DEUXIÈME PARTIE
aussi de ces quatre mots le seul qui ne s'emploie pas au pluriel.
f CONCURRENT , COHPiTlTBUR , CONTEN- DANT; — 2* ÉMULE , RIVAL. Des hommes animés d'une même ambition , qui agissent & Tenyi Tun de l'autre ou les uns des autres , qui cherchent à l'emporter l'un sur l'autre ou les uns sur les autres, sont coneurrenU, compétiteurs, eontendants , émuiet ou rivaux.
Mais concurrent y compétiteur et eontendant annoncent un but particulier qu'on poursuit , au lieu qu'^muZe et rival ont. rapport à toute la conduite, à tout un genre d'actions. Charles- Quint et François I** , émulée ou rivaux l'un de l'autre, devinrent concurrente y compétiteurs ou conUndantSy lorsque, i la mort de Maximilien, ils se disputèrent l'empire d'Allemagne. Le concurrent , le compétiteur ou le contendani se prp • pose d'obtenir , à l'exclusion de tout autre ou de tel ou tel autre , une certaine chose ; Vémule ou le rival travaille à être toujours l'égal ou le supérieur d'un autre. Deux hommes sont rivaux, quand ils aspirent à l'affection d'une même femme, affection supposée devoir être constante; s'il s'agit du fait spécial de l'épouser, ils sont eoncurrents, « Peut-être que M. Damis se piquera , et perdra l'envie de se marier, lorsqu'il se verra pour concurrent un rival de la figura d'Eraste. » Lis.
1* Concurrent ^ compétiteur , eontendant. Qui prétend remporter sur un autre ou sur d'autres tel ou tel avantage déterminé.
Concurrent y de coneurrere, courir ensemble, disputer le prix de la course , suppose une chose réservée au plus digne , à oelui qui feca le mieux , qui surpassera ceux avec qui il lutte. « Je sors d'une nombreuse ordination, dont les examens m'ont tenu longtemps , et je tombe dans un concours très-péniblè , où j'aurai plus de trente-six cures à donner, et plus de six- vingts concurrents. » FÉN. « On disputa les prix des jeux : Amphiale fit admirer à ses eoncurrento mêmes sa grftce et sa légèreté à la danse. > Id. « Henriette attacha son affection au royaume où l'on ne craint point d'avoir des égaux , et où l'on voit sans jalousie ses concurrente. » Boss. « Il est généreux, il ne nuit à ses concurrents que par son mérite.» Mass. « Après avoir tait tirer au sort les petits concurrents , je les enverrais tous l'un après l'autre, jusqu'à ce que la bonne boîte fût trouvée. » J. J. « Aux enfers , Eschyle occupait le trône de la tragédie. Euripide veut s'en emparer; on va discuter leurs titres; les concttirentf en viennent aux mains. » Bartb.
Compétiteur y competitor, de cum petere, demander ensemble, ne se dit qu'en parlant de choses susceptibles d'être briguées , charges , emplois, dignités, trônes ou couronnes. «Les églises étant devenues- pauvres , les rois abandonnèrent les élections aux évêchés, et les compétiteurs réclamèrent moins leur autorité. » MoHTBSQ. « Théodose vainquit avec les Gotbs son compétiteur Eugène. » Volt. « Le roi Isboseth , fils de Saûl , perdit courage quand son général Abner l'abandonna pour passer au service de son eofUtpéti/tewr David. » Ix>. «Aspirant à un sixième
consulat. Marins écarU Métellus, Fun de ses eompétiteurs. » Roll. «Non content de s'être (ait élire lui-même (décemvir), Appius travailla i faire tomber sur ses amis le choix du peuple pour les neuf autres places , et à donner exclusion aux plus distingués de ses compétiteurs. » In. VHellius fut le compétiteur d'Othon (J. J.) , StanisUs celui d'Auguste , roi de Pologne (Volt.) , l'arGhiduc Charles celui de Philippe V d'Espagne (!&., S. S.) , etc.
