DEUXIÈME PARTIE
comme fait, étant relative à la durée, on dit bien l'âge, le temps des \llusi(mt; et la chimère, comme objet, ayant du rapport à Tespace, on pourra dire, avec J. J. , s*enfoncer dans le pays des chimères,
A cause de son caractère de subjectivité , Villusion est propre à marquer quelquefois un état de l'Ame , celui dans lequel elle se trouve quand les objets lui en imposent, ou qu'elle s'en impose sur les objets : on est , on tombe dans Villusion. Le mot chimère y par la raison contraire, ne comprend point cette acception.
Enfin , quoique nous soyons toujours le but auquel aboutit l'action qn*ill%uion signifie, nous en sommes aussi très- souvent les auteurs, ou du moins ce mot emporte presque toujours une sorte de participation , une demi-volonté de nous laisser tromper : nous nous abandonnons à Villusion , et comme nous ne nous complaisons guère que dans ce qui est agréable , il arrive de lA que les illusions sont presque toujours douces. Ces deux traits manquent également A la chimère.
ILLUSTRE, CÉLÈBRE, FAMEUX, RENOMlifÉ.
Termes relatifs A l'opinion des hommes sur les personnes ou sur les choses.
Illustre, in luce «frafuf, placé ou mis en lu-' mière , se distingue nettement des trois autres , en ce qu'il marque une réputation ou une estime indépendante des discours des hommes. Ce qui est illustre ne fait pas de bruit , mais il jette de l'éclat. Une personne illustre y ou d'une naissance, d'une race , d'un sang illustre , ou qui exerce un illustre emploi, peut ne point faire parler d'elle , c'est-A-dire n*ètre ni célèbre , ni fameuse, ni renommée; mais elle brille, elle est émioente, elle est dans les grandeurs ou dans les honneurs. Quoiqu'un roi n'ait fait aucun bruit dans le monde , il peut être encore , par la sainteté de sa vie, un illustre modèle. La chute d'un gfand est une preuve illustre de l'inconstance de la fortune. ^ D*un autre côté, une personne ou une chose célèbre , fameuse ou renommée n'est illustre qu'autant et en tant qu'elle brille ou qu'on peut y attacher une idée de grandeur : une place de guerre ou de commerce pourra être célèbre , fameuse ou renommée; mais on ne dira ja> mais qu'elle est illustre. -^ Un orateur illustre , nnillustre guerrier sont considérés comme jetant un vif éclat, comme environnés de gloire ou d'honneur. Un règne illustre est un règne glorieux; un emploi illustre (Mass.) est très-honorable, a Narsès fut donné au règne de Justinien pour le rendre illustre. » Moutesq. c Après les jTamilles sacerdotales, «celles qu'on estimait les plus illustres (en Egypte) étaient les familles destinées aux armes. » Boss. « Réglez les conditions par la naissance. Mettez au premier rang ceux qui ont une noblesse plus ancienne et plus éclatante. Ceux qui auront le mérite et l'autorité des emplois seront assez contents de venir après ces anciennes et illustres familles. » FAn . s S'il avait prévu combien son dictionnaire serait recherché, il l'aurait rendu encore plus utile, en retranchant les noms obscurs , et en y ajoutant plus de noms illustres, » Yolt. « Quoique la noblesse de râne soit moins illustre , elle est tout aussi
bonne , tout aussi ancienne que celle du cbevil t Bopp.
Célèbre et fameux se touchent de près \ c'est ce I dont il est parlé d'ordinaire dans les discours des hommes, soit en bien, soit en mal, mais plulÂt en bien. i
Célèbre, de eeléberj celébrare^ qui signifie&t qu'on va souvent en un lieu, c'est ce dont on parle beaucoup ou souvent. Fameux, plein it renommée {fama) , c'est ce dontoti parle partoii dans le monde.
La réputation de ce qui est célèbre est moiis étendue, et il semble qu'il en soit plutôt questioii dans les livres ou dans l«s discours des personne instruites et éclairées. Une célèbre uniTersitê (ACAD.); des sectes (Pasc.), des prédicttesR (BouBD.), des docteurs (Boss.), des théologies (FÉN.) , des auteurs (Roll.) , des philosophes (13. célèbres. « Démosthène a effacé tout ce qu'il y i eu d'orateurs célèbres dans tous les siècles* BoiL. € L'école de Pythagore devint la plûsc^!^ bre qui eût encore été. » Roll. « Les douze invaux d'Hercule si c^iébref dans la Fable. >I& « Philon était un Juif d'Alexandrie, de la n» sacerdotale , et des plus illustres familles de tenu la ville. Il se rendit aussi très-c^iebre dans !» lettres humaines et dans la philosophie. > Id. >i^' traducteur nous promet plus d'exactitude que Li interprètes les plus célèbres de nos jours. > Boss. « Pierre Ronsard, célèbre par ses poésies. «lu « Pierre de La Ramée , professeur cél&ire. >Ii).- Ce qui est fameux est connu de tout le monde.?' il en est plutôt question dans le commun ou das: le peuple qui en a entendu parler par traditio: a La seconde guerre punique est si famtWyZ;^ tout le monde la sait. » Montesq. « De f(t»f^ conquérants. » Acad. , Boss. , Roll. « LegoKejît Lépante, contrée déjA fameuse par la ïaixà d'Actium. » Boss. c Luther et Calvin, ces /fliwu: hérésiarques. * Botran. a Le fameux et b2ri;>ar; Attila. » iD. « La robe de Vénus éUit nouée pc: cette fameuse ceinture sur laquelle paraissent^ Grâces. » FéN. « Horadin Barberousse, /<um« pirate. » Conu. « La fameuse tour de Babel» Volt. < Annibal , ^ fameux capitaine. « Boa « Marcius devint le plus fameux des Romains. < In. « L'oracle d'Apollon A Delphes , le plus^ffl»* de tous. » In. — « L'univers peuplé de puiaaî* rois , de fameux législateurs , de célèbres phiiosi)phes. » In.
