DEUXIÈME PARTIE
de prétendus esprits forts, qui raisonnent contre elle , qui ont besoin d*^tre éclairés et réfutés : c Les maximes de Virréligion et de Vincrédulité. » Mass. L'tmpt> traite mal la divinité , entreprend contre elle , la brave , la blasphème , méprise son culte; c'est un sacrilé;^e, un ennemi de Dieu, c'est le contcmptor divûm de Virgile; il s'agit de le réprimer, de le punir. « Avez-vous repris Virréligion jusque dans les moindres mots par lesquels on voudrait Tinsinuer? avez-vous fait sentir votre sincère Indignation contre Vimpiété? » Féff. « On se rappelle combien tous les gouvernements de la Grèce étaient ennemis de Virréligion , et que les deux ou trois sophistes qui manifestèrent une opinion contraire à l'existence des dieux n'évitèrent le supplice que par un exil volontaire. Les Romains ne supposèrent pas que l'on pût nier l'existence de la divinité , puisque, en ordonnant des peines capitales contre le sacrilège et Vimpiété, ils na firent aucune mention de Tathéisme. » Lah. c Platon ne pouvait tolérer Virréligion, On s'en aperçoit au commencement de son dixième livre des Lois, où il se propose de convaincre Vimpiété comme absurde, avant de la condamner comme criminelle. > Id. — Du reste, quoique d'ordinaire Vimpiété soit la suite de l'aveuglement ou du dérèglement de l'esprit par rapport à Dieu , il se peut que l'tmpte croie , ait de Dieu une opinion convenable, c'est-à-dire qu'il ne soit ni irréligieux ni incrédule, « Vimpie est un Airieux qui ne pouvant arriver à Virréligion , ni éteindre les terreurs de sa conscience, éteint en lui toute pudeur et toute décence ; qui sacrifie son Dieu , sa conscience , son salut , à ta déplorable vanité de paraître incrédule, i Mass. « Ils ne sont impies que par ostentation , et souvent ils inspirent aux autres Vincrédulité à laquelle ils n'ont pu encore parvenir eux-mêmes. » Id.
Virréligion est un système général d'tfi«r/dttlité, VincrédtUe manque de foi et dispute sur certains points de sa religion qu'il n'a pas encore abandonnée , fait difficulté de croire à telles ou telles particularités de la révélation, par exemple , ou aux mystères : Virréligieux n'admet pas de religion ou de culte et quelquefois même pas de Dieu : il est déiste ou athée. Ordinairement Vincrédulité mène à Virréligion. c La curiosité a conduit peu à peu cet inerédvUe au libertinage et à rtff^ii^ton. » Mass. — D'ailleurs, l'incrédule élève simplement des doutes ; il a de la peine à croire : Virréligieux rejette hardiment; on professe Virréligion, L'tncr^duhï/ est timide (FÉif.), et Virréligion impudente (lo.). On peut être incrédule pour soi , auquel cas on est à plaindre (Pasc.), on gémit tout le premier de son état (Boss.); on n'est guère irréligieux sans prosélytisme.
IMPOLI. GROSSIER, RUSTIQUE. Qui pèche sous le rapport des manières.
Impoli regarde toujours les manières envers les autres, les procédés dont on use à leur égard. Grossier et nutique ont une signification plus étendue, et se disent bien des manières d'une personne considérée relativement à elle-même» indépendamment des autres. « Socrate (pour l'ha.
billement) tenait un juste milieu eotre ce -<ui pouvait passer pour grossièreté et rusticité, et ee qui pouvait sentir le faste et la mollesse. • Fis. c La Grèce communiqua son goût pour la délicatesse des ouvrages de l'art à ce peaple (romain) qui, jusque-là, avait été grossier et ruiliçKcsar cet article. » Roll.
Lorsque les trois mots sont pris dans l'acception particulière d'tmpoli , expriment un défaut social , impoli est plus faible que les deux autres. Il se rapporte plutôt à la forme qu'au fond, il marque quelque chose d'extérieur plutôt qu'on vice de caractère; c'est pourquoi d'Aleml)erti dit de lui-même qu'il ne lui arrivait jamais d être tmpoh', parce qu'il n'était ni grossier ni dar. D'ailleurs, Vimpoli n'a qu'un défaut négatif, il est incivil, il n'a pas de belles manières, iUe sait pas vivre, il ne plaît pas; au lieu que!: grossier et le rwtique sont positivemeat désagréables, ont des manières choquantes ou ça. ofi'enscnt.
