‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 303 sur 444 · FOURVOYER (SE), S'ÉGARER, SE PBLDIE · texte numérisé non relu

FOURVOYER (SE), S'ÉGARER, SE PBLDIE

durant trois jours des bourreaux qui s'épuisent en le flagellant. » Boss. & Pausanias, dans ses Àrcadiquet, nous apprend que dans plusieurs

Regnard, dans Destouches, dans Beaumarcbais et dans la PuceUe de Voltaire. C'est, en parlani des animaux, le terme qui convient le mieci

temples d'Ëleusine on flagellait les pénitents , les j « Les piqueurs doivent se séparer aussi et rosi initiés ; coutume odieuse , introduite > longtemps après , dans plusieurs églises chrétiennes. » Volt.

Fustiger, de fustem agere , faire agir le b&ton , c'est donner la bastonnade, fouetter k coups redoublés , comme on le faisait autrefois par autorité de justice à l'égard de certains condamnés. « Gambyse ayant reproché aux prêtres de Mempbis leur stupidité , il les fit cruellement fustiger. 9 RoLL. « Soixante-dix personnes conspirèrent contre l'empereur Basile; il les fit fustiger.^ MoNTBSQ. c II lia les mains à cette fenune et la fustigea cruellement; quand elle fut tout en sang,... » DuDEFF. « Le juge, sans autre information , ordonna de fustiger sur l'heure le délinquant par provisipn. > Les. « Le juge jugea que l'accusé était indigne de pardon. Il le fit dépouiller sur-le-champ et fustiger en sa présence. » Id. c C'est Tautorité des esclaves qui accordaient à leurs maîtres le droit de les fustiger, » Volt. « Si un pauvre Juif avait dit aux Romains... , le sénat aurait ri ou l'aurait fait fustiger, » In.

Connaissez-voua certain^rlmeur obscur....

Pour ses mérails dans la geôle encagé,

A Saint Lazare après ce/ustigé.

Chassé, battu, détesté pour ses crimes...? lo.

Fesser tire visiblement son origine d'une partie du corps sur laquelle portent les coups , et qu'on ne nomme pas devant toute sorte de personnes; c'est pourquoi fesser lui-même ne se permet guère que dans la conversation la plus familière et en plaisantant. Clytemnestre , aux enfers, poursuit son fils

Une torche noire à \a main , Et de couleuvres une tresse, Dont sans cesse elle tous lejesse. Sc^aa.

€ Un fakir se faisait fouetter pour les péchés de ses compatriotes.... Âpprenes, dit- il, que je ne me

fais fesser dans ce monde que pour vous le rendre ^

dans l'autre, quand vous serez chevaux et moi , tant de tours, que je me perdu enfin tout iiiu^' cavalier. » Volt. « Candide , mené à un autoda-fé, fut fessé en cadence, pendant qu'on chantait. V In. « Maître Chaumeix , pour sa doctrine , se ferait fesser. » Id. « Est-il possible qu'il y ait encore quelqu'un qui reçoive Fréron chez lui ? Ce chien , fessé dans la rue , peut-il trouver d'autre asile que celui qu'il s'est bâti avec ses feuilles ? > In.

pre les chiens qui se sont fourvoyât, pour les r;-

mener et les i^Ûier à ceux qui chassent le cerf df meute. » Bdff.

Ce loup rencontre un dogue aussi poistaot qtt

beau.

Gras, poli, qui s*éi:^i fourvoyé par mégaide. U.

Au figuré , se fourvoyer signifie commettre ari bévue , une erreur grOpsière ou plaisante, c. grossière et plaisante. « Mais prenez garde, ar; cat! vous vous fourvoyex, » Bbauk.

Viens, ma chère Sophie, embrasse-moi. Tanin Est une extravagante; et je veux, eu boa frère, Redresser aujourd'hui son esprit jf^nvfi. Dot. « On ne fut pas obligé, chez les Juifs, decrci^ les chroniques conune on fut obligé de croire ï Déealogùe. C'est là que se sont fourvoyétWAit braves commentateurs; ils n'ont pas àiiitnsa Dieu qui parle , et l'homme qui raconte. > Volt. « Je soupçonne notre ami Tronchin de l'êtrê fourvoyé en lui appliquant un cautère pour k fortifier. » Id.

Hélas! Goleuel hélas l Qo'im seul faux pas entraîne de faoz pail De Haute en faute on te fourvoie^ on gliiie; On se raccroche, ou tombe au précipice.

