‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 301 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

trompés. Crianu et tro^OMee ont été maintentM l'un et l'autre, maie cbacim a?ec des Bunnees qui lui sOQt propres.

Créance est plus ékîgné du Terbe erotre, dent il ne rappelle pas Taction ; il est tout objectif. Il s'emploie bien dans des loeutiona générales et absolues sans indication de personne , de temps onde degré. Donner, ôter ou refuser eréâMe; un bruit trouve eréame. Croyance , au contraire ,. est subjectif, relatif, et propre à marquer des actions de croire particulières : on donne créance à quelque chose (Boss.); on donne sa croyance (Boss. , FÉN.)i trop ou pas assez de croyance (Boss.). On dira bien , dans Tordre des idées et en général : La créance de r£glise est inrariable; et dans Tordre des faits ou sur un certain article : L'Église n*a point changé de croyance (Boss.). Un homme d'une créance légère ou facile habituellement et par caractère, se montre dans Toceasion d'une croyance légère ou facile. — La créance ae qualifie en raison de la nature des choses crues : elle est ▼rale (Boœ.) , orthodoxe (Bouan.) , fausse (Boss.) ou erronée (lo.). La croyance donne plutôt Tidée de la manifestatfioii d'un fait : libertinage de mœurs et de croyance (Bouan.); articles à la croyoMce et à Tobservation desquels on est obligé (Boss.). ^ Rigoureusement il faut dire, en matière de eréemce (Bounn.), et en fait de croyance; être digne de créance , et mériter croyance.

Créance, étant objectif, se prend bien passivement pour le crédit ou la qualité d'être cru , au lieu que croyance s'entend toujours dans le sens actif. Conserver de la créance dans tous les partis (Boss.) ; des faussaires cherchent à donner créance à leur imposture (In.); Ôter toute créance aux calomnies de quelqu'un (Mass.).

Créance signifie une croyance constante , qui n'est pas bornée à tel temps et à tel lieu; et croyance, tme créance accidentelle, d'un moment, dans un cas particulier. La créance fait qu'on croit en quelqu'un, et la croyance qu'on croit à quelqu'un ou à quelque chose. Digne de créance ou d'être cru, marque une qualité essentielle , permanente ; digne de croyance , ou q^'on le croie, une qualité de fait, qui ne s'étend pas au delà du présent. ^- « Quelle créance dois-je donner aux mystères? Une créance si absolue que pour cela je dois démentir tous mes sens. > Bouru.

Puis-Je à de tels discours donner quelque croyance?

Cour.

Créance exprime la croyance de tout un peuple : un historien mérite la créance publique (Volt.). Croyance désigne la créance de quelqu'un en particulier; c'est pourquoi ce mot touche de plus près à opinion , et s'emploie d'ordinaire avec les adjectifs possessifs : Je doute d'une chose, à moins que je ne voie qu'elle mérite ma croyance (FéN.). — Il en est de même quand ces deux mots se prennent matériellement pour les choses mêmes auxquelles on croit. Créance se dît de ce qui est cru par tout un peuple on toute une religion , et se rapporte plutôt à un ensemUe de doctrines : la créance chrétienne (Bouan.); la créance commune de tous les fidèles (Boss., Boubd.); une religion qui soutient sa créance par des bourreaux (Volt.); la errance du polythéisme (In.).

Tous ne connafsses pas la lof ^e bodi SDiroDi;

Elle peut être horrible ans astres mtîoa»;

La crétmc*t les mœurs, le devoir, tom éifiR.

k Mais croyance àgnifie seuleiMiit ee qoi ot en par un homme ou quelques hommes. « Penoa^ ( sous Elisabeth d'Angleterre) ne fot fetsécsté,. ni même recherché pour sa croyaMc» Volt. a Chaque société chrétienne qui s'élen aprbJé* sus eut une croyance particulière. » 1d. C'était U croyance de presque tout Ten^kire de Cbaiteni* gne , que le Saint-Esprit procédait do Père et do Fils (U>.}. Et ce mot convient plutôt qaand ilol question d'une seule doctrine : la croyance de la métempsycose (Volt.) , la croyance d'oD piradis et d'un enter (In.).

