DEUXIÈME PARTIE
et en diffamant on tend et on n'anÎTe que trop souvent à déshonorer. L'Académie fait diffamer synonyme de décrier et de décréditer , et le définit par : chercher à déshonorer.
DÉNOÛMENT , CATASTROPHE. Ces mots sont considérés ici dans leur rapport commun avec la conclusion d'une action dramatique.
Dénoûment , mot tout français , formé du verbe dénouer, se dit de toutes sortes de poèmes dramatiques, particulièrement de la comédie. Le dénoûment du Barbier de Sénille (Bbauv.) , de VÉtourdiy de l'J^coZe des maris de Molière (Volt.). « Dans Molière il y a des longueurs, les intrigues quelquefois sont faibles , et les dénoûtnents sont rarement ingénieui. » Volt. « Le dé- Mûment des Àdelphes (de Térenee) n*a nulle vraisemblance, s In. Mais catastrophe , tiré immédiatement du grec , s'applique seulement aux tragédies, qui sont les pièces de théâtre les plus relevées.
Ensuite, même quand il est question d'une tragédie , on n'en désigne la conclusion par catastrophe^ qu'autant que cette conclusion est réellement tragique, c'est-à-dire funeste ou même sanglante. C'est une conséquence de Tétymologie du mot xttTaarpoqpi^, renversement, bouleversement , mort. « On n'attache plus au mot catastrophe que ridée d'un événement funeste. On ne dirait p^s la catastrophe de Bérénice ou de Cinna, Avant Corneille on n'osait pas donner le nom de tragédie à une pièce dont le dénoûment n'avait rien de sanglant ; et Aristote pensait de même , lorsqu'il semblait vouloir interdire à la tragédie le drénoûment heureux. » Mark. < Les Euménides d'Eschyle, le Philoctète de Sophocle et l'Oreste d'Euripide se terminent par un dénoûment heureux. Dans les tragédies modernes les catastrophes funestes trouvent naturellement leur place, s In. « Le poème tragique vous mène par les larmes, par les sanglots, par l'incertitude, par l'espérance , par la crainte , par les surprises et par l'horreur jusqu'à la catastrophe, » Labr. • Ces mots préparent la terreur et fortifient le tragique de la catastrophe. » Volt. « La catastrophe de Rhadamiste produit la terreur et la pitié.... Tout ce dénoûment n'est pas moins tragique que le reste de la pièce. » Lab. « La terreur et le tragique de cette catastrophe,.,, » Volt.
Enfin, même quand la tragédie se termine d'une manière terrible , conformément au but de cette sorte de poème , la catastrophe n'y est pas la même chose ou n'y est pas toujours la même chose que le dénoûment. La catastrophe y est le coup , le fait d'ordinaire sanglant qui est placé vers la fin ; le dénoûment est la manière dont le poète fait cesser l'intrigue, l'embarras et par suite l'inquiétude du spectateur. La catastrophe frappe , produit dans l'&me une grande impression; le dénoûment débrouille, développe, éclaircit les situations et satisfait la curiosité de l'esprit. La catastrophe doit être terrible et touchante , elle doit firapper le dernier coup; le dénoûment doit être clair, il ne doit laisser aucun doute ni sur les suites de l'action ni sur le sort des personnages.
Souvent la catastrophe sert de dénoûment ,
' c'est le resqort employé pour développer l'mtrigue. Mais quelquefob aussi la catastrophe ne contient pas le dénoûment ou tout le dénoûment. C'est ce qui arrive dans Britannieus. Britannieus meurt empoisonné, voilà la catastrophe. Mais tout n'est pas encore expliqué : que devient Junie? Il feut un dénoûment ultéritur pour nous l'apprendre, et ce dénoûment est le parti que prend junie de se mettre au nombre des vestales.
