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DEUXIÈME PARTIE

Enfin , à feu s'attache plutôt l'idée d'un amour modéré, pur, innocent, légitime; et à flamme, celle d'une passion violente et criminelle. — « Corneille dit souvent un beau feu pour un amour vertueux et noble. » Volt.

De K^/eux ionocenU J'ai trahi le mystère. Rac. Il laai d'un premier /<ra la pareté fidèle

Pour aspirer à cet honneur

OU votpe bonté nous appelle. Mol.

« Déjà Rallumaient dans son âme ces feux ardents et purs , que la sagesse , la beauté , l'esprit et un mérite universel ont coutume de fî&ire naître. * Fléch. — « Pourquoi œ reste de commerce? Pourquoi cette dangereuse complaisance, restes malheureux d'une flamme mal éteinte ? > Boss.

Le ciel mit dans mon sein WMjUmme hmeste.

Rac.

Toi que brûle en secret janidjlamma infidèle. Volt.

Cette fataleyCommtf Dans les bras de Cassandre a dévoré mon ame. Id. Je ne m'attendais pas qu'ane^mmtf coupable Dût ajouter ce comble à Thorreur qui m'accable.

ID

< Les mariages clandestins exposent des cœurs innocents à brûler d'une flamme adultère. » J. J.—

Ah! quel étrange amour 1 et que les belles âmes Sont bien loin de brûler de ces lermireé Jlammes/ Les sens n'ont point de pari i toutes leurs ardeurs, £t ce beauyè» ne veut marier qae les cœurs; Comme une chose indigne, il laisse là le reste : C'est un /<;u pur et net comme le feu céleste. (Armande dans les Femmes êaçantes). Mol.

FINIR , CESSER , — DISCONTINUER. Faire en sorte qu'une action s'arrête, ne se poursuive pas ou ne se prolonge pas davantage \ ou bien , dans le sens neutre, en parlant d'une action, s'arrêter , ne pas se pdursuivre ou se prolonger davantage.

On flnU ce qu'on a. commencé. Finir suppose un travail , une opération , en un mot une action qui forme un tout, dans laquelle on distingue un commencement, une suite et une dernière partie ou une /In. Cesser, latin cessare, fréquentatif de cedere, céder, se dit de toute action ordinairement forte ou vive dont on se désiste , dont on se relâche. On dit proprement à une personne, finissez vos discours (Rbgn.), et cessex vos cris (ACAD.). Il faut attendre que la digestion soit finie pour manger de nouveau; il faut attendre que la pluie ou la grande chaleur ait cessé ou soit cessée pour se mettre en route. Le jour finit de bonne heure en hiver; la fièvre ceue quand on prend du quinquina. On dira d'une armée, qu'elle finit un siège , une campagne de telle manière , ^t que, dans un combat, elle cessa le feu à telle heure du jour. Vous flnissex un couplet que vous chantez ou que vous composez , une page d'écriture, un livre que vous avez entrepris de lire ; vous cessex des poursuites, des hostilités, des persécutions , d'ardentes recherches. On ^nit de faire ce qu'on achève ; on cesse de faire ce qu'on laisse là , après s'y être livré avec feu , avec passion.

K Lesj:onjurés avaient presque tous flni malheureusement leur vie. a> Mo2(tesq. « C'est le 22 avril qu'un vieux fou commença une tragédie

/îme hier. » Volt. & H. Racine est prêsenieioait tout occupé à finir sa pièce. » Boil. «Après ivotr achevé mon .récit , que je /inâ par la chambit que j'ayais louée , on vint avertir qu'on avait servi. » Las. « Ap^e trouvait à Protogène eed^ faut, de ne pouvoir quitter le pinceau et /intr ses ouvrages. » Roll. — c Le soufre s'évapore peai peu , et l'on ne eesu le feu que quand il se s'élève plus de vapeurs sulfureuses. » Bovr. i U mort a cesi^ ses ravages. » Vadv. « Démétiins ceua les hostilités. > Gond. « Le sénat ordonna à Antiochus de cesser la guerre qu'il faisait. > b. « Le peuple et le pape devenaient ennemis, et les dissensions ne Cessaient plus. » In.

Ne eettêraeAA point cette rigueur mortelle? Mot.

'L'aigle et le chai-huant leurs querelles eessèrat.

Ltf.