(U Prude), b.

S'égarer et seperàre^ usités dans tous les gtares du style , diffèrent du moins au plus. SVpA* rer, c'est donner à côté , se détourner ou s'écarter du bon chemin; mais peut-être s'y reconoalKC encore et sait-on comment rentrer danslabonoê voie , ou peut-être arrivera-t-on néanmoins, qu*que d'une manière détournée %t plus lente. & perdre, c'est s'égarer sans retour et sans «p*rance, au point de perdre la tramontane , ditre désorienté, de ne savoir plus où on estniqsç faire pour sortir d'embarras. « Je mUgof» « bien que je perdis réellement plusieun foù ^ route.... Je me plus si fort en ce lieu etjy»

J. J. « Dans le monde, si Ton ne w f^rày »■ moins on s'égare souvent. » FiécH. « S» ^** aviez gagé pour l'affirmative, vous ticndrieiTOW argent , sinon pour perdu , au moins pour

bien

Minos

., envisagez point

égare et on «'y perd quand on le ^f^^:*l^^

entre eus (nos Zoïles) et moi va bientôt On sV^ore par distraction dans les ^^ .^pronoDcer : | ville qu'on connaît assez bien; on as P"^ ^

-pents d'Alecton nous les Terrons/eMer. lo. un labyrinthe. L'homme le plus sage i^r

.- .. 1 . .. •>. ..••^1... .1^ litf£ A 1'

Des serpents d'Alecton nous les Terrons/i Le son qu'un coup de fouet produit. ..

j quelquefois; s'il se perd, il n'a plus de titre â

SYiNONYMES A RADICAUX DIVERS,

sagesse. — C*est le même rapport qui exbte Mdemment entre les verbes actifs égtkrer et perdre. Dans V Ingrat de Destouches , Dorante dit à Pasquin en parlant de Géronte :

Mais il faut que cet homme 9i.i perdu la raison. A quoi Pasquin répond :

Elle est bien égarée,

FRACAS, TUMULTB, VACARMB. L'idée do bruit fait par quelqu'un est commune à ces trois mots.

Mais /•foco*, du latin franger e, fraetum, briser, rompre, ou de la préposition italienne fra et du latin q««*are . secouer » agiter fortement, marque un grand bruit. Tumulte^ en latin tumtUiue, qui veut dire aussi trouble, accumulation, affluence de monde, exprime le bruit confus d'une foule, d'un certain nombre de personnes. Ya^ carme, d'une origine incertaine , mais très-probablement vulgaire, appartient au langage commun et signifie un bruit de gens du peuple qui tempêtent ou font tapage.

« Si Alcibiade fait aux enfers autant de fracas qu'il en a fait toute sa vie sur la terre , ce ne sera plus ici le royaume du silence. » Mercure à CharoQ. Fiif . c If. le comte des Guérets fait tant de fracas y qu'on n'entendrait pas tonner dans la salle. 9 Dest. < Ces aventures (les suicides) font un fracas terrible le premier jour , et quand les Liens du mort sont partagés , on n'en parle plus.» Volt.

El Yoili qu'on la ebasse avec un geMià fracas ,

A cause qn*elle manque à parler Vaugefas. Mol.

Il lie coq) se battait, dit-il, les flancs ayec ses bras. Faisant lel brait et tel fracas

Que moi, qui grâce aux dieux de courage me piqne, En ai pris la fuite de peur. Lav,

« Le maréchal de Villeroy (quand parut la Pohjtynodie) fit tant de manèges , de déclamations , de tintamarre , entraîna par ses violences tant de gens à n'oser ne pas crier en écho , que M. le duc d'Orléans ne voulut pas pour les Saint-Pierre résister i ce tumulte. » S. S. « Cependant tout le palais (de Pygmalion) est plein d'un tumulte affreux; on entend partout les cris de ceux qui disent : Le roi est mort. » Fén. « La nuit de la Saint- Barthélémy , toutes les maisons des protestants furent forcées et ouvertes en même temps. L'amiral de Coli^y , alarmé du tumulte , sauta de son lit. » Volt. « C'est ici (à Fontainebleau , où on célébrait les noces de Louis XV) un bruit, un/racof, une presse, un tumulte épouvantable.» Id. « Au milieu de tout ce tumulte, prenez garde de n'être pas troublés. » Bôss.

Quel brait confus î quels cris ! Je crois qu'en cette

Tille Le diable a pour Jamais élu son domicile. Oh! Paris est un lieu de tumulte et d'éclat. Racit.