A tout cela , if ftut ajouter que le dénoû nrenl, action ou manière de dénouer, se rapporte à celui qui d^fiotie, au poète et à son talent, a Ce qu'il y a eu de plus émine&l dans Corneille , ce sont ses d^oAfiieiito. » Labi. « Dans ce cas Corneille eût sacrifié la plupart des beautés de ses pièces , comme le dénoûment de Rodogune.i» Mark. «Dans Bajaxei^ le dén&ttment n'est point bien préparé. » SÂv. « Ooand une tragédie est bien faite, Taction se développe d'elle-même, et avance sans obstacle jusqu'au dénoûment. » Goin>. « Le plus grand défaut de cette tragédie est celui du dénoûment qui n'est ni assez préparé ni assez motivé. * Lab. « llu bon tragédien est très-propre à être un très- bon historien, parce qu'il faut dans toute histoire une exposition , un nœud , un dénoûment et de llatérêt. » Volt. — Mais la catafftrophe se considère en soi , comme un objet, et non comme une action ou le résultat d'une action : elle est sanglante (6oss. , Rac), tragique (Boss.), affreuse (Lab.). « Mahomet consterna d'abord par la soBibre et triste atrocité de la catastrophe. » Lab. « Sur le théâtre des Grecs, la fable n'ayant à produire qu'une catastrophe terrible et touchante, pouvait être simple. » Marm. Bourdaloue dit en parlant de la passion de J. C. : < Après tant de scènes différentes , et toutes également lugubres, nous approchons enfin de la funeste catastrophe d'une tragédie si sanglante. »
!• DÉNUÉ , DÉPOORVU , DBSTITtJÉ; — V DÉ- POUILLÉ, PRIVÉ. Oui manque dec«riaineschoses.
Dénué , dépourvu et destitué s'emploient conune adjectifs , au lieu que dépouillé et prii^ sont des participes. De là entre les uns et les autres une grande différence. Les premiers marquent un état ; les deux derniers désignent un état qui a été produit : on est dénué, dépourvu^ destitué t simplement ; on est dépouillé ou privé, parce qu'on a été dépouillé ou privée par suite d'une action ou d'un événement , par le fait de quelqu'un ou de quelque chose.
1* Dénué , dépourvu , destitué.
Pour ce qui concerne d'abord dénué et dé pourvu, l'un est absolu, l'autre relatif; l'un exprime la nudité, l'autre le défaut de provision seulement, le manque de moyen. Quand on est dénué de sens , de raison , d'esprit , on n'en a point; quand on en est dépourvu, on n'en i guère, on n'en a pas assez pour faire ceci on cela.
Me croyes-vous de sens si dépourvue ^
Que devant voua je commisse un tel tour? Lat.
c Je ne suis pas encore assez dépourvu de seos et de raisonnement pour ne pas voir que.... » S. S. « Que ce qui était la cause de Dieu devienne la
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
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nôtre, et on yerra si nous sommes aussi dépourvui d'adresse que nous le disons. » Boubd. — Ajoutez qu'on n'est pas dénué et dépourvu des mêmes choses. On est dénué de tout ce qui vèt, entoure , accompagne , et de tout ce qui est bon ou commode , sans aucun rapport à un emploi , à ane destination , à un but. «On n'envisage que la substance du péché , dénuée de tout ce qui l'accompagne et de tout ce qui la suit. » Bourd. Dénué de mérites et de vertus (Id.) ; dénué d'argent ^KoL.), de biens (Feu.), de tout (Bodrd.). Mais on est dépourvu de ce qui fait la force ou la sûreté, de ce qui rend capable d'action ou de résistance. Un pauvre est proprement dénué, une place est dépourvue. Buffon a dit : « Des terres froides, ingrates et dénuées, » et Fénelon : « La plupart des places qui nous restent sont dépourvues. > < Nous avions tout à craindre de la sagesse de Sésostris ; mais sa puis&ance passant dans les mains de son fils , dépourvu de toute sagesse, nous conclûmes que nous n'avions plus rien à craindre. » FéN. « Le défaut d'une seule de ces qualités rend aussi bien un homme incapable d'être ce qu'il prétend , que s'il était dépourvu de toutes. > Bourd. Dénué, il vous manque quelque chose pour être bien; dépourvu, TOUS êtes faible ou impuissant. Un poëme est dé' Hué d'intérêt ; un pays, dépourvu de lois. L'homme dénué de sagesse est , selon la comparaison d'un auteur chinois, comme une armée dépourvue de chef. Vous êtes dénué de qualités , de vertus , de mèiites; dépourvu d'énergie ou de ressources.
Desiiiuétdn latin destituere, abandonner, signifie d^ourtu par délaissement , réduit à soi-même, qui n'a pas d'auxiliaire ou de soutien, à qui manque une force d'emprunt. On est destitué d'assis, tance (Boum. , Boss.) , d'appui (Boss., Roll.), de crédit (Mass. , Fén.), d'un secours (Bodrd.), du secours de la grâce (Boss.); une chose est destinée de fondement (Agad.) , de preuve (J. J.), de rraisemblance (Lab.). « Montaigne considère ITiomme destitué de toute révélation. » Pasc.
