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DEUXIÈME PARTIE

Labr. < Dans les monarchies anciennes il y avait peu de lois civiles , parce que en général tout pouvait être réglé par les coutumes des peuples , ou par les usages de chaque tribu. » Cono. « La France était régie par des coutumes non écrites ; et les usages particuliers de chaque seigneurie formaient le droit civil. » MonTBSQ. « Les mœurs, les coutumes , les lois ne permettaient point alors de s'écarter de ces usages (relatifs aux augures et aux oracles); l'éducation, la tradition, les préceptes et l'exemple même des philosophes, rendaient ces pratiques respectables. > Roll. — La coutume n'est pas seulement plus générale , mais aussi plus vulgaire que Vusage : l'une agit sur les hommes du commun; l'autre guide les hommes éclairés ef distingués. < La coutume fait les maçons, les soldats j les couvreurs. » Pasc. Vusage fait l'homme du monde , Técrivain pur , l'artiste consommé. Avant d'être policé, un peuple a des coutumes; après, il a des usages. «Les voyageurs prennent tous les jours une grossière coutume du bas peuple pour un usage de la cour. » Volt, c Quintilien rapporte plusieurs coutumes très-communes de son temps , qui ne. devaient point être regardées comme des usages, mais comme des abus. On appellera donc usage^ conclut-il, en matière de langage, ce qui est reçu par le consentement de ceux qui savent bien parler. » Roll..

' Accoutumance et m sont peu usités.

Accoutumance, action de se faire à une chose, de se familiariser avec elle, signifie proprement la formation d'une habitude, surtout d'une habitude passive, un certain travail qui s'opère en nous , et d'où résulte une coutume , une facilité à faire ou plutôt à porter, à supporter, à recevoir ou à souffrir certaines choses. « Un esprit abattu et comme dompté par Vaccoutumance au joug. » BoiL. « Que pouvait-on attendre de grand et de noble d'hommes abattus et domptés par Vaccoutumance au joug comme étaient les Perses? > Roll. « Vaccoutumance du mal (dans cette peste) avait tellement endurci les esprits et étouffé tout sentiment de compassion , que nonseulement on ne pleurait plus les morts, mais qu'on les laissait sans sépulture. » In. « L'estomac même reçoit la loi de la volonté , la nature l'ayant fait propre à se laisser plier par Vaccoutumance, » Boss. a II n'y a rien au monde de si fâcheux, que Vaccoutumance ne le rende supportable. 9 Desc. « La capacité de l'esprit s'étend et se resserre par Vaccoutumance. » P. R. € Peutêtre que VaccotUumance effaça à la fin tme partie de la laideur de cet esclave (isope). » Laf. « L'occoutumance nous rend tout familier. » In. « II. y a deux grands remèdes contre tous maux et adversités : Vaccoiutumance pour le vulgaire grossier, et la méditation pour les sages.... Les choses les plus fascheuses se rendent douces par Vaccoustumance, » Gharr. — Accoutumance est un mot précieux et indispensable, parce qu'il est le seul à marquer l'établissement de la disposition représentée par les autres, a Geluy me semble avoir très-bien conceu la force de la toustume qui premier forgea ce conte, qu'une femme de village, ayant apprins de caresser et de

porter entre ses bras un veau dez l'heure de si naissance , et continuant touiours i ce faire, gaigna cela par Vaccoustumanu, que , tout gr:ii bœuf qu'il estait , elle le portait encores. » iiivS- TAiGN . c La eoustume force les règles de n ture; tesmoîns ceux qui par auoustumanu a gaigné de se nourrir et vivre de poison, à'uc goées , formis , laizards , craoaux. » Chair.

Us ne se dit que dans le langage familier, et presque toujours ironiquement, qu'il soit sen.' ou suivi du mot coutumes. •■ Madame, me ditl: procureur, je ne sais point faire l'amour : je ce suis toujours tellement appliqué à ma profère: que cela m'a fait négliger d'apprendre les we: coutumes de la galanterie. » Las. « Chrysalde ^ admirateur enthousiaste du grand Ariste. savant les us et coutumes de la secte (philcv^lque ) , où chaque maître a toujours soo projiis: en titre d'office. » Lah.

Hids des parents rordinaire lenteur Fit que la belle, ayant fait dans son conr Cet hjménée, acheva le mystère Selon les lu de l'Ile de Gylhère. la.

