DEUXIÈME PARTIE
son ami. » Vbbt. Euménides , au contraire , est resté un nom propre dont la première lettre est toujours une m^juscule^ et qui est théorique, qui exprime le titre plutôt que la fonction actuelle*' « Au lieu de diables , les Grecs eurent Até , Erynnis, les Euménides. » Volt. « Les Pbalaris, les Busiris se moquaient avec raison des fables de Cerbère et des Euménides. » In. a Les Euménides sont la troisième pièce que la famille des Atrides ait fournie à Eschyle. > Lab. « Siècle philosophe, appliqué au XYiit* siècle , est une espèce de sobriquet, une sorte de contre-vérité, oomme le nom des Euménides , qui par lui-même désigne la douceur et la bonté , et que les Grecs , peuple frivole et railleur, avaient imag;inépour \ei furies. » Id. — « Le chien Cerbère , qui aboie de ses trois gueules, les trois Parques, les trois Euménides sont des imaginations ridicules des Grecs. Dieu ne m'a point apparu : il -ne m'a point montré Alexandre fouetté par trois furies de Tenfer pour avoir fait mourir si injustement Callisthène. » Volt.
Les Euménides sont les furies de Tenfer , on dit les furies infernales (Fén.); au lieu que les furies sont d'ordinaire appliquées sur la terre à poursuivre, à punir les crimes, ou bien ce sont des personnages furieux qui ressemblent à des furies. Tant il est vrai que le mot furies s'est fondu dans notre langue où il est tout à fait usuel et se dit particulièrement bien en prose, pendant que celui d'Euménides a gardé avec un air étranger sa signification mythologique rigoureuse , et s'emploie plus volontiers en poésie
EuméniJeSj venez : soyez ici mes dieux ; Accourez'de l'enfer en ces horribles lieux.... Ah ! le barbare approche ; il vient ; ses pas impies Sont âmes yeux vengeurs entourés des furies....
(Étectre.) Volt,
a Pompée s'endort. Alors l'image de Jujie , per> çant la terre , se présente à lui comme une furie , sur un tombeau qui vomit des feux : On me traîne , dit-elle , de l'Elysée dans le Tàrtare. J'ai vu les Euménides s'armer de torches empoisonnées.... sMAaM.
a II mit le mari en fureur. YcÀlk don Anasta- &io qui perd le jugement : il semble que les furies l'agitent. > Les. h Que prétend celte furie (une femme furibonde;? q*e la jalousie est affreuse ! » Volt. « Cette furie de Théodora fut déclarée sainte, et on a longtemps célébré sa fête dans l'Eglise grecque. » Id. « Ce forcené Clodius, cette /uri«, ne cessait de répéter dans ses harangues que tout ce qu'il faisait contre Cicéron , c'était de l'aveu de Pompée. » Lab. « Sur le théâtre grec, Oreste, poursuivi par les furies, devait tomber dans les convulsions. » Marh.
Dans la Pharsale^ Lucain fait dire par le tribun Métellus à César , qui va piller le trésor du temple de Saturne : « Tu n'ouvriras ces portes qu'après m'avoir percé le sein, et tu n'emporteras les dépouilles du temple que souillé du sang d'un tribun; tu sais si les dieux laissent violer impunément cette dignité sainte , et si les Euménides l'ont vengée de l'impiété de Crassus.» Mark.
Enfers, qui m'attendez, EumâÊtidcM, Tutare,
Je ne vous craindrai point.
(Sophomsbe). Volt.
Minisires, confidents, domesliqaes perfides
T lassent (aux enfers) sous les rouets lec bru d» Euménides. L&r.
El si les pâles Euménides Pour réveiller nos parricides Toutes trois ne sortent d'enfer, Le repos du siècle où nous sommes Va faire à la moitié des hommes Ignorer que c'est que le fer. MiU.
FCRIEUX, MANIAQUE, LUNATIQUE. Qui ne K possède pas, qui parle ou agit de manière à faire toir qu'il n'a pas l'usage plein et régulier de ses facultés.
