‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 280 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

déyorant la ptemière. » Buff. « Ulysse est semblable à un rocher, qui, sur le sommet d'une montagne , se joue de la fureur des vents et laisse épuiser leur rage, pendant qu'il demeure immobile. > Fin, c Vous aimez avec fureur , vous êtes jaloux avec rage. 9 Lah. *.

La rage est une fureur obstinée , tenace , pleine d'animosité , qui ne démord point. La fureur frappe , la rage s'acharne. « Il ameute les paroisses après moi, il me poursuit avec un acharnement qui tient de la rage. » J. J.

Z* Frénésie.

La frénésie^ çpivYîortç, est tout à la fois fureur et folie , la perte de Tempire sur soi-même , sur ses mouvements, en même temps que la privation de Tusage du sens. Les animaux sont suscep^ tibles de fureur et de rage , mais non pas de frénésie , pas plus que de folie , parce qu'ils sont irraisonnables. « Ce n'était plus ce sage Télémaque instruit par Minerve; c'était un frénétique ou un iîoD furieux. » FéN. D'un autre côté , il n'y a pas non plus frénésie dans le délire ou la folie tranquille , qui ne s'emporte point. A la violence la frénésie joint l'irréflexion et l'aveuglement. « Fureur de remuer , frénésie d'ambition. » Volt, c Louis XIV vit dans son enfance toutes les folies et toutes les fureurs de la Fronde.... On ne rechercha pas les corps du royaume qui commirent des excès dans ces temps de frénésie. » In.

1* DÉLIVRER, AFFRANCHIR; —2* DÉBAR- RASSER , DÉGAGER , DÉPÊTRER ; ->3« DÉFAIRE. Oter à quelqu'un quelque chose qui l'empêche , faire en sorte qu'il devienne maître de lui-même et de ses mouvements.

!• Délivrer, affranchir.

Délivrer et affranchir supposent un empêchement considérable , car il consiste dans la privation totale de la liberté : on délivre et on affranchit des hommes qui sont au pouvoir d'autres hommes , et en les délivrant ou en les affranchissant on les rend à eux-mêmes.

Délivrer , c'est mettre en liberté , en latin Uberare; affranchir^ faire franc ^ c'est .établir dans l'état des Francs , peuple qui n'était pas esclave

I. On dit, aimer à \& folie j à U/ureur, â la rage, c'eai-à-dire beaucoup. Mais iïA/olie marque la manière ; à \k fureur et à la rage expriment le drgré ou rintensité. Qui aime A \9i folie est fou d'amour, en perd l'esprit, aime d'un amour arcugle et quelquefois risible. a Savez-vous que ces huguenots m'aiment à \ji folie, et que si j'étais parmi eux j'en ferais ce que je vendrais? » Volt. « Je n'étais amoureux que par la tête, quoique je le fusse k \& folie, et que mes transports donnassent des scènes à pâmer de rire. » J. J. Qui aime à ]b fureur ou à la rage aime ardemment, violemment, d'un amour extrême; avec cette différence, qu'aimer à la rage renchérit encore sur aimer i Ufureiw, De plus, à la rage suppose de la ténacité, de l'acharnement. « Malgré vos défauu, je vous aime à la rage. 9 Dbst. « Je vais trouver ma vieille maltresse, aOn d'achever de la dégoûter de moi et de la déterminer â rompre nos engagements. J'aurai bien de la peine à l'y résoudre; car elle m'aime à la rage. » Id. A la rage dénote même une sorte de persécution , comme on le voit par ce dernier exemple. Aussi dit-on être Jaloux à la rage IVoLT.), et haïr à la rage ^Iiv).

ou en servitude. A parler rigoutensement, on délivre des prisonniers, on affranchit des esclaves, c. Le lendemain , les esclaves sont affranchis et les prisonniers délivrés, 9 Roll.

On délivre de tout ce qui nuit à la liberté naturelle, d'une entrave, d'un fardeau, d'une guerre , d'un travail , d'une peine , d'un procès , d'un péril, des mains ou d'entre les mains de quelqu'un. Délivrer une ville de la peste (Aca0.), une âme du purgatoire (Acap.). « Mon Dieu, délivres-moi d'un si grand mal. » Boss. « I^es ennemis sont poussés partout; Oudenarde est dâixrée de leurs mains. » lo.

Je veux encore un coup te déiiprer de soin. L*r. Un renard blessé étant dévoré par des mouches,

Un hérisson do voisinage Voulut le délivrer de l'importunité

Do peuple plein d'avidité. La».

Ta fourbe à cet enfant, traître, sera funeste. D'un fantôme odieux, soldats, délivrezrmoW

(Athalie.) 81c.

« Me voilà délivrée d'un grand fardeau 1 * Mol. « On souhaite sans cesse de se délivrer de ses misères. * Mal. c L'enfant en prison se plaint, il gémit ; un domestique se présente , le mutin le prie de le délivrer. 9 J. J. c J'ai flq)pris à me délivrer des esquinancies lorsqu'elles commencent, en mettant les pieds dans l'eau chaude. » lx>. ^ Mais on affranchit de ce qui nuit à la liberté morale ou civile , de ce qui soumet un homme à la volonté d'un autre , de la servitude , de la tyrannie, du joug, d'une sujétion, d'une redevance , d'un tribut. « Dieu affranchit son peuple de la tyrannie des Egyptiens. » Boss. « Le doute où vous laisse la violence et l'empire de vos passions , de pouvoir jamais vous affranchir de leur servitude et de leur infamie. » Mass. c U n'y avait que les magistratures curules qui affranchissaient les clients de la dépendance de leurs patrons. » Roll.

Affranchir son esprit de l'empirs des sens. Rxftif .

Quand Luther et Calvin

• Vinrent du célibat affranchir la prêtrise. Bonu

Si j'étais cet ami, yâ/Jianehirais mon âme

Des injustes liens de l'objet qui Tenllamme.

Lap.

On affranchit Néron de la fol coqj^gale. lUc.

Tu voudras ^affranchir du joug de mes bienfaits.

Id.

Quel frein pourrait d'un peuple arrêter la licence, Quand les dieux, nous livrant i son zèle indiscret, Vaffranchis$ent d'un joug qu'il portait i regret?

(Agunemnon.) lo.

I c Notre père Jacob vous a réclamé, Seigneur, et vous l'avez délivré lui et sa famille des mains de son beau-père Laban et de son frère fisaû.... Nos pères les Israélites ont pous&é leurs cris vers vous , et vous les avez affranchis du joug de fer des égyptiens et de la tyrannie de Pharaon.» Boss. « Les Juifs étaient dans la fausse idée que le Sauveur devait seulement venir pour les tfÂvrer de leurs misères temporelles, et pour les affranchir de la domination des Romains. «Boitid. « C'est ce qui fait dire à saint Paul : Qui m'en délivrera (du corps)? qui m*aff\ranchira de sa tyrannie? * Boss. « Si l'infidèle en aime un autre, quel mal Itii fais-je en la déUvranU de

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

moi?... Eb Tîolant ses engagements elle m'a/*froMkii des miens. • J. J.