Quant à discontinuer^ on ne peut guère le cod> fondre avec les deux mots précédents; car il signifie finir ou cesser momentanément , pour reprendre ensuite , interrompre. < On leva le siège (de Véles) â la fin de la première campagne. On le leva encore après la seconde. Mais,iii troisième , on le reprit pour ne plus le dwowfcnuer, » Cond. « La pluie a diseoniinui seol^ ment quelques jours , puis elle a recommencé, •

ACAO.

FLATTEUR , ADULATEUR. Qui loue excessiwment , dans des vues intéressées , afin de plaire, de gagner la faveur ou la bienveillance.

Flaiteur appartient au langage conmiun. ii»latéur est le latin adulaXor, Tous les homoes peuvent être flatteurs , et on peut être /totte* envers tous les hommes ; les adulateurs sont les flatteurs des grands, et particulièrement d» rois, les paUeurs de cour. « M. d'Alet est un courùan adulateur. » Siv. Le verbe aduler ne s'emplae qu'en parlant des princes. « Le prince de Conti était digne de n'être pas adulé.^i.J*^^^^^ vous adulex bassement le souverain pendant » vie, et vous l'insultez cruellement après a mort 1 9 DioBROT.

Par suite, le nom d'adulateur se donnea tout ce qu'il y a de plus odieux parmi les lutteurs, au flatteur bas, vil, lâche, «r^' impudent, très-fin, ou, au contraire, grosse. C'est le mot qui exprime le défaut de la manie» la plus défavorable et au plus haut degré so^ quelque rapport que ce soit. « II s«nible que le basses flatteries ont été plus prodiguées aux œechants princes : la haine publique se cache d«dinaire sous V adulation, - Mass. « ^^^^]^ ractérise un nwuvais règne comme la p^ portée à l'excès , et je suis étonné que ^<^^J^ ait été loué comme un tyran. Son successew avait un caractère supérieur à l'^daWiw. Vauv. « Les inscriptions latines de la ^^^^Z^ place Vendôme sont des flatteries g«>«***'7' ^ y Ut que Louis XIV ne prit jamais les armes q" malgré lui. U démentit bien solenneUemeni »«J adulation au Ut de la mort. » Volt. « w^^ nulle contagion n'est si prompte que <»*? P^ flatterie, bientôt toutes les P»^°^/"JLes l'exemple que leur avaient montré les AS| "J^^ et les Bithyniens. Par tout l'empi» ce ^ ' que temples (en rhonneor d'Angoste)..** ''

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

Kofi Alt portée encore à de plus grands excès à regard de ses successeurs. » Roll. « Si le flatteur est un homme ordinaire, il ne louera en TOUS que des qualités communes. Un adulateur plus fin louera principalement en tous les qualités dans lesquelles tous croyez exceller. Un adulateur impudent et sans honte louera vos défauts et parviendra à vous étourdir sur le témoignage intérieur de votre conscience. » D*âl.

Flatteur est le mot simple. Adulateur est une expression de choix destinée à peindre un flatteur tel que ceux des cours , un insigne flatteur ; sans compter qu'oduktf eur , à cause de son ortgioe, convient surtout au style noble de la poésie et de l'éloquence.

Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs , D'un tyran soupçonneux (Tibère) pâles adulateurs.

Bon..

FLEXIBLE, SOUPLE, DOCILE. Qui cède, qui oppose peu ou qui n'oppose point de résistance.

Vltxihle se dit- proprement des plantes, smtple des animaux , et dociU de l%omme. L'osier est /9«nMe ; le corps de l'animal, ou ce qui en vient, comme le cuir, est souple; un élève est doct7e. Branche longue et flexible, animal souple et agile, enfant docile et obéissant : c'est ainsi qu'on parle et qu'on doit parler , à la rigueur. Si on qualifie quelquefois de souple une plante, c'est quand et en tant qu'on la considère comme un animal , comme un serpent qui court et s'étend de cfité et d'autre. La grotte de Calypso « était tapissée d'une jeune vigne qui étendait ses branches toupies également de tous côtés. » FéN. Et . d'autre part , il est évident qu'on n'attribue de la docilité à un animal, que parce qu'on l'assimile à l'homme.

Mais la difficulté devient plus grande lorsque flexible et souple, prenant l'acception figurée, s'emploient comme docile pour signifier une disposition des personnes à se prêter aux impulsion •> d autres personnes ; et c'est alors surtout que ces trois mots demandent à être nettement distingues.