* Destitués, comme ils ont été, des expériences et des instruments nécessaires, les anciens n'ont pas dû prétendre à la gloire d'avoir tout connu. » J. J. « Les huguenots se trouvant destitués de la présence d'un chef si considérable (l'amiral de CoUgny), le prince n'en pouvant plus, se retirèrent, s Boss. Fénelon dit de lui-même , dans sa querelle avec Bossuet : « Je suis seul et destitué de toute ressource humaine. » « Il ne reste alors aux consuls que des menaces, destituées réelle^ ment de tout pouvoir. • Roll. — Nous sommes dénués et dépourvus de ce que nous n'avons pas , destitués de ce qu'on ne nous prête pas , de ce qu'on ne nous donne pas. Destitué de bon sens et de raison, est tout à fait impropre, quoi qu'en dise l'Académie. On en citerait difficilement un seul exemple tiré d'un bon auteur.
^ dépouillé ^ privé.
Au figuré, le verbe dépouiUer ne s'emploie que ™" Ift style soutenu et signifie ôter quelque chose de grand. Il en est de même du participe
• DépouiUé de l'autorité royale. » S. S. • Nous sommes dépouillés et dégradés de tous les priviléges de l'innocence. 9 Bourd. a La vertu est dé-
pouiUée de ses honneurs. » Lab. « Le courage d'esiprit avec lequel Louis XIY vit sa fin fut dépouillé de cette ostentation répandue sur toute sa vie. » Volt,
Si les deux, ^dépouillés de leur empreinte auguste y
Pouvaient cesser Jamais de le manifester.
Si Dieu n'existait pas, il faudra! l l'inveuter. Id.
— En outre , dépouillé , despoliatus , suppose quelquefois une spoliation , une action violente , telle que celle d'un soldat qui enlève k son ennemi ce qu'il porte sur lui. <r La mère des Calas fut privée de ses filles , et dépouillée de tout son bien. » Volt, a La présence d'Adherbal , dépouillé de ses États , et la mort de son frère , excitèrent une indignation générale. » Vert.
Privé est subjectif, relatif au sujet, qu'il présente comme à plaindre , comme mis dans un état fâcheux , dans un état où il ne peut jouir de ce qu'il a ou de ce qu'il pouvait avoir. La racine est privus, propre, sien, ce qui appartient en propre. On dit bien dépouiller une chose , ses vêtements , sa fierté ; l'action de priver tombe toujours sur une personne. Les âmes du purgatoire souffrent d'être privées delà vue de Dieu (Bourd.). c Nous nous alarmons, nous nous troublons, nous nous désespérons , à mesure que ces biens nous échappent et que nous nous en voyons prtvés,ii Id. « Ces princes, malheureusement privés de succession , ne pouvaient recevoir de consolation plus touchante que de voir.... » S. S.
Dans mon triste palais, seul et privé d'enfants, J'aurais pu voir en vous l'appui de mes vieux ans.
Volt.
a Le second des fils d'Alexis était Ivan, encore plus maltraité par la nature que son frère Fœdor, presque privé de la vue et de la parole , ainsi que de santé, et attaqué souvent de convulsions. sId. « Le premier vœu des aveugles est de recouvrer la vue, leur plus grand regret est d'en être î>rtvés. ' Lab.
DÉSERTEUB , TRANSFUGE. Soldat qui abandonne le service sans congé.
Le déserteur {qui deserit , celui qui déserte on fait défection , qui quitte son drapeau ou l'armée dont il fait partie) , se retire , se sauve ; c'est un lâche, c Alexandre dit â ses soldats qui refusaient de le suivre au delà de l'Hyphase : Aller, donc en votre pays, et vantez vous, lâches déserteurs de votre roi, de l'avoir abandonné. » Roll. Le transfuge {qui trans fugit , celui qui s'enfuit au^ delà ou de l'autre côté) , passe dans le parti opposé; c'est un traître. « C'est la coutume de traiter favorablement d'abord les transfuges , à cause du service qu'on en tire, mais de les mépriser après conmie des traîtres. » Roll. Le déserteur n'est plus avec les siens , le transfiige est contre les siens ; et , pour parler notre langue actuelle , le déserteur et le transfuge désertent, le premier à l'intérieur, le second à l'ennemi. Grande différence dont il est tenu compte dans le code militaire. « César demanda aux Helvétiens des otages leurs armes, et les esclaves déserteurs qui avaient été reçus dans leur camp.... Après qu'ils eurent livré les otages, leurs armes et les transfuges, il leur accorda à tous la vie sauve. 9 Roll.