Si on s'en rapportait à l'étpnologie, furieux é maniaque seraient tout à fait synonymes; et: furor en latin signifie exactement la même chose que (uivîa en grec, une grande colère. ïii manie , dans notre langue commune , n'a ^ gardé sa valeur originelle. Au lieu que le (arim ne peut pas maîtriser ses mouvements, se contenir, le maniaque esX incapable de diriger icii intelligence , et extravague. La violence est k caractère de l'un , on se met en garde contre se» entreprises; la déraison est celui de l'autre, tt le plaint ou on en rit. « La chaleur d'un écrinsi qui extravague est le jeu d'un bateleur qui iii le maniaque pour assembler la foule. > UiàX a Nous faudra-t-il consacrer des ognons'et des chats, et adorer ce que nous mangeons, parce que les Egyptiens ont été assez mantaguet pool en user ainsi Y » Volt. « Le moyen de iïim^ le nombre des maniaques est d'abandonner ceut maladie de l'esprit au régime de laraisoQ^'ai 1 éclaire. • Id. ]
Le lunatique i îunaticws^ qui subit les influences de la lune , est un mamaque i acc6 périodiques , qui tantôt est privé et tantôt joU de son bon sens, un maniaque capricieux, ^' tasque. Le maniaque peut l'être sans interruption, et il ne passe pas alternativement, i^ intervalles presque égaux , d'un état à un intrt Du reste, limatique ne se dit plus guère, m^ ramilièrement , depuis que l'astrologie est total^ ment décrédltée
FUTUR, A VENIR. Ces expressions serrent» qualifier ce qui n'est pas encore , ce qui arrlTefi après le temps présent. La vie future, la vie à ïfl»»^-
Futur, latin /tttuntf, qui sera, aunegriûii« force d'affirmation et désigne une chose qui s^ infailliblement. A venir ^ au contraire, sappc^ de l'incertitude; car il signifie ce qui estd f^*[ ou à arriver, chose qui, comme ce qui est a faire ou à savoir, peut-être sera et peut-être m sera pas. On dira donc la vie future ^ei uneTi«* venir ; le dogme de la vie future , et l'idée oa l'espérance d'une vie à venir. — « Moïse n^ j** mais parlé d'une vie à venir. S'il connaisssit i» vie future f pourquoi n'a-t*il pas expresséoeflj étalé ce dogme ? » Volt. — « La foi des peifl**^ des récompenses futures.» Mass. « Le remède » la pénitence prévient le mal à venir. » Boss. *^ mal à venir, c'est-à-dire ici le mal qui torti* P* venir ou arriver, mais qui n'est poiût t*ûu o* arrivé , grâce k la pénitencd.
S'Agfi'il de prédictions, et de prédictions Traies ^u rejgardées comme telles , futur est le seul mot L eni(>Io7er. Jésus-Christ annonce les mystères futurs (Mass.); par certains avertissements, il faisait voir aux Juifs leur perte future (Boss.); au jardin des Oliviers il découvrait dans sa pensée les maux futurs de son Eglise (Mass.). «Voilà ce qu'il nous a révélé de notre gloire future. » BouRo. Siméon annonce à Marie la destinée fu- Ctcre, la grandeur fttlure de son fils (Mass.); les prophètes prédisaient aux Juifs leurs malheurs futurs (Boss.)* — Mais s'il est. question d'espérances ou de projets dont la réalisation soit douteuse, à venir convient seul à son tour. Un pécheur préfère l'espérance incertaine d'une grâce à venir au salut présent qui s'offre à lui <Mass.); il fonde là-dessus une vaine espérance de conversion à venir (In.); il se promet toujours un changement à venir (In.). « Nous sommes plus sensibles aux besoins présents que flattés des avantages à venir , et toujours incertains par là même. > Volt. « Le Dauphin ne formait pas de projets à venir y si ordinaires aux hommes et si inévitables à l'imagination. » Bouan. « Tous ces biens d venir semblent autant de chansons. » Mol. c Pour un bien à venir et incertain , les novateurs ont bien tousjours des spécieux et plausibles tiltres. > Cearr.
D'une part, des prédictions hasardées, des présages vagues, de simples conjectures font connaître les choses à venir , et non les choses futures : l'astronomie prédit des choses futures , savoir des éclipses, des conjonctions, des retours, choses qui certainement arriveront; mais la philosophie de l'histoire cherche à prévoir des choses d venir, des révolutions , des événements, des guerres, qui pourront bien avoir lieu ou arriver. D'autre part, quand les biens qu'on espère sont assurés , ce sont proprement des biens futurs : « Nous ne pouvons ôtre heureux que par une foi vive , et par une forte espérance qui nous fasse jouir par avance des biens futurs,» Mal.