Quant à grossier et à rustique, ils ne di^rait pas moins l'un de l'autre. On est grossier proit, on n'est rustique qu*à la campagne. « Cette faïuitt de quelques femmes de la ville est quelque chose de pire que la grossièreté des femmes du peuple, et que la rusticité des villageoises. > Labb. U grossièreté suppose une éducation mauvaise, manquée, mal entendue ou incomplète-, la ruticité exclut toute éducation. Au temps de Corneille , la nation était composée de petitsnultrs ^rowier* et de pédants plus grossiers entre (Volt.) : il n'y a pas de petits-maîtres rw/ig«« ai de pédants ru; figues , les gens qui virent m champs sont incultes. Par conséquent, rw<îK dit plus que flfro«iw.« Combattre dans les jeunes gens une grossièreté féroce et rustique. » Rou- « U grossièreté, la rusticité, la brutalité peuvent être les vices d'un homme d'esprit. * iM- On le voit par ces deux exemples, la rutUdU touche de plus près i la férocité et i la i^' talité.
Ainsi , Vimpoliteue , moins générale et moios essentielle que la grossièreté et la rusticité, 7^ quant au degré, n'aller pas jusqu'à être pisière; et la grossièreté, à son tour, est au^wsous de la rusticité, c'est un défaut moins gravt « C'est un plus grand défaut d'être grossier f^ d'être simplement impoli; et c'en est cocore m plus grand d'être rustique. Vimpoli manque « belles manières, il ne plaît pas; le y»^ en a de désagréables, il dépUît; le rusdqfu^* de choquantes , il rebute. » GiB. ^
!• IMPÔT, IKPOSITION; —2' TRBlTOl^' TRIRUTION; — Z* SUBSIDE, SUBVEUTIOSîT 4» TAXE ; — $• TAULLE. Termes de ^^^: gnificatifs de ce qui est prélevé ou recueilli F' fisc pour les besoins de TËtat. .^^j
Vimpôt et l'impontfofi se mettent tooj<j^ sur les sujets , sur les membres de Vtisi bt4t et la contribution sont proprement pap r des tributaires, habitants d'un pays étrange ennemi , qui a été soumis ou vaincu. .^^
Lorsque ces quatre mots, ^^V^^'*^^(,[t«vt^ tribut et contribution se ^iVP^^^}J^^^([» seuls , marquent ce que payent i i'^^^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
in font partie , une différence assez importante mcore subsiste entre Vimpôt et Vimpositvjn ^ i'une part , le tribut et la contribution , de Taure. Vimpôt ou Vimpoiition , c'est ce qui est tm- )ci0, posé ou. mis sur, une charge; le tribut ou î contribution^ de tribuere, donner, attribuer, ;st une rétribution ou une redevance. Vimpôt est )lus ou moins onéreux ; on Taggrave, on l'allège, )Q en décharge ; les tributs ox\ les contribuPiont }roduisent plus ou moins, fournissent i l'État )lus ou moins de revenu, c Le papier timbré est m impôt singulièrement onéreux aux pauvres.... )elui sur les bestiaux me paraît beaucoup meilenr.... Mais il peut être onéreux aux contribuâmes en ce qu'il faut le payer en argent, et le •roduit des contributions de cette espèce est trop ' ajet à être dévoyé de sa destination. » J. J. On it particulièrement bien un impôt sur, et un ribut en nature ou en argent; établir Vimpôt, n impôt ou une imposition , et payer ou lever i tribut , un tribut ou une contribution, « On eut mettre des impôts sur les personnes , aur les erres ou sur les marchandises.... Pierre !•' vouant lever ses tributs en argent, fit un règlement rès-sage. » Montesq. Les impôts et impositions èsent sur les citoyens ; les tributs et contribuions enrichissent le trésor poblic , procurent à 'Etat des ressources. Un impôt considérable est accablant r un tribut considérable est d'un grand 'apport. L'Assemblée constituante , voulant écarler d'abord du système qu'elle se proposait d'introduire en matière de finances l'idée odieuse de poids ou de fardeau , commença par déclarer qu'elle remplacerait l^s anciennes impositions par des contributions plus équitables et mieux réparties. Le fait est que depuis lors le mot de contribution est devenu bien plus usité que celui à*imposition : contributions directes , contributions indÏTecXes , etc.
!• Impôt , imposition.