George sans nez, mais non pas sans cmni^t, Venge à Tinstani l'honneiir de son fiiage; Et jurant Dieu, selon les nobles ut De ses Anglais , d*nn coup de cime terre Coupe à Denis ce que jadis saini Pierre, Certain jeudi , fit tomber à Malchus.

Voir.

Le digne Hébreu leur prêta plamment Deux mille écus à quarante pour cent, Selon les us de la race bénite. !»•

RAINE; — ANTIPATHIE; — ÉLOIGNEllE^T, AVERSION, DÉGOÛT. RÉPUGNANCE; -li*l VEILLANCE, INIMITIE, ANIMOSITÉ, RESSim MENT, RANCUNE. EUt OU mouvement déliât désagréablement alTectée et par suite mal (imposée ou indisposée contro la cause de to3 àplaisir.

Haine. «- Saine est le mot général, ie^ propre de la passion excitée dans l'àme coDirt>< qui la blesse ou lui fait peine, comme asMure^ le nom de la passion produite en nous par tt-i^ nous agrée. La haine est une véritable passif et non pas un simple sentiment; c'est poirr^ on l'éprouve rarement pour les choses et pr«^^ toujours pour les personnes, contre lesquw^ elle anime et soulève; c'est pourquoi eilenjs tourmente et apporte dans notre âme le irouw l'agiUtion et le désordre. « Quelle consoau que celle de la haine, c'est-à-dire d'une pa^:noire et violente qui déchire le cœur, qw -^ pand le trouble et la tristesse au dedi-J « nous-mêmes, et qui commence par nous paj^ et nous rendre malheureux! » Mass. Cicérca définit la haine une colère invétérée, et YcUi^» dit dans ce sens :

La colère d'Hérode, autrefoU peu daitUe,

Est enfin devenue une Atfin* implacable. ^ ^

L'idée commune aux mots de cet "^ '^1 s'exprimer par haine toutes les fois «l'»'* J^ d'une manière absolue , sans égard aur n . ^ particulières, toutes les fois qu'il s««»» ^ passion opposée à l'amour. ^^^^^^ ^ ..(ui.'i de la haine (Barth ). « La haine est m ^^ moins vive quand l'objet n'est p» ^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

yeui. » Lie. « L'envie est plus irréconciliable que la haine, » Laroch.

Antipathie, — Antipathie a cela de commun iTec sympathie et apathie , qui ont même radical, le çrfc icàOô;, souffrance, émotion , passion, qu il désigne quelque chose qui tient au tempe* rament. Vantipathie est une, haine fatale et non raisonnée , qui empêche tout rapi^rochement entre des natures, des humeurs ou des caractères incompatibles. « Combien de haines invétéré:s et depuis longtemps entretenues, qu'ils tn:t3nt d'antipathies naturelles et involontaires. • BoDRD. « Les hommes ont bien su mettre en œuvre cette antipathie invincible que la nature a établie entre un coq et un coq : ils ont cultivé cette haine innée avec tant d'art, que.... » BiTFP. € Vantipathie que l'on dit avoir L':c entre Jacob et Esaû dès le ventre de leur mère. « SciRR. c Souvent on conçoit de Tenvie et de l'inimitié par fantaisie, par antipathie. On ne sait pourquoi. » Boss. « Il ne parait pas qu'aucun animal fasse naturellement la guerre ii l'homme ni témoigne contre lui de ces» violerites antipathies qui semblent annoncer qu'une e:pèce est destinée par la nature à servir de pâture à l'autre. > J. J.

Tous les mots suivants, savoir, d'une part, éhignement, aversion , dégoût et répugnance, et, de l'autre, malteillanee, inxi(iitié, animalité^ ressentiment et rancune, se divisent en deux classes bien distinctes. En effet, d'abord, ils marquent une disposition fâcheuse ou défavorable de l'âme , les quatre premiers à l'égard des choses et des personnes indiCTéremment, et les cinq derniers 4 l'égard des personnes seules. Ensuite , considérés psychologiquement, ils expriment des phénomènes essentiellement divers, les uns des mourements de l'âme solitaires , immanents, intransftifs, de simples . sentiments en un mot, les autres des mouvements répulsifs , c'est-à-dire proprement des passions. Par les uns notre âme , active , sans doute , mais d'une activité qui ne dépasse point les bornes de la conscience , se contente de rentrer, de se replier en elle-même, de fuir , en se concentrant , la cause de son mal ; au lieu de tendre à l'écarter , elle tend à s'en écarter-, les autres, au contraire, impliquent l'idée de poursuite et d'hostilité ; par eux notre âme irritée sort d'elle-même et se porte à la rencontre des personnes qui l'ont blessée pour les repous.ser, leur nuire, en tirer vengeance, et les détruire même s'il est possible *. On peut éprouver pour une personne de Véloignement , de Yaxersion , du dégoût ou de la répugnance , et être fâché pourtant qu'il lui arrive aucun mal. Ce caractère, du reste . est en parfait accord avec

