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DEUXIÈME PARTIE

répandre , et même , autant qu'il lui eet possible , pour se ptrpéttter et s'éterniser^ elle se produit dans des libelles? » Id. « Le roi Charles VU fit un fonds pour la subsistance des gens de guerre, et pour cela il imposa la taille, qui, depuis oe temps-là , a été perpétuelle. x> Boss. < L'édii du préteur fut alors appelé perpétxiel , connue n'étant plus sujet a variation pendant toute Tannée pour laquelle il était dressé, s Roll. Un dictateur perpétuel y un secrétaire perpétuel^ sont à vie; les* décrets étemels et les (iammes^ étemelU* ne supposent dans leur durée aucune sorte de bornes. Continuel, contbiuus, de eum, avec, et de tenere^ tenir, c'est ce qui tient ou se tient ensemble, ce qui forme suite^ Ce mot indique, comme perpétuel j une sorte & éternité, une éternité relative, une durée sans fin dans certaines limites : après avoir essuyé ici-bas une persécution continuelle, les juetes trouveront au ciel une éternelle consolation (Boss.). Travail, mouvement , «exercice continuel ; prière , illusion , fatigue , inquiétude continuelle, c La médisance est un péché dont l'occasion nous est fréquente et presque continuelle, v Bourd. « Dans le monde se voit , en apparence , un continuel triomphe , et dans l'Église une continuelle persécution. » Boss. — Hais ce qui est perpétuel est un tout indivisible qui dure d'une manière permanente ou persévérante; au lieu que ce qui est continuel est un tout ou comme un tout composé de parties qui se succèdent sans cesse, sans interruption, sans lacune. Le chêne vert a un feuillage perpétuel (Volt.) ; l'esprit humain fait dans les scteates un continuel progrès (Pasc). On est condamné à un exil perpétuel (Vert.), on se condamne à un silence perpétuel (Labr.); mais on se fait d'une chose une continuelle occupation (Mal.), une expérience continuelle nous apprend ceci ou cela (MoiTTBSQ.) , tous les corps sont sujets à un continuel changement (âcad.). Ce qui est perpétuel est ou demeure toujours ; ce qui est continuel va ou se fait toujours. Un dictateur perpétuel, un bruit continuel; un monument perpétuel , une plainte continuelle,

La distinction est rigoureuse ; en conséquence, continuel ne se dit jamais des choses qui sont, des objets. Toutefois , la réciproque n'est pas Traie : perpétuel a quelquefois le sens de continuel et se dit bien des choses qui se font , se pas- «sent ou arrivent. Mais dlors il les représente syn^ thétiquement, abstraction faite de toute idée de succession , et c'est pourquoi il s'emploie de préférence au singulier. Une guerre perpétuelle est comme un tout sans parties ou à parties indistinctes qui dure , au lieu qu'une guerre continuelle se compose de combats continuels , d'ac* ttons qui se suivent, qui ont lieu à plusieurs reprises. Le chrétien doit se faire une guerre perpétuelle (Bourd.); les saints ont observé des Jeûnes continuels (In.). Outre la circulation perpétuelle de Teau dans la terre, semblable à celle du sang dans le corps humain , il y a le flux et le reflni continuels de la mer (FiN.). On attribue & Démocrite un rire perpétuel ; ces ris eonlinuels étaient fondés sur une profonde méditation de la •t d« la vanité bumaios (In.).

/mmorlei, n<Ni siacqrtiblo de momir, iToflR aucune difficulté. C'est une épHhite fésûtèe pour les êtres vivants oa persomiifiès, partout ce qui vit ou ssmUe vivre sans tenue, i perpétuité, pour toujours. « Dans sa dovleur, Calypn se trouvait aalhemreuae d'Atre VÊmmtêU. > Fii. c Anaxagoras affirma que l'âme était oa espiit aérien , mais cependant tntmorfei. > Volt. • Diea rendra à }'âme son corps tmmortei, phitât qoe de laisser rame, fîiute de corps, dans ob ètti imparfait. > Boss. « Non loin de là, des chèoei. qui seiBblent tmmorfeif , portent au dei une tête qui se dérobe aux yeoj. » Moutbso- U bioe vivace et la gloire qui rit dans la mémoire de hommes pauv«Di recevoir aussi la qualifittlia d'immorfefjes. « Les haines (en<«eimaflie)Bs$at pas immorteUes, » Vcrt.

Pour gHHM^ viDgl éeos oe floa âe La Benmide loMlle de Louis la mémoire immortM». Voi^ Sempiternel^ latin csMptlfmM, de sempcr, toujours, est dans notre langue on mot sas famille , détpay se , dont on ne se sert que i'mSà' rement et en plaisantaot. Pans lue leun ï M. d'Argenlai, Voltaire écrit:* Que Dtettfcorde à mes anges (M» et Mme d'Argental) lin sempiUmeUe le plus tard qu'il poum ! > 11 se dit surtout en parlant dédaigneusement d'ooevidHe femme. J. B. Rousseau, dans une pièœ badiœ, l'applique i Cybéle , amoureuse du jeuoe itr>^ La vieille Mme Dudelland se traite eUe-mcnede sempiternelle dans une de ses lettre àWalpok « Je crois que vous avez autant d'amitié poutaoi qu'on en peut avoir pour une fempifencik' Qui voit-on venir aux bains de Plombiérei:

Dlmpotentes sempitemelUt Qui loules pensent njeunir. Vai.

