DEUXIÈME PARTIE
Ce qu'il (le démon) ne peut de forée, Il rentrepreod de rusë. Cour.
« Les ftues de la mauTaise foi. » Baith.
Bien ruté qui pourra m'attraper sur ee point. Mol. — V artifice tient de la ruse et de Yart ; c'est une ruse préparée, arrangée, conduite méthodiquement, arie fada. On dresse un arti^ce (Mol.) et non pas une nue. « Vartiflce de l'éloquence. » Ric. c Les artificieuses fictions de l'éloquence. » Hoss. c Manœuvres artificieuses. » J. J. Ruse et rusé annoncent des ressources dans l'esprit, de l'invention; artifice et artificieux supposent de V habileté dans la disposition, dans la combinaison et la conduite des moyens : ils donnent moins l'idée d'un tour qi^e d'une intrigue, d'une machination.
C'est cet ambassadeur, c'est lui dont Vartijice Sous les pas des Romains creoaail un prècipioe. ♦ Voit.
s La rouille de l'envie, Yartifice des intrigues, le poison de la calomnie , l'assassinat de la satire déshonorent une profession ( celle des gens de lettres) qui par elle-même a quelque chose de divin. »Id. «Les artifices àe votre politique. »Pasc. «Les artifices d'une coquette.» Mohtbsq. • Octave 86 conduisit avec Cicéron en homme habile. U le flatta, le loua, le consulta, et employa tous ces artifices doift la vanité ne se défie jamais. > Ix>«
Aussi artifice est-il propre à enchérir sur ruse. m La renommée peint les Parisiennes frivoles, rxuées , artificieusps. » J. J. « Le riche , par mille ruses et mille artifices , s'est insensiblement pratiqué une infinité de moyens d'usurper. > Mon- TE8Q. « u avait été amené à leur point à force de ruses, d*artifices, de circonventions. » S. S. « Ce que Marcius et Atilius firent valoir surtout fut la nue et Vartifice avec lequel ils av&ient trompé Persée. » Roll. « Il faut bannir du commerce des hommes toutes sortes de nues et d'ar. tifiees , et proscrire cette habileté maligne qui se couvre et se pare du nom de prudence. > In. Astuce^ perfidie.
Vastuce est méchante et profondément dissimulée. Parmi les qualités précédentes , c'est à la politique qu'elle ressemble le plus. (Astuce vient d'dUrcv, ville, et politique de icôXi;, ville.) Mais elle se plaît à faire le mal; elle le médite sans cesse et y tend sournoisement par des voies cachées, c L'indigeste composition de tout le nouveau gouvernement fut due à l'ambition , à Vastuce et aux persévérantes adresses du duc de Koailles. » S. S. c Vous voulea qu'un hypocrite adroit qui ne marche à ses fins qu'à force de ruse et d'astuce aille éiourdiment se livrer à l'impétuosité de rindigualion contre tous les états, tous les partis? » a. J. • La mère de Thérèse faisait le bel esprit, voulait diriger le sien, et gâtait, par soû.Mttic^, la simplicité de notre commerce. » In. « Aller par astuce à des fins qu'on cache avec soin. » In. « Mon indignation de ravivée avec laquelle on Ta fait agir, sans qu'il s'en aperçût lui-même. » In.
Fin courlisiD , pliiin d'aMuce profonde»
Le moine, enûn, le plus moine du monde. Volt.
« Remarquez dans ce peu de lignes tous les moyens d'astuce sophislique qui soat les procédés i
ordinaires de la secte- que nous eombattoos, et qui doivent la rendre à jamais exécrable. « Ub. • Votre indignation s'est mêlée & la mieime s voyant Yastuee perfide avec laquelle le mioislèR a BU m'éloigner de Paris. » Bbadm.
Outre que la perfidie a rapport à des chois
i de plus grande conséquence , elle sjoute i Vii* tuée un degré de plus de noirceur on d'strcdti : elle implique un abus de confiance; elle frod pour victimes des personnes pleines de bonse ki
; qui comptent et ont le droit de compter qu'c sert bon pour elles , qu'on ne les trahira poitt.
> C'est une déloyauté, la vioUtioo de quelque cb»
i qui lie, comme une psirole donnée, an tsiu
conclu, un engagement, la parenté, les lieu ât
l'amitié ou de la reconnaissance. Voltaire ce
plusieurs perfidies rapportées dans la Bible, d
entre autres, celle de Moïse, qui emprunte fe
meubles des Egyptiens pour si'en aller, dit-il, &>
crifier dans le désert; celles d'Àod et de Jadiib
celles du patriarche Jacob envers son beaa-;err
et son firève ; celle de David envers le bonhoiD^
Uriah > et celle de Salomon qui fit wssua
son frère Adomas, après avoir juré de Uan-
server la vie.