D^ plus, célèbre est relatif et déterminé, f«meux absolu et vague; c'est-A-dire qu'awcii premier, mieux qu'avec le second, on mar^ les causes de la réputation et les circonstances de temps ou de lieu où elle se produit. < Ul.^ est un des rois qui ont renversé la fameustTif^ Son nom fût célèbre dans toute la Grèce etdaas toute l'Asie par sa valeur dans les conhats. <• plus encore par sa sagesse dans les conseii*' Fiv. « Un peu après on doit mettre la fondaiia de Tyr , que la navigation et ses colonies reu'i*^ si célèbre. Dans la suite, on trouve les /"««a* combats d'Hercule. 9 Boss.
Enfin , fameux se prend plus ordinaireœ«nt ea mauvaise part. « Madeleine , cette pénitent* *^" core plus célèbre par son changement. qu*dJ«û*
SYNO.NYMCS A RADICAUX DIVERS.
se rendit fameuge par son dê8<»dre. 9 Bodrd. | L'tmope est opposée à l'original. «L'injure faite t L'histoire des empereurs romains Dût plus sou- | à Y image nUmhe sur l'original. » Boss. a Vous Tent mention des pantomimes fameux que des , savez que c'est une vanité qui n'est pas permise orateurs céUbres. » Roll. « Les remarques de j d*oser offrir son porlredt; mais vous avez craint
l'abbé d'Olivet déplurent surtout à un satirique (rabbè Desfontaines) plus fameux que célèbre , et plus caustique que juste. » D'Al.
Illustre^ eél^e et fameux^ adjectifs purs, a* priment des qualités complètes , établies dans le sujet. Renommé, qui n'est qu'un participe, désigne une qualité inachevée , qui est en train de se former, et comme un commencement de renommée. C'est une sorte de vogue fondée sur le succès ou le goût public , et en vertu de laquelle la
peut-être que ce ne fût une trop grande faveur de la demander; votre but était d'avoir une image^ et non d'enorgueillir l'original. » J. J.
La figure ne consiste que dans la forme, la silhouette, le contour, le dessin, l'attitude , à la différence du porfrati , qui reproduit la personne irait pour trait, et surtout quant aux traité du visage , à la physionomie. « Je voudrais faire voir aux jeunes filles la noble simplicité qui paraît dans les statues et dans les autres figures qui
chose ou la personne est simplement citée avec nous restent des femmes grecques et romaines; éloge parmi celles de son espèce. Renommé mar- elles y verraient combien des cheveux noués néque donc une qualité limitée, locale et compara- gligemment par derrière, et des draperies pleines
live. s L'école d'Isocrate était pour lors à Athènes la plus renommée, » Roll. c Un des plus renomfnés capitaines de son temps. » Boss. « L'amiral
et flottantes à longs plis, sont agréables etmajestueuses. » Féh. < Je voudrais pouvoir vous envoyer le profil que vous me demandez.... Au
de Coligny était alors le chef le plus rejiomm^des reste, je prends peu d'intérêt à ma figure. « J. J.' protestants. » Volt. « Ce peuple (juif) ne fut re- Le portrait doit se distinguer par la ressemnommé pour aucun art , pour aucune manufac- ; blance. Aussi ne se borne-t-il pas A une simple turc. *lD. { délinéation. C'est une peinture, ou comme une
Renomma dit moins que fameux, t Qui des pré- 1 peinture, quelque chose d'achevé qui tend à faire très si renommas de TÊg/pte pourrait-on compa- i connaître le caractère même de la personne. «On rer au fameux Pilpay ? » Fén. Il est même plus aime à voir les portraits et lea caractères des per^ faible que célèbre, « Cicéron, déjà fort renommé sonnes illustres. > Boss. « Les peuples considèreparmi les avocats de Borne, ne rougit point de 1 ront avidement vos portraits et vos médailles; prendre encore des leçons du célèbre Molon. » | ils diront : Cet homme , dont vous regardez la HoLL. at Le P. Gamier, jésuite, qui a laissé tant ' peinture, a parlé à son maître avec force et avec de disciples après lui, est célèbre parmi les sa- ; irberté*. » Labr.
vants. Dieu conserve encore dans le même ordre . Quant à effigie ^ latin effigies^ il n'apparun écmain (le P. Deschamps) aussi renommé i tient pas, ce semble, au langage commun. C'est dans sa compagnie qu'estimé au dehors. 1 Boss, • une expression consacrée pour désigner la reprè- Un ariisan peut être renommé : «Salomon appela < sentation d'un prince sur la monnaie qu'il fait
pour ce; beaux ouvrages les ouvriers les plus tct^ nommis. s Boss.