11 vous sied mal , jeune encor , belle et tnlditt D'aller crier d'un ton de pigrièche Contre les ris , les jeux et les amours , De blasphémer ce Dieu de vos beaux jonn, Dans des réduits peuplés de vieilles omkrcs*- Je vais , je vais ût ees setm/mtêrneiUt Tout de ce pas égayer les cervelles. b. ÉTOUFFBft , SVrFOQUra. Empédier oa fùn perdre la respiration.

Dans toutes ses acceptions^. ékmStf^ ^^ qu'en soitrétymoiogie, exprime particulièreBOft la privation de i'air : c'eat en interceptant r«f qu'on étouffe du chaiiioB -ou de la biaûe; et. quand des plantes meurent étouffées, c'est ^<k d'autres qui ks surmontent leur dérobcet \^ nécessaire à leur végétation. Suffoquer y !#* care, defti», sous, ^ de féiut, gorge, «^ prendre ou s'attaquer à la goi)ge. — 0» ^^* en ôtant l'air qui entretient la respiration; ob suffoque en obstruant ou en géoant de qw/p^ manière le canal par lequel l'air un^fi «» P^ mons. Étouffer a rapport i l'aliment ds 1» "*• ration; et au/iroftief, à l'organe. .

On fait l'action à'étouffer toutes les fc» J^ supprime l'air, soit au moyen de !• ""*Jt. pneumatique, soit en couvrant la tête d im«^ 1er, d'une toile épaisse , d'un las de coa w"^; soit en embrMsant trop fortement et ea^^ primant les poumons. Quand Toinett^jjJJJVj Malade imaginaire, jette rudement un or«^ U tèU d'Argan» caiiii-d s'écrie : <i^l«<»V^'

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

Sg7

ta YMU m'éttmffef. » JCol. « Au hasard de mV-

Unêffer, ils roulèrent la toile et m'enveloppèrent

dedanfi. > Les. < Les animauK carnassiers ne

peareot ni TioLenter les pangolins, ni les éoraser,

ai 2m étemffer en les surchargeant de leur poids.*

Bv^r, ■ Délacez cette £enime, elle étouffa, »

.ACA-O. « C'était Myrtis que Ton voyait enceint

des ioDgs replis de ce serpent qui ïélouffaiL »

J^embruse mon rlTsl, mais c'est pour Vétouffer.

Bac

K T«wte la cour pensa Vétouffer de complinaent et d'amitiés. » Sév. ^ Mais suffoquer rappelle toujours la gorge : on est suffoqué par des vapeiars; de longues toux suffoquent les enfants <1. J.); la femme de Constantin, Fausta, fut suffwfiUe dans le bain (Boss ). a Je n'ai jamais vu le chancelier avec de telles vapeurs, ni avec une poitrine si malade. Quel homme !. à quel âge l où est -il? où devrait-il être? quelle réputation I qo^le fortune étranglée, suffoquée! » Sbv. « Le paxicratiaste Arrachion , saisi à la gorge par son adversaire, expira suffoqué. » Cono. ■ Cette pierre passa jusque dans le gosier du monstre, et pensa le suffoquer. • Les. « 11 semble que la natale ait pourvu à ce que le pélican ne fût point suffoqué, quand, pour engloutir sa proie, il ouvre à A'eau sa poche tout entière; la tmchée-artère se jette en devant, etc. » Buff.

^'étouffement est caractérisé par la suppression

dâ l'air; et la suffocaiwn par l'embarras de la

g^rge,par l'obstruction du passage de l'air. On

ét€iuffe ou on est étouffé , parce qu'on n'a pas

d'^airïcJe me trouve étouffée ici, j*ai besoin

dr air« » SÉv. On suffoque ou on est suffoqué parce

qn'une cause quelconque arrête le jeu de l'organe

petf lequel l'air est reçu et rejeté alternativement.

Par une chaleur étouffante ^ l'air est raréfié et

semble manquer; par une chaleur suffocante, on

est oppressé, on ne respire quavec peine.

De là suit une autre difierence indiquée par TAcadémie. Ce qui nous étouffe , ce qui nous enlève l'air est plutôt placé en dehors de nous. Au eoDtraire, la suffocation, la gène de la gorge, sauf le cas où elle est causée par une vapeur nuisible, provient de quelque chose d'intérieur, d'une maladie du ^rps ou d'une passion de l'âme.

Eafin, quand ces deux verbes sont le plu^ syaonymes, quand ils désignent une même action Produite par une même eauH , sans rapport pré- ^^Dioant à l'aliment ni à l'organe de lia respira- ^OQ, étouffer enchérit sur suffoquer. Faute d'airi ^ respiratioft cesse; la respiration est seulement %«Bée ou suspendue par ce qui suffoque* « Lors- ^«e ee ballon vient à s'ouvrir, la vapeur qui en ^rt suffoque , étouffe ceux qui la respirent» » ^OFr. c Hon ami , lui dis-je , la joie me suffoque, ^'étoufferais , si je ne déchargeais mon cœur. * Xm. De même au iiguré. « Le frémissement pu- ^ augmenta avec une sorte de bruit suffoqué ^ Ittique lei bâtards se mirent à travener le par- Wt.... Jusque-là, toute voix avait été étoi^fée^ ^jusqu'aux soupirs retenus. » S. S.