Jmpût et imposition ont été distingués l'un de l'autre dans la I" partie , p. 26. L'impôt se considère en soi , et l'imposition par rapport à son établissement. « L'impdt le meilleur est une taxe proportionnelle sur les terres. Cette imposition paraîtrait demander une opération préliminaire , UQ cadastre général. » J. J. c La capitation est le plus pernicieux impôt ^ et on sent l'injustice ioéTitable de son imposition à proportioQ des facultés de chacun toujours ignorées. » S. S. c Le travail de Galonné touchait aux grs^nds moyens d'accroître la somme de l'impdt. Mais les notables étaient du nombre de ceux qu'allaient frap< per les nouvelles impositions. » Maric. Un impôt est lourd ou léger; une imposition, juste ou arbitraire. Ou bien encore l'impôt est général et pèse sur la masse; au lieu que l'imposition est particulière et pèse sur les individus ou sur une classe.
^ Tribut , contribution.
Tribut et contribution sont également, l'un général , l'autre particulier. S'agit-il d'abord de ce qui est payé à une puissance étrangère , trVjut est général en ce sens qu'il exprime quelque chose de permanent , et contribution est particulier comme signifiant quelque chose de
passager, de donné une seule fois; une nation paye un tribut à une autre dont elle est dépendante ; un général d'armée met à contribution le pays qu'il traverse ou exige une contribution d'une ville qu'il a prise d'assaut. Que s'il est question de ce qui est donné par des sujets à leur souverain, tribut est général en tant qu'il fait considérer la chose en gros , en masse , collectivement, et contribution est particulier en tant qu'il indique la chose distributivement , comme le résultat d'un concours, de divers contingents ou qu'il désigne ces contingents mêmes. « Les cultivateurs, qui avaient payé auparavant (avant Charles VII) des tailles à leurs seigneurs dont ils avaient été serfs , payèrent ce tribut au roi seul dont ils furent sujets. » VoLt. A quoi on peut ajouter que chacun paya s^ contribution , la part qu'il devait. Un S rince lève un tribut sur son peuple par le moyen e percepteurs de contributions, a II est j-jste que le prince ait de quoi soutenir la majesté de l'em^ pire et de quoi faire respecter sa personne et son autorité. Ce sont I& les deux principales raisons qui ont donné lieu à l'établissement des tributs.,,. Chaque particulier doit se tenir fort heureux d'acheter par une légère contribution le repos et la tranquillité de la vie. » Roll.
3* Subside , subvention.
Subside et subvention annoncent, non pas des chargée , non pas des revenus ou des sources de revenus , mais des secours. L'un est pris du latin subsidium , corps de réserve, renfort, secours, et l'autre de subvenir, venir au secours ou secourir. Le subside et la subvention sont des contributions auxiliaires et supplémentaires provenant des sujets , dans l'occasion , dans une nécessité pressante , dans un danger où l'État a besoin d'assistance, principalement q^and il s'agit de faire face aux dépenses d'une guerre. « En se soumettant , à force de sang et de subsides , de nouveaux sujets , les rois perdent souvent Tamour de leurs syjets propres, s Mass. c Je ne puis entendre la régale de cette sorte. Le concile de Leptines ne regarde qu'une subvention accordée dans de grandes guerres , à peu près de la nature de celles qu'on accorda dans les guerres des huguenots. » Boss. — Un autre caractère bien distinctif du subside et de la subvention , c'est qu'ils sont volontaires, c'est-à-dire non pas imposés par le souverain , mais seulement demandés par lui et accordés par les sujets : ce ne sont pas des dettes, mais des dons, et, comme on disait autrefois , des dons gratuits, s Si le parlement refuse des subsides, Jacques et son fils, Charles I**, mettront des impôts de leur seule autorité, » CoND. < Une pareille contribution , si elle est réglée par la nation même , se nomme subside ou don gratuit; et on la nopime impôts si elle est imposée par le gouvernement. » Id.
Entre subside et subvention la différence paraît
tenir à ce que le premier reproduit un mot latin,
subsidium , et que le second est seulement formé
I d'un verbe latin ou français, subvenire, subvenir.
' En conséquence , subside est plus noble et se dit
bien , par exemple , des secours d'argent qu'un
' prince donne à un autre prince dont il est l'allié
et non pas le tributaire. « La république [athé-
D£l)Xl£UE VMVtlZ
nienne) était puissante uniquement par les sub- à une personne qui parle : on est tmpiid«a e: sides qu'elle tirait de ses alliés. » Cond. Subside paroles. Effronté, qui n'a pas de froiA (pourrouse trouve dans la HenriadCy et subvention y se- ' gir) exprime la même idée d'une manière cou-
rait déplacé :
Tandis qnc , sour le joog de ces maîtres aYidea, Valois pressait l'État du fardeau àcB subsides. „.