Enfin , renomma s'applique A diE^ ^choses de
battre, ou sa figure faite en cire après sa mort; au bien c'est un terme de palais qui signifie un tableau où le condamné qui est en fuite est repré-
peu de valeur, dont on ne peut faire que peu , sente subissant la peine prononcée contre lui. de cas. « L3s Grecs et les Romains employaient . « On imprima aux métaux des marques pour les (pour guérir Tamour) des herbes .^MS racines t distinguer et les autoriser. De là sont venues les Vagnvs castus a été fort renomfft^.'» Volt. « Ces premières empreintes des monnaies, les noms fossés produisent d'excellentes caipea; qui sont , des monétaires et Yeffigie des princes.» Roll. T.e renommées par toute la Franc/e. » Regn. «,0n ; connétable de Montmorency étant mort de la sait combien le miel d'Hybla était renomma cb^z : blessure qu'il avait reçue à la bataille de Saintles anciens. » Roll. « Les haras du lieu noimmé 1 Denis, « oh porta son effigie^n cire, comme ^isée étaient les plus renomma, et c'était de l&ri'^elle des rois, à Notre-Dame. » Volt, t On préqa'était fournie l'écurie du roi. 9 ix>. .: | pare les funéraille^du roi; je crois que vendredi
IHAGE, FIGURE, PORTRAIT ; ^ EFFIGIE. Re- prochaiR Veffigie sera mise en public ; cette céréprésentation. ^ 'jj^onie se fera aux Tuileries pour empêcher que
V image peut être naturelle : les images des 1 tout le monde ne vienne au Louvre. » Halb.
« Richelieu établit une chambre de justice , où
1. Image ei portrait, en parlicalier, se prennent dans une acception figurée pour une sorte de description oratoire ou poétique. Mais Vimage sert à décrire des choses ou des faits, et le portrau a pour
objets se font voir dans les eaux , dan$ les glaces ;
elles se peinent au fond de l'œil; elles pénètrent
p&r l'intermédiaire des sens dans l'esprit , où elles
se conservent plus ou moins longtemps. La figure
est toujours faite de main d'homme, et c'est la ^
copie d'une personne ou d'une chose; des ^ures \ ôbj^êt do peindra des^p^^^
de plantes, d'animaux; faire imprimer un livre , au moral. « La descripUon de la tempête au premier
STec des figures. Le portrait est une œuvre de | hvrc de V Enéide n*esi point une ampliflcatioo ; c'est
l'art comme la figure, mais c'est toujours la res- "ne image vrai« de ce qui arrive dan* une tempête. »
Volt, n Saint Augustin a Tait le portrait et le caractère de ce genre de pécheurs. > Bovrd. — Q:ie si portrait se dit aussi dans le sens à'image, il s'en dis-
semblance d'une personne, et ce n'est jamais l'imitation d'une chose : faire faire son portrait.
Lorsque les trois mots signifient des représentations d'hommes, ils ne diffèrent pas tant, mais ^ diffèrent néanmoins.
tingue alcfrs en ce qu'il marque quelque cliose de moins vif et de moins frappant, mais de plus travaillé et de plus fini.
raUXIEUE PARTIE :
totti les partiâans dur 1& mèrt «t du firèn du roi sont condamnés.... On. voit chaque jour des poteaux chargés de F^f/ipte des hommes ou des femmes qui STaient ou soi? i ou cooseiiié Gasion et la reine. • Yolt.
Voilà tout ce qu'il y aurait à dlro sur ce mot, si on s'en rapportait aui dictionnairet, et particulièrement à oelui de TAcadémie. Hais Ils ne donneut à cet égard que des renseignements in< complets. Effigie a été employé hors des phrases précédentes par d'excellents écrivaios , qui , vu son origine et sa physionomie latines, lui ont fait exprimer, en fait d*image, ce quHl y a de plus abstrait et de plus grand. « raccorderai au divin Platon qiie la matière n'existe pas réellement, que les objets extérieurs ne sont que des effigies idéales de la faculté créatrice. » Bu7F. « Qui ne sesait étonné d'entendre dire à un Cicéron : Verres a bien osé eolever dans le temple de Cérés une statue de cette déesse» telle que ceux qui la regardaient croyaient voir ou lad^sse elle-même ou son effigie tombée du ciel? » Boss. « Que le caractère et Tamour du beau soient empreints par la nature au fond de mon âme , j'aurai ma règle.... liais comment m'assurer de conserver toujours dans sa pureté cette effigie intérieure qui n'a point, parmi les êtres sensibles, de modèle auquel ou puisse la comparer?» J. S. «Dans le temple des chrétiens est une image de celle qu'ils adorent.... II s'agit d'enlerer de là cette effigie. » In. — Voltaire , Harmontel et J. B. Rousseau se sont servis de ce mot ironiquement et par forme de plaisanterie*, mais cela ne l'empêche pas d'avoir en général le sens relevé qui vient d'être établi par des exemples. « Vous aurez , je crois , ma maigre effigie que tous demandez pour l'Académie et pour tous.» Volt, dl fautait que VM)é Desfontaines se souvint de cette inscription pour, mettre au bas de son effigie. » In. « J'ai plaidé la cause du peintre de l'hôtel de ville. Vous le connaissez, ce Cammas si laid, si bête, qui tous les ans barbouille au Capitole les effigies des nouveaux capitouls. » Maru.
A ce sujet il faut que je rapperte L'exemple aniiquc ou moderne, il n'importe, D'un Pbrygien riche et bien emphimé, Mais de son temps le Tou le plus pommé. Plug d'un Caloi, fameux dans la Phrjgie, S'est égayé sur sa plaie fjjflgie,. J. B. Rouss.
IMAGINAIRE, GHISIÈRIQUE, FANTASTIQUE.