SIEE, EXlgTfiR, 6UBSIST£E. Ces trois verbes le diieot également dea choses pour marquer

qu'elles ont l'être ou L'existence , qu'elles ne sont point à néant.

Mais suhsiiteTf de tub stars , c'est continaer à être ou i exister sous et malgré les coups , les atteintes, les circonstances £&cheuses auxquelles la chose a dû résister : il a donc pour accessoire l'idée de durée et celle d'un obstacle à surmonter, d'une cause de ruine ou de destruction à vainore. « Ce peuple (juif) est singulier en sa durée.... Ceux-ci subsisteni toujours; et, malgré les entreprises de tant de puissants rois qui ont cent fois essayé de les faire périr, ils ont toi^ours été conservés néanmoins. * Pasè. • Les mœurs, les loi», les rites du peuple juif sudWsleni et dureront, autant que le monde, malgré la haine et la persécution du reste du genre humain. • J. J. « Si une sagesse imparfaite, telle que la nôtre, ne laisse pas d'^trs ; à plus forte raison devone-nous croire que la sagesse parfaite est et tubsiste^ et que la nôtre n'en est qu'une étiacella » Boss. • Cette espèce d'éléphants a autreJois e^té, subsisté et multiplié dans le nord, comme elle existe, subsiste et se multiplie aujourd'hui dans les contrées du midi. > Buff.

Être et exister signifient tous deux l'existence. Mais être la signifie moins expressément et toU' jours en relation avec une modification ou qualificaUon quelconque. Ce qu'il y a de moins eaeeatiel, quand on emploie être, c'est l'existence; c'^est, au contraire , la seule chose essentielle, quand on se sert d'exister. Ce manuscrit est dans telle bibliothèque , appelle toute l'attention sur le lieu où il se trouve v ce manuscrit existe dans telle bibUothèque, met surtout en saillie l'existence, et se dira quand celte existence aura été ou niée ou ignorée. Toutes les vertus sont dans cette personne , se dira pour faire l'éloge d'une personne, et ua orateur* après la peinture de cer» taioes vertus, ajoutera , pour montrer que ce ne sont pas des chimères, qu'elles existent dans une peraenne qu'il désignera. Du reste, malgré l'assertion de Girard , exister ne s'applique pas sen* lement aux substances, mais à tout ce dont on veut affirmer l'existence avec insistance et force. On dit d'un projet , d'une conception quelconque qu'ils existent depuis longtemps; il n'y a point de couleurs qui n'existent dans la nature ; cette cour tome existe depuis quarante ans; il existe des traces de son passage, des preuves de son crime, etc. « La servitude ne saurait exister sans quelr que mécontentement. » J. J.

L'existence marquée par éUre est si peu essentielle, qu'elle semble s'évanouir tout à fait dans certains exemples : alors, être n'est plus que simple copule Y U exprime seulement l'affirmation , ou , comme dit Beauxée , l'existence Intellectuelle, subjective : l'homme est inconstant S'il n'y avait pas d'exemples, comme ceux qui sont cités pins haut, où être consenr&t quelquM idée d'existence objective , il ne serait poiçot synonyme des deux eutiee mots.

totOlT, STBIGT. Ces deux mots formés du latin Krtcttts, resserré, qui a peu de largeur, ne sont synonymes que dans le seul sens où on emploie strict ^ dans le sens figuré de rigoureux ou sévère.

DEUXIÊUE PARTIE :

Étroit^ qui avec le temps s'est transformé de { façon à ressembler fort peu à son primitif, est dans notre langue un mot ancien et commun. ; Strict, au contraire, est un terme nouveau et savant; désapprouvé par Voltaire, il ne parut* dans le Dictionnaire de V Académie qu'en 1762 , et comme il reproduit exactement le type latin moins la terminaison , il a conservé un air de science et d'école, de même que, par exemple, rationnel par rapport à raisonnable»

Étroit est du discours ordinaire.

Mais la scène demande une exacte raison;

Vêtroite bienséanee y veut êlre gardée. Boil.

Strict appartient au style des logiciens, des grammairiens , des philosophes. < La liquéfaction primitive de la masse entière de la terre par le feu est prouvée dans toute la rigueur qu'exige la plus >frtcle logique. » Buff. — Une mère exhortera son fils à réduire sa dépense à IVirott nécessaire (Marm. , Lab.); mais dans un traité de morale on prescrira de se borner, pour la satisfaction des besoins du corps , au ttriet nécessaire

(ACAO.).

Et par cela même que strict est le mot usité en termes de sciences , il est d'une précision plus énergique qu'étroit , expression plus vague et plus libre comme le style de la conversation. On dira donc plutôt une Obligation étroite (d*Al.) , et un devoir strict (Agad.) ; recommander étroite* ment, et enjoindre strictement. Le sens strict d'un mot est son sens le plus étroit.

