (In.). Appliqué aux hommes, ce mot donne l'idée d'une bimié essentielle, d'an grand fonds de bonté y qui se déploie sur tous indistinctement et toujours. Cest une (ofil^ikcile, sans réserve, qui ne sMnquiète* pas de savoir si on est digne ou indigne. «Pour faire toir la modération et la clémence de 9a Majesté unpériale , l'ambassadeur assurait qu'elle n^en^lerrait pas même de troupes en Italie , ne voulant inquiéter personne, mais faire du bien à tout le monde.... Cette bénignité accoutumée de la maison d'Autriche devait engager le roi de Sicile & rechercher les bonnes grâces de Fempelevr.» 5. &. Mais la d^betinotrel^ est une bonté indulgente , pleine de longanimité , qui ne tient pas compte des torts et des outrages , qui rend le bien peur le mal. « Selon la morale de Jésus- Christ, c'est une béatitude que d'être doux et débonntife, que d'être pacifique et patient, que d'endurer les injures et de les pardonner; et, selon la morale du monde , c'est une lâcheté que de rapporter la moindre offense. » Bouan. 3t la bé* ^nité n'examine pas , la débonnaireté ne se re- 1»^ pas. — Aujourd'hui ces mots ne se prennent guère que dans le sens ironique pour marquer nne excessive bonté : alors bénignité a pour accessoire la sottise, et débonnaireté la faiblesse. OiuiB V Enfant prodigue de Voltaire , Jasmin dit à 'Ettphémon fils , au sujet des parasites de celui-ci :

I^vre bêle !

Piutre innocent ! tu ne tes voyais pas Tb dnunooixer an sortir d'un tepas, SiflOer, bertter la hémgn& impredeiite»

Kt , d'autre part , Sain^Slmon parle souvent , dans

ses Uémotfm, â»la ftUbléHa^da fé^tat, et de sa dêtmma^miy de-sa; TsnlQsûébonnaiireté, De même Lafontaihe appelle débonnoire et doux le roi envoyé par Jupiter aux grenouilles, ce roi sur l'épaule duquel saute la gent marécageuse, tandis que

Eelnmalrele-aoUffi^y et'setfent toujours col. Un mari'dènth eatlwn^, innocent^, tlnenroH pas et ne se soucie pas de voir les désordres de sa femme: un mari d^onnairs les voit, mais il les souffre, ftiute de caractère. L*un est ridicule, Ymtto fait pitié»

La bxemMUanee et la bten/bisonce sont aisées à distinguer. L'une consiste à vouloir, et l'antre à faire du bien ; l'une s'en tient au désir, l'antre en vient à l'accomplissement. « Il s'agit (dans la chaire) (finspxrer aux hommes la bonté , Vindulgence , la biewoeiUanoe mutuelle , la bienfaisante active.» MAaic. «Dieu n'a-tril pas donné aux hommes raemour'<propre pour-veSler i leur conservation; la btenveiPf lance, la bienfaisance ^ la vertu, pour veiller sur- Famour-proproî» Volt. On est hieneeiïkknt sans êtrebien/istfaiit, quand on a simplement des intentions favorables , quand on prend ou qu'on porte iitférêt, quand on est préti rendre service, sans cependant' passer aux effets. <r n avait paeru bien disposé pour mot : cette bienveiUance m'en avait inspiré, irj. j. Alceste reproche & CélSmène de recevoir Acasrte. EHe lui répond :

Mon Dien! de ses pareils Ta hienweillanee iinporie..^. Ils ne aanralent aerrir, mais II peuvent voua nuire t El jimals, quelque tppot qu^on puisse avoird'ailleurs, Ote^ne deil'se'bfoeiiler aveo^oes grands braiUeure*

■ob..

On est bienfaUant sans être bienveiUant, quand on fhit le bien par calcul ou par ostentation , ou sans savoir le faire , sèchement, sans témoigner qu'on prend intérêt à ce qui nous touche. « Mme Geoffrin était bienfaisante , mais sans aucun des charmes de la bienveillance,» tfAtiic. « La véritable politesse consiste à marquer de la biewmllanee aux hommes. > J. J.

D'àilleura, lors même que b^enfainmce se prend, ainsi que. bienveillance , pour une simple disposition, Û en diffère beaucoup. La bien /htsance est une disposition à être utile , et la bienveiiïance une disposition à être agréable , à recommander, & favoriser. La bienfaisance fait attendre quelque chose de plus solide , et rend capable de sacrifices. Un malheureux implore votre bienfaisance y un orateur réclame votre bienveillance, « Votre père mourant ne vous a pas vainement recommandé à ma bienfaisance: souvenez-vous que je vous ai élevé. » Beauv. « Si les prédicateurs s'élèvent contre des vices que nous avons, nous nTavons plus pour eux cette bienveUlance qui nous tendait leur parole utile. »

BOURD.

Bienfaisance est un mot dti xvirr siècle, quoiqu^I s'en trouve un exemple dans Bossnet et un autre dans Fénelon. « La langue fk-ançaise est redevable à Tabbé de^hint-Pierre d'un nxot préeievx , celui de bienfaisanee , dont il était juste qu^il fat rinventeor , tant il avait pratiqué la vertu que^oe-mot exprime. « D'Al.

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