Je pourrais des Françafs punir raBibanadeor,
Qui, m'osant ooto^er, à ma foi le eonûe.
Plus d'oa roi s'est vengé psr une perfiie. You.
oc Piles n'eut pas honte de romprs sa a^ tion. Les catholiques crièrent avec raiioa à !: perfidie. » Boss. « Colomb s'est dégradé par o:^ trahison; Cortex, par une perfidie plus soirée plus infâme encore; et c'est lui qu'ont flétzi^ fers dont il a chargé Montexuma. » HaiilCv perfidie aussi cruelle que lâche est celle desB^* mains envers les Carthaginois (Gond.). On lit promis aux ambassadeurs de ceux-ci qu'on ^ accorderait la liberté , leurs lois et leurs uns à condition qu'ils remettraient trois oeots c>U|^ et qu'ils feraient ce qui leur serait onloBoeia-' les consuls. Les otages ayant été livrés, et b armes ainsi que les machines de guerre apporù^ conformément à l'ordre des consuls, oa si^^ aux Carthaginois qu'ils eussent à sortir de ù: thage et que le sénat avait résolu de U detnui»
HABITANT , BODRGEOiS , CITOYEI- C« ^ servent i désigner un homme par l'eûdroit ott«* sa demeure : un habitant^ un bourgeois, vji(^; toyen, ou les hàbitaaUy les baurieoù, l0O toyens de telle ville. .
Habitant, qui haJtnte, qui occupe, tfp^ uniquement le lieu quel qu'il soit où oo re^d'ordinaire, viUe, village, château ou Pi^ Hour^eoir, de bourg , gros village ou 1*^^^; indique séjour dans une ville, et par oon«9"^ un rang intermédiaire entre celui du P*y*V^ celui du noble :-on cppose très-biea ^^^^ aux paysans ou aux gens de la c'^P**'^?!]^ « Les habitants de la campagne et les w«rP" de la Tille prirent les armes pour d«f«»'*'*^ temple. » Roll. Cttoyen, qui toit P*'??^^ cité, représente un membre d'une socieie « ^ On peut être habitant de la campagne ^^ bourgeois d'une ville; et citoyen d'un ^•**'j . ^^
Les habitants se considèrent sous le po^^ vue purement looal; les6oyrjeo«««tf»*P*^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
vne de la condition , les ettoyetu sous le point de vue politique. V habitant d'un pays y est domicilié; le bourgeois d'une yille y fait partie de la classe moyenne; le citoyen d'un pays ou d'une Tille y Jouit de certains droits ou est animé envers sa patrie de tels ou tels sentiments. Dans une ville assiégée, les habitants souffrent de la faim , les bourgeois , ainsi que les artisans, se joignent aux soldats pour défendre la place , les citoyens s'assemblent pour délibérer sur les intérêts communs ou se conduisent avec plus ou moÎQs de dévouement.
Les hommes sont habitants de la terre; les bourgeois sont de riches particuliers qui ont audessus d'eux les princes , les seigneurs , les hauts dignitaires, et au-dessous les ouvriers et les pauvres- les citoyens s'intéressent ou prennent part aux affaires du pays. « Sous Charles I" d'Angleterre, on logea des gens de guerre chez les bourgeois qui ne voulurent pas prêter.... Un nouveau parlement fut convoqué, mais c'était assembler des citoyens irrités. Ils ne songeaient qu'à rétablir les droits de la nation et du parlement. » Volt.
Habitant est général et comprend tous les hommes qui sont dans le même lieu, c L'effroyable circonvallation qae Tite ât autour de la ville de Jérusalem ne laissait plus d'espérance à ses habitants. » Boss. Bourgeois n'est applicable qu'à ceux qui ne sont ni au premier ni au dernier degré de l'échelle sociale, c Pour contenter les Parisiens , Louis XI appela dans son conseil six 6our9eot>, six conseillers du parlement, et six personnes de l'Université. » Boss. Pour être ci' ioyen , il faut n'être point esclave , ou étranger au pays, ou indifférent à ce qui le touche. « Nous avons vu les Juifs se répandre dans toute la Grèce et y jouir des mômes droits que les autres citoyens, comme ils faisaient dans Alexandrie et dans Anlioche. » Boss. « Citoyens et étrangers pouvaient prétendre à la couronna de Pologne. » Volt.