< Le diable vient faire un vacarme de lutin dans la maison , et casse toutes les vitres. > Volt. < C'est la plus sotte chose du monde que de se défier d'une femme et de la tourmenter.... Cela TOUS fait songer à mal ; et ce sont souvent les n^ris qui , aTec leurs vacarmes , se font eux-mêmes ce qu'ils sont. » Mol.

En quoi blesse le ciel une Tisite honnête Pour en (aire un vaearma à nous rompre la tête?

lo.

La douceur d*une femme est tout ce qui me charme i Et ta Terlu fait un vacarme Qui ne cesse de m'assommcr.

(Mercure à Cléanlliis clans Amphitryon). lo. Tirez donc (les pcUls chiens). Quels vacarmes/ Ils ont pissé parloul.

(Dandin dans les Plaideurs), Rac.

Ici mal â propos Tdlrc esprit se gendarme ; Le mal est donc bien grand pour faire un tel vo' carme? Regji.

Le fracas est remarquable par sa force, sa violence, son éclat; le fum«//r par le désordre, par le mélange d'une multiludc de cris: vacarme ne se dit que dans le discours familier ou en parlant de gens du commun.

Les personnes emportées font souvent un /raai« terrible, un fracas à épouvanter ou au moins à étourdir tout le monde ; le repos des villes mal policées est souvent troublé par des tumultes ; il y a souvent du vacarme dans les maisons de débauche et dans les petits ména.^es mal unis.

FRÉQUENTER, HANTER. (PR.\TIQU£R, COU- RIR). On fréquente y on hante les lieux ou les personnes, dans lesquels ou chez lesquelles on va souvent.

Fréquenter est le latin frequentare , qui a le même sens. Hanter parait venir de l'allemand kandeln, traiter avec quelqu'un , avoir avec quelqu un commerce , liaison , habitude*

Fréquenter se dit proprement des lieux, des lieux qu'on visite de temps en temps, et dans tous les cas il est plus noble. Fréquenter les sacrements (AcAD.) ou les autels (Bourd.). < Les Hollandais fréquentent les mers du nord pour la pêche de la baleine. > Buff. « Un auteur dramatique doit consulter ceux qui fréquentent assidûment les spectacles. » Volt. Au contraire, on hante plutôt les personnes, les personnes avec lesquelles on vit, et ce mot est toujours, sinon prison mauvaise part, au moins familier, ou exprimant une manière d'être avec les gens familière. Suivant l'Académie, hanter, c'est visiter souvent et familièrement , et hantise ne se prend guère qu'en mauvaise part. Hanter mauvaise compagnie (Rbgn. , Ham.), les sots (Volt.), les vauriens (Id.). « Moi , qne j'aille chercher un pareil homme! que je le voie! que je le hante t Rousseau vous a-t-il donc paru facile en liaison au point d'aller chercher la fréquentation des méchants?» J. J. — « Les oiseaux appelés chevaliers fréquentent les bords des étangs et des rivières. » BuFP. « Bélon dit que les deux espèces, le héron blanc et le héron gris , se hantent et sont amies jusqu'à partager quelquefois la même aire pour y élever en commun leurs petits. » In.

Outre cela , fréquenter marque simplement la fréquence des visites d'une seule personne ou le grand nombre de personnes qui visitent un lieu ; il n'emporte pas comme hanter l'idée de ce qu'on devient, des qualités qu'on contracte dans les lieux ou auprès des personnes. Dis-moi qui tu hantes j et je te dirai qui tu es. On a hanté les foires , quand , à force de vivre dans le monde , on en connaît et on en emploie toutes les supercheries et toutes les ruses. «Se frotter au pilier , c'est prendre les mauvaises habitudes de ceux qu'on hante. » Agad.

DEUXIÈME PARTIS

On vous voit flouyent chez les personnes que vous fréquentées. Tartufe veut fuir la femme d'Orgon. Orgon s'y oppose :

Non, en dépit de tous tous Isi/réquenteret , El je veux qu'i toute heure arec elle on tous Toie.

Mol.