De même, au figuré, déserteur a rapport een-
sa
DEUXISVE PARTIE
lemtfnf à lu eho«e qa'otil hisse' : Aéttttêwr et l'Éfaftgil» (ITass»), Aé la justice (d'Ag.). « Les 8«gfieane sont de» àéiefimr»; île ont yefltfneè au pape. » Volt. Quand les oiseaux vèyttgenn se maUent en route» oot ne' ydU jMffalive- le lendemain ni tralneurs ni dé89rt9wn{HovL.)A\ y a des pigeons qui s'éloignent de leurs colombier» pour n-f plus rereniE , et qui se* ceiirent dans les bois ; OB les appelle à cause de cela des foyards et des iUfsrSnurs (Botp.)- Mais lran*Jtogw s©«pporte àla fats à ee qu'on quitte el à ce qu'on prend, à os qu'on a été et à ce qu'on devient. La Hotte , qui de trappiste s'était fait poè'is dcamatique , éuit traïufuge du sacré-aix profane (b'Al.). « Quand le juge méprise son état , tncwefuflfe d© la vwttt, le Tioei même auquel il se liTre ne lui en sait au-
CUE gré. 9' I/Jto* «-Samnery voyait le vol que le que ses héritiers naturels. L'action d'esflMder,
« Ovi Toit-ot! dans Tes lanterties des cBamkres, au parquet, à la porte ou- dans fil salle du magb* trat? Les testamentaires qui plaident en explication d'une clause on d'un articlie, les personnes exMrédéet. » Bt de même, dans son Bàtaérero^ fiMMfie, Rollin, parlant latin en français, pour ainsi dire : « César poussa le ressentiment jusqu'à exiger du père deCésétlus qu'E abdiquât et exhérédàt son fils. »
Quant au sens exact des deux mots, êàkériUr marque la manière dont les cboses se passent de nos jottPB , et exhéréder rappelle comment on dés^ héritait ehex les Romains et ensuite, àleurimittr tlon , ches d'autres peuples. L'action de éUMrir ter est négative, indirecte , tacite ; elle a lieu pir le simple fait de léguer ses biens libres à d'autres
duo d'Hairoourt prenait <, et la» décadence de H. de BeauvilUen, à qui ii devait e^stsnce et fortune: Le drôle ne manqua peint de sedonner àHarcourt, qui te reçut comme xm ittMtfugê par lequel il es» péraitde savoir beaucoup de choses sur des gcae qu'il voulait culbuter. » S. S.
Quelquefois aussi il semble que tramfuge soit employé simplement comme exprimant quelque chosa de plus odieux. Màssiiten appelle- SpiDÔsS' « tttt transfuge de- toutes tes rebgiens, un monstM obligé de se eacber ans yeux de teus les hommesk » On dit bien déâtriewr et Uxmtfage, mais non pas transfuge ûi- déserteur ^ pasceque transfuge est propre à enchérir sus dèsevleur. « Rougir de L'habit olévieal et l» déposer, c^est être un déserteur ^ un transfuge ^ et se déclarer indigne de le porter. » Mass. c Ce n'est pa» que , déêertemr et tramsfugt de la phUosophie , je veuiite voue en dégoûter aujourd'hui pottr voob livrer servitesMnt à- l'histoire. • D'A».
BÉraiUTERy EXOiftâDBR. Pris«S d%iKti sudceisioft.
Déshériter a été formé du verbe français hériter^; eahêiféder est le latm «slieredare. C'estpourquoi déshériter est le mot du langage ordinaire , eieKhérédêr un terme de jurisprudoKe, et surtout d« jurisprudence vcmiaine.
Grébillon s'étast marié sans l'aveu de son père* celm*ei le déshérita (d'Al.); ches tes Romains, a lorsque le père n^instituait ni eshérédais son fils, te lestamsnt éUU rompu, a IftmTXSQ, -— Dans YSnfant prodigue de Voltaire, il est dit plusieurs foi» qn'Bupbémon a déshérité son fils ; mais quand le président Fierenfit veut exprimer te même idée dans te slyte dea juristes, c^est 9sihéréder qu'il emploie.
Nos pères l'ont ordonné de ta sorte ; Sd droit écrit' leur volonté l'emporte. Lises Gejis, chapitres cinq, six, sept?