Les maladies, les importuns et les carieux Dons arrêtent, nous retiennent, ne nous mettent pas d^agir ou d'aller à notre gré nous en déHtrom. Le cérémonial , les liens de la feconnaissance ou ceux du mariage, les passions, les intérêts, nous asservissent; nous nous en ùffTanchiuofii, On délitre d'un obstacle ou d'un mai; on affranchit d'une dépendance ou {l'une obligation. On délwrB un pays d'ennemis on d'animaux malfaisants; on affranchit une terre d'une charge ou d'une servitude dont elle est grevée. La fausse politique ne nous délivre d'un danger qu'en nous jetant dans un autre; la grandeur n'<^ancht| de quelques devoirs que pour en imposer de plus asservissants.

L'action de délvorer se fait de toutes les manières et par toutes sor^s^de moyens; celle d'à/*fretnehir demande un acte moral d'autorité ou de puissance* L'esclave que vous délivre» n'est pas à vous, et pour le délivrer vous l'enlevez ou TOUS le rachetez ; l'esclave que vous affran- (histex est à vous, et pour Vaffranchir vous renoncez juridiquement à votre droit sur lui. La mort nous d^tvre des maux de ce monde ; la raison nous affranchit de tout assujettissement aux sens , de tout attachement criminel. 2* Débarrauer, dégager, dépêtrer.

Déharraner, dégager et dépêtrer annoncent un médiocre empêchement, lequel ne va qu'à gêner, à inconmioder, à contrarier.

Mais d'abord , pour ce qui concerne déharrasser et dégager , débarratser fait penser aux embarras qu'on enlève , qu'on écarte , et dégager se rapporte à la personne qu'on retire de l'endroit où eJle était engagée ou prise» Un hooune se débarraue d'un vêtement; une substance se dégage sous forme de vapeur. — Ensuite , la chose dont on débarrasse embarrasse, encombre, obstrue ou pèse; au lieu que celle dont on dégage engage^ enlace , attache. Donc on débarrasse d'un obstacle ou d'un rival , et on dégage d'un piège. Pareillement, au figuré, on se débarrasse d'un (ardeau, d'un doute, et on se dégage d'une chaîne, d'une obligation, d*une promesse. Dans le Mariage forcée Sganarelle se dit à lui-même : « Me voilà tout à fait dégoûté de mon mariage; et je crois que je ne ferai pas mal de m'aller dégager de ma parole.... Tâchons adroitement de nous débarrasser de cette affaire, s Mol. On débarratse l'esprit d'une idée qui l'offusque; on dégage l'âme de ses engagements y des liens qui l'attachent au monde.

Dépêtrer , tirer des pierres [de petrc) ou d'un bourbier, se dit familièrement; ce qui suffit pour le distinguer de ses synonymes débarrasser et dégager, « Se dépêtrer d'un accoutrement. » Volt. « Don Quichotte, tombé, se dépêtra de tout ce qui l'empêchait de se relever. » Les.

Mon mari, dis-]e, est toujours avec moi....

Je ne me puis dépêtrer de cet homme ,

Sinon la nuit , pendant son premier somme. Laf.

• Nous faisons nos eflbrts pour dépêtrer mon fils d'un engagement (avec Ninon) si dangereux. 9 Sév.

»• Défaire.

Défaire signifie délivrer ou débarrasser par la destruction de ce qui empêche. On défait quels per- I qu'un d'une personne en la tuant. « Garinus fut ; nous tué.... Ainsi l'empire fut défait du plus violent et du plus perdu de tous les hommes. » Boas. «K Quoi I un animal féroce a sucé le sang de mes proches; je vous dis de vous défaire '^q cette bête , et vous me demandez ce qu'on mettra à sa place I » Volt. Un seigneur , appelé par un jardinier, pour qu'il le délivre d'un lièvre, lui dit:

Je TOUS en déferai. Lav.

Vous défaites aussi quelqu'un de ses mauvaises habitudes que vous anéantissez , que vous faites disparaître. « Il n'y a que le temps qui puisse défaire les Français des idées romanesques. • Volt, c Vous m'avez défait des préjugés de mon éducation. » Les. < On fait réciter par cœur et déclamer aux demoiselles de Saint-Cyr les plus beaux endroits des meilleurs poètes; et cela leur sert surtout à les défaire de quantité de mauvaises prononciations qu'elles pourraient avoir apportées de leurs provinces. » Rac.

DEMANDE, QUESTION, PROBLEME. Proposition interrogative , ce qu'on dit à quelqu'un pour apprendre de lui quelque chose qu'on veut savoir.

Demande y quoique dérivé du latin demandare^ qui n'a point du tout le même sens, est un mot du langage commun. Au contraire, question^ latin quxsiio , et problème , grec icpo6XTi(ia , sont des termes de science.

Demande est familier, convient dans la conversation, dans les lettres , ou suppose que ce qu'on veut savoir est simple, que la personne interrogée peut y satisfaire aisément, en peu de mots , par un court récit , souvent même par un oui ou un non. « Je ne puis à présent , ma fille , accuser toutes vos lettres par dates, non plus que vous répondre sur toutes vos demandes. » Boss. « La dernière lettre que je vous ai écrite a répondu à toutes les demandes que vous me faites. 9 Fàv. « Ulysse demande à Eumée des nouvelles de sa mère , de Laërte , son père , et sa propre histoire; Eumée satisfit à toutes ses demandes, s In. a Si un étranger avait demandé dans Athènes, quel est votre meilleur acteur pour les amoureux , on n'aurait pas même compris le sens d'une telle demande. » Volt. < La catéchisme ne sera bon que quand, sur les seules demandes , l'enfant fera lui-même les réponses sans les apprendre. » J. J. « A qui avezvous écrit? — Pourquoi cette demande? • Mol. Le soldat, qui était en sentinelle près du tombeau dans lequel s'était eo fermée la matrone d'Ëphèse , entend ses clameurs.

Il entre , est étonné , demande à cette femme . Pourquoi ces cris, pourquoi ces pleurs, pourquoi celle triste musique, Pourquoi cette maison noire et mélancolique. Occupée i ses pleurs, i peine elle entendit Toutes ces demandes rrivoles. Làf.

« Présentement, ce sont des particuliers qui viennent demander à l'oracle s'ils se marieront, s'ils achèteront un esclave, s'ils réussiront dans

mVVÊMS. PARTIE

le trafic; et, lorsque les rilles y enroîent, c'est pour saroîr si leurs terres seront fertiles ou si leurs troupeaux multiplieront. Ces dfiiioiul«f-là •ne Talent pas la peine qu'on y réponde eh ^rs. • FOHT. « Si Jésus-Christ nous faisait asjenrd'hm \b, même êemande qv'il fit à saint Pierre : K'aimez-voiisT pourrions-nous lui répondre : Oui , Seigneur , je vous aime. » BoaiiB. c Faisons seulement cette dtmmnde A nos adversaires : ce précepte, Mûngex ce», et buvex-en toi», oomprend-il les petits enfants baptisés? > Boss.