« Il n'y a pas un Pourceaugoac à Limoges que je ne connaisse; je ne fréquentais qu'eux dans le temps que j'y étais , et j'avais l'honneur de vous voir presque tous les jours. >» In. « J'dâ fréquenté des hommes de toute espèce, des grands, des petits, des libertins , des philosophes; qu'ils déclarent en public ce qu'ils pensent de moi. » J. J. Mais vous prenez les défauts^ les manières de penser et d'agir des personnes que tous hantex, <*■ Vous êtes fou , mon mari, avec toutes vos fantaisies; et cela vous est venu depuis que vous vous mêles de hanter la noblesse. > Mme Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme. yioL,

Isabelle pourrait perdre dans ces hantises Les semences d'honneur qu'avec vous elle a prises.

« Vous dites à Mme du Chfttelet qu'elle n'a commencé sa rébellion qu'après avoir hanté les malintentionnés leibnitzieos» » Volt. — Celui qui fréquente les églises peut y aller pour des motifs étrangers à la religion, et n'avoir rien d'un homme d'église. « Mon père (usurier et hypocrite) fréquentait les églises et portait un rosaire de quinze dizaines.» Les. « Les filles de Minée, pour ne point perdre de temps, ne fréquentaient jamais l'église, v Volt. Celui qui hamte les églises est un dévot :

Je le Boopçonne encor d*ètre un peu libertin; Je ne remarque point qu'il JuuUé les églises ^

Mol.

FRIVOLE, FUTILE. £plthàtes applicables aux choses qui manquent de valeur, de considération , d'importance , et ensuite aux personnes qui font cas ou s'occupent de pareilles choses.

Frivole , frivolus , de friare (d'où notre aiot friable), mettre en miettes, en poussière, an-

4. Pratiquer signifie exelosivement hmter une personne , mais non pas de manière à en prendre quelque chose, à lui devenir semblable ; c'est être ou aller souvent ches elle, et par suite Ja connaître, comme on connaît une chose par \d. pratique ou une chose dont on use. « J'ai assez pratiqué cet honuneli, pour savoir de quoi il est capable. » Acap. « BaboQC pratiqua plusieurs mages, et vit des Ames célestes.» Volt, «c Plus je pratique ce jeune homme, et plus je le reconnais prudent et discreL » Id. «Il convenait aa cardinal de ReU de peindre les priaoipauz personnages de son temps qu'il avait tous pratiqués, » lo. a Les Romains, en s'entretenant avec les Gaulois à qoi le commerce avait donné lieu de pratiquer plus familièremem les Germains, apprirent des choses terribles touchant les ennemis qu'ils atlaiem chercher. » Roll. — Courir marque le goût et rempreasement. « Ah ! qoe ces femmes me paxaissent Jolies 1 je ne m'étonne pas si les 9dds de qualité les courent. « Lis.

Crois-tu qu'un juge n'ait qu'à faire bonne chère^ Qu'i battre le pavé comme un tas de galants. Courir le bal la nuit, et le jour les brelans? Rac. Les gouverneurs, qui mènent la Jeunesse en voyage, « plus curieux de leur amusement que de son inslmolion, lui font passer son temps A eourir des bibliothèques, et A visiter des anUquoires. s J. J.

nonce une chose petite, une mmutie. Futile, futilis, de fundert^ répandre, a été dit d'aboii des vases qui ne pearent retenir ou qui laissât échapper la liqueur, et par extension de tout ce qui est vide ou vain. Par conséquent les objets frivoles sont des bagatelles, et les objets fiitïla des riens ; les premiers ne sont bons que pour l'amusement et le badinage ; les antres sont impropres à tout, d'une inutilité absolue. Oa dit des amusements (Acad.), des bagatelles (Ue.! frivoles , et de futiles chicanes (Làh.), d'absorie. futiUiés (Volt.) ; la frivolité des plaisirs (Mjlii.\ et la futUité de la scolastiqne (Lab.).

Une objection frivole est sans raison suffisante. sans fondement solide ; une objection futile eâ sans raison , sans aucun fondement. Un discou:: frivole se rapporte à des choses peu graves. duL intérêt minime; un diecours futik est vide it sens.

Des ourrages frivoieê sent médiocres, c II e$ devenu si facile d'écrire des choses mêdiocm, qu'on a été inondé de livres frivoles , et^ ce p encora est bien pis,' ^de livres sérieux inutile) Volt.. Des ouvrages Iktiies sont délestaWa « L'art d'écrire est devenn souvent un vil oétit' dans lequol des libraires payent des flwosQO^ et des futilités à tant la feuille. « Volt.

