DEUXIÈME PARTIE
rflme. 11 traits les gens d'une manière haute en même temps que gracieuse et aisée, loyalement, avec générosité. Dans le Bouryeoi* gentithomtM , Dorante apprend & M. Jourdain comment il doit se conduire pour agir en galant homme. < If. de Jonville était un honnête et galant homme , aimahld même à certains égards. » J. J. « Tous êtes galant homme ^ homme aimable, homme d'esprit, de bonnne famille; Hortense est jeune, belle, sage, d'une famille distinguée, et elle est aussi malheureuse qu'aimable » Dest. « Néron , ce tyran, ennemi de la raison, fut assez galant homme pour entendre raillerie sur ses vers. » Boxi.. « Mon médecin sait vivre; il n'est point charlatan : il traite la médecine en galant homme; enfin il m'amuse. > Siv. « Laubanie se conduisit en trèsgalant homme qu'il était, à l'égard de Charost (qu'il avait remplacé comme commandant à Calais) , avec toutes sortes d'égards et de respects , et se fit un point d'honneur de lui rendre justice, et de détruire les mauvaises impressions que le roi avait prises. » S. S. « Vhonnête homme et le galant homme sont les mêmes quant au fond; mais le dernier a quelque chose de plus agréable dans les manières ^ » Coxo.
Brave homme et bon homme , dans l'acception où ils se rencontrent ici avec les mots précédents , sont familiers, ce qui suffit pour les en séparer.
Mais hraf}e homme emporte une idée de louange , au lieu qu'il y a toujours dans l'expression de bon homme une légère teinte d*iror.ie. Cest par résolution et avec courage qu'on est brave homme; il y a à cela du mérite. « Je voulus laisser à l'aubergiste ma veste en gage. Ce brave homme la refusa, et me dit qu'il n'avait jamais dépouillé personne. ■ J. J. C'est par inclination naturelle, par facilité, quelquefois par débonnaireté ou bénignité , qu'on est bon homme. « Le roi d'Angleterre (Jacques II) est bon homme ^ et prend part à tous les plaisirs de Versailles. » Sév. « Hors d intérêt, d'Antin était bon homme ^ et aimait à faire plaisir. » S. S. « Cherry, presque aveugle quand il épousa cette petite veuve, le devint bientôt après tout à fait : il fUt doux , bon homme, s accommoda de4out, eut toutes sortes de complaisances, v lo.
!• HONNÊTE , CÏVIL , POLI ; — 2» AFFABLE , GRACIEUX \ — 8* COURTOIS. Ces mots expriment
4 . Quoi qu'en dise Beaaiée d'après Labmjère , VkabiU homme diflère extrêmement des divers personnages dont 11 est ici question. Sa qualité essentielle n'est pas la vertu, mais le trient ou la capadlé; il est propre, non pas à bien faire, moralement pwtant, mais à bien fiOre ce qu'il entreprend, ses affaires, à réussir. C'est un homme de rassouioe, quoique peotpêtre plein de vice ou de méchanceté. m J'ai assex bonne opinion de vous pour être persuadé que vous ferez encore plus de cas de ce qni peut former en vous Vhomme de hienj le bon citoyen, le vertueux magistrat, que de ce qui peut former le savant et VkabiU k&mme, » D'Ao. « Tout «ela (talent, dâsoemenent, oapacilé. lumières) ae trouvait dans Condé accompagné de ees vertus qui font l'omement de la soeiété civile et qui, par une alliance rare, joignaient le parfait hmtiuu homme kl'kabUe honume, » Roiiao.
tous des qualités relatives aux manières, qualitéi qui ont leur application , qui se déveioppeni an sein de la société , et nous établissent ane dos semblables dans de bons termes ou dm de boss rapports.
Entre honnête^ eivU et poK, d'une put^sdkble et gracieux, de l'autre, se trome ^tboni une grande différence. Qni est hoiui^, M n poli sait vivre, est homme de bomie compagnie: qui est affable ou gracieux doit pbis i sa oatoR qu'à l'usage , est aimé et recherché pour ses qnlités propres. Les «pialités signifiées par homék, civil et polt marquent une conformité à des règles qui déterminent comment on doit être dus la société pour y être bien ou comme il haU is qualité de l'homme affable ou gracûMs lui ^ particulière, et ne répond point à un genre de procédé commun et qui puisse s'apprendre. l'C honune bien élevé suit les règles de \lumi^de la civilité et de la poltlef^e/un honmebieD né se montre affable et gracieux. — Outre «h. honnête, civU et poli s'étendent à toute Iscobduite envers autrui : on dira bien , par eienple. faire à quelqu'un une réponse honnile. cirtIroB polie. Hais affable et gracieux ne se disent q» de l'air, quB de la manière dont on se oontn aux gens, de la mine qu'on leur fait. «Onert aujourd'hui civil, honnête, poli; on a des œs affàblet , gracieux , insinuants. » Boubd.