« Teni Hbenift de debMehes tnfeei r Qoi^ reaongaet i Taile paternelle.
Fuit la maison, ou bien qui plUe ieelte^ Ipio/aetùf de tout dépossédé Gomme un bâtard U est exhérédé. »
— • KOM de Sévigné éûdtdaas une de ses tettres : a Mite de YiUarceanx est morte sans eonfeesion et saas avoir eu te tempe de ééthérUer ses cou* sines. V Mais Labruyère , racontant* œ qui se passe an palate, et aaeotaat.d'e& parier U kn^os» dit :
au contraire, était positive, feecte et formelte: elle cotSBistait ^ans une déclaration expresse et motivée , par tequelte on excluait de toute espèce de droit et de part dans sa succession, on son enfent, ou quelque autre héritier auquel tme légitime était due, en énonçant les raisons légales qu'on avait de punir ainsi les ofienses dont on avait à se plaindre. C'est la distinction de Roubaud. a On désh&ite, dit-il, ses héritiersnaturcls en léguant à d'autres ses bieA libres, par la simple institution d'un autre héritier ou d'un légataire, et sans cause énoncée , en vertu du droit de disposer de sa propriété. Un père e*ftérMe ses enfanta en les dépouillant de toute espèce de droit et de part dans sa succession , par une ezclusioir expresse et motivée, et en vertu de la loi qui l'autorise à punir par Yexhéréd(itian certanies o^ feUse» déterminées et spécifiées par te loi ellemême. »
DÉMONNÉTB, OBSCÂNB'. Contraire à te pudeur.
La ebose âéshonnéte s'écarte de Yhonnêtetft ^ ce qui est beau , déceiit ou convenable. La chose ohseèn€ met devant les yeur {oh) des saletés (en latin cctnum veut dire boue, ordure, saleté). Déshonnéle exprime un simple défout de conformité à des lois , dont obscène marque la violation ouverte, effrontée. Ce que la d^sHonnAel^ oe prend pas assez sohi de cacher, robsc^tf^ le met impudemment à découvert. Un langage déshonnête n'est qu'immodeste, un langage ebseène est ordurier.
Péskonnête ne se dit pas de l'homme, mais seulement de ce qui s'y rapporte , parce que c'est un mot ft signification trop faible peur désigner une sorte de caractère; par la raison contraire, on dit bien un homme, tm écrivain ehscène. Les épigrammes^ dëshonnites de Martid lui ont fait - denncFF jasfiement le nom de pofte obseése. Suivant T. S, Rousseau., la langue française, qu'il 'personnifie en cet endroit, est obseëne^ pâiee que , à son avis , la chasteté d'ime langue ne consiste pas à éviter les tours d^x^siuf^tat, mosi ne tes pas avoir.
AotM difltonee non moine sensible. Déshmnéu eonidenf généralement à tout es qui blesn la pudeur ow la pureté : menerime vie (UMeanéte (Kofc.) , entrtfleair avec une personne des iotelligeiaes. ééshmnéfm (lloss;), etc.... C^teà»
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
un terme concret particulièrement applicable anz choses apparentes, mises ou susceptibles d* être mises de?a&t les yeux ou en scène , comme tableaux, gestes, postures, ou bien encore aux paroles , ces images de nos pensées. « On se l^t des occupations qui toutes ne tendent qu'à nourrir Uà folupté, des spactaoles profanes, des lec* tores pernicieuses, des harmonies lascives, des peistnres obscènes. « IFass. — Une pensée déshmméte peut être quelque chose d'abstrait dont s'oeeape l'esprit ; une idée cbseène est une image , une leprésentation mentale, dOTant laquelle il est en contemplation.
f VÉSOVfclH , YfOtBE; — 2* COWTHKVBWIK , TKAinGasaSER -, — a* JjNHIBINDRB. Agir contre oix malgré ce qui est commandé ou défendu, centre ou malgré une loi , une règle , ou autre chose semJ^able.
