‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 330 sur 444 · est à remarquer que incertiiudt se prend · texte numérisé non relu

est à remarquer que incertiiudt se prend

INCLIIfATION,FB!TCBAirr, PERTE, nlOrB^ 810N. Ces mots sont pris ici au figuré, commi signifiant une disposition ou impulsion qoi poite l'Ame vers certaines choses.

Inclination et penchant sont les seuls qui se disent au pluriel , ceux qu'on emploie le plus mvent, et ceux, par conséquent, dont la distinction importe le plus.

Vinclination est plus faible que le penàoxi: c'est l'effet d'une simple impression qui faitplitr ou courber la chose d'un côté. VindinaMtm ait tendre vers un objet, le penchant y entraîne. On dit que la victoire indine d'un côté , quand elle commence à y pencher (Acad., au mot Inefoer. l** édition). « Ah! madame, ne m'aimez poist plutôt si vous ne m'aimez que par recomaijsance; et parce que je vous aime, je veuxtaoi devoir à votre inclination. Il faut que ce sott ci penchant insurmontable qui vous entrafneim'imer môme malgré vous. » Rron. « Dieudislrflw aux hommes divers talents et diverses tsdiMtions , qui sont quelquefois si marquées et si fortes, qu'il est presque impossible d'y résister. Oa sait quel penchant le fameux M. Pascal eut pour la géométrie dès la plus tendre enfance. > Bou — Vindination , étant calme , modérée , ne twoble pas la raison, et de lA vient que ce mot ss prend plutôt en bonne part; le penchent, iîO| un tout autre caractère , est plutôt eonsiiià« comme mauvais, comme nous portant au mal.i" citnaftonf heureuses ou fortunées (Mass.), bJea faisantes (Boss.); penchants malheureux (W). infortunés (Mass.), vicieux (Marm.), l»P«chanU de tous les vices (Mass.). «We» ^^'«f r heureux que de se former de bonne heure de* clinations louables ; car on porte dans la mom tous les défauts et tous les penchanU du prenae Age. » Mass. c Quand nous avons mangé d^ ment la chaii" divine, il ne doit plus panltreo nous que des inclinations nobles, célestes; »

aussi quelquefois abosîTement dans le 9^Vj^ et désigne, non plus une suspension de jogon» comme doute , maU une suspension detawiow, comme indétermination et ses trois synonj»». a^ incertitude équivaut presque i indêâiàm, ctto» mots exprimant une indéterminaUon V" P™^ d'une cause IntcUcctueUe, et non P«»^*'*î sensible. « Vincertitude et Vindéeision qoe w» d'ordinaire après soi une conscience timH»»"'

puleuse. » Mam. j^ . k^

La seule différence paraît être ceBe-d .^ Vincertitude on s'abstient de vouloir, P"*®,K n'aperçoit pas la raison de fouloir, et dans' cieion on s'absUcnt de vouloir, psrce qu« »• perçoit pas la prépondérance des raisons pow les raisons contre. J'irai eh Italie, si J*'?^.^ certaine lettre, qui doit m'y invl»«î »*°* S^T n'est point arrivée, je suis incertain ou djn* '*T

n e»i point orrivcc, je bui» •««.er •»*« «- , i> A*tt titude. Des raisons m'engagent à aUer en ««»• ■ très m'en détournent ou m'appellent «"*""' u que je n'af pas jugé les unes meUIeures qw

que je u ai |i«b juge vcm ww«o ».*.—— «j^^fl.

autres, je suis indécU ou dans VindecuMi- 1^ tudc est une position simple, dans laquelle w ■■ , pas s'il est possible ou bon de feire, ^^^ et indifférent i faîre; Vindédsion ^,?^\^ double , dans laquelle ne sachant pas s "J™"' „b( faire que ne pas faire, ou ï»iw une cMiM- ^ autre, on reste entre les deux en batonce, r*^ embarrassé.