<. Cette distinction capitale se trouve très-neUemenl iniliqaéc dans le passage suivant des Dialogues de J. J. Rousseau. « La haine que les bons ont pour les méchanls est une haine de refugnance et ù'éloi" çnrment , d'horreur même et d'effroi, mai8^lon pas A'aai/Mosite : elle fuit son objet, en détourne les yeux, dédaigne de s'en occuper. Mais la haine contre Ji'an-Jacques est active, ardente, infaiigab'c ; loin de fuir son objet, elle le cherche avec emprcs* sèment pour en faire à son plaisir, if

le premier. Si les mots de la seconde classe ne se disent point en parlant des dispositions de l'âme â l'égard des choses , c'est qu'ils désignent des passions, et que, suivant une remarque de J. J. Rousseau, « on ne se passionne pas pour les êtres insensibles qui ne suivent que l'impulsion qu'on leur donne. » En troisième lieu , les phénomènes de la seconde classe étant des passions véritables , et supposant comme tels qu'on passe effectivement à l'action pour repousser la cause du mal et lui nuire, sont regardés comme étant plus imputables. On ne se reproche point d'éprouver pour une personne de Véloignement , de Va/cersion^ du dégoût ^ de la répugnance; on est coupable d'avoir pour elle de la malveillanee, de Vinimitié, de Vanimosité^ du ressentiment, de la rancune; car c'est lui désirer ou lui vouloir du mal et être prêt à saisir l'occasion de lui en faire.

Éloignemeni , aversion , — dégoût , repu* gnance.

De ces quatre mots le premier est évidemment le plus faible, et le second tout aussi évidemment le plus fort.

Véloignement est l'action de se tenir i l'écart pour échapper à ce qui cause de la peine, et avoir de Véloignement pour une personne ou une chose répond à l'expression latine alienusesse ab , être étranger ou indifférent à , éprouver le contraire d'une inclination. « Il ne faut pas s'étonner si quelquefois nous sentons pour les autres au premier abord de Véloignement ou de l'inclination. » Cono. « Dès qu'ils ne nous reviennent pas, et que nous en aifons je ne sais quel éloignementt on ne leur passe rien.sBouRU. «Il est d'autres plaisirs qui, n'ayant d'abord éprouvé de notre part que de Véloignement ou de l'indifférence , attendent pour se faire sentir que l'âme ait été suffisamment ébranlée par leur action. » D'Al. c Se tenir dans les bornes d'une réserve sage et modeste, sans froideur, sans éloignement, > Haru. « Dans sa froide politesse je voyais de Véloignement, » In.

Mais en fait de sentiments Vaversion est ce qu'il y a de plus prononcé , de plus énergique : elle est voisine de l'horreur et de l'indignation. «La comédie doit être l'objet de notre aversion et de notre horreur. » Nie. «Par aversion pour Fimbria, dont la scélératesse lui faisait horreur, Lucullus refusa d'entrer dans ce projet. » Roll. « Il est impossible que nous soyons préparés aux injures , tandis que nous en conservons une aver-^ sion et une horreur volontaire. » Bouro. « Je vous demande s'il est rien qui doive plus attirer notre aversion et notre indignation. » In.

Le dégoût et la répugnance n'ont rien de remarquable sous le rapport du degré. Mais ce qui les caractérise encore mieux, relativement â Véloignement et à Vaversion, c'est qu'ils sont pratiques , et non pas théoriques. On a de Véloi' gnement , de l'at^rsion , pour ce qu'on fuit , pour ce dont l'âme se détourne; on a du dégoût, de la répugnance pour ce dont on s'abstient , pour ce dont on n'use pas. Vous faites certaines choses , non pas avec éloignement ou aversion, mais avec dégoût ou répugnance. On a de Véloignement , de

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