Contendanty de contendere, prétendre, se dit d'hommes qui ont les mêmes prétentions et qui les soutiennent par la dispute ou devant la justice, c Dans la dispute sur le mystère de la Trinité , les deux conîendants , tous deux habiles, se fondaient également sur l'âcritiire.» Boss. «Il en faudra donc venir à dire qu'on ne doit rien tenir pour jugé (entre les catholiques et les protestants) , jusqu'à ce que les eontendants y donnent les mains. • In. « Ne discutons pta ces propositions. Ce sont des sources intarissables de dispute. Les deux conîendants tournent sans avancer, c<Hnme s'ils dansaient un menuet.a>VoLT. « Le barreau, la tribune sont une arène, où la première loi du combat entre les deux eontendants est que les anses soient égales. » Mark. « César manda les oontendanis à DéciEe pour arbitrer leur différend. » Roll. « Le roi présida au conseil où cette importante dispute devait être décidée. Chacun des eontendants plaida sa cause.» In. a Dans le procès Kommann , le public, trèsdésintéressé sur les deux parties eonfsndatitsr, ne vit bientôt que le seul Beaumarchais. » Lah. « Il serait à souhaiter que ces questions fussent jugées à l'amiable par un comité de gens de lettres et de théâtre bien choisis, où tous les eontendants expliqueraient les motifs de leurs prétentions.» Bbauk.
2* Émule y rival. Qui prétend et s'attache à égaler ou à surpasser quelqu'un dans un genre quelconque.
Vémulation n'a rien que de louable et peut être de la part de ceux qui marchent à la gloire par la même voie le principe des plus généreux efforto. Louvoie était Vémule de Colbert(S.S.), Sophocle celui d'Euripide (Babth.) , le comte-doc Olivarès celui du cardinal de Richelieu (Volt.), Thésée celui d'Hercule (In.) , le ministre Claude celui de Bossuet (In.) , Alexandre celui d'Achille (Barth.) et de Bacchus , le premier vainqueur de rinde (J. J.). J. J. Rousseau écrit à Condoieet : « Si j'avais i renaître , je tâcherais d'être votre disciple pour mériter d'être un jour votre ésMile et votre ami. » « L'auteur de Rhadamiste et à*Éîectre sait qu'il n'a fait naître en moi que de Vémulation et de l'amitié. » Volt.
La rivalité y au contraire , est odieuse ; elle tient de la jalousie et par conséquent de la haine. Vémule est un imitateur et conune un compagnon sur la route de la gloire ; le rival est un ennemi. Deux émules vont ensemble, deux rivaux l'un contre l'autre. Vémulation rapproche , la rivaiité divise. Plein d'estime pour le personnage dont on est Yémule, on travaille par dés moyens honnêtes à lui ressembler; plein de colère contre celui dont ouest le rival^ on n'épargne rien pour le 8U]H>lsn-
SYNONYMES À RADIGAIIX DIVERS.
ter oa la dètraire. Il &ttt prendre garde que IVmuiation ne dégénère en rivaUté, «Ambitieux, nous ne pouvons souffrir que Ton rende justice i personne ; de nos proches mêmes et de nos amis nous nous faisons des rivaux et des ennemis secrets. > BoDBO. « Ifazartn fit mettre en prison le duo de Beauforl, qui n'avait d'autre crime que de lui disputer son autorité , et d'être à la cour son rival en crédit. » Volt. — «Aristide aida en toute occasion Thémistocle de ses conseils et de son crédit, quoiqu'il pût le regarder comme son rival, et même comme son ennemi. » Roll. « La haine mutuelle porta ces deui rivaux à quitter tout (dans le combat) pour s'acharner l'un sur l'autre. « In. c Dieu déclare qu'il est un Dieu jaloux , qui ne peut souffrir les spperbes, qu'il rejette les orgueilleux de devant sa face, parce que les superbes sont ses rivaux. » Boss. « Le coq , s'il se présente un autre coq , accourt l'œil en feu , les plumes hérissées, se jette sur son rival ^ et lui livre un combat opiniâtre. » Buff.