Qui n'existe qu'en idée.
hMLginaire fait considérer les choses sous le point de Tue logique ou spéculatif : c'est plus particulièrement ce qui n'a rien de Trai , ce qui est feint ou controuvé. « La peur est un mouvement de l'âme qui s'ébranle ou qui cède en vue d'un péril vrai ou imagifiaire, » JvAbr. « Ce lynx imaginaire n'a d'autre rapport avec le vrai que celui du nom. » Buff. « Ceux qui ont perdu un bras sentent de la douleur dans leur bras imaginaire, » Kal. a Ces choses ne sont point seulement imaginaires y elles sont réelles; et nous ne nous trompons point de croire qu'elles ont une existence réelle et indépendante. » In. « Ils sont entêtés de toutes oes entités imaginaires, » Id. « Ils veulent que nous entendions par vertu na- ^
gnélique une corUiiie qulilé «mofîMîrt pv laquelle Faimant attire le fer. » P. R. Q&MDtnie est un animal tmogftiMii'rf (Bott.). «Lasistniiomes inventaient tous les jours des etrelMtmginoires t eC créaient on anéaatissaieDt en ciel oa deux do cristal A la moindre difficulté. «Voit. • L'abbé de Saint-Pierre croyait avoir per(iecUaiD« la république de Platon et le gonvememeDliaoginair0 de Sidente. > In. « Platon réduisit câte phttosephie en système dans sa UépMqw impàiatre. » In. < Ce n'est point un système tma^:noire et métaphysique que Newton ait tlcbé de rendre probable par des raisons spéciesses. « b. c Je ne pouTsis former sur ce sujet que des coajectures Tagues et presque ima^naires.^ 1 1 Les espaces imo^tnatres ne sont point ea «Set, ce sont de pures fictions.
Chimérique a rapport à la pratique : c'est plu particulièrement ce qui est vain, ce quin'anea de solide , ce sur quoi il ne faut faire auGon food, ce à quoi il n** faut attacher aucune espénooe. ft Je n'estime pas que l'homme aoit capable da former un projet plus Tain et plus ckimér^[u que de prétendre.... » Labk. !« Nous chfflMB nos ennuis présents par l'espoir d'un aveaircftimérique, s Mass. a Former des désirs cJ^iiiim' ques de parrenir à de grandes places. » Id. Daas l'enfanoe, « on conçoit des espérances cM»^ques qui préparent des mécomptes infiais poai toute la Tte. > Pân. c II y a Ueu d'espérer que es secours ne seront pas chimériques 'et inotila.» Mal. c La politique ne se repait que d'espén&ces chimériques, tant que..,. » Cown. « Law dissolvait la monarchie par ses chimériques reœboorsements. » Hontesq. c Je formai le chiréri^ projet d'accorder ces philosophes. » J. J. « Bit» chimériques, et qui n'ont pas ptos. de réaliié qu'un songe.» Roll. a Catherine de MédicissTiii des prétentions sur le Portugal presque tosi chimériques que celles du pape. ■ Volt. -* ^T* des gens à qui tout ce qui est grand partît cMmérique..,. Si je leur disais que Sophie n'tttpoiai un être imaginaire , que son nom seul est de nflc iuTention , que son éducation, ses mœurs, fi figure même ont réellement existé....» i.f-«^* bouleTersait la France en poussant les actioos&< sa banque jusqu'à une valeur chimériqvit ^^^) joignant des compagnies de commerce ima§is»res. » Volt.
Funtoslt^ue annonce quelque chose de fav^ que, fie capricieux, d'incohérent, de ba»»*: d'hétéroclite : c'est plus parlicuhàremeat ce (pu est l'œuvre de la fantaisie , ce qui est con$B»|* bitrairemeni , au gré d'une imagination sansregK et sans frein. « De peur que , substituant à h «• rite des choses des figures bisarres et fe»»^' qtifs, £mtle ne perde la connaissance des propcr* tions et le goût des beautés de la nature. > '-^ «Charles IX, après la Saint-Darthélemy, «P des morts et du sang dans les conTulsioBS dv esprit trouWé. Ces Tisions faniastiques sonttitffréquentes dans tes fièvres chaudes. » V»"' *> y a plus d'imagination dans les contes des »»» (que dans les fables d'Bsope); «Mis oes Jitf«^' tions fantastiques ^ dépourrues d'ordre et de wb sens, ne peuTent être estimées. » to. «1>«**"^
SYNONYMES À HADICAUX DIVERS.
iKiètres ont été assez extraragants poar ima^ aer.... Plus d'un philosophe a vouln se mertire à la place de Dieu...; mais bientôt toutes ces folies de la philosophie sont réprouvées des sages : et même ces édifices fantattiques , détroits par là raison» laissent dans lours raines des matériatn dont la raison même fait usage. » In. « Pour ptsser du monstrueux ^nfaMastique, le dérèglement de l'imagination n*a eu que la barrière des convenances à franchir.... C'est Tassemblage des genres les plus éloignés et des formes les plus disparates.... On voit dans le fantastique nne palme terminée en tète de cheval , nne tête de vieillard qui a pour barbe des feuilles d'acanthe.... Cest tout ce que le délire d'un malade lui foit voir de plus bizarre. » Mabic. « Le fhntattique n'est sup* portable que dans un moment de folie, s In. — >
Là f celle nuii , Zopirc à ses ûïcxxr/antasti^ues Offre un encens frirole et des vœux chùnèriques.
Volt.
OirTEIt. CONTREFAIRE, COPIER. Travailler à ressembler ou à faire^ quelque chose de semblable.
Imiter se prend en bonne part, et exprime une ressemblance plus ou moins approchante; contrefaire se prend en mauvaise part; copier marque une ressemblance complète, une simple transcription.
On imite (latin imitarC^ un modèle, c'est-à-dire quelque chose d'exemplaire y de beau ou de bon , eu lâchant de faire aussi bien ou même mieux ; on concrffatt des choses mauvaises, ou on eonfrefait mal, hors de propos, ou par tromperie, fraude ou dérision. « Il est aussi aisé de otmirefaire le mauvais style que difficile limiter le bon. » Lab. « ^ous ne voulons pas tmiter Dieu dans les choses où il se propose poux modèle , nous entreprenons de le contrefaire dans celles' où il veut être unique et inimitable (dans son indépendance). » Boss. « Le démon sait imiter, ou , pour mieux dire, contrefaire^ les mouvements divins. > Id. c Voiture affecta ce style , ou pour faire sa cour à Balzac en Yimitant , on pour se moquer de lui en le contrefaisant, » Boue. «Des historiens contrefont Tsftite tous les jours, et pensent le valoir en imitant ses défauts. » In. Imiter une écriture ou un ouvrage, n'annonce rien qu'un effort louable; contrefaire une écriture ou Vil ouvrage, est un délit. On tmtfe quelqu'un en cherchant à égaler ses qualités; on contrefait quelqu'un en représentant ses défauts d'une manière exagérée pour le ridiculiser.