Vôpinion est une croyance toute penoimeOe, provisoire, conjecturale, qu'on admet faute de mieux. Aussi ce terme, banni du domtine religieux , où on ne trouve rien que de dogmatiqfK et d'arrêté , ne se dit-il qu'en matière de science et de politique. Il marque moins l'acquiescement de l'esprit qu'un oeftain rapport à la vérité: cet ce qui fait qu'on ne peut pas dire , digne d'opi* nion, comme on dit, digne de foi, de cramé de croyance. « L'acquiescement de l'esprit Ur compagne de doute est ee qu'on nomme optiuss.» P. R. « La lumière qui luit dans rqptiiiesesttBi lumière douteuse qui n'apporte jamais m pu^ discernement. » Boss. Dans sa tragédie &*Hé}kt, Euripide choque ouvertement la créance cmmune -de toute la Grèce. Il suppose qu'Hélèoes'a jamais mis le pied dans Troie, et qu'tprèire&' brasement de cette ville Ménêlas trouva la îem» en figypte, d'où elle n'éUk point sortie : tost cela fondé sur une opinion qui n'était leças ^ parmi les Égyptiens. » Rac.

FOIS (A LA), ER^MBLE. L'un avec raatnon les uns avec les autres.

À la /bif marque proprement «iBultsnéité,et est opposé à successivement. « Rome s'était igno' die parce qu'elle n'avait eu que des guerres «^ cessives , diaque nation ae l'attaquaat qaeqoio^ l'autre avait été ruinée. Rome fut détruite Vf* que toutes les nations rattiiquèrent âlafns-' HoKTBSQ. — Ensemble indique um'on ou réunîoi, et est opposé à séparément, c Ces deux élïtj, qu'il fallait connaître ensemble pour voir toute U vérité, étant connus séparément conduisent cessaiccmcnt A Tun de ces deux vices : * J*''^ ou à la paresse. » Pasc. Ne vaut-il pas mieux, * quelque part Lafontaine,

Qu'on ne puisse saisir tous les pltisfrf CHseMi

Et que pour en goûter les douceurs porenest

H faille les avoir chacun séparément?

Des personnes qui agissent , des chose» ^ * font à la fois agissent , se font en même teœ^ et non pas Tune après Fautre ou les unestpf» les autres ; des personnes qui agissent, des des» qui se font en*em&te agissent , se font de conjl»* gnie , et non pas une A une , l'une à psrt de I w tre. tJn père marie à la fois deux de sss nues, « la fois c'est-à-dire le même jour; Il ne le« B«nj pas ensemble; il marie ensemble sa fiH^ «i °° Jeune homme dont il la sait éprise. ^^

A la fois est toujours relatif au temps ;»»«**

SYNONYMES A RADICAUX BIVER!S.

l*e9l primitireiBent à l'espace. Deux li?res d'une ' surrectioD qu'est établie la Térité qui est la las$

bilyliothèque tombent à la fois y o'e&t-à-dire au mè 100 moment , qumquepeut-ôtre à «ne grande diartanee Fun de l'autre ; deux livres d'une bibliothèque se trouvenl placés «ntemMe , e'est-i-dire Vun auprès de l'antre « quoique peut-être U» n*y ^efit pas été mis i la même époque. De divers points du globe, plusieurs astronomes, une môme nait, observent à la fois une planète : plusieurs personnes logent tnsemble sous le même toit. Tel homme, à ses repas, a coutume de manger et de Ure à la foU; on mange ensemble la viande et le légume mêlés dans un même ragoût. Vous aper* ce?ez à la fois , au même instant , une foule d'objets rangés ensemble dans un même endroit On ne saurait contenter tout le monde à la fais; plusieurs personnes ne peuvent s'asseoir ens^hû sur une même cbaise.

1« FONDEMENT, BA»;-~ 2« APPUI, SODTUEN , SUPPORT-, — 3« ARG-BOUTANT, PIVOT; — 4* ETAI, ÉTANÇON. Ce sur quoi un objet pose ou repose.

Hais fondement et hase méritent une place à part; car ils expriment une partie de l'objet, celle qui est en bas , sous les autres , au lieu que les mots suivants désignent quelque chose d'étranger à l'objet, quelque chose qui y est seulemeet joint. « La grandeur de Cartbage , qui ne se soutenait que par ces appuis extérieurs, se Toyait ébranlée jusque dans ses fondements aussitôt qu'ils lui étaient êtes, p Roll.

C'en une différence considérable. Tout homme étant di&tinct d'un autre , vous ne direz pas d'une personne qu'elle est votre fondement ou votre hate^ mais vous direz bien qu'elle est votre apput, voire soutien , votre support.