D'abord, flexible et souple, outre que ce sonl dans ce sens des expressions métaphoriqueji, se rapportent à la volonté . et non pas , conune docile , à l'intelligence. L'esprit flexible ou souple cède aux volontés , aux vœux , aux désirs des au-* très, est complaisant ou point opini&lre; au lieu que l'esprit docile cède à la voix d'un maître qui l'instruit , écoute les leçons ou les conseils. Voltaire dit de Corneille , travaillant à la Comédie des Tuileries, de Richelieu : « Corneille , pins doctie à son génie que souple aux volontés d'un premier ministre, crut devoir changer quelque chose dans le troisième acte qui lui fut confié. B Un enfant flexible est d'un caractère à se laisser aviément influencer, incliner d'un côté et d'on autre , ainsi qu'une plante ; un enfant doci7e & un esprit tel qu'il écoute ou apprend sans peine ce qu'on lui dit. Horace accorde au jeune homme de la flexibilité pour le vice , en même temps qu'il lui refuse de la dodlilë : Certmt in vitiu/n Jleeii , monitorihu* atper»

A un ministre absolu comme Richelieu, il fallait

des serviteurs flexibles ou soupUs ; nous devons tous être dociles à la parole divine et à la voix de la conscience.

Flexible et souple diffèrent l'un de l'autre en conséquence de leur application au propre. Flexible est passif : une personne flexible cède comme le peut faire une plante , en fléchissatU , en pliant , en se laissant faire. Mais souple est actif; une personne souple agit en se pliant , à la manière d'un animal, en se mouvant, en se tournant en tous sens. La flexibilité est une capacité ; la souplesse , un talent. Trop de flexibilité est faiblesse ; trop de souplesse , manège ou ruse. L'homme fl^ible est doux, accommodant, facile, il ne veut pas choquer; l'homme souple est prévenant , insinuant , flatteur , il se fait tout à tous pour gagner les gens dont il a besoin. L'esprit flexible est propre à divers genres d'étude; l'esprit souple l'est à la négociation et à l'intrigue.

FOI , CRÉANCE . CROYANCE , OPINION. Assentiment ou acquiescement de l'esprit à quelque chose qu'il tient pour vrai.

Foi, du mot latin fldes , confiance , signifie une persuasion fondée uniquement sur le témoignage, une soumission de l'esprit inspirée par la con-» fiance. On a fot , ou on ajoute foi à ce qui émane d'une autorité qu'on regarde comme incapable de se tromper et de tromper. « Si c'est l'autorité qui fait que l'esprit embrasse ce qui lui est proposé , c'est ce qu'on appelle foi. » P. R. « La foi est une habitude de croire une chose par l'autorité de quelqu'un qui nous la dit. » Boss. « C'est une erreur de s'imaginer qu'il faille toujours examiner avant que de croire.... On croit d'abord ce que l'Ëglise propose, et la foi précède ou plutôt exclut l'examen. » In.

La créance , la croyance et l'opimon , au cont:aire , sont une persuasion déterminée par l'examen de la chose à croire et le plus ou moins de vérité ou de vraisemblance qu'on lui trouve ; elles supposent l'exercice de la raison individuelle qu'exclut la foi. La foi est soumise, aveugle, inébranlable ou chancelante; la créance, la croyance et l'opinion sont raisonnées , et plus ou moins raisonnables ou déraisonnables. On emploie surtout le mot foi en parlant des mystères de notre religion et des véritéiàhrévélées , qui doivent être crues sur parole et non discutées ; on s'en sert aussi quand il s'agit de ce que croit le peuple sans examen et par une molle déférence, et de ce' que croient les enfants encore incapables de voir et de juger par eux-mêmes. — Outre cela , foi, uniquement relatif à ladhésion plus ou moins ferme de l'esprit, ne se prend pas, comme ses synonymes, pour la chose même qui en est le sujet; on ne dira point, à propos de ce que cerlains hommes croient : c'est une foi, mais une créance, une croyance ou une opinion ancienne, nouvelle, plus ou moins répandue.

Créance et croyance sont formés tous deux du verbe croire. Du temps de Yaugelas et de Corneille, on prononçait toujours créance, quoiqu'on i écrivît aussi croyance. Ces grammairiens ont prétendu que croyance ne se prononçant déjà plus, devait finir bientôt par ne plus s'écrire Us se sont

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