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

cependant je me trouve toujours des désirs terrestres , des penchants bas et rampants. » In. <— Vindination est plutôt acquise , c'est Teffet d'une impression; aussi appelle-t-on inclination le sentiment affectueux qu'inspire une personne dont on est touché : mariage à.*xnclination; se faire une nouvelle inclinai ion. Le penchant est inné , ou du moins on n'en considère pas l'origine : le penchant de la nature (Montbsq.)*

La pente ressemble au penchant , en ce qu'elle nous Tient de la nature et nous pousse d'ordinaire au mal. Mais elle en diffère en ce qu'elle a moins de violence. Au propre, cette différence s'aperçoit sans peine. Une colline a une pente douce y et non un penchant doux ; on dit la pente , et non le penchant d'un fleuve ; maïs on dit le penchant d'un précipice. Pente donne l'idée de facilité A descendre » et penchant celle de chute : sur le peneluinl de sa ruine. — D'ailleurs , pente n'est usité qu'au singulier : il exprime quelque chose de général et de caractéristique du sujet. Mes penchants sont différentes manières d'être qui peuvent se combattre, s'affaiblir ou se corriger les unes les autres. « Si les femmes n'étaient entraînées vers les hommes que par le penchant^ peutr^tre un penchant plus fort pourrait l'affaiblir. » MoNTBSQ. Mais , comme un fleuve n'a qu'une pente ^ et qu'elle indique sonr unique allure , ainsi la pente que j'ai est ma manière d'être universelle, essentielle. «La pente naturelle des femmes au plaisir d'être aimées.» Laroch.c Nous naissons injustes; car chacun tend à soi.... Il faut tendre au général , et la pente vers soi est le commencement de tout désordre. » Pasc. c L'homme de bien ramène ses sens au joug de la loi , et arrête la pente d'une nature toujours rapide vers le mal. > Mass.

Propension vient du latin propensio^ comme inclination dUnelinalio, Mais , au lieu qu'inch'na- (lon est devenu un mot commun , apparemment à cause de sa parenté évidente avec incliner, verbe d'un usage continuel, propension, transporté dans notre langue sans ses analogues propendere, propensus, est resté un terme de science, de physique ou de métaphysique. « Les forces pénétrantes dont les corps célestes sont animés , par lesquelles ils agissent les uns sur les autres, animent aussi chaque atome de matière; et cette propension mutuelle de toutes ces parties les unes vers les autres est le premier lien des êtres. 9 BoFF. Dans une discussion théologique avec Bossuet, Fénelon dit que, «suivant saint François de Sales, «Dieu est aimable par propension naturelle. » Hors de là , propension peut être regardé aujourd'hui comme un archaïsme. < Cette si grande soudaineté et vitesse de l'esprit , cette pointe et agilité, est chose très-dangereuse, une grande disposition et propension à la folie et manie.» Cbarr. Dans les Chinois de Kegnard, un gentilhomme campagnard, qui affecte un langage suranné , dit en parlant d'un comédien qui recherche sa fille : « Ce néanmoins , je me sens de la propension pour le jeune homme ; et dès mon premier âge j'ai pourchassé l'accointance de messieurs du théâtre. »

»C0MMODB, FÂCHEUX, IMPORTUN. Ces mots

se disent des choses et des personnes qui déplai. sent, qui sont à charge, qui embarrassent, ennuient, fatiguent.

Incommode est le plus faible des trois ; il sert à qualifier ce qui gêne simplement , ce qui produit le malaise , c'est-à-dire la peine la plus légère. « Les marcionites établissent deux dieux , dont l'un craignait tellement d'être incommode à qui que ce fût , qu'il ne voulait pas même faire de la peine aux méchants. » Boss. On suivra donc une juste gradation en disant : un censeur incofnmode et fâcheux (Les.), un insecte incommode et importun. De plus , incommode s'applique particulièrement bien aux choses dont on se sert et qui sont difficiles à manier ou d'un usage peu agréable, comme un outil, un habit, une maison, et, au figuré , l'humeur d'une personne , un valet, un mari, c Vous ne serez point de ces maris incommodes qui veulent que leurs femmes vivent conune des loups-garous. « Mol. â quoi il faut ajouter encore que , quand il est question des personnes , incommode ne s'emploie pas sub> stantivement , comme ses deux synonymes : on ne dit pas un incommode,