Question est de tous les styles et suppose quelque c^ose de plus sérieux , de plus compliqué , de plus embarrassant, des explications à donner, des points à discuter, d«B difficultés à éclaircir. « Il me vient à Tesprit des ^ue^ttoiu , des objections, des raisonnements où je me perds et que je ne puis démâler. • Bourd. « Les pbari- "siens, reconnaissant en Jésus-Christ «ne doctrine supérieure, furent bien aises d'apprendre sa résolution sur la plus importante guerttbn qu'on pût faire sar la loi. » Boss. « 11 ne s'agit point de ces questions abstraites où peut quelquefois se méprendre rintelligence la plus exercée, mais d'objets A la portée de tous les hommes un peu instruits. A quoi sert donc l'esprit, vat-oa diare (et oette demande n'est point du tout déplacée), s'il n'empêche pas un homme tel que Fontenetk de- dire trois sottises en trois lignes? » Lab. Le nouvelliste, l'homme qui veut simplement savoir un nom , obtenir une indication, fait des demandes; le philosophe, l'homme curieux de s'instruire , de se rendre compte des choses, d'en connaître le pourquoi et le comment , fait des questions,

^oblème, usité d'abord en mathématiques, s'applique & quelque chose de phis difficile encore, c Comme s'il s'agissait d'un profond jmhblême h résoudre. 9 I. J. cLe géomètre trouve jusque dans ses songes la résolution d'un problème dont il aurait été occupé durant tout le jour. * Boss. • C'est un fameux problème qui a été souvent agité dans les écoles des philosophes , lequel est le plus désirable à l'homme ou de vivre jusqu'à rextrêmé vieillesse, ou d'4tre pTomptement délivré des misères de cette vie. » ID. • Ce serait un jiroMéme à résoudre que d'examiner combien l'impression a contribué au progrès des lettres et des sciences, et combien elle y peut nuire. • DtiCL. — Ensuite, le problème est plus théorique, plus scolastique, il appartient davantage à la science pure. « Dans un quart d'heure, il décida trois questions de morale et quatre problèmes historiques. » Mûrteso. '« L'existence de Bien et l'immortalité de l'Ime étaient devenues des problèmes , qui , de part et d'autre , n'étaient destinés qu'à amuser le loisir des écoles et la vanité des sophistes; des ques^ lions oiseuses où l'on ne s'intéressait pas pour le fond de la vérité , mais seulement pour la gloire de l'avoir emporté. » Vass. -- Froblème a fini par signifier une question indécise, adhuc suh judice, sur laquelle les avis sont et peuvent être différents, problématiques. « Si cette femme fait mal 00 bien de consenlir à un tel hjrmen , c'est un pfpMéme; les avis soBt différents. • Dvdbff.

« L'éloqueMo *aat«aUo «n «t ^e l'on doive enseigner? Ce fut un proUétM obez las u/asm,* Marm. « C'est «noon un ^oMé«e si Mme de •faimenon était mariée. » S. S. c C'est mn problème à résoudre si Mme de Xainteaon ne pensa pas mieux que tevt le conseil. » Tolt. « Oette qucsUon est un vrai pràbUme, » Aga». -« Il est À remarquer aussi que problème est objeetir : oo fait une demande ou une qtisiftoii; en ne bit pes, on propose un problème.

BHMANDBR, QUEbUONMOt , DnBnOGB.

On demande, on yisKienne el oo eelirrflfr, pour savoir.

Quant au sens , demander est vn mot que ne distingue auemi eoeesseire. Mais greramaticafement il a cela de tout & fait «eraclënstiqie, qu'il veut toujours à sa suite un complément exprimant la chose ^'on désire savoir, au lieu que quesHonwer et înlerrojer s'emploient bien d'une mamère «bscAue. Tous ne demaméex pis simplement , tous demofides tdie ou teBe ehoee; mais vous poaves arroir la manie de queiliewKr ou d^ifilerrojrer sa» cesse. vGe jardinier me questionimil de l'air d'un homme sûr èe me prendre en faute. Il me demanda une ftris ce qu'il y avait de remarquable au Marché-Neuf. » J. J. « Tl m^accoste , me salue, me demande si je sais la musique. H réponds, «n pe«. Il coqlîime à me questionner. » In. « f nfem)geoni le |lhilosophe au milieu de ses méditations et de ses livres.... Après trente ans, vous me demanderiei en vain pourquoi une pierre tombe. » D*Al. « Ce n'est pas à nous à fnferro|;er Dieu et à lui d^ mander pourquoi il ftiit Âaron grand pootife immédiatement «près qu'il a^jeté le veau d'or en fonte et qu'il l'a ftiit adorer. » "Volt. Et qaind questionner et tnlefTog^er prennent im régime, celui-d signifie, non pas la chose à apprnolire, mais la personne à laquelle on s'adresse pour la savoir. < Elle arrêtait tout le monde, demandant ce qu'avait dit le médecin; ceux quelle qmestisfinotr ne lui répondaient rien que de Civonble. •

OuesKonmr, formé du mot français questûm, en latin quxsHo , de quxrere , cfaert^er , a^artient au langage ordinaire , et marque spécialement un esprit de curiosité. « Il est sans curiosité , jamais il ne questionne. » Ditdeff. c Si ftnile vous questionne lui-même, répondez -lui autant quMl faut pour nourrir sa curiosité. » J. J. « Sur les grands chemins et dans les rues des villes, les Gaulois arrêtent les voyageurs, et surtout les marchands'; ik les questionnent au sujet des pays d'où ils viennent , et les forcent de leur répondre. > HoLL. « Le comte d'Angers ne rencontrait personne dans son chemin qu'il ne questionnât sur sa princesse; mais 11 n'en put apprendre aucune nouvelle. » Les. « Ces caitliers s'approchèrent de moi , et commencèrent à me questionner. Je leur avouai qui j'étais et où j'allais. » ID. — Interroger , pris immédiatement du latin interrogarty a plus de noblesse, se dit seul au figuré , et convient surtout en parlant de l'action d'un supérieur , d'un juge , d'un mattre . d'un père. « De quel droit venez-vous m'tntarrogerf Suis-je une criminelle? fites^vous mon

SYNONTiœS À RADICAUX DIVEIiS.

juge?» Voia. « Quand vos supérieuTB vo«s é»-' ferrvfml , vous n*BV«z qu'à kor dire Avec isgé- Duiià ce qu» vous peniei. » Fin. « K. de Uaua veut ignorer ceU poar aToir an prétexte de me futaimmer,.,. Hais lui , se laisserait-U tnterroffff comme un coupable on comme un JlomnA eaapeot jmr tout ce qu'il penae de ces livres? » Ib. « Ils vont se rendre À. la Kdoatahk prairie, où (Sacna les attend pour les interroger. > Lis. « Le prêtro qui confaMa Tabbé Temason dans sa demiève maladie, ot qui Vi$Uerwg6mi sur les pèobés qu'il avait pu ooaunettre, ne tira pas de lui d'antre lépoaeo : J)ema»dœi à JTMe 1%queCvI/Au

D'aiUBUKs, quoique qiiMf ienaer {qumrere, ehorcber) n'enge paa à aa suite , oomme deaiofider, riadication de la cboie qu^ cherche à cozuultTB, c'est néanmoins cette chose qui est Tobjet direct de raction; au oentraife, MUenroftr a sonrent pour but de coonaitre la personne même qu'en iait parler. On queetmnme un passant, un voisin , en lui demandant des nouvelles ; on talerreye une personne pour découvrir quelle eBa est, c(Mq>ab]e ou innocente» ignorante ou instruite , inepte ou capable. « IfUerrpger un candidat, un récipiendaire. » Acas. c On choisit les domestiques jeones, H. de Wolmar les interroge, les examine , puis les présente à aa Xemme. » J. J.