Enfin, étroit est objectif, et strict subjectif; l'un se rapporte aux objets , aux choses en soi ; l'autre, aux sujets, aux hommes, à ce qu'ils sont ou à ce qu'ils font. On garde Vêtroite bienséance ; on est strict sur les bienséances. Une conséquence est étroite j une conclusion stricte. Une loi est étroite en elle-même , elle ne soufl're ni exception , ni excuse , elle est absolue ; elle est stricte eu égard à la manière dont on l'entend ou dont on doit l'entendre , elle a an sens précis, sur lequel il n'est pas permis d'équivoquer.

ÉTUDIER, APPRENDRE, S'INSTRUIRE. Une idée d'acquisition de connaissances ou de savoir est commune à ces trois verbes.

Mais d'abord le premier se distingue essentiellement des deux autres.

Étudier, c'est chercher à connaître, travailler à devenir savant; apprendre et t'ini Irutre , c'est le devenir effectivement. Il se peut qu'après avoir beaucoup étudié on ne soit qu'un ftne; mais quand on a beaucoup apprû ou qu'on s'est beaucoup instruit , on est nécessairement savant ou instruit. Plus on étudie^ plus on se fatigue; plus on apiprend et plus on ^itutrttit , plus on gagne en lumières. En un mot, étudier marque l'application, la bonne Tolonté; apprendre et f^tn^lrutre signifient le succès, qui consiste en ce que l'esprit est éclairé ou enrichi de connaissances. «J'ai pris le parti de renoncer à toute lecture et de vendre mes livres et mes estampes, pour acheter des plantes gravées : sans avoir le plaisir d'apprendre, j'aurai celui d'^tvdter. » J. J. «Dieu fit sentir par expérience à Orotius, qu'il est naturel à l'homme d'apprendre en Tieillissant et en ^(udtanl. » Boss.

Entre apprendre et s'instruire existe une différenoe presque aussi flrappante. On travaille, <n étudie y pour s'tfwtrutre; pour apprendre il n'est pas toujours besoin d'eiffbrt : n'est-ce pas îbto* lontairement qu'on apprend des nouvelles? Kvrive-t-il pas même quelquefois d'apprendre da choses qu'on ne voudrait pas savoir? Nnl vt s^instruit qu'il ne le veuille. On a plutôt le boiheur d'apprendre; on a plutôt soin dei^tHStretn. « Il faut plus de docilité pour apprendre, etil j a beaucoup plus de peine à t^instruire. * Gii.

Apprendre , appréhendera , prendre , siisir, c'est recevoir ; et s'instruire , instruire soi, c'est se former des idées ; en sorte que l'homiiK qv s'instruit a une plus grande part d'action (]« celui qui apprend. On apprend d'un maître qu donne des leçons , ou dans un livre qui dôme des résultats ] des solutions toutes Saites ; g sHnstruit par le malheur, par l'exemple, par des voyages, par tout ce qui fournit matière à de méditations, à des comparaisons, à des iodutions. Pour apprendre ^ il n'y a qn'é écouter et i êtra docile; pour s'instruire il faut s'eDmâer davantage, il faut interroger, rechercher, réfléchir, ruminer. On sait d'une manière moia analytique, moins déUillée, et on oublie piotli les choses qu'on a apprises que celles dont « s'est donné la peine de s'inifrutre.

Par conséquent, s'instruire est propre ior chérir sur apprendre, « Le jeune Denys se iitn dès lors avec autant d'empressemeut au désir ^'apprendre et de s'instruire qu'il en anit si auparavant d'éloignement et d'horreur. * Roii.

ÉVÉNEMENT, ACCIDENT, AVENTOBE. Fiils qui arrivent dans le monde et ont de l'infloeiKe sur le sort des hommes ou s'y rapportent.

L'événement est plus général; ce mot se dit de faits relatifs à tout l'univers, à toute riwmanité , ou au moins à un peuple, à un EJt C'est le mot de la théologie naturelle, de n»tolre et de la politique. « U Providence dime préside à tous les ^v^nemenlt humains gnods ou petits. • ROLL. « Tous les peuples qui w paru et disparu dans Tunivers, toutes les i«volutions d'empires et de royaumes , tous ta grands événemenU qui embellissent nos bist» res....« Mass. «Tous les événemenU sont produits les uns par les autres.... Il y a unirt« généalogique des événemenU de ce monde.' Volt. « Si l'on tenait pour vrais tous les prodiges que le peuple et les simples disent aroir ns, il y aurait plus de prodiges que ^^'^îf^rj naturels. » J. J. Les événements de lh»»«« (Mass., Roll., Babth.). «Toute l'Europe «» yeux sur cet événement, » Volt. « Ch«";^ . démêler dans les événements l'histoire de lesp»

humain. » Id. , * x

L'^^emenf étant plus général, »'**fTL; un plus grand nombre d'êtres, a par ces »oj plus d'importance , est phis considérahl*- •JjJ accident (la chute d'une sUtue de U Vicuv«/ fut regardé comme un présage ftinesle. ^ nous , contentons-nous d'observer dans eejFj ^v^nemenl comment.... » Roll. « I>«» J^ épique le poète ne fait que n^^^^^^J!l!!^]H de ceux dont i 1 parle. Il est natursl d aiawr

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

beaux récits des événements qui intéressent des personnes illustres ou des nations entières. » In. « Retranchez dans l'histoire tous les détails des guerres, toutes les petites négociations, toutes les atenturei particulières qui étouffent les grands événemenu, » Volt.