Deux poètes, évMilei l'un de l'autre, deviennent eoncurrenis un jour qu'ils se disputent le prix de leur art, et chacun alors relève le mérite de ses pièces et déprime celles de son rival (Bartb.).
CONDITION (DB) , DE QUALITÉ. Ces deux expressions , maintenant presque hors d'usage , servent à désigner les personnes qui n'appartiennent point à la classe du peupla , mais qui exercent ou dont la famille exerce un emploi noble , et non une profession lucrative.
L'une a rapport au rang , l'autre au titre. Avec un emploi important, dans la robe ou dans la finance , par exemple , on était homme de condtfîoif , quoique peut-être on appartînt à la bourgeoisie. A moins d'avoir une qualité, un titre, un nom, à moins d'être marquis, comte, duc ou piinco, on ne pouvait être dit homme de qua-
L'homme de condition ne doit point être confondu avec le reste des hommes ; c'est un homme de distinction ou de marque. L'homme de qualité appartient à un ordre particulier dans i'Etat : il a des aieux, un nom et des armes.
Le défaut ordinaire des gens de condition, surtout de ceux qui sont nouvellement paryenus , c'est le luxe et la hauteur des manières; celui des gens de qualité, c'est la morgue et l'opinion extravagante qu'ils se font du mérite de la naissance.
« Je me voyais au milieu d'une grande ville abondante en ressources, pleine de gens de condition dont mes talents ne pouvaient manquer de me faire accueillir. » J. J. « Rahuel disait : Ce M. de Grignan, c'est un homme de grande eondtltofi : il est le premier de la Provence. > SÂv. « On charge les carrosses d'un grand nombre de laquais pour exciter l'idée que c'est une personne de grande condition qui passe. » P. R. « Si un couvent est dans la ferveur et dans la régularité de son institut , une jeune fille de conlitltoa y crott dans une profonde ignorance du siècle. 9 Fin. Dans un de ses sermons , Bossuet appelle « personnes de condition » des personnes riches et haut placées de la bourgeoisie, de la
noblesse et de la cour associées pour une œuvre de charité.
« Les Suisses sont obligeants , hospitaliers , surtout pour les gens de qualité. On est toujours sûr d'être accueilli d'eux en se donnant pour marquis ou comte. » J. J. « Tu es la femme d*un prince; mais pour une dame de si «grande qualité , je te trouve les frayeurs un peu roturières. » Id. « Se défaire des filles de qualité pour leur noblesse sans leur rien donner.» S. S. «Dans cet hôtel de la folie se trouve entre autres l'épouse superbe d'un corrégidor, à qui la rage d'avoir été appelée bourgeoise par une femme de qualité a (ait perdre la raison. » Les. « Le corps des évêques , en France , est composé de gens de qualité qui pensent et qui agissent avec une noblesse digne de leur naissance. » Volt. Mme de Sotenville ne peut instruire George Dandin de la manière qu'il faut vivre parmi les personnes de qualité; et M. Jourdain , qui veut devenir noble, conunence par se faire habiller comme les gens de qualité.
On est plutôt de condition médiocre, et de grande qualité, « Il n'y a rien de plus capable d'inspirer la modestie aux personnes de condition médiocre, que de voir les personnes de grande qualité dans une exacte modestie , soit pour les habits , soit pour les ajustements. » Nie.
CONSCIENCIEUX , SCRUPULEUX. Attentif à bien &ire , à ne rien omettre de ce qu'il faut , à ne se rien permettre de mauvais ou de bl&mable.