Dans une acception trés-abstraite , fondement et base signifient , comme l'observe du reste l'Académie , principal appui ou principal soutien, !• Fondement , base.

On dit plutôt fondement au pluriel , et en parlant d'un édifice; ses fondements sont comme ses racines. Base s'emploie le plus souvent au singulier et en parlant d'un objet peu étendu, conune un rocher ou une colonne ; sa base est son piédestal ou comme son piédestal. « Le mage m'enferma dans une statue colossale dont la base touche aux fondements du temple. » Volt.

Le fondement est caché dans la terre \ la base est au-dessus de la terre et se voit : on creuse ^ OD jette des fondements ; on pose une base , la laachine de guerre des anciens appelée tortue , et qui était mobile, avait une hase (Roll.), mais non pas un fondement ou des fondements. Une montagne est ébranlée jusque dans ses fondements , ^tsa^oxe a tant de circonférence, est couverte d'habitations ou de verdure. Le fondement est ce sur quoi est assise la base. « Ce n'est pas assez <iue la vertu soit la base de votre conduite , si vous n'établissez cette base même sur des fondeswtfs inébranlables. » J, J. « Ces observations

de toute la religion , savoir que Jésus-Christ est Dieu (Boes.).

Mais ce qui doit décider dans le choix de ces deux mots d'un, usage très^fréquent au figuré ^ c'est que fOmdemeM emporte toujours l'idée de solidité, laquelle n'est pas essentielle ou aussi essentielle à test : oe que vous dites a du fon^ dément ou n'a pas de fondement ; il n'y a point de /bftdemenl à faire sur son ^itié. « Si le fondemeiU est solide , bâtissez dessus sans crainte ^ mettez-y votre appui. » Boss. « Les bases du gouvernement Ubre en France sont posées» l'édifice s'élève ; déjà trop affermi pour être renversé, U ne sera pas môme ébranlé dans sea fondements. » M\rh. Le fondement affermit ; la bote fixe seulement» donne place, est comme la substance sur laipielle se trouvent ou autour de laquelle se réunissent les qualités. « Dieu tient les parties de la matière étendues et insécables , pour servir de base à toutes les productions de l'univers. » Volt. « La contradiction est attachée à l'espèce humaine, et semble faire la base de notre nature. » Id. « On condamne la mode qui fait de la tête des femmes la base d'un édifice à plusieurs étages. » Labr. Dans ces exemples il n'y a rien qui fasse penser au pouvoir qu'a la chose de résister aux efforts qui tendraient A la renverser.

D'oui il suit que fondement est propre à enchérir sur base, a La grammaire est la base et le fondement des autres sciences. » L^br. « Telle est la loi appelée Yaieria , qu'on a toujours re-> gardée comme la base et le fondement de la liberté publique. » Vkkt. « Les anciens étaient persuadés que le chœur était la base et le fonder^ ment de la tragédie. » Volt.

2'* Appui , soutien , s^port. Ce qui est joint A une chose pour l'affermir*

L'appu» se met auprès pour tenir la chose droite^ pour La faire résister à l'impulsion des corps étrangers, a si on ne donne un appui à cet arbre, lèvent l'abattra. »Acad. Le soutien se met dessous pour empêcher la chose de tomber sur elle-même, de s'écrouler. « Les Lapons, pour dresser leurs tentes, élèvent quatre perches qui font le souften de leur bâtiment. » Rbgn. a Les mineurs détruisent peu à peu les soutien» souterrains des remparts, jusqu'au moment où tout à coup le terrain s'affaisse. » Fén. Le support est un appui ou un soutien , qui aide à pon» ter, qui suppose quelque chose de pesant, une forte charge, un lirdeau. « Proportionner les hauteurs aux bases, les supports aux ferdeaux, » Marm. Faute d'appui une chose tombe d'un côté ou de l'autre; faute de soutien, elle s'affaisse; fkute de support y elle est accablée ott écrasée.

Au figuré, mêmes différences. L'oppwt empêche d'être renversé, assure la position; le souêien empêche de faiblir ou de défaillir, assuire

sont trop incertaines pour qu'on puisse établir la persévérance et le succès; le support enapêche sur de pareils fondements la base d'un raison* j de succomber, assure la constance. L'^pput Mment solide. » In. Un des plus solides fonde- donne la force de rester en place , rend inébraniienl* de notre foi et de notre espérance, c'est la lable; le soutien donne la force de continuera rtsurrecUon de Jésus-Christ; c'est sur cette ré- être ou A agir, fait qu'on va toujours» jusqu'au

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DEUXIËHE PARTIE

bout; le support donne U force d'endurer ses maux , procure du soulagement.

