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DEUXIÈME PARTIE

a La /«ont* suit les mauvaises actions. » Acad. Le déikonneur suit les mauvaises actions qui dégradent le plus dans l'opinion du monde , | savoir pour les hommes les lâchetés, et pour les feimnet tout ce qui est contraire é U pudicité. Ce qui est hotUeum est immoral , lût rougir; ce qui est déthonarant nous attire le mépris et Taversion.

C'est une houle de faire le mal^ quel qu'il soit, de se livrer à un vice quelconque, à la pansBe, à la gourmandise, par elbmple.

Le crime fait la honie , et non pas Téobstaud.

GOMI.

La houe Mtdans le crime, et non dans le soppUee.

Volt.

« Le 'monde , qui autorise tout ce qtti conduit au dérèglement, couvre toujours do honte le dérèglement lui-môme. » Hass. « En vain, pour cacher la hùnU des passions, le monde fait presque à rhomme de bien une honte de la vertu.... Quelle hcmie , lorsque ceux qui sont établis pour régler les passions de la multitude devieiment eux-mêmes les vils jouets de leurs passions propres I » Id. — Mais c'est un déshonneur de souffrir im affront, de ftnr dans U combat, de (aire quelque chose qui soit au-dessous de sa dignité , de son rang, de déroger; c'est un déthotmeur pour une femme, ainsi que peur son mari, d'être abusée. « Laisser impuni son âéskowmeur, c'est 7 consentir. » J. j;. « Il n'est à mes jwa qu'un Iftche que je tiendrais A déêhmmem d'avoir pour ami. » In. Suivant le vieil Horaca, son fils, qui a fui devant les trois Curiacet, a caisé le déshonneur de sa ftunille (Coav. ^ n'Ai.), c A la bataille de Bovines, il eût été aisé A Renaud, comte de Boulogne, de se sauver en fuyant; mais il aima mieux être pris que de recevoir un tel d^slionn««r. » Boss. « Thiriot s'imagine qu'il y a du déshmmewr à lui à être secrétaire de M. le duc de Richelieu dans son ambassade. » Volt. « Ces femmes perfides (infidèles à leurs maris), mettent l'efiEï^terie à la place de la franchise , et se vantent de leur déshonneur. » J. J. Amphitryon , convaincu qu'un imposteur a trompé sa femme , s'écrie :

Le déskomatur est sûr, mon malheur m'est visiMe.

Mol.

2* Infamie , tnrpiftide,— tjfnomims , opprobre. Grande honte ou grand déshonneur.

D'abord infamie et lurpt^ude diffèrent considérablement d't^nommte et d'oppro6fe. Les deux premiers mots sont actifii , les deux derniers passifs. Les infamies et les turpitudes d'une personne sont les actions infftmes ou honteuses qu'elle commet ; ses ignominies et ses opprobm sont les traitements ignominieux, outrageants, qu'elle reçoit : les infamies et les turpitudes de Tibère (Volt.), des dieux du paganisme (Marm.); les t^rnoimmcs et les opprobres de Jésus- Christ (BouBD. , Boss.) , c'est-à-dire les indignités qu'il a souffertes dans sa passion. « On se couvre soimême d'tn/'aitNe, parce qu'on lait tout ee qu'il fjsut pour se perdre de réputation ; on est couvert par les autres d't^omtiise , pavée qa'i\B font tout ce quils peuvent pour nous Avilir aux yeux du monde. Celui qui bit des

infamies couvre sa ftmlUe d%«MiiNîe. Aiaa, par infamie on entend toute actioa qù ped de réputation , et par i^noaiiaie tom a&aat qui tend à miner la réputatioii, à csvinr ie honte. On dit des «nfaintes,c'e8t4rdirsdeii&jures qui déshonorent plus celui qui les dît «tue celui qui les reçoit; on fait des tynesMMt, c'està-dire des affronts , que celui qui en est l'objet peut n'avonr pas mérités.» Cond. Thèaie^cnpii Hippolyte coupable d'un attentat iooestaeux. loi reproche son infamUe^ et se plaint de ïopfnkn qui en a rejailli sur lui-même. «J'aicourertasi adversaire du dernier ofitprobre en publiant le preuves de son infamie- > Bsaoii. On dêtestio: homme à cause de l'tnftfmie ou de la t»fM de sa conduite: dans ilistre, Zamore, rèteiti « mourir dans Vopprc^e et dans Vignmm > (Volt.), n'excite d'autre sentiment que ediiiil«li pitié. On dit une conduite, une actioa, imtiik infâme , des mesurs infâmes; et , un tnitawt un supplice «ynoimnieiis , une nort ^mvnteuse.