On copte en rendant la chose ou la personne absolument telle qu'elle est, sans y rien changer, au lieu que Vimitation n'exclut pas l'indépendance et l'originalité. Le peintre tmtre la nature, le daguerréotype la copie, « Ce prédicateur tmtfe V. d'Agen sans le copier. » SÉv. » Ces accompagnements sont bien imités sans être copiés. « J. S, • Imiter un écrivain, ce n'est pas le traduire, le copier servilement; c'est se pénétrer de sa peojée et la rendre avec liberté , se former sur immodMe svec lequel on se sent quelque analogie. » Vark. c Si l'orîgiAaMtè d'un écrivain tient au fond , le pastiche qu'on en fera ne sera
jamais ressemblant : il aura des imiiakvn; ttai^ 1 1» manière des coqs
il n'aura point de copistes, a Id. « A l'époque d» la renaissance, on imitm servilement les aaciéns.... On s'imagina qt^Ua avaient tout fait, et qu'il ne restait plus qu'à les entendre et qu'à les copier. * Coud. «On a £aH de grands efforts pcRir tmiter ei copier exactement la nature. » BDPt. • Les antmavr de la même espèce doivent se copvef tous, fiire tous les mêmes choses et de la même façon, s'tmâlar, en un mot, beaucoup plus parfaitement que les hommes ne peuvent s'tmtfer les uns les autres. > In. « Tous les fidèles serviteurs de Dien ont imité quelques traits du Sanvettr des Ames. Saint Pierre Nolasque a cetta grâce particulière de l'avoir fidèlement copié dans le caractère par lequel il est établi notre Rédempteur *. • Boss.
ItfM.^NQOiUiLE , INFAILLIBUB. Qui sans ancnn ^doute arrivera on aura son effet : succès tm«MMquahle (Roll. , J. 1. , S. &) ou infaillible (Acan., Maru: , S. S.), moyen immanquable (Bouao., P. A.) ou infaillible (Bourd., Roll., S. S.); cela est imma^iquàble (Volt.), cela* est infailUble
yS. ÎJ.J.
Ce qui est immanquable ne peut mas^quer; ce qui est infaillible ne peut tromper (/bllm, tremper), fmmattqifahla regarde la réalité, l'être; et infaillible, la vérité, la science. Ce qui est immanquable est certain ; nous sommes certains de ce qui est infaillible. Le succès iwirnosiquàMe aura lieu , suivant la nature des choses, en soi; le succès infaillibie ne démentira pas nos coiqeotures , notre opinion ou notre attente.
ImmanqtiaHe est objectif, sans rapport à nous, à notre manière de voir le» choses, à nos idées ou à nos assertion». « Le scandale de la croix es% le principe général , mais immanquable, de tous les désordres particuliers de la vie. > Bonne. « Les désastres de Jérusalem ont été les tristes , mais tmmonquaMes effets de son opiniâtre résistance à la voix du cieL » In. « 9i les Carthaginois avaient empêché ce trajet, et qu'ils se fussent rendus maîtres de Hessine, ce qui en était une suite immanquabie, peut-être que les Romains n'auraient jamais pu passer en Sicile. » Roll. Infaillibie y au contraire, est subjectif, c'est-à-dire relatif à ce que nous pensons ou à ce que nous disons. Voilà pourquoi on dit bien des espérances (Boaan.) et des promesses (Mass.) tnfaiUibles, mais non pas tmmafupidhleff. L'épithète àHnfaiUibles convient aussi mieux que celle d'ifiimanquahler à des remèdes et à des recettes , car ce sont choses à la vertu desquelles nous croyons ou nous demandons qu'on croie, c Cette réflexion seule pourrait être le remède infaillible et souverain de nos maux. > Booia.
« 4 . Le verbe singer diffère considérablement des trois antres , par cela seal qn*il est Aunilier. Il a été adopté en dépit de Laharp* qni le pros eiirit avec une colère eomique ei mal fondée. « Singrr, pour comité' faire, est, dit-il, un terme de l'argot moderne. Ce terme n*a jamais été français , et, s'il pouvait l'être , U ne pourrait signifier» suivant les règles de l'analogie , quejaire des singes ^ comme ehieniter et ehatter signifient yaire des chtiis et des chiens. » Singer, c'est agir i la manière des singes, comme oôfoeter c'est agir i
< Gardez bien votre baume tranquille, c'est un un manque ou une faiblesse, n'est pu comme il remède inpmllible, 9 Siv. « Le médecin lui dit faut, n'a pas la force ou les qualités qu'il deTiait qu'il avait un remède dont le succès était prompt avoir. Les gens de bien ont aussi leurs i«i»erfee-
et infaillible. » Roll.