Le plus distinct de ces trois mots, c'est celui de support , parce qu*il indique une position fâcheuse , à plaindre , une surcharge , et un besoin de consolation et d'allégement'. «Mon pauvre argent , puisque tu m'es enlevé , j*ai perdu mon support , ma consolation , ma joie. » Harpagon dans V Avare, Mol. « L'alliance des Romains fut accordée aux Juifs ; la gloire du nom romain ne laissait pas d'être un grand support au peuple afQigé. 3> Boss. « Nivard , le dernier des frères de saint Bernard avait été laissé avec leur bon père pour être le support de sa caduque vieillesse. V ID. « Si vous mourez , seigneur don Quichotte, que feront les pauvres demoiselles délaissées ? elles n'auront plus de support. » Les.

Que craint- on d'un enfant (Joas) sans support el sans père? &Âc.

Priam , qui vit ses fils abattus par Achille, Dénué de support y

Bt hors de loal espoir du saint de sa ville,

Reçut du réconfort. Malb.

lorsque ton père est mort consul en Grèce, Quand nous étions tous deux après sa mort Privés d'amis, de biens et ûe support,,,. Volt.

Appui et soutien se ressemblent davantage. Hais l'un regarde Tétat; l'autre, l'existence ou l'action. Vappui d'une famille en est le protecteur, sans lui elle serait peut-être renversée, ruinée , jetée à bas ; le soutien d'une famille l'sntretient^ la fait vivre, ou soutient, seconde ses efforts et contribue, à les faire réussir. « Les nobles en Angleterre sont les appuis du troue et les soutient de la patrie. » J. J. a II est doux de s'entendre nommer un modèle de piété, Vappui de la justice , l'honneur du clergé , le défenseur de la religion , le soutien même et le chef d'une secte. 9 BouRD. On est un appui par son autorité ou sa puissance. Mettre son appui en Dieu (Id.]. c Les rois ont été persuadés qu'ils ne pouvaient avoir un appui plus solide ni plus inébranlable que dans une vierge (Marie) d'un tel crédit auprès de Dieu. » lo. « J'ai des protecteurs dans toute l'Europe , à commencer par le roi de Prusse : mais je me flatte que je n'aurai aucun besoin de ces appuis, » Volt. On est un soutien par son habileté ou par les ressources dont on est capable. « Aétius fut un des derniers soutiens do la grandeur romaine. » Volt. « Lekain fut un très-grand soutien de la tragédie expirante. » In. a Le bœuf est le domestique le plus utile de la ferme, le soutien du ménage champêtre. » Buff. Les grâces et l'esprit sont les seuls soutiens de l'amour. a> Laf. — Â cela il faut

4 . Cette différence de support i etppui et i. soutien se montre avec évidence entre, les deux verbes supporter et soutenir : ce qu'on supporte est toujours onéreux , pénible, désagréable; ce qu'on soutient ne l'est pas ou l'est moins. Dans le Barbier de Séville, Bartholo dit à Figaro : « Vous faites là un joli métier, et qui vous fera une belle réputation ! » A quoi le fler barbier répond : « Je la soutiendrai, monsieur. — Dites que vous la supporterez, » (éprend finement le docteur. Quand un père^ perdu son fils, il peut i peine soutenir l'entretien de ses proches et supporter le jour (o'Ai..). « Après avoir si bien supporté sa misère, il n'a pu wutenir un état plus doux, a J. J.

ajouter encore qu*apput est plus fort que toutica, et qu'il doit se mettre après lui plutôt qu'annl: en effet, l'appui empêche de toniber, et non pas seulement de céder ou de'faiblir comme le ««• tien, « La discipline militaire a été le tovtin et l'opput de l'empire. » Roll. < Ce qui fait leviai soutien du système de l'Europe, c'est bien en partie le jeu des négociations; mais ce systèins a un autre appui plus solide encore, et cet app«t c'est le corps germanique, s J. J. « L'âme est conduite alors par une simple foi nue et obscure où elle plonge et perd tous ses goûts, tous tes soutiens et appuis sensibles. » Boss.

Z' Arc-houtant , pivot.