1" DÉHESVmÉ, ÉMCAMS; — 2> EXCESSIF, amOiÉRÉ^ OUIVÉ; — ^ SXCKRBUdiKT , VOnSTRUEKTX. Trop grand.

Démemr^ «t daoraie sont rela^ à la quantité, etsigaifient trop étendu «« trop gros. .Earesisif, «BMiode^f^ et outré sont relatifs à l'inteosité, et lignifient trop fort. Un homme est d^fMWf^ on anémie par sa stature ou sa corpulence; il eflt exeeesif^ ifmmodéré^ ontré par la manitoe dont son &me se développe , se manifeste ou i^it. On dit un ours d'uae grandeur démewfée (Volt.), et un sanglier d'une grandeur éMnM(Féic.); maïs on dit une chaleur emœsswe (Féa., BuFF.) ou imnedérée (é<CAs.), un soin ^ttré (Bounn.). — De même , au figuré , l'envie d'avoir et Tambition «e qualifient de d^tn^wr^ef , parce quelles veulent toujours s'étendre ou ^jouter î ce qu'elles ont ; maie on appelle eaxessivet les affections de Tànae trop vives ou trop ardeates» « Les ii\justicas où nous engagent une eavie 4émesiÊrée d'avoir et un attachement excasrif aux hienade la vie. » Booan.

SaoHfHami et momtrmeuœ expriment tout ce qu'il y a de plus démeevrë et de plus eaoutif.

X* S^émesuÊré ^ énorme,

UéHiBiwré^ hors de mentre ou sans meavre, preMpie immense , oe regarde que la dtmenfton , la iangneur, la largeur ou la hauteur. « On reuoanalt en mer les oiseaux appelés frégates à la longueur démesurée de leurs ailes. » Boff. « Les lièvres ont l'oreille d'une grandeur démesurée fulativfment à celle de leur corps. •» In. « Télémaque noomaissait combien il était injuste et dèraiaonnable dans sas emportements : il trouvait Je ne sais quoi de vain^ de faible et de bas dans cette hauteur d^mesur^e. » Vàv, « L'ambiiion eet une passion démesurée de se pousser et de s'élenr.»Boirfto. -énorme, qui s'écarte da réquecie,

cb la règle uu du nodMa, narma, ae rapporte plutôt à la circonfiêfenca et au vohiune. « Une tète d'une grosseur énorme. » Fia. « lyénortnes rochers. » In. c Lea pyramides, oea masses ^honnei de bfttimenta. » Roll. c Un daerme bloc de grank. » Acas. « Q est émormémeni ^oa. >

ACAD

D'ailleattB, énmrwÊÊ emporte par hii-iatae ridée d'irrégularité, de difiormité^ ce qui est surtout sensible an flgué, où nette ^i^ète s'applique A daa cheses eaaentiellement mauvutses, A des «rimes (Aaui.), A des fkvtea (VoLc.), A des défauts (Bdff.), à des sottises (VoLf . , LàH.), à des abus (Bounn.) , à la laideur (AcAD.) ; une énorme disproportion <Volt.) ; une deervitf «xtravaganee (In.); ^^ luxe., un égarement énorme (Boss.); une ii^ustioe énorme (F]l!i«).cll est impossible qu'à la vue de la crèche nous soutenions Vénortne contradiction qui ae trouve entre cet oi^oeil du inonde et notie fiai. > BofîB». — Au contraire, éiémesuré ae dit de nboses bonnes ou iudiiéreatos par eliea-mêmea, 1*800111tion (Mass.), la curiosité (Bûsa«), une envie {Bouan.) , les louuiges (Vaut.). « Minerve aliène les eaprils des poursuivants, et leur iuspÊre une envie éésÊegurée de rire, » Fin. « Ces étoiles , si démesurées dana leur grandeur, ne mma paraissent néanmoina que comme des étincelles. » Labr. a rai une passion démesurée de oaDnaltre toue lee anciens chemina qui étaient du temps des Jlomains. » MoHTseo..

2* Excessif j immodéré y outré.

Excessif peut convenir A quelque chose qui provient de la nature comme à ce qui provient de la liberté : un froid excessif y une chaleur escessice. « U allait que le froid fût bien excessif, puisque les deux emiemis ftirent contraints de s'accorder une suspension d'armes. » Volt, c La chaleur e»ocnfve causa à Thaïes une altération si violente qu'il mourut subitement. » FéN. De pins, ce mot a rapporta l'effet dm délant, qui est de nuire, a Les qualités exeessivee nous sont ennemies, et non pas sensibles. » Pak. « liais tmmod^^ et oit<r^ servent exclusivement & qualifier l'homme et ce qui provient de l'homme , et c'est sur la cause qu'ils appellent toute l'attention. La chaleur exoessioe est la chaleur dévorante ou accablante de la température; la chaleur tmmod^v^e (Agad.) est l'ardeur d'un homme passionné qui ne sait pas se contenir. I/es louanges excessives sont dangereuses; telles sont celles que Calypso donne à Télémaque (Fdvr.). Les louanges outrées ou immodérées sent d'un flatteur : « Les Iftcfaes flatteurs, ces mBuftBnrs ouh^.... » RxoN. < On doit souffrir ks éloges immodérés qu'on prodigua à Louis XIV. > Volt.

Immod^^ marque da llntempéranœ : désir (Pasc., Féh.). appétit (Boas., Bufp.), ria<LABa., Rbck.), tnavail (UbRTSsoO immodéré^ usage immodéré du vin <J. J.), des plaisirs (Bopf^); joie (Mass., Labr.), nraiote (Bouas.) immodérée. Outré annonce de l'exagération ou de l'affectation : admirateur ûutré (Bûil.), admiration ouirée (Lab.); Alexandre était ûutré dans son héroîame (Fén.); modestie outn^ (Labr.); dévote ùukrée (J. i-)s leuaages Jiyp^iboUques et

DEUXllKE PARTIE :

outrées (Id.); maximes outrées (Boss., J. J., CoND.). a Juvénal est souvent outré , mais quelquefois peintre. 9 Lab. — On est immodéré dans ses passions, dans la manière dont on les satisfait, ou bien dans la manière dont on traite les gens : des peines immodérée* (Mohtbsq.)- On est outré dans ce qu'on dit, dans ce qu*on exprime, dans ce qu'on arance, ou dans la manière dont on se montre.