Une chose est immanqttable , et on la tient ou . imperfections des gens de bien deTndent tous
on la donne pour infaillible. « Il me vient un artifice. Oh I pour celui-ci» il est immanquable.,.^ Votre réponse m'inspire un dessein dont je tiens la réussite infaillible. » (Grispia dans la Tontine), Les. On regarde souvent cowne infaillible ce qui au fond n'est rien moins qu'mnumqua&fo ou ce que l'événement démontre n'être pas tmmanquable. On dit immanquable d'un succès, d'un moyen, d'un effet, d'un secours, considéré en lui-même. « Le plus sûr moyen pour persuader est de savoir faire usage des passions dont le 'succès est presque toujours immanquable. » Roll. c Pour nous détacher de ces biens , le moyen sûr et immanquable est de nous en dé-''^ tromper. « Bourd. Mais on dit infaillible d'un succès, d'un moyen , d'un effet, d'un secours auquel on a foi , sur lequel on compte. « Albéroni, satisfait de tant de grandes dispositions dont il croyait le succès infaillible ^ disait en s'applaudissant.... » S. S. « le prétends qu'un des moyens les plus puissants, les plus ir^aillibles pour..., c'est....» Bourd.
Par conséquent, immanquable renchérit sur infaillible : il annonce une certitude plus grande, une certitude absolue , indépendante de nous et de nos manières de voir. « On n'osera plus parler des infailliblei et immanquables moyens par lesquels Jésus-Christ assure l'accomplissement de cette grande parole : Tout ce que mon père «me donne vient à moi. » Boss.
Même différonce entre tmmanquab^ment et infailliblement. Vous guérirez immanquablement marque la certitude de votre guérison; vous guérirez infailliblement marque la certitude de ma croyance ou de la v6tre , de mon assertion ou de votre espoir. Vous dites , cela arrivera tmmanquablement , conune qui dirait, cela arrivera avec certitude ; et , infailliblement cela arrivera , comme qui dirait, certainement cela arrivera. Ce qui arrivera immanquablement ne manquera pas d'arriver , arrivera sûrement; ce qui infaillible-
tions; tous les hommes ont des âéfauu. 1 Les
trouver plus indulgents ; car eux seuls tou épargnent, cachent vos rices, adoucissent tos défauts^ excusent vos fautes. » Mass. - En s^ cond lieu , imperfection a plus de rapport à ii théorie, et défaut à la pratique : on comult ses imperfections , connaître exprime une ution tout idéale; mais on corrige ses défauts, o^tsn insupportable à cause de ses défauU, il s'agit ici de pratique et de conunerce avec nos semblabks. c L'homme veut être parfait, et il se voit plé d'imperfectione; il veut être l'objet de ïtms et de l'estime des hommes , et il roit que ses défauts ne méritent que leur aversion et kv mépris. » Pasc. « On se pique d'oraison sublime, et cependant on ne connaît pas ses imptrfec^ les plus grossières.... On est rempli de iifvu qu'on ne peut espérer de corriger sans le secous de Toraison commune. » Bourd. Sans tnfMrffftion, les choses ou les personnes sont adoiiiblés, exemplaires; sans défaut, elles onttonlH les qualités qu'on pouvait leur donner et qa'ella doivent avoir conformément à leur usage > ilec destination , au service qu'on en attend. Ls imper/ectûme déparent ; les défavOs diminoeatli valeur, le mérite, l'utilité.
Quant au fiice , il se distingue aisément. C'est quelque chose d'intérieur, un principe denil qui est au fond des choses , qui en gite oa a déprave toute la masse, et qui est par conséqneti difficile à détruire. Dans le jri»ntftrope,Pti)' linte dit à Alceste :
Oui , je vois ces défauit , dont votre âme manorc, Gomme vices unis i l'humaine nature. Mo.
« La haine des hommes ne serait pas un #■<' mais une dépravation de la nature , et le pic grand de tous les %>ius. » J. J. « Les efforts il* utiles de tant d'auteurs nous ont fait suppose que le défaut de ces poèmes (les opétas) était peut-être un vice irréparable. > Va0v. tOoelgi» beautés de détail firent excuser, dans cette tnièdie , et le vice du plan et les défayU de ratcution. > D'Al. On dit plutôt les défaieU de 1»
ment arrivera , nous aurons eu raison d'y croire ^
ou dV compter. « Si ma foi n'est pas le principe | prit, et les vicef du cœur, parce que l'esprit «i de ma justification, elle sera immanquablem^fU j un instrument plus ou moins commode ou oosle sujet de ma réprobation. » Bourd. « Je suis venable, et ^ue le cœur peut être sain ou cor; assuré que Dieu, qui est fidèle, me donnera infailliblement des secours proportionnés à ce qu'il me commande. » lo.
IMPERFECTION, DÉFAUT, (PAOTB, DÉFECTUO- SITÉ), VICE. (BIDICULE); Ces mou désignent quelque chose de répréhensible , qui empêche n'être bien.
VimperfetAion diffère d'abord du ^faut^ en ce qu'elle se trouve dans des choses ou des personnes très-bonnes du reste , au lieu que le d/-
rompu. « Louis le Débonnaire était un prince qo avait toutes sortes de défauts dans l'esprit, vtt peu de vices dans le cœur. » Montesq. < Césir avait tant de grandes qualités, sans pas un d^ faut , quoiqu'il eût bien des m'eef , qu'il eût été bien difficile que , quelque armée qu'il edt co0* mandée , il n'eût été vainqueur '. > lo.
4. Labrayère a comparé, ainsi que Moniesqiù«» par rapport i l'esprit humain seulement le ^/^^ le viee^ auxquels il a Joint le ridicule. li dit : /W
faut peut se trouver dans ce qu'il y a de plus ;;j, ,7ii«-;^iT^„e déJiiTaâ'^ commun ;. les imperfections d'un diamant, les ^.^„ ^^ ^^ tempérSent; le ridiaUe, Aim^f^ défauU d un outil. Ce qui est imparfait n'est pas ^'esprit. » Or, la définiaon du wV» est e»cte : le *• fini, achevé, accompli, laisse quelque chose à gudans le césar» qui est la partie de l'âoe Ii ?^ désirer pour être un modèle; ce qui est défec- ! intime et la seule qu'on conçoit comme po«^\f[
trouve . conserver pure ou se pervertir. Mais le défiait»
tueux est en défaut , défaille , languit , éprouve
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
i défavi se rapportent faute et défectuosité, dont la racine est la même, fallere, faillir, manquer. Ces trois mots signifient une mauvaise qualité dans des choses ordinaires, usuelles, et qui n. e tient pas au fond de cet choses , à leur natBire.