Futur signifie non-seulement quelque chose de plus certain , mais aussi quelque chose de moins étendu et de moins éloigné ; c'est pourquoi on dit, en parlant de gens qui vont bientôt se marier, les futurs époux , et leur postérité d veriir. Gendre futur, le futur régent, le futur roi 'îe Prusse (Volt.).
Futur est aussi un terme plus synthétique et rîus abstrait. On dira plutôt le siècle futur, et
les siècles à venir. Siècle futur désigne d'un seul coup ce que siècles à venir développe et déroule à nos yeux. « Cette union parfaite nous sera donnée au siècle futur, » Boss. « La peine des damnés s'étendra jusque dans Timmensité des siècles à venir, » BouRO.
Et ce noiB respectable , Ce nom dont l'univers aime à s'entretenir, Passe de bouche en bouche aux giècles à venir. C'est ainsi qu'on dira chez la nce/uturet Volt.
Ces deux expressions , futur et à venir, considérées jusqu'ici comme adjectives l'une et Tautre, sont plus ordinairement , la première adjective , la seconde substantive et écrite d'un seul mot , avenir. « Attaquer la vérité d'un avenir , et l'éternité des peines futures. » Mass. « Non-seulement le bœuf Âpis prédisait l'avertir par l'appétit ou le dégoût qu'il témoignait en mangeant son foin, mais il beuglait les choses futures avec une grande éloquence. » Volt.
Mais, de même qu'on dit adjectivement, les cbo • ses à venir, auquel cas il y a synonymie entre à venir ei futur, ainsi qu'on l'a vu au commencement de cet article, de même futur, de son côté, se prend bien aussi dans la signification substantive, le futur, et alors les deux mots sont de nouveau synonymes : le futur , Vavenir.
Ils diffèrent toujours de la même manière.
Le futur ^ c'est ce qui sera sûrement; l'aventr, c'est ce qui pourra bien être et ce qui , comme tel , donne lieu à nos conjectures et à nos espérances, c C'est un instinct naturel à tous ceux qui souffrent de chercher dans l'aventr la consolation et le remède du présent. Nous nous faisons un charme de notre espérance, quoique souvent il n'y ait rien dans le futur qui nous doive être favorable. L'incertitude même de l'avenir nous est utile. » Bouro. La grammaire dit futur parce qu'elle considère l'ordre idéal et nécessaire des* temps; la morale dit avenir ^ parce qu'elle considère surtout l'ordre effectif et incertain des événements.
D'ailleurs, le subsUntif futur, presque exclusivement usité dans le dogmatique , paraît purement formel et relatif au temps dont il marque une division; avenir est matériel, c'est-à-diire qu'il regarde les choses et les événements qui auront lieu dans cette portion de la durée. On dit, dans le futur (Boss. , Bourd.) : « Dieu voit-il le futur comme futur ou comme présent? > Volt. Mais on dit, un bel, un brillant, un heureux avenir.
GAGER, PARIER. Convenir aveo quelqu'un, dans une contestation , que celui des deux qui ^ trouvera démenti par le fait , payera à l'autre une somme ou quelque autre chose.
Une première différence a été proposée par Condillac dans les termes suivants :
^ La gageure porte plus sur la chose qu'on présume devoir être ou devoir arriver, et le pari
STS. TRAHÇ.
sur la somme qu'on hasarde. Que ga^/ei-vous? quelle est votre gageure? signifie quelle est la propositioh que vous avancez , et pour laquelle vous hasardez ou vous êtes disposé à hasarder une somme Y Que pariejK-vous? quel est votre part? signifie combien , quelle somme hasardezvous, pour soutenir la proposition que vous avei avancée? Ces deux mots réveillent donc les mê-
DEUXIEME PARTOB
mes idées, miU dam l'im l'idée principale est la chose qu*oa affirme, et dans Tautre c'est la somnie qu*oa risque. Voilà pourquoi on dit au jeu parier et pari^ et jamais gager ni gageure, Sn effet les joueurs ne sont occupés de ce qui arrirera que parce qu'ils sont occupés plus particulièrement de ce qui est à perdre et à gagner. Il me semble donc que gager et gageure sont préférables, lorsqu'on yeut, sans rien risquer, inspirer de la confiance pour oe qu'on présume ; et qu'au contraire parier et pari sont à préférer , lorsqu'il y a gain ou perte à faire. Pascal a dit : Ne point parier que Dieu «I, c'esf parier qu*U n^est pot; pariez donc qu*il eU sont Msiter, Il est certain que gager ne serait pas si bien, parce qu'il n'exprime pea de même tout ce qu'on risque de peardre. » — Un autre passage de Pascal confirme encore mieux le sens attribué ici à gO" ger. « Il est certain que Dieu est ou qu'il n'est pas. De quel côté pencberons-nous? que gagerexvous? par raison , vous ne pouvez assurer ou nier ni Tun ni l'autre. » Et quant à porter, on dit il y a gros, il y a tout à parier que; avoir l'infini à parier que (J. J.) ; dans les Lettres pereanee^ un nouvelliste , qui s'est ruiné en paris, écrit à un homme : « Je vous prie de me faire le plaisir de me prêter trente pistoles ; car je vaus avoue que ces paru m'ont fort dérangé. »
Mais voici une autre difiérence plus importante , et non moins réelle.