Il peut y avoir de Pesprit et de rigw»'dans ce qui est frtoole. « Les Mémiira^ Grammont sont de tous les livres frivoles le ^ agréable et le plus ingénieux. » Lab. Labir;^ dit en parlant des contes de fées : «Plosiar^ collections font voir combien l'on a été (km^ dans ces bagatelles, et que quelquefois des personnes d'esprit et de mérite n'ont pas dédâ<p de s'y exercer : on peut mettre de l'art dygoût jusque dans ces frivolités puériles. »« ^c-' ture, né avec un génie frivole et facile J^^-' premier qui brilla dans cette aurore de la liU*'-

rature française. S'il était venu après l^^ff^ hommes qui ont illustré le siècle de Louis XIy. il aurait été obligé d'avoir plus que ée l'espnl-' Volt. Mais il n'y a rien que d'extravagant m ce qui est fuUle. Voltaire traite de ridicolesjit méprisables les querelles du janséoisme d ^^ molinisme, et il ajoute : « Plus les esprits sen^ convaincus de la futtiité et de l'extrayagaa»d£ ces disputes, plus l'Etat «eratlranquille.»'^ fond de toutes les matières que je traite, quelqt^ raisonnable qu'il puisse être en soi, ^ i^^ presque entièrement absorbé par les /s*w et les extravagances dnnt j'ai toiyours sou » l'habiller. » J. J. .

Une personne frivole n'a pas le goût d^ » rieux, ne s'occupe que de petites c^*^'^ plaisirs , de jeux , n'estime et n'aime que ^^ est léger. Tel était, suivant Saint-Simon^ langes, « un de ces esprit» faciles, gais, ««^^ qui ne produisent que de jolies bagatelles; i^ frivole , à qui rien ne coûtaU que la ^^f^ l'étude. » « C'est à l'amusement qu'U m ^

jours revenir.... Si la nature ne nous

avait W»

un peu frivoles, nous serions très-xiialû««^ Volt. Mais une peisonne futiU estinept^',]^ ble, ou occupée de choses tout ^^'^'^'^'^^^i, en croire Saint-Simon, le caractère de D»flP"'

SYNO«Y-!lES À RABICAUX DIVERS.

«esprit aa-dessoui da médiocre, irës- futile, i une honte; mais il y a sourent sagesse, louable

très-incapable en tout genre , qui ne se repaissait que de rent. * « Des complaisants de Louis XIV le plus faTOTÎsé, le maréchal de Villeroy, fut rhomme de sa cour le plus bas et le plus futile, » Uarm.

FUIR, EVITER, ÉLUDER. S'éloigner de quelque mal , de quelque chose qui est ou qu'on juge fâcheux.

Éluder est parfaitement distinct des deux autres mots , et doit d'abord être mis hors de question. Il signifie s'échapper adroitement et comme en se jouant (racine hidus, jeu). Or, cette idée de détour subtil , d'expédient , de stratagème, lui est toute particulière. Philoctète avait juré de ne pas découvrir les cendres d'Hercule ; il élude son serment, en frappant du pied la terre à l'endroit où elles étaient (Féii.). « Le renard sait creuser un terrier avec deux issues, pour éluder les pièges du chasseur. > In. « Comme la partie n'est pas égale, il faut user de stratagème, et éluder adroitement le malheur qui me cherche. » (Don Joan). Hol. «Songez à chercher dansTotre tête quelque nouveau détour pour vous tirer de cette affaire , à trouver quelque belle ruse pour éluder ici les gens et paraître innocente. » (George Dandin à Angélique). In. c L'amour seul sut éluder Fartiflce du labyrinthe. » Montesq. « Les Romains éludèrent la science des pilotes par l'invention d'une certaine machine. » In. « le conseil éluda les représentations de la bour-

curcon^ction à éviter le combat. On fuit un monstre; il effraye : on éviie les effets de sa rage; on les appréhende. Une femme, dans Molière , dit d'un jal»ux qu'elle traite de monstre :

Fuyau-en promptemeat l'atieinte envenimée, Evitoat les effets de sa rage animée.

Il s'agit d'un danger simplement à craindre dans oe vers de Boileau :

Qaoi que vous écnyiez , évitez la bassesse.

Hais Junie signale à Britannicus un péril évident , quand elle lui dit :

Reiirez-vovs, seigneur, el^/«2 un eourronx Que ma persévérance allume conti'e vous. Néron est irrité. Rac.