8* Exorbitant , monstrueux.

La chose exorbitante est extraordinaire, incroyable , comme le serait la déviation d'une planète : demandes (Labr., S. S.), propositions (Rac), prétentions (d*âg.), dépenses (Volt.) exorbitantes.

Vingt mille écus! Le legs serait exorbitant, Rmh. Ce qui est monstrueux étant contraire aux lois de la nature inspire de l'horreur ou de l'effroi : on ne peut rien concevoir de plus monstrueux que la trahison de Judas (Bourd.).

DEMEURER, RESTER. Continuer à être, à se tenir quelç[ue temps dans un certain lieu ou dans un certain état.

Demeurer est absolu ; reeter^ relatif. C'est ce que Girard exprime de la manière suivante : « Demeurer ne présente que cette idée simple et générale de ne pas quitter le lieu où l'on est, et rester a de plus une idée accessoire de. laisser aller les autres. >

Demeurer , c'est avoir sa demeure , son domicile en quelque lieu , sans rapport à qui que ce soit et à quoi que ce soit ; rester, c'est ôtre encore quelque part après que d'autres s'en sont allés. Qui demeure ne bouge pas, ne quitte pas la place.

Où tend Hascarille à cette heure?

Que failli? rerient-U? va-t-il? op s'il demeure?

Mol.

Oui, j'aime à dememrer dans ces paisibles lieux.

Id.

oc Dormez votre sommeil (dans la tombe) , riches de la terre , et demeurer dans votre poussière. » Boss. Qui reste ne bouge pas, ne quitte pas la place , mais en opposition à d'autres personnes qui s'en vont. « La compagnie s'en alla, et je restai, » Agad. « Ceux qui meurent et ceux qui restent. » Labr. c Ce serait une chose bien ridicule, répondit Diogène, qu'AgésilaÛs et Epaminondas restassent dans la boue, pendant que vos initiés, qui sont des malheureux, habiteraient des lies fortunées. 9 Fâif. c Je voyais s'éloigner de moi tous mes amis.... Diderot, qui se vantait de me rester^ de me rester seul, ne venait point. » J. J. Un historien dira d'une manière absolue , en parlant d'une défaite : Quatre miUe hommes demeurèrefU sur la place ; et d'une manière relative : Dix mille hommes revinrent du combat, il y eut tant de blessés, et quatre mille hommes reitèrent sur la place. On est seul avec une personne qui veut s'en aller : Demeure , lui dit-on , je veux te conter quelque chose ; mais oà lui dira resie, si elle est avec d'autres qui se retirent. Dans Tancrède , Argire dit à AménaSde : « Demeure. » Elle répond : « Moi , rester I » et ajoute aussitôt : « Je vous suis au combat. » — Quelquefois, rester se rapporte à un autre lieu

où on pourrait on devrait être, ou bien encore i une cause de départ et d'éloignement à laquelle on a résisté. « On l'attendait à Paris , mais il est resté à Lyon. > Acad. c On voudrait le C&ire renvoyer, mais il reste en dépit des envieux. > Acad. Demeurer à son poste , c'est ne point le quitter, s'y tenir ferme, immobile; y rester, c'est ne point le quitter lorsque d'autres le quittent, oa bien lorsqu'on pourrait ou devrait aller ailleurs, ou bien malgré les efforts qui sont faits pour nous en arracher. — Quand il s'agit , non pas d'un individu ou d'individus qu'on peut comparer avec d'autres , mais d'un tout qui a différentes parties, rester se dit d'une partie relativement à d'autres ou aux autres, c Quand j'ai voulu prendre œC outil, le manche m'est resté dans la main. > Acad. La voiture demeura au milieu du chemin sans pouvoir avancer, et lorsqu'on l'eut retirée, l'une des roues resta dans l'ornière.

Etant absolu, demeurer indique une plus longue durée , une continuité plus constante : c'est rester à demeure. < Le Messie , disaient les Juifs charnels, demeure éternellement, et celui-ci dit qu'il mourra. » Pasc. « Ce qui est écrit dlos les cœurs demeure toujours. » J. J. « Ces deux envois ont demeuré très-longtemps en route. » lo. Mais on dira à quelqu'un : Ne restez pas à !a pluie , ne restez pas dans la rue. c J'allai à Vevay ; et, pendant deux jours que j'y restai je pris pour cette ville un amour qui m'a suivi dans tous mes voyages. » J. J.

Cette double distinction subsiste quand les deux mots s'appliquent, non plus au lieu, mais à l'état Demeurer dans un état » c'est y persévérer ou n'en pas sortir, simplement. « Rien ne demeure , tout s'use , tout s'éteint. Dieu seul est toujours le même. » Mass. « Cette foule innombrable d'histoires, depuis la naissance des siècles , est demeurée dans l'oubli. » lo. c Si j'étais né catholique , je demeurerais catholique. » J. J. c L'homme ne demeure guère longtemps semblable à lui-même. * Mal. Mais rester dans un état, c'est y demeurer pour sa part, à la différence des autres, ou malgré ce qui tend à en tirer, ou malgré ce qui semblerait devoir produire un changement. « Les lois ayant été foulées aux pieds à mon égard , à quoi pouvais-je rester engagé de mon côté? • J. J. « Les inventions des hommes vont en avançant de siècle en siècle ; la bonté et la malice du monde reste la même. * PA:iC. « Quelques honneurs qu'il ait obtenus, tl est resté le même. » Acad. « Plusieurs m'ont lu, quelques-uns m'ont approuvé même ; et tous sont restés ce qu'ils étaient auparavant. * J. J. Les crimes ignorés demeurent impunis ; ceux qui ont été dénoncés et poursuivis en vain reslenl impunis. Il y a plus de mérite, en général, à rester qu'à demeurer fidèle , parce qu'il y a plus à lutter.— Et, d'autre part, demeurer indique un état d'une durée moins restreinte. Un enfant demeure habituellement oisif; on lui reproche d'être resté oisif durant quelques heures. Une nation , pendant longues années , demeure tranquille \ vous dites à une personne qui se dissipe un mo- .ment : restez tranquille. La victoire detneura longtemps indécise entre Rome et Carthage; dans

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

une bbttille la victoire reste quelque temps indémc entre les deux partis.

PQfEURER , LOGER , (GItER). Avdr sa résidcùce.

« Demeurer se dit par rapport au lieu topographft]ue où l'on habite ; et loger par rapport à Tédlfice où Von se retire. On demeure i Paris , en province , à la ville , à la campagne ; on loge au Louvre , chez soi , en hôtel garni. » Gih.

Demeurer est abstrait et purement indicatif du lieu où on a son domicile. Loger est concret et fait penser à la maison où on est retird.