Are-houtant et pivot se rapportent au trois mots précédents. Mais ils sont plus rares dass le iflngage commun et presque exclosirement usités en termes d'art. Toutefois, ils se disent aussi au fignré , et c'est alors qu'il importe de la distinguer l'un de l'autre , et tous deux des mots qui viennent d'être examinés.

Gomme au propre Vare-houtant soutient nn mur, une Voûte, quelque chose en un mot de collectif, et non pas quelque chose de simple; ce mot au figuré signifie l'aj^put ou le totttia d'une entreprise ou d'un parti ; mais il a celi de plus particulier encore , qu'on ne s'en «erl guère que par dérision ou en mauvaise part. « Don Quichotte était le grand arc-houtant àt\i chevalerie errante. » Lbs. « Un des maîtres de d'Alembert, janséniste fanatique, aurait touId faire de son disciple un des élèves et peut-être un jour un des ares-houtants du parti. »dal. Les faux zélés se regardent comme les vaboutants de la religion et croient rendre serriw à Dieu en persécutant ses enfants, dès qu'iblcs croient leurs ennemis (Boss.). Les Duillius et le Icilius étaient les chefs du peuple et, pouraina dire , les arcs-houtants du tribunat (Vekt., Roll.).

Le pivot, en même temps qu'il soutient, sert à faire tourner. Cette seconde idée, celle d'action ou de mouvement autour du soutien, doit toujours se faire sentir au figuré. « Le soleil tournant sur lui-même , mais au reste immobile au milieu.de tout, sert en même temps de flambeau , de foyer , de pivot , à toutes les parties de la machine du monde. » Buff. « C'est l'intérêt de ces deux amants qui doit être le ptrolde là pièce. » Volt. « Les desseins de souveraineté « la reine d'Espagne pour ses enfants ont ete B pivot constant sur lequel ont roulé depuis tontes les affaires avec ce royaume. » S. S. Il y a plQScomme une chose qui tourne ainsi a d'ordinai» deux pivots, l'un en haut, l'autre en bas,uesi bon que le figuré rappelle aussi cette «tcodstance.

La sotte vanité jointe atecque rcnrie,

Deux piyots sur qui roule aujourd'hui notre "«•

« Corneille a presque toujours négligé les dMi grands pivots du tragique, la terreur «* ^PJV Volt. « La sage conduite roule sut deux ftr^ le passé et l'avenir. » Labr. « Indulgence ^ les autres et sévérité pour soi, voilà les w grands pivots de la morale d'Horace. » Ufl-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

4* État, étaneon,

X'étai est un appui ou un soutien mis à une cliose, non pas dès le commencement, mais après qu'elle a déjà subsisté plus ou moins longtemps , et non pas parce qu'elle est surchargée, mais parce qu'elle tombe en ruine, ou qu'on veut r empêcher de tomber en ruine pendant qu'on la reprend en sous-œurre. De même au figuré. < En temps de révolution , le vœu de la raison est de rafîermir le corps politiqu<> le plus tôt possible sar de nouvelles bases, bt de lui assurer, en at* tendant, les étais dont il a besoin. a> Lab. « Plusieurs nobles , pour réparer leurs châteaux qu'ils Toyaient tomber en ruine, n'ont pas fait difficulté de se mésallier , la richesse ayant de tout temps servi d'ëtai à la noblesse indigente. » Les.

Étançon ne se dit qu'au propre et signifie un gros état, une grosse pièce -de bois qu'on met sous un mur ou sous des terres minées pour les soutenir. « Pompée avait réduit aux abois la ville de Paliantia. Déjà il en avait miné les murailles , qui n'étaient plus soutenues que par des étaneons. 9 RoLL. « Cet homme ressemblait à ces vieux étançons de bâtiments ruinés , qui, étant fans écorce et sans racine , sont prêts à tomber au moindre vent. » Volt.

FORGE. ÉNERGIE, VIGUEUR. Faculté d'agir puissamment.

Force exprime en soi la chose dont énergie et rigueur représentent le développement ou la qualité. Un homme qui a beaucoup de force montre dans l'occasion beaucoup d*énergie ou de vigueur; la force d'attraction agit tantôt avec plus et tantôt avec moins d'énergie, La force est ce à quoi on Attribue de T^ner^te ou de la vigueur; aussi dit-on bien une force énerg^ue (BoiL.) , et redonner une nouvelle vigueur à ses forces (d'Ag.). Et non-seulement la force peut être considérée comme n'agissant pas actuellement, il est possibler aussi qu'elle ne consiste point à agir proprement, mais à être capable de porter ou de résister : force de reins, force dlnertie. < Les oies vont habiter les eaux ; et, dans une vie aussi approchante de la liberté de la nature , elles en reprennent presque tous les avantages , force de constitution , tï^ueur et étendue de vol. > Buff. — Du reste , toutes les fois que force se prend dans le sens actif et phénoménal bu qualificatif d'énergie ou de vigueur , il dit moins et se place d'ordinaire avant.