L'homme consciencieux est plein de consdenee , a soin de consulter et de suivre sa conscience L'homme scru/puleux est plein de scrupule, c'està-dire plein de conscience jusque dans les moin* dres choses; il tient compte du plus léger poids, même d'un scrupule; le scrupule était chez les Romains la vingt-quatrième partie de l'once. Scrupuleux renchérit donc sur consciencieux. Aussi dit-on, pour signifier qu'un homme est trè8-conscieficteti«, qu'il l'est jusqu'au scrupule (AcAo.). « On a représenté l'hypocrite (sous le nom de Tartufe) cofisciencieua; jusqu'à la délicatesse et au scrupule sur des points moins importants, où toutefob il le faut être, pendant qu'il se portait d'ailleurs aux crimes les plus énormes. « Rouan. Le scrupuleux touche au minutieux. «Cette exactitude scrupuleuse et même minutieuse sur les mœurs , que les peuples corrompus appellent pédanterie , et dont les sages de. l'antiquité faisaient tant de cas. » Coirn.
Consciencieux exprime une qualité, celle d'être attaché et fidèle à ce que dicte la conscience; scrupuleux marque un degré , le plus haut ou le dernier dans le petit. Labruyère parle dans ses Caractères de gens qui se plaignent c d'un testament fait avec loisir, avec maturité, par un homme grave, habile, consciencieux, » Et, d'un autre côté , on dit payer ses dettes avec une sen^ puleuse régularité (Ross.). « L'ambition d'acquérir de nouvelles connaissances ne prit jamais rien dans samt Thomas d'Aquin sur la régularité la plus scrupuleuse à tous les exercices de son
état. » Mass.
Consciencieux ne se prend jamais qu'en bonne part. Scrupuleux , comme minutieux auquel lires-
BBeXIËHB PAETIE
•emble fort , amionoe quelquefois un défaut , celui de regarder à des bagatelles , tandis qu'on néglige dM ohoeaa importantes. « Que le nondeett plein de ces fausses piétés l Sûrupuiemn àKOAlm petites •hligations , large sans mesura dass lee autres. » Bos8. « Tel fut le vice des phuisiens : exaotitnde Mcrippukute à l'égard de certaines traditions , de certaines cérémonies peu nécessaires ; et du reste transgression libre et entière des devoirs les plus Tndispensables. » Bourb. ComeUnemuimêni équivaut presque à religieusement; et icrupur hummmt a parfois le sens de auperstitieuseme&t, ou peu s'en faut.
CONSÉQUENCE , CORCLCSIOIf . Idée ou proposiition qui dérive d'une autre ou de plusieurs autres.
Comiqumêê , tomequenlia , de eoiwegi» , 8*enr aiifvre , est objectif; eonekaion , résultat de l'ac^ tien de eonelHre, est subjectif; os dit la eeiie^q^encê d'un principe, c'est-à-dire ce qui en dérive naturellement, et la eonelufion d'une pei^ •oane, c'est-à-dire ce qu'une personne faiidéri^ ver de oertaines prémisses.
Suivre , admettre toutes les eonc^queiieei d'un principe, qui découlent d'un principe (Agad.). m Attaquer l'erreur en elle-même, dans ses prin*' oipei et dans ses amêéqtàincês, » Boss. « De là , par mie ifonséquenee immanquable , l'inutilité de ce divin mystère^ • Boqrd. « Aristote découvre dans les sujets qu'il traite un grand nombre de sujets et de emiséquenees, * P. R. « il n'y a nulle comtéquence directe entre Tidée de grandeur ot l'idée de signe.» Id. — « Voilà comment je cont- «lurais, et ce serait sana doute ]b, cowlttsion la plus raisonnable et la plus sensée. • Bourdu m Vous allez voir que ma €Oin€lu9iom est évidente. » fin. m Mais enfin Tauteur tirema^t^l de là une œnduiùm claire ot précise? » In. « Pour la profondeur et la pénétration , pour la justesse des eondtuiom , povir la dignité du discours , il n'y a rien que l'on puisse eompai«r à saint Au*gustin que Platon et Cicéron. » Labr. « Peut-oa da sang-froid tirer de parnillea conduiimu^ et pourrait-on las voir tirer sans en rire? » Mal. m Voltaire dit de Bayle qu'il s'est ûdt l'avocat général des philosophes, mais qu'il ne donne jamais ses amcltuions. » Lab.