Nous gageons^ quand nous nous engageons, quand nous prenons Vengagement de faire certaines choses , comptant sur notre force ou notre habileté. Nous parions, quand de deux événements qui peuvent pareillevtent être , entre lesquels il y a ou il paraît y avoir parité, nous nous déclarons pour celui-ci ou pour celui-là, comptant sur certaines probabilités ou sur la chance. Celui qui gage est acteur, en jeu lui-même, il s'efforce de gagner : on gage de venir à bout d'une chose , c'est un défi. Les bergers de Virgile gagent à qui l'emportera dans l'art de chanter ou de jouer de la flûte ; dans Lafontaine la tortue gage avec le lièvre qu'elle atteindra Le but avant lui , et Phébus dit à Borée :
Eh bien! gageons nous deux, A qai plus têt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous vojons.
a Comme disait un jour Mme de Lafayette, on n'a pas gagé d'être parfaite. » Sév. « Je reviens à nos lectures; c'est sans préjudice de Cléopàtre que j'ai j^aye d'achever.» Id.<k La courtisane Phryné avait gagé qu'elle viendrait à bout de Xénocrate. Elle ne réussit pas. Les jeunes gens contre qui elle avait gagé se moquèrent d'elle , et la pressèrent de payer ; elle leur répondit en riant : J'ai gagé que je pourrais bien corrompre un homme, mais non pas une statue. » F^n. Celui qui parte , au contraire, n'est que simple q)ectateur, et lait partie de la galerie ou de l'assistance; il préjuge de faits dont il ne peut répondre personnellement, qui ne dépendent pas de hii, mais du hasard ou de causes étrangères. C'est ainsi qu'au jeu on parte pour tel ou tel cAté ; c'est ainsi qu'on parte à l'occasion d'un combat de coqs ou d'une course de che< vaux, que celui-ci ou celui-là sera vainqueur. Il
y a des nouvellistes qui soutîemieiit par des parts 'leurs prédictions sur les événements publics (M0MTE8Q.). c II y a tout à parier que U cour de Turin, dans la guerre présente, fera cine commune avec celle de Vienne.» b. cT& vas gouverner les enfers; je parteratf pour toi: Pluton te fera entrer dans son eonseil , et s'a trouvera mal. » Jfercisre à Àlcibiade. Pbh. €k proposai à Cani de parier quatre pistoles qu'il n'y aurait point de combat. Grand bruit d'oae proposition si étrange.... Je dis que je ne diiogeais point d'avis, et que le soutenais à Tuglaise. > S. S. — C'est souvent par amour-propR ou présomption qu'on gage; ce peut être par amusement ou pour se créer un intérêt, ou ptr confiance dans certaines conjectures qu'on ftrie. Des concurrents gageât; des regardants p«rient.
Ces deux mots n'ont pas toujours rapport m événements futurs. On dit bien je gage et je {Mme que telle chose est ou a eu Ûeu; mais je ^s^ suppose qu'on se fait fort de confirmer son dire; je porte annonce une assertion , sinon toat i fait gratuite , au moins dont on ne s'engage pas i donner la preuve. Aussi dit-on plutôt je ^f et je parteraû ; c'est , d'une part une opinion qa'o: avance et qu'on est prêt à soutenir; c'est, lie l'autre , un simple soupçon qu'on hasarde.
vnitTTX.
On vous trouve rèvear, et je gage ma lète Qae quelque aimable objet a fait votre conqQé»
LB COHTB.