J'ai reçu mon argent : regarde , Je le prie , Des billela que je tiens li. force et VinergU, Raoïr.

■ Un jeune homme orgueilleux de sa force et de M tigueur. » Sév. *

Force et énergie, dans une de leurs applications les plus importantes , savoir en parlant du discours ou des ouvrages de l'esprit , difièrent de U maiyère qui vient d'être indiquée. Force a rapport aux pensées, à leur enchaînement, au fond, et ^neryte à l'expression , au style, à la forme. « On peut dire d'un orateur qu'il joint la force ^u raisonnement à Vénergie des expressions. » ^*Al. t Les orateur» du premier âge avaient beaucoup de force dans les preuves , de solidité ^ins les pensées, d'énergie dans les expressions.» ^ou. c Faire sentir l'^ner^fte du langage des

passions et toute la force de l'art de persuader. « J. J. Laharpe dit , en parlant d'une scène de Mahomet : « Vénergie du style est égale à la force de la situation. » ^ Ou bien énergie enchérit sur force. « Autrefois, saint Paul, prêchant cette matière, la traitait avec tant de force et tant d'énergie, que.... » Bourd. v Ripert vous porte un troisième petit tome des Essais de morale : je n'ai jamais vu une force et une énergie comme il y en a dans le style de ces gen«-là. » Sév. . Énergie et vigueur sont séparés par une différence qui provient de celle de leur étymologie.

Énergie, grec èvipyeta , efficacité, vertu, opération , se dit proprement de ce qui opère ou produit de l'effet , et , par exemple , d'un remède ou d'juin agent naturel, d'un acide, etc. Vigueur, latin vigor, de vigere , vivre , être jeune et florissant , ne s'emploie qu'en parlant des animaux et des plantes. — Lorsque les deux termes signifient une qualité de Thomme, auquel cas leur synonymie est assez étroite , énergie se rapporte davantage à l'âme , et vigueur au corps : avec de Vénergie , on est courageux , hardi ; avec de la vigueur, vigoureux, robuste, plein de vie et de nerf. On dit bien vigueur d'esprit, vigueur de l'âme ; mais l'addition nécessaire des mots esprit et dme prouve assez que cet usage de vigueur est métaphorique et détourné. Qui agit avec énergie suit froidement une résolution ferme; qui agit avec vigueur se livre à toute la vivacité , à toute l'ardeur de son tempérament. C'est-à-dire que vigueur a cela de particulier, qu'il rappelle toujours le corps ou quelque chose du corps, l'organisation , le sang. « La grâce de l'imposition des mains nous inspire je ne sais quoi , qui fait couler dans nos veines , avec l'onction sainte , ce courage , cette vigueur sacerdotale , ce sang apostolique, que nous avons hérité de nos prédécesseurs dans le ministère. > Mass.

FORME, FIGURE; — CONFORMATION, CONFI- GURATION ; — FAÇON. Ce qui détermine les corps , ou la manière dont ils sont déterminés.

Forme et figure se ressemblent extrêmemei^t et demandent à être distingués d'abord avec le plus grand soin.

r La forme est nécessairement en rapport avec la matière ou avec le fond ; c'est quelque chose de concret. La figure, au contraire, est plus indépendante des objets , se conçoit à part ; c'est quelque chose d'abstrait. On ne dit pas absolument des formes , mais bien des figures. Vous apercevez sur le rivage des formes de pas, et des figures. Quelqu'un critique là forme de votre chapeau; un enfant dessine sur la muraille des figures de chapeau. Une chose revêt toutes sortes de formes, et non pas de figures; mais en mathématiques on fait des figures , et non pas des formes. Le statuaire donne des formes au marbre , il travaille une matière ; le dessinateur , le mathématicien , le peintre font des figures, c'est-à-dire quelque chose d'idéal. Un écrivain varie les formes de son style; les figures sont de3 formes de langage générales, qui n'appartiennent à aucun écrivain ni à aucun sujet en particulier. On forme en disposant ou en arrangeant de la matière ; on figure en

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