Infamie y turpitude. Grande honte on gnec déshonneur provenant de la maniète dostois conduit.

L'infamie, va négatif, et iama, wnoaaee. regarde la manière d'agir publique oo xé'SR aux autres; aussi l'infamie est-elle qaelqwi^ déclarée par la loL « Cette peine emporteèfa^ mie. » ACAU. « L'adulation publique vm l'infamie du crime public. » Vass. «Cenetpe me fcontem une faute à un jeune hoDOK, f d'épouser ime femme avancée en âge. MH^ e«t de se jouer de sa bienCaiUice par dst» tements indignes. > Làbr.. « Les fonnisKonst prodigué l'or, les manosnvres perfides et to»famies de toute espèce pour culbuter b p honnête homme qui ait jamais été à Utèlew finances. » D'Al. « Vinius fit avec m#w * pKmières armes sous Calvisius Sabiniiu»! ^ « Vous sentez que , rompant avec M. HiBt< après avoir découvert ses trahisons, je ncF"^ vais sans infcaaie accepter des bieafaiuqmat venaient par lui.» In. « Quoil l'amour «fj gh>ire, ce noble sentiment, pourrait dicter » l'âme des forfaits l II prendrait, pour s'hMjw la route de Vinfamie! » In. — Mais la ts»?»* de turpi*, laid, vilain, sale, hontenx, »nr porte, au contraire . A la vie privée, sbx ^. ^ Monsieur, chagrin de rdsive mutilitéwj lassait le roi, sonfrèra, s'en vengeiit Ç ^ turpitude et le {scandale de ses mœurs. » «^ c Xénocrate se mtt à parler sur U tempe»» et la sobriété, dont il fit valoir tons l»^ tages , en leur opposant la honte et 1» W*T des vices opposés à ces vertus. » R°""/^i turpitudes abominables (obscénités wp«*^ Tibère) ne sont guère dans la ^^-J^ J. J. Rousseau prétend que, dans ses W**^ < U a dit souvent Je mal dans ttwte s» «J*

tuds. » - En général, la t^i*^J^f^ tiens secrètes, dércAéesaui wgarAdsfw^ et c'est pour cela qu'on ditparticulièieBfln^ montrer (Righ.), découvrir (MASS.}tJ^ (Bouan.), dévoiler (Biami.) U **3J:,b quelqu'un ou àè qaélqaa ekose. «€«»»*

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

[len , Nonotte , qtelle est Vinfamie de tes pro- :édés ; tu fais d*abord...; et quand ta lâche turpitude est découverte ^ tu oset dire que le libraire est on coquin. > Volt.

Ignominie i opprobre. Grande honte ou grand déshonneur provenant de la manière dont on est traité.