Ensuite, et toujours par la même raison, le subside est plus considérable que la subvention, « Le casuel de celte année (1705) donna trente et un millions, le clergé accorda six millions de subsides, et une subvention annuelle de treize cent mille livres pendant dix ans , laquelle , jointe à l'abonnement de la capitation du clergé, fournit, tous les cinq ans , un don de vingt-cinq à vingt-six millions. » Marm. Saint-Simon assure que, de son temps , le roi d'Angleterre avait une grande supériorité sur sa nation , < moyennant les subsides immenses qu'il avait tirés de nous. » £t Condillac dit que, au moyen &ge, « des vassaux prétendaient pouvoir se racheter de leur service , en payant quelque légère subvention. »
4* Taxe,
La taxe, du grec xéJ^iç, ordre, rang, disposition, rûle, a rapport à la quotité et au tarif: c'est la somme due au fisc d'après le règlement d'imposition. Autant que possible, Vimposition doit être légère , la contribution aisée à payer ou à lever, et la taxe proportionnelle. Si vous vous trouvez trop imposé, adressez-vous à qui de droit pour faire modifier votre taxe. Hais la taxe peut être aussi une espèce particulière d'imposition, savoir celle que l'autorité frappe ou fait tomber sur certaines personnes et quelquefois sur certaines choses. L'idée d'autorité est tellement prédominante dans ce mot qu'il marque souvent, en fait d'impôt, quelque chose d'infligé, c Mettez des taxes, des amendes et même, s'il le faut, d'autres peines rigoureuses sur ceux qui négligeront leurs champs. y> Fén. ce Les triumvirs imposèrent une taxe exorbitante sur les femmes et sur les filles des proscrits. » Volt, c Ce qui valut plus d'argent au pape Jean XXII , ce fut la taxe apostolique des péchés. » In. « On stipula qu'on payerait sur-le-champ cinquante mille génovines en attendant les taxes qu'il plairait au vainqueur d'imposer. « In. Une imposition sur les chiens , ayant pour but d'en diminuer le ngmbre parce qu'il offre des dangers, est proprement une taxe.
5« Taille.
Taille est inusité dans notre système actuel des finances. C'est désormais un terme historique ou d'éruçiition. Il se disait autrefois d'une certaine imposition de deniers qu'on levait sur toutes les personnes qui étaient taUlables , c'est-à-dire qui n'étaient pas nobles ou ecclésiastiques ou qui ne jouissaient pas de quelque exemption. « Ce mot de taille venait de l'usage des collecteurs de marquer sur une petite taille de bois ce que les contribuables avaient donné : rien n'était plus rare que d'écrire chez le commun peuple. » Volt
IMPt;DE.NT, KFFRONTÉ, ÉHONTÉ. Qui ne rougit pas.
Impudent, in ou nonpudens, qui n'a pas de pudeur, est un terme abstrait, applicable surtout
crête , et se dit surtout d'une personne qm k craint pas de se présenter et en général i'i^: d'une façon inconvenante : on est f/fronte' anses procédés ou dans sa conduite. Menteur mpudent, cynique effronté, m Un autre poète, encore plus lâche et plus impudent, appelait Prctésilas, dans ses vers, l'inventeur des beau a:u et le père des peuples. » Fén. « Les cyniqitt étaient des gens effrontés, qui n'avalent bocic de rien , non pas même des choses les plos infimes. Ils ne connaissaient aucune bienséance, e: n'avaient aucun égard pour personne.! b.c Le berger Tircis est un impertinent, et la bergère Philis unfi impudente de parler de laser; devant son père. » Mol. « Je connaissais Font; pour un effronté pillard. » J. J.
Pourquoi ne m'aimer jmls, madame Vimf»ieA) dit , dans VÉeole des femmes, Amolpbe à Ages qui vient de lui avouer naïvement son srersift Une effrontée est une femme qui se conduit au] « Un jeune homme avec ma Me? Ah! !>![)« téel » HoL.