Un autre caractère non moins distinctif de Vévénement^ c'est qu'il a une cause, au lien que Yaecident et Yaventure n'en ont point , sont aeddentels ou aventuriers , produits par aeddent ou par aventure , autrement dit par hasard. Le cours y la chatne , le fil des événevMnXs, c Le bon historien n'omet aucun fait qui puisse servir à découvrir les causes des Mnements, » FiN. « Polybe développe chaque événement dans sa cause. » ID. a Croit- on que la véritable connaissance des Mnements soit séparablo de celle de leurs causes T » J. J. c Regardons dans les événementr les effets visibles de la toute-puissance de Dieu. » Boss. « N'est- il pas plus naturel de penser que cette aventure (le naufrage d'Agrippine) était un pur accident et que la malignité humaine en fit un crime à Néron? » Volt.

Aeeident et aveniture diffèrent aussi. Vaecident se dit des choses comme des personnes et exprime presque toujours un malheur, tel que la chute d'an édifice, la rupture d'un pont, l'explosion d'une machine à vapeur; l'aventure se dit des personnes seulement, et en bonne aussi bien qu'en mauvaise part : aventure galante (AcAD.) , les avenfuref de Joseph (Pân.).

Ensuite , la terminaison d'aventure étant commune ou peu relevée , en même temps que verbale, ce mot se prend plutôt familièrement, ou il s'applique à des faits imaginés , forgés , feints. Toutes les locutions dans lesquelles entre aventure sont familières : tenter l'aventure, dire la bonté aventure , cette femme a eu des aventure*. Bt, d'autre part, c'est le nom d'aventure* qu'on donne proprement aux faits inventés par les auteurs de contes ou de romans. « Si quelqu'un récite à table les événements de sa vie , ce ne sont point les aventures merveilleuses du riche Sindbad (personnage des KiUe et une Nuits). » J. J. Ainsi Vaventure est du style familier , et c'est d'ordinaire quelque chose de comique, de grotasrque , de burlesque , de romanesque , de drôle , de singulier. « De là vient cette multitude d'incidents , d'épisodes , A^aventùres , dont les pièces de nos tragiques sont chargées et obscurcies, si contraire à la vraisemblance, qui ne permet pas de rassembler tant dVv^nementf singuliers et surprenants dans le court espace de vingt-quatre heures. » Roll. a Vaventure est tout à fait drôle.» Mol. « Que dites-vous de H. d'Albret qui allait voir amoureusement et noctumement Mme de Lameth à la campagne? On l'a pris pour un voleur , on l'a tué sur la place. Voilà une étrange avenhwe. « Siy. Ou bien l'aventure est quelque chose de fait à plaisir et de merveilleux. «Quand nous traitons quelque histoire écartée, on Tatr tribue tout entière à l'effort de notre imagination , on la prend pour une aventuré de roman. > CoEN. « Les enfants aiment avec passion les contes ridicules ; on les voit transportés de Joie ou versant des larmes , au récit des aventure» qu'on

leur raconte. » Fin. « Les filles qui ont de l'esprit se passionnent pour des romans , pour des comédies, pour des récits d'aventurée chimériques où l'amour profane est mêlé. » Id. « Les fables mêmes, qui ressemblent aux contes des fées, ont Je ne sais quoi qui platt aux hommes les plus sérieux : on redevient volontiers enfant pour lire les aventures de Baucis et de Philémon, d'Orphée et d'Eurydice. » In.

ÉVIDENT , CERTAIN , SÛR , ASSURA , POSITIF , FORMEL, AUTHENTIQUE, CONSTANT, INDUBI-> TABLE, INCONTESTABLE. Tous ces mots excluent le doute et signifient, propre à déterminer la croyance.

Ce qui est évident emporte conviction d'abord. C'est quelque chose dont la vérité saute aux yeux, en quelque sorte , frappe incontinent , est aperçu par la raison au premier coup d'œil , sans effort , sans difficulté. Aussi dit-on souvent des choses de cette nature, non^seulement qu'elles sont mdentés^ mais encore qu'elles sont évidentes par elles-mêmes.

Il y a ceci de commun aux trois mots, certain, sûr et assuré^ qu'ils servent à désigner l'état de l'esprit déterminé à croire, aussi bien que la qualité des choses qui produisent cet état. On dit, je suis certain , sûr ou assuré de telle chose , comme on dit, telle chose est certaine , sûre ou assurée.