Ce qui légitime une cens^guenes , e'est sa coni- Aexitéavec un principe évident; et ce qui fait la force d'une conciimoii, c'est qu'on a su établir de la connexion entre elle et lee propositions d'où on la tire. Une bonne lons^quence a une valeur absolue, indépendante de nous, est vraie; une bonne coneiunan est d'un bon faiseur , pour ainsi dire, a une valeur relative , est irréprochable quanta la forme et par rapport aux règles , correcte. Une conclttfton est d'ordinaire la eeiw^guence d'un argument en forme , d'un raisonnement réduit aux termes d'un syllogisme et considéré an point de ▼ne de la logique. « Parce qu'on ne peut pas tirer toutes sortes de conthutom de toutes sortes de prémisses, il y a des règles générales qui font voir qu'une concliuton ne saurait être bien tirée dans un syllogisme eu elles ne sont pas observées, > P. R.
De fauflsea coiif^queiwcr sont des orreurs; de finMSM «MiotsttMia sont deafrates de raisonne*
ment. Nws estimons un principe à cause des cou- MéquÊMêt qui y «ont contenues et un antevr à cause de aes coweluÊwnt , doses manières de conclure. Un éerivna sidt les eofit^grueiieer de ses priactpea, ce sont ebosee qui le mènent, dont il dépend; et il éonti» des eonclmùms, ce sont choses qui dépendent de lui, qu'il fait telles ou telles, c Quand k sera question dte me déAndre , Je suivrai sans flcnipoLe toutes les «OMs^aencer de mes principes...; que si mes censeurs s'obstinent à désiper eneore des eofiefuHont pratiques, je leur en promets de très-elairement énoncées. « J. I ' COIf 9CI1IMBB , CONSmm. Conformément au latin eontummare et confvmetv, Nicod dit : eontominer et parflûre , eotmimer et user. Après lai , Vaugel&a, pids Ménage, puis Beaucéa, auraient voulu qu'on observât toujours cette différenoe, que aomomm&r sîgnifltt uniquement achever . c'est-à-dire- aocompUr (le mariage , «ne oeuvre , une affaire, vn crime), et que cmuumer se prit seul pour achever, c'estA-dire détruire en usant : la rouille soniMme le for, le fhu le ehaxbon; l'aBdour tomume cet homase. « Il est néoessaîre, pour eofifoinmer le saeridce de la messe, que le pritiu eomumê les espèces consacrées. » Beaux. Mais on n'a pas laissé d'employer aussi eonfom* mer dans le sens de consu$Mr, d'anéantir par l'usage : con«omf»er du charbon , des prorisfons, des denrées; «'est ce qui foit que ces mots sont synonymes , et qu'il n'est pas facile de les distinguer dans cette aeeeption où ils sont prés d^équivaloir l'un à l'autre.
L'action de ooncommer ne détruit pas en vain, cennue* cette de eoneumer. La consommaHon sert à la reproduction, c Dans la mer, presque tonte la nourriture , tonte la oofuommalton , tourne au profit de la reproduction. » Buff. La cenvomptibfi ne sertie rien , et même souvent elle ne h\t que casser du domauge. « Les Scythes avaient eu soin de boucher tous les puits et toutes les (bntaines,«t de coneutner tous les fourrages dans les lieux où les Perses defuient passer.» Roll.— Par tel procédé on oofteemme peu de charbon pour fondre le for (Buvf.). « (Set ineeodîe souterrain n'a pas d'effet violent, et n'est nuisible que parla perte du ehariMm qu'il eofwnme. v Bvrr. *- On cotifomme des soins et des veilles au serrîoe de quelqu'un (Pasc.) , et tout honaune doit se résoudre à eofwofHmer sa vie dans le travail (Bonan.); mais on coimcme inutilement ou sans fruit son temps , sa vie , ses efforts.