Ignominie^ t^ominia-, in négatif ou privatif, et nonen, nom , sans nom , exprime un état, et se dit plutôt au singulier qu'au pluriel. Opprobre , opprobrium , opprobre , injure , de la même famûle qu*eaqnrobralio; reproche , indique un trait, ets'emploie au pluriel de préférence pour dési- (^er des injures , des dérisions , des rebuffades , qui ont pour effet d'attirer le mépris. Jésus-Christ mourut dans rtyiiointme et rassasié d'opprobres- J. J. Rousseau se représente « plongé dans un ab&Be d't^nomtAte, et sans dédommagement des opprobre* que lui font essuyer ses persécuteurs. » L'Académie dit avec raison : Chargé d'opprobref et d'tpnomtnte. > C'est parce que opprobre signifie quelque chose de particulier , de concret , qu'il se dit en parlant d^une personne qui est pour d'autres un sT:get de grande honte : « On regardait Suzanne comme Topprobre d'Israël. » Mass. •* D'autre part, à ignominie s'attache une idée d'abaissement , et à opprobre une idée de mortification. Dans Y ignominie on est bien ravalé , on voit son nom terni , on perd de sa noblesse ou de sa dignité ; le mot dHgnominie fait presque toujours penser à un état antérieur ou opposé d'élévation. «.Vous dépouillez Jésus- Christ de ce vêtement de gloire pour le revêtir encore d'une robe de pourpre et d'ignominie. » Mass. c La mort que Jésus-Christ endure encore sur l'autel par les mains du pécheur sacrilège est un mystère tout d'ignominie pour lui : rien n'y relève sa grandeur et sa majesté. » In. a' La honte et les malheurs vont succéder ici-bas à la gloire des succès de l'impie : on le verra peut-être traîner une vieillesse triste et déshonorée; il finira par Vignominie. » In. « Jamais homme n'a eu tant d'éclat que Jésus-Christ ; jamais homme n'a eu plus d^ignominie, » Pasc. « Le cardinal dt Rohan voulut bien se charger de Vignominie du sacre de l'abbé Dubois. » Haeii. « Les censeurs exclurent Cornélius Rufinusdu sénat.... Sa famille se ressentit longtemps de cette ignominie, et ne s'en releva pairfaitement qu'en la personne de Sylla. > Roll. « L'épée de l'officier qui avait rendu la place , fut rompue , ignominie inutile pour les officiers français. > Volt. De ce honteux repos fayons Vignominie.

(Henri IV i Mornai dans la Henriade). lo.

Vais on est blessé d'un opprobre , comme d'une injure f comme d'un coup, on en souffre. «La religion n'offre d'abord que les opprobres et les souffrances de la croix. » IIass. « Telles avaient été les amertumes et les opprobres qui avaient secomptgné les passions et les désordres de- la pécheresse. » In. « Jérémie avait à souffrir mille indignités, et il disait : U livrera sa joue aux ^Qps, il sera rassasié d'opprobrei. » Boss. « De ^ les maux delà vie humaine , Vopprobre et les affronts sont les seuls auxquels l'honnête homme ^'«st point préparé. » J, J. c Les injures et les

opprobres sont beaucoup plus sensibles que les louanges et les applaudissements. » Mal. < Il n'y a point de duretés, point de mauvais traitements , point d'opprobres que les créanciers ne fissent souffrir aux débiteurs. » Roll.

HTDROPOTE. ABSTÉSIE. Buveur d*eatt ; )ui ne fait pas usage de vin.

Deux mots fort peu usités. Bydropole n'a jamais paru dans le Dictionnaire de FAcadémie , et àbstème n'y a été admis que depuis 1762. L'un est pris du grec OdponôtYic , c'est-à-dire qui boit de l'eau , et l'autre reproduit exactement le latin obilemtuf , c'e8t-&*dire qui s'abstient de vin.

En consiéquence de cette diversité d'origine, hydropote est un terme scientifique qui ne saurait trouver place ailleurs que dans le langage de la médecine et des médecins. Gui -Patin écrivait à un antre médecin : c Je ne sais pas pour* quoi vous me tenez pour un hydropote; je bois un peu de vin, mais le plus sobrement quMl m'est possible. » Abstème convient mieux dans le style de la théologie et dans celui de la jurisprudence , et il répugne moins à passer dans la langue commune. « La nécessité de communier sous les deux espèces reçoit (suivant les ministres calvinistes) des exceptions fondées sur des nécessites absolues, telles que celle des abstèmes^ qui ne peuvent boire de vin. » Boss. La loi romaine ordonnait aux femmes d'être aJbstèmes. « Quiconque a vécu jusqu'à vingt ans sans goûter de liqueurs fermentées ne peut plus s'y accoutumer ; nous serions tous abstém^r , si l'on ne nous eût donné du vin daps nos jeunes ans. » J. J.

HYPOCRITE , DÉ VOT , BÉAT, BIGOT, CAGOT, CAFARD, TARTUFE. Tous ces mots se disent d'un homme qui abuse de la religion , qui est pieux en apparence seulement.