La fouie est le défaut de quelqu'un qui faut , q^ ni {ait l'action de faillir. On fait des fautes , on a des défauts; des fautes arrivent, échappent , et (l<s défauts sont « Je fais encore bien des fautes , j*ai mcore bien des défauU, » Dodiff. < Colbert &t de grandes fautes; il eut des défauts. » D*Àl. «^ Sophie , restée estimable jusque dans le crime , s«ra d'autant plus fidèle, plus soigneuse et moins fiére; elle n'aura commis one faute que pour se grnérir d'un défaut. » J. J. « L'occasion s'offrit d'indiquer quelques-unes de ses grandes qualités: il se hâta de relever ses défauts. Nous voulilmes lui parler de ses succès; il nous parla de ses fautes, » Babtb. « Nos ennemis croient que nous avons commis des fautes que nous n'avons point commises, ou nous attribuent des défauts que nous n'avons pas. » Nie. « Ne craignez point de parler des fautes qui vous auront échappé devant l'enfant , et des défauts qui sont visibles en vous. > Féfi. — Toutefois, les fautes se considèrent bien aussi objectivement, dans les choses, auquel cas elles ressemblent le plus aux défauts. Mais ce ne sont que des défauts partiels ou accidentels. « Mme de Sévigné a écrit qu'on se dégoûterait de Racine comme du café ; mais il ne faut pas toujours attribuer à un défaut de goût une /aute de goût. > Suaro. Outre cela, faute garde toujours un certain rapport à l'auteur : non-seulement un livre fautif est moins généralement mauvais qu'un livre défectueua^ mais encore il rappelle le tort , l'inhabileté ou la négligence de celui qui Ta composé.
La défectuosité n'est qu'une espèce de défaut , quelque chose qui tient du défaut, un petit défont. « Le ridicule charge et grossit les défauts des hommes ; il contente peu l'esprit d'un philosophe, plus touché de la peinture d'une seule vertu que de toutes ces petites défeetuoeiiés dont les esprits faibles sont si avides. > Vauv. « Il n'y a aucuns microscopes dans les verres desquels il n'y ait quelques taches, quelques bulles, quel* quea fils, et d'autres défectuosités qu'il faut connaître exactement. » Buff. « Dans la Henriade , les défectuosités sont légères et en petit nombre.» Ub. c Ce qui est trop fréquent dans l'auteur (Voltaire), c'est un certain degré d'inattention ^, dans ce qu'il a de plus soigné, laisse toujours quelques défectuosités qu'on aurait fait dis-
point ira viee de tempérament, c'est tout ce qui nous nianqne de droit, de juste, de régulier, de normal, d'où rétolte quelque iaconvénient pour nous on pour lei mires. La méchanoelé, par exemple, est un née, et U soUise un défaut. Quant au ridicule, c'est le eineière social du défaut , comme l'odieux est celui ^ vice, c La tragédie nous oflte les malheurs prodoili par les vices des hommes, la comédie les ridi- ««/Msuachés à leurs défauts. » D'Al. ^ Le ne», le défaut ti le ridicule rendent répréhensible , le piee tox ycQs de la morale , le défaut aux yeux de la fai- •00, et le ridicule aux yeux au monde.
paraître sans peine. » In. Défectuosité considérable (ACAD.)est une contradiction dans les termes. — La défectuosité peut être aussi un défaut ea puissance , qui ne se développe que plus tard. La défectuosité d'un principe (Boss.). « Les influences de la nourriture pourront produire dans les par^ ties organiques (du cheval) des germes de détecr tuosités , qui se manifesteront ensuite dans la seconde génération , où la progéniture a non-seulement ses propres défauts , c'estrà-dire ceux qui lui viennent de son accroissement , mais encore les vices qui lui viennent de la seconde souche. • Buff. — Ou bien enfin la dé fectuosité esi un dé' faut extérieur , superficiel , peu profond , une petite difformité. < Avoir une défectuosité dans la taille. » ÂCAO. « Le bec-ouvert (un oiseau) a une de ces singularités ou défectuosités que nous avons déjà ' reîoarquées sur un petit nombre d'êtres.... Le nem de bec-ouvert marque cette difformité. » Buff. « On a pu désirer des rédactions de la morale plus parfaites, des méthodes plus exactes; mais il est faux qu'on ait jamais attribué ces défectuosités de composition à l'instabilité de la morale. » Lab.
IMPÉRIEUX, ABSOLU. Qui aime à ordonner»
à faire la loi , à exercer sur les autres beaucoup de pouvoir.
L'homme impérieux tient plus aux apparences, a le goût de la domination, prétend qu'on lui cède , qu'on plie devant lui : on dit des manières trop «mp^rteuses et trop dominantes (Booan.), un homme altier et impérieux (Boss., Yolt. , RoLL., CoRD.), hautain et impérieux (Boll.), une femme impérietue et vaine (Marm.), une autorité superbe et impérieuse (Boss.). « Dieu venant à la création de l'homme tient un nouveau langage. Ce n'est plus cette parole impérieuse et • dominante ; c'est une parole douce. » In. « Panir phile ne s'entretient pas avec les gens qu'il rencontre , si l'on en croit sa gravité et l'élévation de sa voix, il les reçoit, leur donne audience, les congédie : il a des termes tout à la fois civils et hautains, une honnêteté impérieuse et qu'il emploie sans discernement. > Labb. « Si j'avais le ton moins impérieux que mon père , je l'avais tout aussi résolu. » J. J.