Mais certain a plus de force, il s'emploie seul en matière de science et de spéculation : savoir de science certaine. C'est pourquoi il est plus voisin d'^vtdent que sûr et assuré. Mais il en diffère de même : outre qu'il convient également pour représenter l'état de l'esprit et la qualité de la chose , la vérité qu'il suppose ne se montre pas d'abord. Il faut pour parvenir à l'apercevoir des idées intermédiaires et quelque travail. Preuve certaine. Conséquence certaine. Certitude des démonstrations. « Le principe est évident^ la conséquence est certaine. » Boss. « L'évidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup; la certitude à celles dont la liaison ne peut être connue que par le secours d'un certain nombre d'idées intermédiaires. » D'Al. Ce qui distingue l'^'dence, c'est la plénitude de la lumière ; ce qui distingue U certitude , c'est la force de la conviction. Port- Royal reproche aux géomètres « d'avoir plus de soin de la certitude que de l'^idence , et de convaincre l'esprit que de l'éclairer.» «Lorsque l'évidence de la raison s'accommodera avec la certitude de la foi. » Mal. « Hésiter, non sur la certitude de l'expérience, ni sur l'Àidence de la raison, mais sur le moyen d'accorder Fune avec l'autre. » ID. « Dana les sciences abstraites on arrive à l'évidence; dans les sciences réelles , à la certitude. » BoF7. — Hors des sciences, certain marque entière conviction et se rapporte plutôt au passé, l'avenir ne pouvant jamais nous être connu que par de simples conjectures. Aussi l'expression latine certior foetus signifie-t-elle, informé de ce qui a eu lieu.

Sûr n'est point un terme scientifique et rigoureux comme certain. Il indique moins de force logique , ou des raisons moins décisives. « Quoiqu'on fût à peu près sûr que mon frère était

DEUXIEME FAftTIE

mort , on n'en aTait point de pnmve îorldiqueu » 1. J. Avec une preuve juridique, on en eût été en* tain. « La conséquenee du raisonnement analogique sera plus ou moins tûre , sans oependant être jamais absolument certaine, s Buft. On est sûr d'une chose , ou «ne chose est sûre , quand on a simplement lieu de la croire , qnand on a , non pas Tévidenoe et la certitude, mais seulement le pressentiment, la confiance, rassuranoe morale qu'elle est ou sera. Aussi dît-on moralement sûr. En sorte que sûr désigne cette certitude morale qui suffit dans la pratique, mais non pas dans la science , et sans laqueUe un homme prudent ne doit rien entreprendre. « Ce principe est aussi sûr en morale , qu'il est certain en géométrie que tous les rayons d*un cercle sont égaux. »DacL. En général, tûr regarde plutôt Favenir : vous me tronreres à coup sûr. « L'avan* tage du poste qu'il avait choisi rendait sa victoire sûre. » Volt. On dit bien cependant, être certain, comme être sûr de réussir; mais certain annonce par rappor:t au succès conviction , crojrance démonstrativement fondée, et sûr persuasion seulement et sécurité. Sûr vient de sectirva.

Âsswré est presque équivalent à sûr, parce qu'il a même radical. c4>enéant il signifie proprement, qui a été rendu sûr; il fait donc considérer la qualité de la chose ou l'état de l'esprit comme résultant d'une action marquée par le verbe assurer, Régulus retourne à «ne mort assurée (Boss.), qui lui avait été assurée par les Carthaginois, s'il revenait sans les captifs; on donne à quelqu'un unoeubsislance aeeurée (Uoir- TCSQ.) , on la lui assure ; les excès dea pécheurs font croire leur perte amurée (Pasc.) par ces eicès mêmes. D'autre part, on ost assuré sur la parole de quelqu'un (Bosa.) , sur la foi de Dieu (In.) , ou parce qu'on a reçu une assurance, une promesse : soyez of^Mf^de mon sèle. Tartuifé dit à Elcoire qu'avec des gens tels que lui une femme est sûre do secret; et il ajoute, après avoir cherché A la rassurer sur sa discrétion :

Tous êtes assmrée ici d'en plein secret. Kol* On est encore assuré par des raisons qu'on a bien examinées ou par des faits avérés, s L'impie est-il bien offur^ que tout meurt avec le corps f Quelles sont les graindes raisons qui Font déterminé i prendre ce parti affreux? » Uass. «11 ne faut pas condamner notre prochain sans être bien asemre qn*il est coupable. » Pasc. On est «ftr par instinct, par pressentiment, par ime persuasion tout intime.

Positif et^ l'opposé de négatifs Cest ce qui se peut être nié , ce qui a "une grande valeur affirmative , ce qui n'étant hypothétique ci arbitraire, peut bien être posé en principe on comme fondement d'une thèse , dHine assertion , d'une accusation. • Pour l'astrologie , on m'a dit et fait voir des diOflOs si poHtiees que je ne les puis mettre en doute. 9 Mol. « Des faits positifs rapportés parles historiens prouvent plus cela que toutes ces lois ne sauraient prouver le contraire. sMohtbsq. sChi a fut oontre rEncyclopédie beaucoup d'imputations ragues, mais sans rien articuler de poeifif; on a supposé des vues aux auteurs , on <a accueé leurs pensées, ne pouvant accoser leurs

discours. » D'Aï.. « On ne trourera rien da;is cfs écrivains d'assez poetlt/' pour constater l'existeace actuelle des Amazones. » Bon. « La prédication des apôtres «et inébranlable ; le fondement ea est un fait posUif (la résurrection). > Dos. a Quelles preuves donne-t-on de Usuppositioade Évangiles? de pures visions, nuls faits poftftjb.» Id. « Les ennemis des chrétiens n'ont jamais ^ les accuser qu'en termes vagues-, sans jaoais alléguer un Cait positif qu'wi leur ait pu iaïater. » In.