Lorsque les deux mots sont employés égile ment pour qualifier les personnes, soit quaai^ leurs discours, soit quant à leurs actions, ffrut* renchérit sur impudenC. « Cléon avait uoe hr diesse dans ses discours poussée jusqu'à l'it^ dence et Veffrçnterie. » Roll. s On ne ioBtr. pas que c'est une impudence et une eftwien'abominable que de se faire ré<^ompenser (par > plaisir) dans le temps qu'on mérite comsK pt cheur d'être puni. » Mal. « Nul de ceox ^ m'écoutent ne voudrait avoir part à ce hoa^ privilège d'insensibib'té , et, pour user des kr mes propres , dUmpudience et d'e/ff0S^- < Bounn. « On n'a jamais débité des meoso&p^ avec une impudence aussi effrontée, s Te::. c Saumery eut plusieurs enCÛits, dont Taise fort bien fait, audacieux et impudent i ^» nant..., avait épousé une fille de Besmaox^plt' impertinente et plus effrontée encore que lu' S. S.
0 le mensonge horrible^ «t Vimjmdeiue tiMfmi Tu m'oses soutenir que Sosie est ton noD^- Mille coups de bâton doivent être le prix D'une pareille effronterie.
(Mercure dans AmphUr^r*"^- Ito»
Éhonté ou dékonté (?oy. >• partie, p. 1» est un mot assez rare en comparaison A»^ autres. U a pourtant en propre une idée precw* à distinguer. V éhonté n'a plus de Aonte. a ttw^* honte bue ; ce ne sont pas les bienséances î»» brave, c'est l'honneur même; ilnemanqwF seulement de modestie, de timidité ^^^^ pect, il manque de tout sentiment honnétij» vertueux. Moralistes austères et "limés del^^ contemporains , les philosophes cyni?"**^ des hommes effrmaés^ et non pas des h«i»f éhontés. Mais Ubarpe, poussant la criliqw « » philosophie de Diderot jusqu'à VinrecUrf,^^ « Suivez la marche du sophiste ^''^' * „ montel flétrit en ces termes l'infime m^ d'un mari par rapport à des désordres qoJ «
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
lioaoreiit ; « Quaiit à ca beau calcul d*é;chaDge «l de compensation entre les infidélités, quels sont , même i>arnii les hommes les plyis corrompus, les maris assez déhontés pour avouer qu'ils y consententT » Le même écrivain donne un exemple de remploi qu'on peut faire de ce mot à tort abandonné : « Si Von disait qu^un homme déshonoré, mais impudent, lève un front tde/tonf^ contre la renommée, parlerait-on une langue étrangère? »
r»iiïAcnoN, mACTiviTË, inertie;— 2* OI-
SITETÉ, tOlSlR^BBSOEUVREHENT, DÉSOCGU- PATIOX Etat passif, élat d'un être qui n'exerce ou ne développe aucune force»
L'inoLfMon^ ïinaetivUé et Vinartie font qu'on a*agit point; Voisiveté, le loisir y le désœuvranent et la désoacupaiion font qu'on ne travaille point. Dans Yinaction^Vinactitiif' eiïinertxe, on reste immobile ; dans VoiiUieté, le loisir, le déscfuvrement et la dtsoceupalion y on ne remplit pas de tâche ou de fonction. Les animaux et les objets physiques peuvent être qualifiés ^inaciifs ou d*tnertes : mais les épithètes d' oisif , de désœuvré y de désoccupé ne leur conviennent point, car il va sans dire que ce ne sont pas des artisans, des fabricants, des ouvriers, des auteurs. Un peuple triaclt/ végète, a Tair mort; un peuple oisif ou désœuvré est sans industrie, quoique peut-être très-remuant, très-agité. Les Spartiates , uniquement adonnés à la profession des armes, et aux exercices violents, n'étaient rien moins qu'inocf t'/lr; mais , comme ils n'exerçaient ni le commerce ni aucun art, ils vivaient oisifs ou di'sfxuvrés. Un homme qui ne (ait que se promener, sans travailler d'esprit, est oisif ou désœuvré^ mais il ne reste pas dans Vinaction, — Toutes les fois qu'il fondrait agir , c'est-à-dire , au physique , aller, s'avancer, se mouvoir, développer ses forces , ou bien , au figuré, se remuer, s'émouvoir, entreprendre, faire des démarches ou exercer son esprit, rtROctton, Vinadi^té e\ Yintriie sont des défauts , quelque chose de regrettable; dans toute société bien organisée, il ne devrait y avoir ni oisiveté ni désœuvrement^ le travail est la loi commune.