S'agit-il de donner votre adresse , vous dites où , vous demeure f , à la campagne ou à la ville , à Paris, à Lyon, dans tel quartier, dans telle rue. | c Périandre ne permettait pas à tout le monde , indifféremment de demeurer dans les villes. » | Fin. « Vous savez où elle demeure. » Les. c Et , dans quel endroit demeuriejr-vous à Tolède ? Dans [ la rue Neuve, répondit-il. » Id. « n demeurait^ sur votre quai. « Volt. « Je ne sais plus où elle , demeure. > Id. c Nous demeurione dans des quartiers fort éloignés. » J. J. « On choisit une lagi-femme qui demeurait à la Pointe Saint- Eostache. » In. — Voulez-vous faire connaître le bâtiment, et pour ainsi dire le contenant où vous êtes à couvert , vous dites où vous logex , dans une maison de telle ou telle sorte, au rez-decbaussée ou à tel étage. Etre logé à l'étroit, au premier étage (Acad.). « Elle logeait dans une grande maison où elle occupait le premier apputement. » Les. < Il n*y a dans File de Bienne qu'une seule maison , mais grande , agréable et commode , où loge un receveur avec sa famille et ses domestiques. » J. J. « On reprochait un jour à Diogène qu'il logeait dans des lieux malpropres. > FAs. « Syphax invita les deux généraux (Scipion et Aâdrubal) à loger dans son palais. »

ROLL

Une personne demeure loin de nous ou daz» noire voisinage , et elle loge dans un hôtel ou dans une chaumière , dans un château ou dans une ferme , dans un bel appartement ou dans un tandis. « Je me rendis où Fhénîce m*avait enseigné quelle demeurait. Elle était logée avec toute û troupe dans un grand hôtel garni. > Lbs. c Yooltnt savoir de quelle façon Nunez était logé, je me rendis à Thôtel du seigneur don Bertrand , et j*y demandai Nunez : Il ne demeure plus ici, me dit le laquais. • In.

D'autre part, on demeure là où on est à de- . meure, où on est établi, où on reste d'une manière fixe. Il y a dix ans qu*il demeure à Madrid (Lss.). c Elle demeure depuis six ans dans mon voisinage. » Volt. Hais on loge où on s*arr6te en passant, où on descend, dans une hôtellerie , ou comme dans une hôtellerie. ■ Arrivés à Madrid, nmu allimes descendre à un petit hôtel garni où Scipion avait logé dans ses voyages. > Les- «Xenès avait logé chez le père de Démocrite, lorsqu'il Tint faire la guerre aux Grecs K » F An.

*» GUtr, sjDOD^fme de hger suivant Girard, se dit PÇu,ootre qa'il est du style ramilier el même popu- Ivre : on remploie lurtout bien en parlant des aniinaai, ou, si on rapplique à des hommes, c'est par déidgrcnient. c Les pluviers se dispersent le soir sur

DÉMOLIR « RASER, DÉMANTELER. Ces trois verbes , usités au propre seulement , signiAent la destruction d'un édifice ou d'un ensemble d'édifices faite à dessein ou ordonnée par un homme.

Démolir, c'est défaire une masse {moles) . dé^ construire un ouvrage de maçonnerie jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que les matériaux. Raser, c'est faire comme le rasoir à l'égard de la barbe , enlever un édifice de manière à faire place nette , à ce qu'il ne reste pas même de trace de la chose.

L'action de démolir peut être tranquille et avoir des vues d'utilité , celle , par exemple , de tirer parti des matériaux ou de l'emplacement.

Telles l'on démolit les mations quelquefois : La pierre est mise i part; à pari se met le bois....

Lav.

c Les Athéniens , menacés d'un déluge de barbares , avaient démoli leurs maisons pour en construire des vaisseaux. » Roll. « On attribua ce mauvais succès dlmilcon à la profanation des temples et des tombeaux qu'il avait démolie pour fortifier son camp. » lo. « Il fit démolir un pan de la muraille pour laisser une sortie libre à ses troupes. 9 In. « J'ai démoli mon théâtre, j'en fais des chambres à coucher et à repasser le linge. » Volt, c Pardonnoçs à ceux qui attaquent les fondements d'un édifice que nous démolissons nous-mêmes, et dont nous prenons toutes les pierres pour nous les jeter à la tête. » Id.

Mais l'action de raser est vive et prompte, faite en vue de punir ou inspirée par quelque passion , telle que la colère ou la vengeance. Autrefois , la justice faisait rctfer les maisons de certains coupables , et il est arrivé à des vainqueurs de raser des villes entières, c Alexandre , dans les violents excès de sa colère contre Tbèbes , qui la lui fit raser, n'oublia pas le respect qu'il devait aux dieux. » Roll. «Bélinonte fut prise d'assaut, et le vainqueur permit aux habitants de demeurer dans la ville , après l'avoir démantelée..,. Hymère, traitée avec encore plus de cruauté, fut entièrement rasée. » Id. « Le nouveau gouverneur assiégea Dôle, qu'il emporta de force , et qu'il rasa , après l'avoir mise au pillage. » Boss. < Philippe V avait traité plus rudement la petite ville de Xativa dans le cours de la guerre : on l'avait détruite de fond en comble pour faire un exemple ; mais , si Ton rase une petite ville de peu d'importance , on n'en rase point une grande qui.... » Volt. « Charlemagne prend Éresbourg. Il fait égorger les habiunts; il y pille, et, rase ensuite le principal temple du pays. » In.

Démanuler veut dire ôter le man^eJel , sorte de machine qui servait à couvrir une place comme un manteau le corps. C'est exclusivement un terme de guerre. On démantèle , non pas comme on rase, par ressentiment du passé, mais pour préserver l'avenir, par précaution, afin de ren- , dre incapable de défense une ville dont on détruit les fortifications ou les murailles, c Du

i un certain espace où chacun gû« à part. » Buw. « Le roi arriva i Marly et n*y trouva rien de prôi.... Ce qui avait suivi cl qui arrivait à U file, en môme désarroi et sans savoir où gît^r. » 8. 8. Enfin gter suppose un séjour de plus courte durée encore , et même, pour l'ordinaire, d'une seule nuit.

OEinUÈK. VAATIB :

QtaMi s'empan» de Gavigiiaiirpnduit qn» Seratière la fcûait dimmMer, «t ea fit rétablir lea^ fortificatiMia. » Boss. « SyUa avait exeocé A teorgamce sur desnOes «ntiàras, ëoot il atrait 4é^ mmmtelé les iums, détruit totalement les antres , en sorte qu'il avait cru flâze gFftce à céUAffdQBt il B*aTast (pifr confiaqué les tern» au sué les citadeUea » Roax. « Celte diavpslini ne saurait ^e innocente, pais^'elte ouvra votre aoMr» conmeie «ne plan éémeuMéty k toates ka attaques de rennemi. » Féat. La^aatainexliâ du lion aBonreux , qui s*est laifiaè oa^er las gaffes, et limer Ica denta :

Sans dénia ni gM» la fDJil

Ceaaaae place éémamiêlè»,

DteOKSTRATIONS , TÉMOIGTf AGBB , — PBO- TB8TATI6NS d'amitié. Macqoes d'amttiè,. diosea qui donneat à pansée qu'on ainai.