!• Honnête, civil, poli. Adjectift semntà qualifier un homme de bon ton, qui sait biensos monde , qui n'est point grossier.
Honnête, du latin honos, ornement, bentê d'où honeslum , ce qui est beau , bienséant. Ci est honnête par raison, par respect pour soi même et pour ce qui est bien; et Vhoniûtetitai' siste dans robservation des biensésnces, d'oà dépend la conservation des bonnes nKwn L'homme honnête ne néglige rien de ce qni e^^ dû à l'âge , au sexe , A Fétat et aux diverses sof«rioritéi établies par la nature. Vhonniieté^* partie de la morale sociale ainsi que la cbaiiii « Il vous est ordonné de ne pas blesser ta^ votre frère les règles de Yhonnéteié, et de te rendre tous les devoirs que la société nous iffpose les uns envers les autres. » Mass. • C'est b« action d'honnêteté et de charité, de ne point «• cuser son prochain quand il est encore en rie* Volt. « On peut , par honnêteté et par bie»séance, approuver généralement, et à certa» égards , ce qu'absolument on improuve. » Bo»
La civilité et la politesse constituent plutôt te convenances que des devoirs proprement dits : & y manquant , on pèche moins contre les bow» mœurs que contre les mœurs élégantes et distinguées.
Civil vient du latin eiviliSy de eivis, cfto!" Poli est opposé à rude. La ctctifte consistsàno^ conduire envers chacun selon son ^^^fiZ. gnité, sa condition dans la dté ou dans ffi»elle tient de la cérémonie et de l'étiquette, u poKrefte , qualité de l'homme qui a été éèf^ est plus exquise : elle ne se borne P^ * ** ^ naissance de certains termes et à l'obsemfioB certûnes pratiques , qui ne supposent pi« o*rJ •airement nnt excellente éducation: elIs s* ^
ISYNONTKS À RABICAUX DIVERS.
nefB&rqvMT psr un tttn' dimncnsnt des conr^ naiiccs , ptr une fin« et d6lioate attention à entrer dans iM dispesitiont et à s'accomiiioder aux shuaitions et aux désirs de ohaeiin. Ansn tmit-ao beaneoap à passer pour poU. « La ewilHé est un désir d'en recevoir et d'être estimé poU, » Laboch. • C'est par org:ueil quo-nous sommes potis rncHis noas sentons flattés d'avoir des maniera qui prouvent que nous ne sommes paa dans la baa> sesee. » MonrasQ^ c Les académies sont aux uni» versités ce que l'ftge mûr est à Pen&nce , ce que l'art de bien parler est à la grammaire , ce qne la poUteue est aux premières teçoos de la eivàué,* VotT.
Poiiteue dît fJus qne civiHlé, précisément parce que la poltfsffe est pins spéciale que la civilité. Elle regarde, non pas an rang, mais au mérite personnel; elle se fonda, non pas sur la considération, mais sur Testime; ce n'est pas une démonstration extérieure, générale et froide, mais un témoignage particulier des sentiments dont on est animé. La civilité peut être cérémonieuse OH fatigante; la politettCy fade ou fausse.
« Je donne à tout le monde un extérieur de etvilité. » Boss.
n faut bien que l'on rende
Qnèlqaes dehon ewiU qne l'iuage demande. Mol.
« Je la reçus avec toute la eivililé, mais avec toute la froideuQ possible. » S. S. Voilà bien la civilité. — Voici pour la poUtene^ qu'une fiamme de beaucoup d'esprit, au xvm* siècle, définissait amsî : « La politesse est dans un cœur sensible nae expression douce , vraie et volontaire du sentiment de Testime et de la bienveillance. » On dit une polilesce attentive (Mark.). « Fénelon mwwât une politesse qui , en embrassant tout, était toujours mesurée et proportionnée, en sorte qu'il semblait à chacun qu*eOe n'était que pour lHi« » S. S. « Louis XIV avait une poli teste de discoure qui trouvait toujours à placer ce qu'on aimait le plus à entendre. » Mass.