Par extension, bourgeois se dit d'un homme aisé, ayant l'amour du confortable, mais avec peu de générosité dans l'ftme, peu de patriotisme, selon la manière actuelle de parler. Eu ce sens, on l'oppose souvent à citoyen. « On sut plus mauvais gré à Cott>ert de la suppression de quelques rentes sur l'hôtel de ville et du décri des billets de l'épargne , qu'on ne fut sensible au bien général qu'il faisait. Il y avait plus de bourgeois que de citoyens. » Volt, c L*amour du bien publio est une chimère chez nous : nous ne sommes p^s des citoyens , nous ne sommes que des bour- 9^9, » Id. « Ne suis-je pas à présent moi-même un habitant de Paris?... Peut-être , au bout d'un *û, ne serais je plus qu'un bourgeois, si pour être digne de toi je ne gardais l'âme d'un homme libre et les mœurs d'un citoyen. » J. J.
HaBITOBE , GOLTUME , DSA6R , ACGOUTU- '^OS , l?S. Ces mots donnent l'idée de quelque ^^ose qui se fait d'ordinaire ou souvent, et à ^^oi la volonté est soumise comme à une loi.
Vhehitude a cela de tout particulier , qu'elle ^^ subjective, c'est-à-dire relative au sujet ou à ' ^e. Aussi dit-OB mieux Vhabitude , les habitu-
des d*une personne , de Tesprit, et la coutume ou Vusage , les coutumes ou les usages d'un peuple. En obéissant à Vhabituâf! , je cède à une impulsion naturelle, car Yhabilude, comme on dit, est une seconde nature; en obéissant à la coutume ou à Vutage, je défère à l'autorité et à l'opinion. Dans le premier cas , je suis un principe intérieur et personnel d'action : dans le second, je me conforme à un principe d'action extérieur et commun. La force de Yhabitude dépend de ma faiblesse , et me fait agir comme .j'ai toujours agi; la force de la coutume ou de Vusage dépend de la puissanoe de l'exemple , et me lait agir comme les autres, comme tout le monde. Aveo beaucoup d'ex^ire sur soi-même on triomphe de Vhahitude : « Priez pour obtenir le courage et la force qui vous manquent pour vaincre votre goût et votre longue habitude. » FiN. Avec beaucoup d'indépendance on résiste à la coutume : « Charles XII avait fait la guerre d'une manière nouvelle, il ne se laissait conduire en rien par la coutume. » Volt. — La psychologie traite des lùibitudes , et non des coulumes et des usages : elle recherche comment nous les contractons , et fait voir la manière de combattre même les plus invétérées , les plus enracinées , épithètes inapplicables aux coutumes et aux usages. — Les habitudes seules intéressent la morale, parce qu'elles se\|les ont de l'empire sur l'âme , dont elles restreignent la liberté. C'est l'office de l'histoire de signaler les toutumes et les wages.
On dit bien toutefois en parlant d'un homme, c'est sa eoufuine , et peut-être dit- on aussi , c'est son usctge de.... Mais alors même coutume et usage n'expriment pas , comme habitude , une inclination ou un penchant vers la chose dont il s'agit, c Qu'est-ce autre chose qu'une habitude, sinon une forte inclination?» Boss. Avoir Yhabitude du café ou du tabac, marque un besoin; avoir coutume d'en prendre , indique simplement le fait extérieur. On a Vhàbitude de faire ce qu'on est poussé à faire ; on a coutume de faire , et plutôt encore de souffrir , ce qu'on fait et ce qu'on souffre fréquemment, que ce soit ou non volontiers.
Tu peux avoir raisen; c'est contre la coutume.
Rbom.
c Personne n'est venu nous rendre visite, et nous avons été seules tout aujourd'hui.. .. Cela m'étonne ; car ce n'est guère notre coutume. » Mol.
Coutume et usa<;rs diffèrent aussi, même sensiblement.
La coutume est une manière d'agir très> générale, qu'on trouvé partout, comme une mode. Vusage est quelque chose de plus particulier', comme une pratique. C'est pourquoi on dira plutôt, la coutume simplement, et l'usage de quelque ehose, ou des usages. « On dit la coutume du pays , et les usages d'un corps. » D'Al. «La ville est partagée en diverses sociétés, qui ont leurs lois, leurs usages, leur jargon. L'homme que le hasard a porté au milieu d'eux se trouve là comme dans un pays lointain , dont il ne connaît ni la langue, ni les mœurs, ni la coiHume.»