Les dimmsh'QJtiam et tes tàmoignm^u difièrent d'U)ord en ce que les àémansUwiiimt sont plua extérieures , consistent plus dans la aMMtrt, sans qu'on puisse dire absolument ^ellea ne sont jamais qu'apparentes. « Saint Jérôme interdisait à la sainte ^vierge Bustoahium las rendea-voua dérobés, Wlettres enjouées et mystérieusea, les àémwutmtwns de tendresse et ka privautés d'une amitié naissante. » Boord. « La vie de la eour nous aceoutuma k ne pas faire grand cas des debors et des dém^mtfatimtt ertérieiu^ de l'amitié. » H a£s. « Il faut faire sentir à nos confrères par des prévénanees et des éémonttntticnA d'amitié qu'il j a encore de la ressauroe pour eux : les cœurs insensible» à la vérité ne le aonl pas toujours aux tendres iémùi$f^e% de la cbarite. » In. C'est une démmutraHiùm d'amitié que d'embraeaer soir ami ; c'est un témoiqnag* d'amitié que de prendre ses intérêts, que de lui prêter de l'argent ou de lui rendre tout autre service. On ne se fie pas toujours aux ddmenitrolaofu; on est sensible aux témoiQnageg,

Mais, d^ordinaize, il y a plus ; les êémont^ror Homu sont frivoles , s'arrêtent à l'extérieur et ne supposent pas la iMité du sentiment.

« D^onatrcrttan , dit Btmhoars, va tout à l'extérieur y aux ain du visage, aux manières agréablea, aia caresses, i des paroles doaces et flatteuses, â un aceueii obligeant; l^mot^nafl», au contraire, est pluainténear et va au solide, à de bons offices, à des senricea essentiels.;.. Les d^moastrattona d'amitié sont souvent frih Toles ; les $énwignage9 d*amitié ne le sont pas d'ordinaire. Un faux ami, un traître ^ peut don» ner des démant$mtiimi d'amitié; il n'y a qu'un véritable ami qvà puisse donner éss témoignages d'amitié. »

On dit bien de feintes (Féir.), de fausses (Lab.), de perfide» (Li».) tf^nsouftrirttoiie; des démomtratwiê outrées (Lbs.). « Tout est suspect à Feaprit chagrin , jusqu'aux t^aresses que lui fait sa mattresse : Je doute fort, lui dit-il, que vous soyez sincère et que toutes ces démonstrations d'amitié partent du coeur. * Labr. « Ils s'embrassèrent tous deux avec des âémonstralions d'amitié où. il y avait plus d'art que de naturel. » Las. « Il était aisé de s'apercevoir qu'£Usabetb serait toujours l'ennemie de Marie Stuart, et que ses

ddaiensIratsoM d'amitié ne seraient jamaia 91e fausseté et dissimulation. * Cohj». — Oo. ptnl faire plus de fond sur les témoignaget^ qeâ sont comme des témoins dignes de foi , des signes xuo équivoques du sentiment dont il s'agit. « isaïc et Bébecc&cacbaient leurs jeux innocents et ks témoigftaget mutuels de lenra pudiq|uea imr dresses. » Bosa. « Ily a des témaigiMiges d'intérêt et de bienveillance qui lont plus d'elEat et aant réellemeBi plus utiles que tous lea dons; > J, I, c Ssr quoi voire imaginatlea est-elle e(b» roucbée ? Sar les plus vrais téÊMignagu d'e»> téma et d'amitié que vous ayes jamais aeçi» de ■ÔL » iDw • I>ana ceOesoëne, Zaïre, en aulti:pliant les t^moigniagef de la tendresse la plus vraie et la plus pure, garde lanable iecté fû Gonsicnt à. rinaaaenee accusée. » Lab.

Hsift sidHm «il bénin mus voyev mes beaaufv;

Penniaei! m'en lefaser é'asseiés témBignMgm?

fTadate à Sinùsc.) Jf ob.

Lea preftffafMfia, de leur cété , n'é^iivalent ai aux d/aientlrolêsiiam aux lémot^iuipet. Geaant toujours des discours, des aasuranoes données pas btpacoie; au lieu que les dânonsAvlione al les t^hieé^Mfer ceaapvennent ausai l'air» faseueil^les înanières, les embrasaeflKnts , lea ca^ rcaaes. -- Ensedte, les pvefettelions sont bsntea^ fortes, elkes exprimant de l*insistanee : on nouvelle (Las.), en redouble <S. S.) se tùms^ on se répand en protssl«tteiis(LAS.>, 0» fait mtBe protexleicofir (Las.). • Lhkdor m'a dît maintes belles pandas» m'a Ait mille prolulaêimu d'amitié. » D njxrw. «.Elisabeth d'Angleterre feignit de croire axix preleslatioiix d'amitié que la Fiaaea ne cessait de hri fidre. « Coitn. « Le roi de Pmsst faisait faire k Vienne les plus fôrtes prefsteaianj d'attaohcnxnst aux inlérMs de Vempereun » S. S. « Trypbon tftcha d'attirer Jonathas par de beUes paroles et par les assurances les plus vives dfuna

anûtiè sinoèie Il le troaspa si bien par ces

protertnltaOT d!amitié, qu'il lui fit renvoyer ses troupes. » RoLL. — Souvent aussi les prateatoiticns (pro, en avant, dorénavant) legaràeiit, non le présent , mais l'avenir, œ sont des promeaBOS d'i^ection. « Cest une chose singulière qfue de voir un grand nombre de personnes se répandie en prolesfattena, en promesses, en paaulea, el oublier ensuite tout cela pour agir à leur naire. » B'âl.

1« DÉNIGRER, ROIBCn;— 2* BÉCBÉl DicailBB , BirFAHBR ; — 8* DiSHONORBB. Bire du mal, imputer des fautes ou des oriaMs,. des défliuts eu des vices.

dénigrer et netroir diffèrent des mot^suivaits» en ee qu'ils bornent l'attention au sujet : et qni est dénigré ou noirci est défiguré, mis dan» un jour défavorable. Déctéâiier, décrier ^ êi/farnsn, déshonorer f sont relatifs à ce que devient le s^jsf dans l'opinion : ce qui est déerédité, détrii, d^famé ou déshonoré est attaqué ou perd» daos l'esprit des hommes. Bn d^m^n^unl et en asèiii sanl, on décrédite, on décrie, on diffàmt, 00 d^fi^nore.

1* Dénigrer , notmr.

rer est le latin denigrure, qui sigoifii • Maisy comme c'est un mot n-

SYNONYMES k RADiCAinL DIVERS.