D'ailleurs, fuir marque plus 4e zèle et d'empressement de la part du sujet; celui-ci ne se détourne pas seulement du mal, mais il s'en éloigne en courant, suivant la force du mot. « Le divin Sauveur éviU autant qu'il est possible, et fuit jusqu'à l'ombre de la vengeance. » Bourd. Éisitet exprime si peu l'action, l'ardeur, les démarches du sujet, qu'il signifie quelquefois simplement le fait d'échapper au mal, le succès, tandis que fuir désigne seulement l'effort pour y échapper. « Éviter le danger, c'est n'y pas tom- ))er; fuir le danger, c'est ne pas s'y exposer. » GiB. « Il est impossible aux hommes d'éviter l'erreur et la douleur qu'ils fuient, s'ils ne se donnent sans réserve à Dieu seul. » Pasc. a II faut

geoisie par des réponses dont Fadresse ne peut I savoir éviter les mauvais exemples sans faire

sauTer le ridicule. » J. J. « Â quoi reconnaîtrez- i semblant de les fuir. » Marh . « Un voyage n'est

▼ous un sophiste T A l'adresse , à l'astuce avec | pas plutôt fini qu'il en entreprend un autre*

laquelle il éludera ttne bonne raison; au tour '< Ainsi, se fuyant toujours lui-même,, il ne peut

leste, subtil et prompt qu'il fera pour esquiver | s' éviter, il porte toujours avec lui son incon-

oMï^ objection solide. > Maru. On élude, en < stance. » Reôh. «Les rennes évitent les bups

^%rtre , des embarras (Pasc.) , des difficultés (In.) , . en fuuaint. » In,

f^s lois (Id., Montesq.), une autorité (Boss.), 1 FURIES, EUMÉNIDES. Divinités vengeresses du

c:3ie punition (Montesq.), une proposition (J. J.), crime.

!« n payement (Bourd.) , un Taisonnement (Piw.), ' Furies est latin , Turiœ ; et Euménidee , grec ,

^ XI bienhit offert (i. J.), par des prétextes (lo.) , ' EOiuviSe;. Le premier de ces mots appartient

^«s excuses [lu.), des défaites (Pasc), des chi- ^j&ies (Id., Boubt).); et quand il s'agit de questions, on les élude aussi, en les détournant ît^Asc.), ou par un cercle sans fin (FiN.). Keslent fuir et éviter,

Oq fait en se tournant vers le cdté opposé , et ^n courant avec vitesse : nous fuyons proprement ^^x qui nous poursinveiA , de peur tl'être pris par eax. On évite en se détournant, en passant ^ c6té [e via , hors du ctiemia ) : nous évitons pioprement les écueils, de peur de donner contre, de les rencontrer. On fuit ce quN)n hait; OD itite ce qu'on craint. On fuit par aversion , ptf pear, par lieireur, et ce mot suppose tm ^al présent, -certain, connu ; on évite par Moi- C^Kment et -par prudence mu mal à venir, pos- ^'ble on probable , un inconTémeiit ou un mauvais effet lointain qu'on prévoit. On fitti le ^▼ail parce qii*o& ne Pairne pas ; on Tévife parce fjQ'oa en redoute les suites pour sa santé. On fint tme personne qtt*on hait; t)n éohe une persotDe de qui on craint quelque dhose de désagréable, famais tm militaire ne doit fuir le combat; quand l'ennemi est là, recaler serait

plutôt à la mythologie et à l'histoire romaines ; le second , à la mythologie et à l'histoire grecques. Il y avait, dit-on , dans le Latium , un bois consacré aux Furies; et plusieurs villes grecques, entre autres Athènes, avaient des chapelles et des forêts d^iées aux Euménides, « Le sommeil ne fait entendre aux vainqueurs de Pompée que le sifflement des serpents des furies.,,. Oreste , Panthée , Agave n'étaient pas plus effrayés de l'aspect des Éum^tde^ vengeresses.... César se sent en songe comme déchiré par les fouets vengeurs des furies, 9 Marm.

Furies est devenu chez nous un nom commun, et relatif & la pratique, c'est-à-dire représentant les divinités dont il s'agit àl'œuVre, comme furieuses ou en fureur , comme présentement occupées à tourmenter les coupables. « Les remords du crime me suivaient partout ; c'étaient comme des furies attachées à mes c6tés , qui me poursuivaient et ne me permettaient pas d'être un moment tranquille. » Mass. « Marins se vantait qu'il avait trouvé le secret d'attacher à Métellus un remords et une furte vengeresse , qui lui redemanderait le sang innocent de son hôte et de

Page 1