Ma foi, to gagnerais; car je suis amooreTn. Dm-
a Je panerait ma tète que tout cela ne yeut m dire de précis, et que M. de Meaux est ineicesable de vous avoir donné comme une doctrise de Mme Guyon , ce qui n'est qu'un songe ai quelque expression figurée. » FiN. ^lepariena tout au monde que ma lettre n'a pas été rendae. ou qu'elle avait été décachetée. » J. /.
f GAI. ENJOUÉ, RÉJOUISSANT; -2«BADI5, FOiÂTRB; — ^• JOVIAL, GAIUARP. Oui n'engendre point de mélancolie , qui mène avec soi, conune autrefois la déesse des plaisirs, les jeox, les ris et les divertissements de toutes sortes.
!• É?at, enjoué, réjouissant.
On est gfat par caractère , et enjoué volODtai^^ ment, a La gaieté que Lafontaine goûta dans Rabelais éveilla dans lui cet enjouement si vrai qoi règne dans tout ce qu'il a écrit. »LAH.«VériUble caméléon , il ne lui en coûtait rien (à Alcibiade)dc prendre toutes sortes de couleurs et de formes pour se concilier ceux avec qui il avait à vivre... Avec les uns, il avait toutes les grâces et tout i ^ joucment de la jeunesse la plus gaie; avec d autres, tout le sérieux de l'âge le plus grave. >Rou- L'homme gai n'a pas de penchant à la tristesse. est naturellement de belle humeur; rhomme^' joiié prend ou se donne une manière detre riante , agréable, c Les femmes de ^^^J^ plus tendres et plus modestes, nais celw » France sont plus gaies et plus «'•i®"^^** ^ïï TESQ. Coifs représente le naturel des ^'*J?S comme tendres celui des Persanes, et e^^ indique les façons et l'application àesprenu^ comme inode«fe« celles des derniàre». Uw*»'"'
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
fotU est usée à vWre, point maassade, point acari&tre. Une fennne enjouée s'efforce de plaire. e'étudie à plaire , et est bien près de la coquetterie. « L*eii;ouemeiil d'Anne de Boulen ressem- Malt assez à la coquetterie. > Gond. « Des airs d'enjovemenl peu réguliers et trop libres , des af> fectations de plaire et de passer pour agréable. > BooBn. » Les animaux peuvent avoir de la gaieté. « On élève quelquefois en cage cette fauvette pour la gaieté de son chant.... Elle est toujours gaie^ alerte, vive.... On prend volontiers la peine d'élever ses petits pour le plaisir que donne leur familiarité , leur petit ramage et leur 9o€ef^. » RoFT. « Lorsque ce perroquet voyait diDser, il sautait aussi T c'était lA sa plus grande 0ateC^.... On avait déjà remarqué, du temps de Pline, les accès de gaieté que donnent aux perroquets les Aimées du vin. » In.
Pégase est gai de sa nature ,
Fringant, délicat d'embouebure ,
Et ee n*ett pas chose trop aûre
Que d'r memer i raveninre. LàF.
Mais les animaux ne peuvent avoir A*enjouement. C'est que Venjùuemeni , au lieu de tenir au tempérament, résulte de l'action expresse et attentive d'un esprit. — La gaieté peut s'exprimer par des mouvements , et par des mouvements brusques, impétueux, des sauts, des gambades, des cris. « Les saturnales, une fête si uniTerselle, si l^sie..,. Si les fêtes annuelles des anciens commencent par des lamentations , elles finissent par danser, rire et boire.... On célébrait avec gaieté la mort du serpoit. Python.... Cette joie n'était que trop emportée aux fêtes de Baccfaas. s Volt. Mais ren/oiiement se montre plutôt dans les discours , et, dans tous les eu , il a plus de mesure , de douceur et de grâce. « La candeur et la vé* rite régnaient dans tes sages discours , avec l'enjumemeiU et les grâces. » Vàuv. « Quoique mélancolique et méditatif, Platon avait cependant de la douceur et une sorte d'm/otiemenl , et il se plaisait à fiûre de petites railleries innocentes. * Fia. < Lucien a attrapé , dans ses Dialoguet des Iforlff, cette simplicité fine et cet enjouement naîf, qui sont si propres à ce genre d'écrire. » Roll. « Après tant de poèmes graves, on m'a demandé (une comédie) quelque chose de plus enjoué, * CoBH. — On fait quelque chose avec gaieté; on net de Venjouement dans sa conversation ou daos son style. « Nous nous mîmes à table avec notant d'appétit que de gaieté. Le repas fut assaiionné de mille discours agréables. Fabrice, s^uiout, qui savait donner de Yenjouement i la ^^versation, divertit fort la compagnie. » Les. '^ n lant être gai sans tumulte , et enjoué sans ^^^bctation. — Sans la verve de la gaieté (Mabk.) ^ les grâces de Venjifuement (J. J.), on ne peut '^^Ussir dans le geqre anacréontique.