Tant <rorigîa«, ils» dit «a tamet de sûtnces et de tttténlui« , «a maUires de théom. « Boîleau loue Stgrais y et démigre Bv^Mof. » Volt. « Boileaa a démigré le dincfeent du Taaee. » lo. ft Unm de eritique, «À de» hommea incapahlea dffrien produire, démgrêM Lea.producti(ma des autres. » Id. «J'ai été un peift affligé de voir le beaasiècAs de Loai» XIV , le liétle des talenU en toot feBre^ éénigaé dans plusteiie livres nonyeaux. > Id. « Les jansénistes ont Toula, que les jéseites n'eussait jamais ftil un bon ouTsage. Les jésoites ent denigfti Mleatt , perce «a*il était anù d*^nia«ld. s 1».

In vue Boileeu , dana ses slvérilée^

À de QeMoaHDlKiiaifri les beautés. le.

Mnfrer les taloite (in.), taoe lea bons écrivains de son siècle (!».). « BÎA n'est plus ordinaire aux maeveia écrimins <|ee de piller ceux qu'ils iMMfrmt.» Lab. « Ftniuotta par un morceau de cette ffenriede qxi'U est de mode aujourdfbui de cMMfrsr. a In, « I. &. Rousseau a dMiifftf la Mpmriade et loin. «I^Al. Dénigrer m choix de l'Asadémie (Id.).

Hais, si dénifrer aignifie une entre de critique, eetrctr marque une oaurra de censure; si Tactien de ddmgrsr suppose dee défauts de beauté, da godt, de vérité^ Taotion da netreir porte oontie lee moBurs et la cmduite; si celui qui démgre veut faire paraître ignerant, sot, ndieale, celui qui netrctl veuiqu*on soit regardé ceome vicieux, méchant, crmiinel. On dém(fr§ les fivres d'un auteur; on noiretl sa peraonne eu sonesiactèfe.

OBaïUii tes moeors ^ es ruércii sa ccndelle;

OelewndoÉieuzirEaropeaéleilew Voffcv.

c Vous verrei à quel peint la ealomma m*a noWei (en le fmaiX passer pour impie)« Kes euvza^as, qui 9ont la peintura de men coeur, seront mes apologistes. • In. « Quand il a^agirait de convertir toute la terre, il ne aérait paa permis de aetrctr des peraonnes innocentes. > Pasc « L'envie aofrtit nos qualités les plus louables. » Mass. < On ne se centente paa d'attaquer mon livre , on if oublie rien povr notretr ma personne.» FéN. cAlbéroBi croyait qu^e» vain ses ennemis s'efforçaient de 1» notrety, d'employer la cahmiaie pour le rendre odieux. » S. S. « Un eodésiastique placé aaprès de Fénelon peur être son espion , obierra longtemps l'Ame douce et pure qu'il était chargé de iiotrcvr. • .B'Al. « La calomnie peut aotrccr Vhomme le plus innocent, la conduite la plos pure, s ÂCàD.

I>e là il suit qu'yen général noirstr dit plus 9^ déaîgrvr, exprime quelque chose de plus odieux. Qui d^m'^re veut nuire; qui moitei$ verni perdre. Un simple détneteur éénigte; un ennemi violent ou acharné notreît.

3* l>écridiîery décrier y diffamer.

D'abord d^er^dtter et décrier n'ont paa prédsèment le même sens. On déerédiêe ce qui est hérédité ou en vogue , en empêchant qu*on cen* tinae k y avoir oonilance ; on décrie ce contre qnoi on crie , ce qu'on dénonce comme mauvais , comme méprisable. — C'est la capacité qu'on >|taqiie en décréditant : on d^cr^'le vsbl homme d'affaing (Boob.}i tm concurrent (Bouno.,

Mass.), un remède (Acas.) , un miracle (n.*At.)» un historien (In.), un devin (In.), en taisant qu'on oesse d'y croire (credere, d'où crédit), en persuadant qu'ils ne peuvent pas ce qu'on pense , ce qu'on en attend , en les faisant tomber. «Parce que ^ dans la réputation de vertu où était Soccate, il eût été trop odieux de vouloir Tattaquer et l'appeler en jugement, on crut qu'il fallait commencer par le déeréditer dans le public; c'est ce qu'on opéra par la comédie des Kuées. » FÉir. «Us ont contré exksemble pour tâchera décria dùee mes écrits; peutrétre à cause qulls ont ea peur que, si ma géométrie était en vogue , ce peu qu'ils savent de l'analyse de Viete ne fût méprisé. 9 Disc « Cette sauvegarde de l'inoculation, que le pré|ugé et la superstition s'efforcent tant dîe d^crddtter.. » D'Al. «Le gouverneur de l'enfant fit phiaieurs réflexions qui ne me plurent point, mai» que j'évitai de combattre pour ne pas le déeréditer dans l'esprit de son élève.» J. J, Kais on décrie , comme on notr ctt ce qu'on accuse d'immoralité , d'improbité , de bassesse. « Le fanatisme peut Caire employer de honteux moyens pour eotrctr et pour décrier un ennemi de la religion. » Mabm. On décrie la condui^te de quelqu'un (MosTBSQ., VaRT.); on ne la d^crefdtle point. « Alexandre VI était un homme décrié par sa mauvaise foi, par son peu de religion, son avarice et ses désosdres. » Boas. « Les dérisions et les satires sent trop douces pour décrier un vice (l'hypocffisie) qui mérite l'horreur du genre humain. > IftAsa. « Peu s'en faut que le cartésianisme ne décrie ses advers ires comme de mauvais citoyens. » D'Ax.. « Les pharisiens haïssaient J. C.,ila le déifiaient y ils le calomniaient, ils empoisonnaient toutes ses actions. » Bouan. « Je ne oroia pas qu'on paisse en bonne justice coffrer un homme pour avoir décrié la nftorale des jésuites. » VOLX.

Pemes-voes aflUblir ma fl^oire et ma puissance, Sa dkriemt mes saint, mon eut, ma naissance;

(Gicéron i Catilioa.) In.

—On décrédite un ministre en diminuant ou en détruisant la bonne opinion qu'on a de son habileté (Boss.) ; on décrie un prince qu'on représente ceeame indifférent aux affaires et comme plongé dans la débauche (In.). Plus de faveur, d'en* gouement , de cours , de partisans, de pratitiues , pour ce qui est déerédOé; plus d'estime pour ce qui est décrié.

Diffamer J de fcMM, rMommée, bruit public, c'est décrier dans le monde, au loin, partout. cArchiloqua avait si cruellement diffamé Lycambe, qni lui avait refusé sa fille , que le malheureux se donna la mort. » Lan. « Que la gloire est un pesant âfdeaul De quelque côté que je tomme la vue, je vois ma mémoire diffamée, » Don Quichotte. Laa. « L'endroit était plus connu et plus diffamé que le vetsinage de ScylLa et de Charybde. > lài* < U Ta diffamé partout. » Acan.

3!» J>écfc(monr.

DMenoTff marque Feffet produit par les actions de tous les verbes précédents. Comme on d^fit^e et on noircit pour déeréditer ^ décrier ou diffemer^ de même en dtfcr^itaiii» en décria/nt

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