Formely en forme, dAnslesfonttes,sedit(i« ce qui sa trouve dans une loi , dans un eooiQt, dans un procès-verbal, sous la forme Biéme<iu'oo lui donne, et ea général de ce qui est si eipliote et si nettenwnt expâmé qu'il est impossible d'èquivoquer. C'est surtout au palais qu'on empUti ce terme. « Les courriers allaient et venaient di l'ua à l'autre sans que Pausistrate se laisà&t persuader, jusqu'à ce que Polyxénidas, en présence du messager de l'aoûral rbodien , eût écrit, si^ et cacheté de son sceau une lettre qu'il lui o» fia, par laquelle il assurait Pausistrate qsl exécuterait ce qu'il avait promis. Unengasneot si forwiei dissipa tous les doutes.» Roll. iCb passages des anciens sont formels, et nos ntemes y verront du moins ce ouhe infûrieur sa lequel ils nous font tant de chicanes. » Bois.

Authentique a rapport au témoignage, et suppose déférence i une autorité. Il signifie faaat chose fait foi ou est digne de foi par rautoiiiê dont elle est revêtue , ou par celle du peisonoi^e dont elle dmane. Ce mot qualifie done «n moi qui mérite d'être cru , ou bien ce qui estcooioi dans des écrits ou dans des livres qui ne int point supposés, fue nous savons avoir efisdîMment pour auteurs lea hommes véridiques itfquels on lea attribue, c L^ histoires les pltf auAentiques, » Boubd. « L'anooyme veut q« j'appuie cette réponse par quelque bon tto» gnage. Il en a déjà vu des plus outheMùt^t^' Boss. « Il ne veut point ouvrir les yeux snrii fausseté des livres de chevalerie, qu'il croit jeRtables et auUientiques. » Lis. « Les miracl» » l'abbé Paris ont eu miUe fois plus à'auiii€nM^ ils ont été reoueilUs par un magistrat, a^ d'un nombre prodigieux de témoins oculairts.- Jamais U n'y eut riea de plus aiuhenuqitt^ Volt. « Abadie est tombé dans une erreur grjjsière, en regardant comme oMtheM^V*' * lettres si ridiculement supposées. *^*^. ^

Cofiaiaat , du latin eoiwfor*, être d'icMWt «^ demeurer, persister, être durable, ^f^^rz, cord et permanence; c'est-à-diie ^'^^^z^ est GoafffatUe, quand elle est passée en dogivj qu'on en coovient, qu'on n'en dispute pws^ que d'autre part sa vérité est fermement eue Ces deux nuances sont aussi aisées i P^^^H^

des exemples que par l'^^y""*'^^'*' rjL-ifl.» choses les plus reçues et les plus ^^^'^r^ Boss. « On trouve dans le ooasentcBientjiw^^ des Pères oe qui doit passer pour toestem^^ qu'ils auront donné pour dogme **'^^ ^ «On est d'acoord comme d'un ^^Jf*^^ notoire , que les SgUses réformées toJ»J^. ^ atec le passé.» In^-â- «il y a*^**^"^

SYNONYMES À RAftlCAUX DIVERS.

foi égaleuMBt «MUtontef , rune «pi6..., Tantre.... Ces deox propoûtioos wnt également fermes et certaines, v Pasc. >« Ce principe eut si 9on$lant qu'il subsiste nalgflé tontes les passioBS qm le combatteDt. » Volt.

Iniubitable €fiinûonteHolbU , qui ne pev/t pas être mis en doute ni eontesté , Tmpliqnent vne idée d'obligvtion et une sorte 4e éèt. On a beau faire; on ne saurait ni ne pas croirc à ee qui est mdutiiablê , m élerer d'objection sérieuse contre ce qni est inwmteiîahle; il faut se rendre. C'est ce qui donne à ces deux mots une énergie trèscaractéristique^ « Il esitrès-ceitatu, il est indu* bitàble que.... » TeLT.

Mais ce qui est indubitable supprime les seruirales ou les difficultés q\â naissent dans Tesprit, et ce qui est ineomtettMe exclut les contradictions iFenuee du dehors , les disputes. On ne peut hésiter i croire ce qui est inéÊfbiiahle; on ne peut attaquer oe qui est ineontestabU ^ k moins d'être opiniâtre «t chicaneur. IhéMiUgM est un terme de logique , et iiuontêtîàblê lin terme de dialectique.