L'accueil impérieux d'une cour arrogante. Volt. Mais l'homme absolu tient plus à la réalité, à l'obéissance effective , exige que ses volontés soient suivies à la rigueur : on dit des résolutions absolues et sans réplique (Boprd.) , une volonté absolue et irrésistible (Mark.). « Lesdiguières était absolu dans sa famille : il voulut si fermement ce mariage , qu'il fallut bien que Créquy y consentit, s S. S. « Mailly, mis dans l'Ëglisa malgré lui par un père et une mère violents et absolus dans leur famille, fît de nécessité vertn. » lo. « Antiope pleura ne voulant point y aller; mais il fallut exécuter l'ordre absolu de son père. » FÉv.
Contre un père absolu que veux-tu que je fpssef
Mol*
Impérieux s'emploie plutôt en parlant de la forme , de l'air , des manières , du ton , du langage , et absolu en parlant du fond , des volontés suivies d'un homme. L'un dénote de l'orgueil ,
BEUMÈME PARTIE
de la fierté , quelque chose qui éclate avec plus de vivacité, qui est plus pressant et choque davantage ; l'autre dénote de la ténacité, de la roideur , de Tinflexibilité dans le caractère.
L'homme absolu est plus redoutable : on ne lui échappe point en éludant ou par une déférence passagère ; il faut à son égard prendre son parti , ou se révolter ouvertement ou se résigner avec docilité. Par conséquent absolu fenciférit sur impérieux : la dictature chez les Romains avait une autorité impérieuse et absolue (Roll.) ; besoin impérieux (Acad.), nécessité absolue (Mol. , J. J.); ^^ motif est impérieux ^ le devoir est absolu. L'homme impérieux ou ce qui est impérieux l'est de fait, par accident, par accès, il se montre tel , il lui arrive d'être tel ; l'homme absolu ou ce qui est absolu Test absolument , en soi , essentiellement , constamment.
En général , la f^mme est plutôt impérieuse , jalouse de commander; l'homme est plutôt odsolu^ il veut gouverner. Quand le contraire a lieu dans un ménage , c'est un véritable renversement. Dans les Femmes savantes^ on rit de Chrysale , qui se permet quelquefois d'être impé* rieux , tandis que Philaminte est absolue :
C'est elle qui gouverne; et, d'on ton absolu ^
Elle dicte pour loi ce qu'elle a résolu. Mol.
Agir ou parler impérieisseiàent^ c'est faire sentir son pouvoir, traiter les gens avec hauteur; vouloir absolument une ohose, c'est la vouloir d'une manière ferme , déterminée , en despote.
Du reste , impérieux est d'une application plus étendue. Il sert à qualifier non-seulement tout ee par quoi on affecte de l'empire, comme la voix , le regard , l'accueil , etc. , mais encore , au moins dans le style poétique, des choses aux- * quelles on peut attribuer flguréxnent on certain air de domination.
La Loire est done une rivière
Arrosant un pays favorisé des cieux,
Douce quand il lui plaît , quand il lui platt si fière
Qu'à peine arréte-t-on son cours impériaux. Lav. Voltaire dit des Anglais , dans la Uenriade :
Leur flotte impérieuse, asser vissant Neptune,
Des bouts de Tunirers appelle la fortune. Absolu ne convient qu'à l'égard de la volonté et de ce qui s'y rapporte directement ou en émane : pouvoir absolu , ordres absolus.
IMPERTINENT, INSOLENT. Qui se porte à des hardiesses contraires aux bienséances, aux égards, au respect.
Impertinent regarde plutôt le sujet qui est assez osé, assez impudent pour se permettre telle chose : il ne lui appartient pas [non periinei) de parler ou d'agir ainsi. « C'est un bon impertinent que votre Molière , avec ses comédies ; et je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins ! c'est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine! > Mol. « Paix, impertinent que vous êtes; ne savez-vous pas bien que l'astrologie est une affaire d'État , et qu'il ne faut point toucher à cette corde-là? Vous vous émancipez trop. » In.
Voua êtes, ma mie,, une fille suivante.
Un peu trop forte en gueule, cl fort impertinente g
Voua vous mêlez sur tout de dire votre avis.
(Mme Femelle i Dorfne dans le Tartn/è). b.
n vous sied bien d'avoit Vimperûmnes De refuser un mari de na maift 1 fou.
Insolent, de tii loiere, n'avoir pas eontame. qui fait ou dit des choses inaccoutumées, inooia. ou peut-être de in sali/re , sauter dessus, e'est^dire insultant , se rapporte davantage à U personne qui est l'objet de l'attaque, qui reçoit rinsulte. c II voit un brutal qui de psrol&siit^ lentes maltraitait une bergère. » Mol. « Aux yem de Darius le courage des Athéniens De panit qu'une insolence^ et leur victoire, une nowelle injure à punir. » Cohd. « Spartaeus s'opposùt ii« tout son pouvoir à ces excès (des esclaves): mais tout était inutile auprès de ces âmes bisa, dont le succès et la victoire nourrissaient ïiwlence^ et qui goûtaient avec avidité le plm* inhumain de se venger. » Roll.
Ne vous aouvlent-il pas, monsieur, bien Deiieiuii Qu'il est venu tantôt certain ncrcu normand, Et certaine baronne , avec un grand lonraUe Et â«e Mirs insoUms chez vous vous Oûre iasQltt.*