Hypocrite est le plus général de tous. Vhypoerite a de Vhypoerisie , et l'/iypocrifte est le nom du vice conunun au dévot^ au béat^ au bigote au eagot^ au cafard et au tartufe. Seul du style noble, hypocrite y du grec Oicoxpcnfjc, comédien, qui joue la comédie, qui met un masque , est aussi le seul dont la signification ne soit pas bornée au point de vue religieux : l'affectation de la piété n'est qu'une espèce d'hypocrisie, c Quand je parle de Vhypoerisie, ne pensez pas que je la borne à cette espèce particulière qui consiste dans l'abus de la piété, et qui fait les faux dévots.... J'appelle hypocrite quiconque, sous de spécieuses apparences , a le secret de cacher les désordres d'une vie criminelle. » Bouad. Il y a donc des hypçcrites en tout genre de sentiments honnêtes ou de vertus , comme il y a des hypocrites de religion. Larochefoucauld a dit , par exemple : « II y a dans les afflictions diverses sortes d'hypocrisie : dans l'une , sous prétexte de pleurer la perte d'une personne qui nous est chère, nous nous pleurons nous-mêmes, nous pleurons la diminution de notre bien.... Il y a une autre hypocrisie qui n'est pas si innocente , parce qu'elle impose à tout le monde; c'est l'afQiction de certaines personnes qui aspirent à la gloire d'une belle et immortelle douleur. » Et ailleurs : < L'Hypocnsis est un hommage que la vice rend à U vertu. »

•fc*«r:

DEUXIÈUE PARTIE :

Dévot , qui a de la dévotion , qui est dévoué au service de Dieu , qui fait profession de piété , ne s'emploie dans l'acception d'hypocrite que quand on parle d*une manière équivoque et détournée. A la différence de tous ses synonymes , qui par eux-mêmes expriment de faux dévots , d^ot ne se prend pas toujours et essentiellement en mauvaise . part. « On se persuade dans le monde que toutes les personnes dévotes tendent à leurs fins... ; jusquelà que ce qui devrait être un éloge est devenu, par la plus triste décadence , un reproche ; et que le terme d'homme dévot j de femme dévote. qui dans sa propre signification exprime ce <iu'il y a dans le christianisme de plus respectable , porte présentement avec soi conmie une tache qui en obscurcit tout Téclat et le ternit. » Bourd. « Ceux que saint Paul appelle les parfaits sont les mômes que saint Clément a appelés les gnostiques , et que nous appelions naturellement les dévotf f avant que ce mot eût été tourné en ridicule. » Boss. c La cabale des dévots a fait supprimer VEneyclopédie. » Yolt. « Je me suis trouvé à Paris un objet de persécution pour les dévots, 9 lo.

Moi dévote/ qui moi? m'écriat-Je i mon tour. L'esprit blessé d'un terme employé d'ordinaire Lorsque d'un hjpœrite on parle avec détour....

DisB.

Le héat est on hypocrite qui a un air de b^qtitude ou Tair d'un saint , d'un homme tout confit en dévotion , qui semble jouir d'une sorte de vision héati^ue et de félicité céleste. Béat est le seul de ces mots qui soit relatif au degré du sentiment dont tous expriment l'affectation, et le seul qui peigne surtout l'air. Bossuet appelle la mystique Mme Guyon une fausse béiafe. «Visions dont tant de saints personnages ont été favorisés ou tourmentés, que tant d'imbéciles ont cru avoir , et avec lesquelles tant de fripons et de friponnes ont attrapé le monde , pour se faire une réputation de héats ou de héatts. » Volt. « Parlez un peu à M. d'Argental des saintes calonmies du héat Rousseau. » Id. « Tu as un air de héat, tu feras fort bien l'inquisiteur. » Les. c L'abbé de Saint- Aignan parut un parfait séminariste. Jamais rien de si gauche , de si plat , de si héaJt, Je proposai de lui donner un maître à danser , pour lui apprendre au moins à Caire la révérence et à entrer dans une chambre. » S. S.

Par ce mot (de vertu), expliquons-nous, de grAce , Je n'entends point l'extatique grimace D*un faux béat, qui, le front vers les cieuz, Aux chérubins fait partout les doux yeux; Et presque sûr d'être le saint qu'il joue , Ne parle i Dieu qu'en lui faisant la moue.

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