V Inaction y inactivité y inertie. Stat opposée ractioD, au mouvement, au développement, à Texercice , à la progression.
Vinaetion est passagère et ordinairement occasionnée par un obstàole, par quelque chose d'extérieur. « Tant et de tels obstacles tenaient M- et Mme la duchesse d'Orléans dans une inaction glacée (par rapport au mariage projeté d'une de leurs filles). » S. S. « Quelque légères qu'on yeaille supposer les incommodités particulières à la femme , comme elles sont toujours pour elle un intervalle d'tnacfton, c'est une raison suffisante pour l'exclure de la primauté. » X. J. — lUnadixitéy au contraire, est permanente et caractéristique du sujet auquel on l'attribue, c Cette continuelle anarchie des Stats de TAllemagne servait d'excuse à Vinaciivité de l'empereur, Charles lY. « Volt. « Dans le feu même de l'adtOA, quelle activité (de la part de Cyrus), quelle ardeur , quelle présence d'esprit pour donner des ordres à propos ! » Roll. » L'tnac-
tim a lieu par accident; Yinaciivité est un défaut constant et qui tient à la nature.
Inertie indique un état , non pas plus durable , plus persévérant qu'tnacfitf/^. mais plus absolu : il exprime une inactivité totale , essentielle , telle qu'est celle des objets inanimés, celle d'une bûche, d'une pierre ou d'une borne. L'être inactif n'use pas de la puissance dont il est doué ; l'être inerte n'est doué ou semble n'être doué d'aucune puissance, n Être plongé dans une profonde tnertie. » Acad. «Ce qui fait des imitateurs un troupeau d'esclaves, c'est Vinertie de leur esprit, et cette basse timidité qui ne sait qu'obéir et suivre. » Mark. « On doit attribuer t\ quelque cause physique cette incroyable inertie (des oiseaux appelés fous) qui produit l'abandon de soi-même. » Bupf. — D'ailleurs . le mot iner^ tie a seul rapport à la difficulté de mettre en mouvement l'objet inerte, «e n me fallait des amis dont l'impulsion surmontât mon inertie. » J. J. « Difficile à manier, bien loin de se prêter à tous les mouvements de l'âme, la langue latine avait une inertie^ qui ne pouvait se vaincre que peu à peu et après des efforts redoublés. » Cohd. « On a quelquefois dans son auditoire une extrême inertie à vaincre. » Mark.
2» Oisivetéy loisir, — désœuvrement , désoceupation. État d'un homme qui ne travaille point, qui n'applique pas ses facultés, ses soins et son temps à produire ou à former quelque chose.
Dans l'omtôf^et le /ot>ir on ne fait rien, ou on fait des riens; dans le désœuvrement et la désoeeupation on n'a rien à faire , on chôme. On jouit deVoisiveté et du loisir. « Cette vie parait remplie, et n'est en effet qu'un loisir délicieux et une élégante oisiveté. » D*A6. « Je sentais vivement le besoin du repos; je soupirais plus que jamais après cette aimable oisiveté y après cette douce quiétude d'esprit et de corps que j'avais tant convoitée. » J. J. Le désceuv^ment et la désoeeupation sont plutôt des états pénibles où le temps nous dure. Voltaire écrit au duc de Richelieu, qui avait été malade ; c A quoi donc avezvouspassé le temps dans cedésccuvrement^ triste et si étranger pour tous 7 » « On croit , à l'air de désœuvrement et de langueur dont frappent au premier coup d'oeil la plupart des villes de province, que les habitants, plongés dans une stupîde inaction , n'y font que végéter. » J. J. L'oisiveté est la mère de tous les vices, parce que d'ordinaire on s'y complaît par paresse ; le désœuvrement n'engendre que Tennui, et on ne désire rien tant que d'en sortir. Les gens oisifs sont odieux comme consoinmant sans rien produire; les gens désœuvrés méritent quelquefois d'être plaints, ou ils sont seulement redoutés comme importuns par ceux qui ont de l'ouvrage où de l'occupation. La vie de Voisif est douce et inutile ; celle du désœuvré est vide ^ sans emploi et ennuyée.
Oisiveté et loisir diffèrent sensiblement , quoiqu'ils viennent tous deux du latin otium. Voistveté est un repos absolu, et par conséquent Tieieux ; le loisir est un repos d'un moment , et un repos disponible, c'est-à-dire dont on peut disposer pour Caire d'excellentes choses. On dit