Réjouissant est un superlatif : il signifie très- ^^' ou très-ei^OM^. < Je te promets pour eonvi- ^^^ des génies supérieurs et desplns amusants.... ^^^^st i qui les aura à dinar , tant ils sont réjouis- ^mS^^' * !«■>- * P^u d'ouvrages sont aussi réjouis- ^^ «Ut qu'Amphitryon. » Lah. < On a eu ainsi tout . d&vwtissement de la conversation la plus spi- ^^^«•Qe it ia plus téjowiiêante. » Sooio.— D'au-
tre part, on est quelquefois r^ouistant, mais non pas gai ou enjoué y uniquement pour les autres, sans avoir aucune part au plaisir qu'on procure. Dans un dialogue de Doileau contre les poètes latins modernes , Horace va leur ouvrir une des portes , et Galliope dit : « Leur figure sera réjouissante , ils nous donneront la comédie.» Un spectacle réjouissant (Les.) peut être donné par des personnes qui ne sont ni gaies ni enjouéest qui sont très-sérieuses ou occupées de choses très-sérieuses : une querelle r^ouissante (J. J.).— Enfin, réjouissant est propre à marquer un correctif, quelque chose qui répare un excès , le défaut d'une chose ou d'une personne qui a besoin d'être égayée. « Par quelques saillies réjouissantes qui m'échappèrent , je leur fis perdre leur fausse gravité. » Las. «Jls tâchaient d'adoucir la rigueur du chemin par des discours réjouissants, 9 In. « J'égayais ces leçons de morale par des discours réjouissants, » lô.
2* Badin y folâtre.
Badin et foldtre désignent des qualités d'un degré inférieures, qui sentent l'enfantillage et la puérilité , qui excluent, non pas le sérieux seulement , mais la raison. « Camille se prête également au sérieux et à l'enjouement. Si vous voulez, elle pensera sensément; .si vous voulez, elle èadtnera comme les Grâces. » Montesq. Des philosophes, tels que Platon et Zenon, ont été quelquefois gais et enjoués (Feu.)) ils n'ont jamais été bodtrw ni folâtres. Le èocKna^e et là /blâtrerie ne conviennent qu'aux enfants, aux femmes et aux gens frivoles. « Votre gaieté naturelle dériderait le front de mon sérieux, qui, à son tour, empêcherait peut-être votre enjouement de dégénérer en foldtrerie, > P. A. « Sophie a naturellement de la ^atef^ , elle était même folâtre dans son enfance ; mais sa mère a pris soin de réprimer ses airs évaporés. » J. J.
Pensex-voufl qu'ébloui de vos vaines paroles. J'ignore qu'en effet tous ces discours frivoles Ne sont qu'on badimxge^ un simple jeu d'esprit D'an censeur dans le fond qai /oidtré ei qui rit?
BoiL.
Mais ensuite , badin et folâtre sont entre eux comme enjoué et gai : on a l'esprit badin , et l'humeur folâtre. Badin qualifie par rapport aux œuvres de l'esprit, et folâtre relativement aux mouvements du corps. On dit des pensées badines (Les.) , des preures et des questions badines (Mal.) , mot badin (J. J.) , discours 5adtfi (Mass.) , épttre badine (Acao.). Mais on dit une gaieté folâtre (ACAU., J. J.), des jeux folâtres (Acad., Mortcsq.), des manières folâtres (Acau.). Pour savoir être badin ou bckdiner, il faut delà finesse, de la malice , de la grâce et de la facilité dans l'art de la plaisanterie. « Pour badiner avec grâce et rencontrer heureusement sur les plus petits sujets , il faut trop de manières , trop de politesse , et même trop de fécoodité : c'est créer que de railler ainsi.» Labb. Pour pouvoir être foldtre'ou. folâtrer y il faut être dans la force de l'âge, vif et pétulant « Il m'est avis que ce pauvre peuple (français) est sorti de son élément, qui était la gaieté. Pour moi , il est vrai que Je suis aussi dérouté que la nation; mais je suia fiooZ| aveagle