Ensuita, eonsommer venant de coMuannore, fure la somme ou additionner, marque plnldt une action succesaive , qui ajoute partie à partie jusqu'à former un tout; au lieu que eoimm^ri ewm> Minere , prendre plusieurs choses à la Ans , indique une action qui se foit tout d'un coup. Les habitants de tel pays en eomommeni tous les produits dans l'année. Bn général , on met beaucoup de temps à eonsmnmer. « Si vous entendez que je reste dans votre maison jusqu'à ce que la muscade et la cannelle soient oofuemmd» , je n'en défna> rerai pas d'un bon siècle. > J. J. Hais une grande armée a bientôt consumé toutes les récoltes du pays qu'elle occupe, c L'armée des Perses ceimmaU tout on peu de tempe dans le pays. » Boas,
SYNONYMES À RIMGAUX DIVERS.
« L'snnée de Xenèt eoBtinuait sa route yers la Thessalie , ravageant les campagnes , aon&uman dans un jour les rëeohes de plusieurs années. » Bartb. — Les causes qui agissent lentement, la nniilte, la pourriture , la vétusté , eomommenl; le fén conMwme, a Mettons le feu à cette bourre superflue , à ces TteîUes forêts déjà à demi «ongommées; achevons <te détruire avec 16 fer «e que le feu n'aura pu confumer. » Bopf. « Ce feu dévore et conMume en un momeot tout co qui Coffre à son activité. « ]>*Âo.
QMIBfrAlKZ , FIDÉLITÉ: Qualité dVne persomie qm ne change pas , qui reste invariablement atiMbée à quelqu'un ou à quelque chose.
Ctnutanct, de eum fiant, qui demeure le mime, marque un attaohement naturel ou de goAt; fiéiHté^ de fidns, qui garde sa foi, désigne un attachement moral ou d'obligation. On est eanUad en amour, fiâèie à sa parole. Coeur eôur stamif dépositaire fidèle, dmêtance dans Its^ffecftoiv(BuyF.) , fidfkité des promesses (Boas.). One finmne eomtante continue à avoir la même inclimtioB, à aimer le même homme. « La emstance est la chimère de l'amour. » Tavv. « Zelmis ne BL'adme plus ; mais que me soucrié-Je de sa een" atenee Ofu de sa légèreté? » Rboh. Une femme paie observe son senneot et ses devoirs, a La Jalonne inventa Yart de mutiler les hommes, X»our s'assurer de la fidélité des femmes. » Volt. c Montaigne garde la fidélité au mariage , à cause de la peine qui suit les désordns. » Pasg. Vinr ranstanfe est légère; rtn/idé(e0pafjttre. L'actrice vue Clairon n'avait pas longtemps le même nmast; mais, tout le temps qu'elle en avait un, igUe n'était qu'à lui, elle ne le trompait pas; elle B*ét«it pu constante^ mus fidèle (Marm.). -^ La eomtamu a le caractère des passions , elle est fatale; la fidéUié, comme tout ce q^i tient à la convoite, est libre. On doit être ravi de la confiance; on doit récompenser la fidélité.
D'autre part , la conelaiiee exprime plutôt delà persévérance et du courage; et la fidélité^ de la dac9ité et du dévouement. Dieu éprouve ses élus par les afflictions, et leur donne occasion de lui marquer par leur eontlance leur fidélité (Bourd.). « Ces moments de dégoût dans la piété sont des tentations dont je puis profiter en donnant i Dieu , par ma eonstance , la preuve la plus cer* taine de ma fidélité» • Id. « De la part du chien , quelle eoniUmee i suivre, quelle fidélité à aocompagner, quelle attention à défendre son maître ! » Buff.
Ainsi, la fidélité est plus que la eofutenoe, parce
qu'elle se rapporte à la conduite , & la manière
d'agir, et non pas seulement aux dispositions in-
léneares de l'âme, à la manièn de sentir ou de
souffrir. « Oui , je serai conttanê et fidèle, » Bourd.