Ce qfo^ott considère principalement dans détobéir et otoicr, c'est le plus ou' le moins de fCfroe de Taction; dans eontrewnir et inns§resssr^ cest Fespèce de loi ou de règle dont on ne tient pas compte et qu'on foule aux pieds, pour ainsi dire; dians enfreindre j c'est l'origine de cette loi ou de cette règle. — Désobéir annonce l'action la plus douce, la plus modérée, une simple inobservation; etoter marque Taction la plus forte , la pit» emportée, un outrage. D'autre part, on eoNfreviml à quelque chose de particulier, à un ordre on à une ordonnance , à un règlement; on iransgrvsie quelque chose de généial , un précepte, une règle, la loi divine ou la loi naturelle. Snffai on enfreint ce qu'on- a contribué soi-même à établir, un traité, un pacte, une promesse , ses propres maximes.
f l>étdbéir^ violer,
Déâobéir se distingue par la faiblesse de l'action; U est purement négatif et signifie une omission, un manquement', une faute. « Dieu n'est-fl pas injuste en flétrissant éternellement tons les enfants dTAdam pour une désobéissance qui semble excusable?» Yolt. « Socrate aime mieux mourir que s'enfkiir, de peur de désobéir auxVris qui le retiennent en prison. » FÉir. « Je tunlais user pleinement du droit de penser, mais toujours en respectant le gouvernement sous lequel f avais à vivre, sans jamais désabéir à ses lois. » J J. c si c'est un crime d'attaquer l'honneur d'autrui , c'en est pareillement un de ne le défendre pas. Cest un devoir de charité , et numquer à cette loi indispensable , c'est désobéit à un précepte divin, s Bouan. — Ftoler, au contraire, te distingue par la violence, c'est-à-dire par la Ibrce excessive de l'actiQu; il désigne un attentat, une atteinte audacieuse à ce qu'il y a de plus sacré et de plus respectable. On viole ouTstement (I.AB.), on ose violer. « PhHoctète eotlalhiblesse dTéluder son serment, n'osant le wÀ^. 9 FÉv. • Que les dieux vengent cette al- Banoe, li jamais quehme impie ose H vider, * Iku « On (fit qu'il y a dans Turin des gens qui ■ûsiSNDt tous les livres, sans respecter l'adresse; mais Je sois bien éloigné de croire qu'on ose ânai eUr te droit des gens. » Yolt. c Albéroni népoa^ quf II ne eonceveit pas pourquoi on se MkH wrapulB de manquer aux traités avec mie
puissance qui les violait tous sans pudeur. > S. S. « L'autorité établie pour maintenir l'ordre et la pudeur des lois est méritée ( sous un prince ami du désordre) par les excès qui tes violent. » IIass.
2* Contrevenir, transgresser.
Contrevenir se distingue par la spécialité , le peu d'étendue des règles ou des lois auxquelles il exprime qu'on s'oppose. On contrevient à quelque chose d'établi, d'eiTectif, ou de voulu par une certaine personne. « Henri Ym d'Angleterre établissait dans cet article le célibat des prêtres avec la peine de mort contre ceux qui y contreviendraient, * Boss. « Nous renouvelons les statuts et ordonnances qui regardent l'âge des servantes; déclarons toutes les peines y portées bien enoomrues- par les cDitirevefHMiis. a in. « il fut arrêté qu'on ne créerait aucune magistrature dont il ne fAt permis d'appeler; et on donnait pouvoir à tout particulier de tuer impunément quiconque con^evtendratt à cette ordonnance. » RoLL. « Parmi quelques nations on croit qu'il suffit , pour réprimer le luxe , de punir les eontravenHons à la loi par des amendes pécuniaires. » In. c Les états se jettent aux pieds de Yotre Majesté pour l'assurer qu'ils veilleront à prévenir toute conirttcention à ses ordres. » Yolt. « Ces vidangeurs avaient confreeeiw à la loi de police qui leur ordonne de fermer l'entrée de la fosse toutes les fois qu'ils quittent le travail. > in. c Félix, dans Poiyeucte^ s'imagine qu^on veut le perdre auprès de l'empereur comme ayant contrevenu à ses ordonnances, s Las. — Trane^ gresser, au contraire, se distingue par la généralité ou l'universalité des lois ou des règles contre lesquelles porte l'action qu'il signifie. On transgresse les commandements de Dieu ou eeux de rSglise , les préoeptes de l'Svangile ou ceux de la morale. On dit la eontraiveniion aux lois positives (o'Ao.), et la transgression de la loi na^ turelie (Id.). < La franj^rettiofi de la loi naturelle a été dans tous les temps et dans tous les lieux réprouvée , condamnée , détestée. » D'Ao. « Les hommes peuvent se donner des conseils tes uns aux autres , mais non pas faire en sorte que ses conseils deviennent des préoeptes ou des leis dont la transgression soit punie, » In. « Celui qui transgresêe la loi en un commandement la mé* prise en tous les autres, car celui qui a dit : Tu ne commettras point d'impureté , a dit aosai : Tu ne tueras point. * Boss. « Le ehristiaaisme n'est que le judaïsme expliqué et acoompii ; donc les apôtres ne transgressaient^ point les lois des Juifs quand ils leur enseignaient l'Évangile. » J. J. — Coiifrevenfr, c'est venir ou aller eontre*, fhire une chose contraire à ee qui est pvescrit, or* donné, déterminé; ffofij^ffefwr, dp trans gradi, aller au delà, outre-passer , c'est franchir lea bornes, sortir de la voie, dfune voie eonmnuie, tracée pour tous, fhiffr un écart*
3* Enfreindre.
