INTRODUCTION. LV
en indiquant avec quels antres mots ceux qu'on examine ont plus de rapport. Ainsi, pour rendre saillante la différence iiiimaghuxireti de ckimiriqWy on fera remarquer la ressemblance de l'un ayec &ux, feint, cootrouvè, et ceUe de l'autre sTec Tain, sfflis solidité, sur quoi il ne faut faire ancun fond ; ce qu'attestent les locutions y crime, péril imaginairtB^ et, projet, désîrSi, secours thimérique»»
Que si, même en commençant,, alors qu'il s'agit prmdpalement de donner Yiï^ teDigence de ses distinotions ,, le synovrfmîste doit redierclier des éclairciaae* meuls qui soknt en même temps des preuves, à plus forte raison s'appliquera* t-fl ensuite à justifier le résultat de son traYail. Il fera coimàitre le sens propre de chaque mal, soit ^'il le dérive de son étymologie> sôit qu'il le forme en considérant ses autres applications ; enfin il citera briètement les exemples les plus essentiels de l'usage cotnrnun Ou particulier xpA im]diqiient ou lui semblent impliquer )es différences pat lui signalées.
TeHe est la méâiode des synonymes étymotogiques. Ouant aux synonymes mixtes, c'est-à-dire i ceux qui, outre des radicaux divers , ont pour fondement it dtflërence des préfixes ou des terminaisons ou quelques autres caractères gmnmaticaux particolierss leur distinction s'opère et par les moyens propres am synonymes étymologiques et à l'aide des r^les applicables aux synonymes gnunmaticaniL. U n'y a donc ici rien & dire qui les concerne spécialement. Nous ferons seulement à leur sujet deux courtes remarques. D'abord, il ne faut pas aâacher le même prix aux différences provenant des modifications grammaticales , dont les termes synonymes sont affectés , et à celles qui tiennent à la diversitè des radicaux : les premières sont en général plus légères ou moins essentieUes, et n'ont de grande valeur qu'au défeut des autres. Cependant, on aurait tort de les dédaigner dans aucun cas, h moins qu'elles ne soient manifeslement futiles et superflues après d'amples insiâructions fournies par l'examen comparatif des radicaux. IKun autre côté, ôti considérant les synonymes mixtes sous le point de vue grammatical on devra s'assurer avant tout s'il n'y en a pas qui soient des radicaux purs, les autres ayant ou des préfixes ou des terminaisons significatives , et si les uns sont à bases nominales et lés autres à bases verbales. Ces deux circonstances importent plus à savoir que la valeur particiïlière de telle préfixe ou de telle terminaison, parce qu'elles influent davantage sur le sens^.
Mais il reste toute une classe de synonymes dont les principes de distinction tfont point encore été signalés : ce sont ceux dont la principale ou l'unique différence dépend de ce qu'ils tirent leur origine de diverses langues anciennes qni ont concouru à la formation de ïa nôtre. Considération qui peut être d'uïl paissant secours et dont les synonymîstes , à l'exception de Roubaud, ont rarement tenu compte.
La langue firançaîse a été formée d'éléments de deux sortes, les uns savants ou polis, pour ainsi dire, empruntés du latin ou du grec, les autres vulgaires ou