«admirez la eonetance et l'inviolable /Idtfltl^ de
ce peuple. > In. « La gloire de passer pour eon^
ttent et fidèle, » Vass. « Combien de fois n'a-t*oa
pas vu ce prélat, pendant les désordres de l'Jltat,
respecté même des rebelles , aller à travers les ar*
nées porter a^ pied du trône le tribut de sa eon*
a^Bisce et de sa fidélité /» In. « Panni les ramiers ,
il y a conafanee et fidélité dans l'union du mâle
ot de la femelle. • Burr.
!• CONSTANT, FBBMB, (STABLE) ; -^ 2* INÉ- BRANLABLE, INTLBXIBLB. Ces mots indJquoDt le caractère d'une fine Invariable, inacceséble au changement).
Constant et ferme représentent en elle-jnêaie et absolument la qulité signifiée par tous ces mots; inébrmUable et ùtfiexiUe la font ooisidérer ralativemettk , par twpport eux assauts inutiles que tânse essuie, aux oircoastancea qni tendent inutilement â la faire changer «a vasier. Ouf eitr eonttanf ou ferme demeure le mtee*; qui est rnébrùnUOde ou infieafibèe. reste to même malgré les accidents de la forlone on les eflorts des. hommes , est , pour ainsi dipe , inyioDibiak
I* ê^oMkml, ferme;
Conitant a rapport â la sensibiliié , et ferme k la volontô : on est constanl dans ses sentiniente , dans ses effeetions , dans ses goûts ; on est ferme dans ses pèsolstiooa. Cosur eonstonC, fèrwie propos (Aqad.).
D'autre part, comme la eeusSiiilité est une propriété passive , on se montre eonettuet dans la manière dont on seuffire ; tandis qa'on est ferme dans la manière dont on agit , dont on se soutient dans- le parti qu^n a pris. La ooiutonce est la qualité d'une âme qui sait supporter le malbear, qui ne svcnoombe point seus aes nuux, qui trouve en eiliermême des resBourocs contre ^rafflicHon; la fermeté est la qualité d'une Éone fortement trempée qui persiirte dans aes entreprises, qui ne se rebute ni ne recule. L'hmnme eontktnt est celui qui conserve, suivant l^xpression d'Horace, e^quom mentem rébus in a/rdwis non eeeus ùe in ionis , une âme égale dans la mauvaise comme daiu la benne fortune ; Thomme ferme est le etr propoitft teno» du même pofila , cehii qui suit avec ténacité ce qu'il a résoin. Oaoique toutes deux opposées à la faiblesse, la eofufance et la fermée le sont encore plus particulièrement, la première à l'abattement, et la seconde â la mollesse. Pour être eonstonl, il faut de la patience ; pour être ferme ^ du courage. La consUmce portée au «omble serait Timpassibilité; la fermeté dégtaèfB aisément en opiniâtreté (J. J.).
« L'amiral de Coltgny souffrit son mai et les incisions qu'il lui fallut ftiire avec une constance adnrisable ; le jour même qu'il fut blessé , il vit et entretint tous les seigneurs de la cenr avec une fermeté qui les étonnait; » Boss. Ouand la flamme du bûcher vint saisir l'Indien Calanus, avec une eonstanee qui étonna toute l'ahnée d'Alexandre il demeura dans la n^e posture où il s'était mis ; le roi avait voulu le détourner d'un si terrible dessein, mais il avait bientôt vu que, quelque chose qu'il lui pût dire» il restait ferme et inflexible (Roll.). Régulus, dans les supplices i Oaithage, fut un modèle de tdnstanee , après avoir été dans le sénat romain nn modèle de fermeté.
Toutefois , constant se prend aussi dans le sens actif de ferme; mais alors les deux mots difièrenten ce que coMteml se rapporte â la dorée, et ferme k la force. Comstemt annonce de la persévérance, et ferme de ITénergie. Aussi ditrOD toujours ferme et conetant (Acad. , Paec. , Hol.»