Enfreindre, du latin infringere , briser, se distingue en ee qu'il indique un dégagement, un affranchissement de qoelqu'tai qui s'était lié. Le eontrevenani et le tramgnswew sent coupables par indiscipline, lieenee ou déré^ment; Xinfra»* tenr Fest par hifidéUté: « On m/VetiH. une toi
qu'on a faite. * Gond. Comme on dit rompre un traité, une alliance, une paix, un serment, on dit les enfreindre, « Dieu ne peut enfreindre les lois qu'il a faites. » Volt. « Je n'en dirai pas davantage pour ne pas enfreindre la loi que je me suis faite de ne point entrer ici dans l'a (Taire de la constitution. » S. S. a C'était une infraction à mes maximes. • J. J. « 11 est contre la nature du corps politique que le souverain s'impose une loi qu'il ne puisse enfreindre. » In. « Tout pacte dont une des parties enfreint les conditions devient nul pour l'autre. » lo. « Les Athéniens refusent leurs secours à Amphipolis assiégée, sous prétexte qu'ils enfreindraient la paix qu'ils ont faite avec la Macédoine. » Cond.
Oui, nous jurons ici pour nous, pour tous nos
frères.
De rétablir Joas au trône de ses pères.... Si quelque Iransgresseur en/teint celle promesse, Qu'il éprouve, grand Dieu î ta fureur vengeresse I
Rac.
DESSEIN, PROJET, PLAN. ENTREPRISE. On dit
concevoir, former, exécuter un dessein^ un projet, un plan y une entreprise ^ c'est-à-dire l'idée d'une tâche , de quelque chose à faire. Il y a des esprits actifs, inquiets, remuants, qui s'occupent toujours de nouveaux desteins., de nouveaux projets , de nouveaux plans et de nouvelles entreprises ; c'est le reproche que faisait Cinéas à Pyrrhus. Une passion dominante nous met dans la tête mille desseins^ mille projets ^ mille plans y mille entreprises (Bourd.).
Le mot entreprise doit être écarté d'abord. Il suppose seul un commencement d'action. On dit la suite d'une entreprise (Labr.) , les frais d'une entreprise ÇiiLoL.)\ il n'ira pas jusqu'au bout de son entreprise (Montesq.); mettre ou mener à bout une entreprise (Mol.) ; conduire une entre^ prise avec succès (Mass.); une entreprise sans succès (Hbon.); les entreprises lointaines (des rois) réussissent rarement (Volt.); les entreprises des Perses contre les Grecs (In.). « La peine qu'on prend pour persuader aux autres et à soi-même que la mort n'est pas un mal , fait assez voir que cette entreprise n'est pas aisée. » Laroch. «Com- i bien en verrez-vous qui, frappés d'une maladie mortelle , forment des desseins et s'engagent dans des entreprises ? » Bouro. « Jusqu'ici la fortune a favorisé ses plus injustes entreprises. » Fén. « Dans le commencement de son entreprise , c'est-à-dire dans un temps où un échec pouvait le renverser, Alexandre mit peu de chose au hasard.» MoNTESQ. — Ajoutez à cela que l'entreprise rappelle parfois le sens d* entreprenant et signifie quelque chose de hardi ou d'audacieux : les conspirations sont des entreprises (J. J.}. « Ventreprise d'enlever un homme des mains de la justice est une rébellion. » In.
L'entreprise sans doute est grande et périlleuse : J'attaque sur son trône une reine orgueilleuse.
(Joad à Alhalie.) Rac.
Le plan a aussi son caractère bien distinctif. Ce mot annonce toujours une distribution de parties, un système, quelque chose de vaste, de compliqué, de général. Ou dira plutôt, par exemple, un proj'ei de discours, le dessein d'un dis-
cours (Mass.) , et le plan d'un livre (Boss.) ou d'une tragédie (Rac). « D'Alembert donne un plan de cette célèbre entreprise [Y Encyclopédie)^ et ce plan vaut lui seul une encyclopédie.» Yolt.