"VHonnétsté se pratique à l'égard de tous les membres de l'humanité. « Il est évident à tonte la terre qu'un bienfait est plus ^onn^lf qu'un outrage. V Volt. « Dans les règles de Vhtmniteté^ on ne publie jamais les lettres d'un homme sans sa permission. » Id. « Vhonnéteté nous oblige de ne pas refuser nos lumières à notre prochain pour le tirer d'une erreur où il est tombé. « Bon.. Bile nous oblige aussi à enseigner la route au voyageur qui s'égare. — La civilité nous prescrit comment nous devons agir extérieurement envers les membres de notre cité , suivant qu'ils appartiennent à telle ou telle classe , à tel ou tel rang , qui nous devons saluer et comment , à qui nous sommes tenus de rendre visite , quel titre , ou monsieur ou monseigneur , il &ut mettre dievant le nom de tel ou tel personnage, quelle personne nous devons honorer en nous levant & son approche, en l'accompagnant ou en la leeondnisant, en lui cédant le pas , etc. C'est un céiémonial qui difl&re de pays à pays. « Les législateurs de la Chine voulurent que les hommes se respectassent beaucoup ; que chacun sentit à tons les instants qu'il devait beaucoup aux autres ; qu'il n'y avait point de citoyen qui ne dépendit à
quelque -égard d*iin autre citoyen. Ils donnèrent donc aux règles de la civilité la plus grande étendue.... On vit les gens de village observer entre eux des cérémonies comme les gens d'une oondîtion relevée. » Mobtbsq. — La potifesie s'exerce entre membres de sociétés plus particulières ou dans les relations privées; et, comme la dviliié consiste surtout à saluer, la polteetxe s'exprime surtout par des compliments. Quelquefois elle demande qu'on se gèoe pour les autres, qu'on leur cède sa plaoe , quelque chose de ses droits ou de ses avantages , afin de leur témoigner de l'intérêt, de là bieaveilhince ou de Testxme.
Les règles de la poliUste ne sont pas naturelles comme celles de l'ftonn^eC^, ni fixes comme celles de la civilité; pour les connaître et savoir les appliquer, il faut avoir l'habitude du beau monde et l'esprit d'un homme de tact.
2« Affable, çraeieux. Mots significatifs d'une qualité sociale dont on est doué , dont on n'est point redevable à l'éducation, et en vertu de laquelle, loin d'être rébarbatif, on se montre favonblement , on fait bonne mine à ceux qu'on rencontre ou avec qui on entre en relation.
L'homme affahle (de fari ad, parler à) est acbessfble et bon. L'homme graciewt (de graft», agréable) est agréable et avenant. « Cyrus.se montrait donx et affable à ceux qui l'approchaient; et quand il faisait des présents^ c'éUit toujours avec un air gracieux et des manières obligeantes qui en relevaient infiniment le prix. ■» Boll.
L*a/fa&t^*f^part plutôt du cœur, et en marque une disposition contraire à la fierté et à la dureté. Caractère doux et affahlt (Acad.). ^VaffàbU lité, qui prend sa source dans l'humanité, n'est pas une de ces vertus superficielles qui ne résident que sur le visage; c'est un sentiment qui naît de la tendresse et de la bonté du cœur. > Mass. « Vit-on jamais , dans un rang si élevé , et avec tant de supériorité de génie, tant de bonté, et à*affabilité? » In. « Cette douceur pleine de charmes dont vous daignez tempérer la fierté des grands titres que vous portez , cette bonté toute obligeante, celte affabilité généreuse que vous faites paraître pour tout le monde. » Mol. « Enfant de saint Louis (le duc de Bourgogne) , imitez votre père : soyez comme lui doux , humain , accessible, affable , compatissant et libéral. » Fbk Mais la grdce s'arrête plutôt à la forme qu'elle représente comme riante et pleine d'attrait. Sourire gracieux (Acad.). « Manières gracieuses et insinuantes. » Boll. « Nous saluâmes le comte, et il nous fit de son côté une inclination de tête, accompagnée de regards si gracieux y que je me sentis d'abord gagner l'âme. » Les. « Théognis n'est pas hors de sa maison qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage, afin que ceux qui passent le trouvent déjà gracieux et leur souriant. » Labb. « Gracieux et payant de raison jusque dans ses refus. » S. S.
Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les
dieux :
Cet honneur a souvent de mortelles angoisses. Bediseors, espions, gens à l'air gracieux, Au ccBor tout différent, s'y rendent odieus, Uv.