«Je ne veux que mettre ici en é?îdenoetous les fondements de cette religion chrétienne qui sont inâmbifables , et qui ne peuvent être mis en doute par qudque personne que ce soit. » Pasc. «On me propose des choses comme indwbUûbkg; mais Je suis résolu d'en douter. » 7éN. — «Voilà ce que H. de Chartres reconnaissait non-seulenent pour rrai , mais encore pour intontesMU. Cette proposition, dit-il, ne peut se nier.» In. « Il n'y a rien non-seulement de plue contesté , mais encore de plus faux que oe que II . Junen nous donne ici pour fnoonleflaMe. « -Boas. <— < Ces vérités sont induhiUhkg par la foi , inoom- UstdbUt dons f école : on ne peut montrer un auteur qui lesr nt Jamais réroquées en doute, et tout ce qni s'y oppose est digne de condamnation. > Boss.

nAGÈRATtON, HTPSRBOIC Idée commune, celle d'on discours qui agrandit les choses ou les amplifie.

Exagération est un substantif Terbal qui signifie l'action d'exagérer et se dit bien avec le Qom dl la chose exagérée pour régime. « Le vieillard finh (son discours) par YesÊOffération de soa bonheur , et par les louanges de la solitude. • Lat. « Le dùuyrine n'est que VtxagéraHon d'une cl^ose basse et ridicule. » Boil. Substantif pur et Hits rapport à aucun yerbe, hyperbole ne s'emploie point de cette façon. VexagéraUen peut in^,i la différence encore de Vhfperbole, se considérer dans le sujet qui parle comme une <ii^ition ou une qualité. C'est par eass^^rufton Jj'on se permet des hyperboles. « Il y a chez l^spagnoi un fonds de grandeur qui , bon et louable en lui-même, n'est paseiempt d'eapogrfî«wn..LAH.

Bu leeond lieu, exag^rolton eet le latin ou yient du latin exaggerùtio^ et hyperbole est pris wanédiatement du grec ^iccp6o7.^. Par conséquent easag^ari on , mot do la langue commune, «rapporte au sens des choses dites, à la pen- ^} «t hyperbole y de son côté, ferme derhé- «nque , est Uttéraire et tout relatif au style.

I Une eatugéroHon donne des choses une idée trop grande, elle ra ou tend à aller au delà du ▼raî; on la corrige, on la combat, on la réfute. « Si je ne savais pas que c'est le Saint-Esprit même qui a dicté cette parole à l'apôtre , elle me paraîtrait incroyable, et je la prendrais pour une exagération; mais elle n'exprime que la vérité pure. » BouRD. < Je vous dis la vérité ; je vons la donne toute pure sans exagération. » Féir. c Vexagération , compagne inséparable de la grossièreté, attribua à Salomon des richesses qu'il n'avait pu posséder et des livres qu'il n'avait pu faire, s Volt. « Quoique le théfttre permette quelquefois un peu d'ea^^ratten , je ne crois pas que de telles maximes soient approuvées des gens sMSés. • In.

Vexagération taX le meillenr parti.

11 s'en tf nt donc pour averti ; El, sans faire le fin, le froid, ai te modeste. Chaque peint, chaque article, eut ton fait, fol loué.

« Une exagération si excessivement outrée se réfute elle-même , et fait assez connaître ce qu'on en doit penser. » Roll. — Une hyperbole est une figure destinée à embellir le discours, et qui peut choquer, non pas la vérité, mais le godt. Aussi dit-on des hyperboles oratoires (Lab.), des liyperbole» poétiques (Id.). « Rien de plus poétique, à ee qu'on dit, que des vers où les inver* sions, les métaphores, les hyperboles j les épithëtes éclatantes , les expressions étranges et hardies sont prodiguées. » Marm. « 0 monrantes merveilles! Le bon goût a proscrit cee froides hgperboles^ si communes dans nos anciens poètes. » Id. • Vhyperbole est une figure défectueuse par elle-même. » Volt. < Dryden mettait dans la bouche de ses hères amoureux, ou des hyperboles de rhétorique ou des indécenoes. » In. « Cette strophe est pleine de fautes. Dix raille Alcides est une froide hyperbole y qui n'est point faite pour le style noble. » Lab. «Dans cette harangue de Patru on n'aperçoit autre chose que le soin laborieux de construire et de cadencer des périodes et d'entasser des hyperboles. » In.

Enfin Vexagération paraît être moins forte que Vhyperbole. Exagération hyperbolique (Busst). «Je ne sais si ces violentes exagérations vous plairont, et si vous ne trouverez point que le style de Balzac s'est un peu corrompu dans l'autre monde. Quoi qu'il en soit , jamais , à mon avis , il n'a prodigué ses hyperboles plus à propos. » Bon.. Vhyperbole est une violente exagé' ration : non contente de hausser ou d'exalter beaucoup, elle hausse on exalte excessivement, outre mesure.

EXCEPTE, (A L'EXCEPTION HE), HORS, (HOR- MIS^, SAUF, A LA RÉSERVE DE, A telle chofe VUES. Prépositions et locutions prépositives qui servent également à restreindre quelque chose de général.

Excepté^ du latin exdpere , terme de loi qui veut dire excepter, restreint quelque chose de général, une règle , en posant des cas qui y dérogent, c On régla ({v^exeepté dans quelques cas particuliers , on suivrait dans les suffrages la division par tribus. » Vontesq. « Il n'a jamais

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