Je n'ai rien fait en vers ; mais j'ai lieu d*espérer Que Je pourrai bientôt vous montrer en amie Huit chapitres du flan de notre académie.
(Philaminte dans les Femmes savantes,) Mol.
Le dessein et le plan d'un livre en font connattre l'objet, l'un sommairement, l'autre en détail. « On expose dans cette préface le dessein et le plan de l'ouvrage, dans lequel il parait qu'on s'est proposé trois objets. » D'Al. « C'était presque à chaque pontificat , nouveau plan , nouveau système. » CoNn. c P/an, terme emprunté de l'architecture et appliqué aux ouvrages d'esprit, signifie les premiers linéaments qui tracent le dessin d'un ouvrage, son étendue circonscrite, sonconmiencement, son milieu, sa fin, la distribution et l'ordonnance de ses parties principales , leur rapport , leur enchaînement. » Vaxit. a Examinons l'ordre et le plan de l'entreprise criminelle qu'on m'impute. > Roll.
Restent donc le dessein et le projet. Le detteta est subjectif et le projet objectif; l'un se considère par rapport à l'esprit , l'autre en dehors de l'esprit. Le dessein est ce qu'on veut exécuter; le projet est un arrangement de moyens pour l'exécution d'un dessein, a Jamais homme ne fut si vaste dans ses desseins (que le baron de Goertz) ni si actif dans ses démarches; nul projet ne l'effrayait, nul moyen ne lui coûtait. > Volt. <r Or Dieu dit.... Ce mot or suppose des choses faites et des choses à faire : c'e^t le projet d'un nouveau dessein, • Buff. «Quand ona ledeuet» de s'avancer , on ne manque pas de faire des projets de fortune. » Cond. Il y a de la ressemblance sous ce rapport entre le projet et le plan. «Montesquieu vit jour à donner un combat avecavantage : il dépécha secrètement un courrier avec un plan de son dessein. » S. S. « César projeta de donner des fers à sa patrie : c'est la tyrannie de Sylla qui lui en fit naître le dessein , et il en forma le plan avant même d'avoir passé par aucune magistrature. > CoND. « Je vais donner d'abord un plan général de mon dessein. » P. A. Seulement, il ne faut pas oublier que le plan est plus vaste que le projet , et aussi moins vague et moius sujet à n*être qu'une chimère.
Pour en revenir au dessein et au projtt^ ce qu'on regarde dans l'un, c'est qu'il est l'œuvre d'un esprit, d'un agent moral, œuvre bonne ou mauvaise , louable ou blâmable ; et ce qui frappe dans l'autre, c'est qu'il représente une disposition plus ou moins habile de parties , de préparatifs ou de mesures. On dit de bons desseins et de beaux projets. « Il passa quelquesjours à méditer son projet sans me le conununiquer , quoiqu'il y eût lieu de penser que je ne désapprouverais pas son dessein. » Lbs. « Judas conduisit lui-mèzDe tout le projet de la mort de Jésus-Christ... Il n^ vient pas la tête levée se saisir de la personne de son maître; il cache la noirceur de son dessein sous les plus tendres témoignages de l'anûtié. ' Mass. « Alors Néron se persuada qu'il fallait former quelque desuin grand , banii , nouveau et
SYNONYMES A HABIGAUX DIVERS^
mpréru , dont le projet ne jetât pas moins de terreur parmi les Romains que parmi les Carthaginois , mais dont Texécution heureuse changeât les alarmes des premiers en une joie aussi grande qu'inespérée. * Roll.
On peut entendre d'une autre manière la subjectirité du dessein et TobjectiTité du projet : le dessein est plus réfléchi , le projet plus vague ; nouTelle différence tout à fait conforme â l'étymologie du projet (ce qu'on jette pro , en avant). Le dessein est précis et regarde quelque chose de prochain; les projets se rapportent à l'avenir et sont moins déterminés , ce ne sont le plus souvent que des idées en Tair, des châteaux en Espagne, fruit de l'imagination ou de la fantaisie > et non pas de la raison. Aussi ne peut- on pas attribuer des projets à Dieu comme on lui attribue des desseins. « Nous voudrions être la fin de toutes les voies et de tous les desseins de Dieu , comme nous nous établissons nous-mêmes la fin imique de toutes nos voies et de tous nos projets sur la terre. t> Mass.