Fdcheux et importun diffèrent aussi , quoique moins sensiblement. D'abord, s'agit-il des choses, elles sont fâcheuses par leur présence ou par leur nature , et importunes par leur action : un voisinage fâcheux^ un chemin fâcheux^ un état fâcheux; un bruit , un vent , un babil importun ^ une pluie, une cloche, une voix, une demande importune, La chose fâcheuse est pour nous triste et source de déplaisir ; la chose importune nous agace, nous agite, nous tourmente et est pour nous une cause de déplaisir. On cherche à adoucir ce qui est fdcheux , et à faire cesser ce qui est importun ^ D'ailleurs, une chose fâcheuse l'est absolument et toujours : un mal , un accident fâcheux , une fâcheuse nouvelle ; au lieu qu'une chose importune ne l'est que relativement, parce qu'elle agit hors de propos et nous interrompt , ou parce que son action choque et lasse par sa fréquence ou sa continuité.

Mais c'est surtout à l'égard des personnes que cette dernière différence est à observer. On est fâcheux absolument, importun relativement ; fâcheux par nature , constitué et reconnu tel , importun par accident, de fait, en raison d'une importunai, < Un homme qu'on éveille en sursaut se lève en murmurant : 0 homme fâcheux, quel importun vous êtes! » Boss.

Ny la peste, la faim , les larrons, gy les lous, Ne tuerons ceBluy>cy; mais V importun langage lynn fascheux, RsGiUKa.

Pour exprimer le genre, on dira les fâcheux ;Uolière convient que , dans sa comédie des Fâcheux . il n'a pas peint toutes les espèces de fdchetu^ Mais on traitera d'importun un homme qu'on a

I . Cette idée d'action, propre à importun , pourrait également servir à distinguer ce mot d*ineommods , s il n'avait déjà été établi entre Tun et l'autre des différences BufQsantes. « Strabon rapporte que les ibis remplissaient les rues d Alexandrie jusqu'à Vimportunité et à Vineommodité, attaquant ce qu'on mettait en réserve et souillant tout de leur flonte. »

DuFf.

DEUXtÊSE PARTIE

vu efibctivemeat importtmBr, oa dont on a son même essuyé les importiuités dans tdles oirconstances. « Aristote rencontra un jour im hommo qu'il connaissait pour un importun. Il aurait bien Toolu l'étiter; mais.».. » Las. — Au reste, c'est aussi par sa présence seule qu'on hommo est (tt* éheux^ et par son action, ou intempestive ou réitérée, qu'il est imporUin. Un homme survient tout à coup là où il est de ttop et où il dérange par conséquent , c'est un picheu». On est importun quand on obsède les gens, qu'on les persécute, qu'on les sollicite : des crâmoiers tmpor* tiuu (BooanO; les poursuivants de Pénélope étaient des importuns, « De vouloir toujours reprendre, corriger, exhorter, ce senût pour un prêtre se rendre odieux et impoftwn^ » M A8ft>

mCROTABLB, PABADOXB. BlffioUo à admettre.

IneroydblB , non croyable , se dH en* ftdt d'évé* nements. Paradoxe, ou, suivant la manière ac*» tueûe de parler, poroiioanf, grec icofodoCbc (de icapà, contre, et Sofa, opinion), contraire à l'opinion commune, se dit en matière d'opinions ou de doctrines. On raconte des choses wuvya" hUs; on avance des choses paradoopet qq para-

Ce qui est ineroyMe nerparaftpas réeP ou possible. « Cet auteur rapporte d^s faits tneroyahles. 9 ÂCAD. «c Le fils de Dieu a prédit que les corps devaient ressusciter, cela vous paraît* mcroyante. » Booro. c La superstition est venue de ce penchant qu'ont les hommes à croire ce qui leur est avantageux , quelque incroyable qu'il puisse être. » Id. « Taime mieux vous parler de la hausse de nos fonds publics, qui est tncroyahle, depuis que le nouveau contrôleur général est en place. » D'Al. « iVos grands seigneurs font ici des banqueroutes scandaleuses et incroyahUt,* Id. « Tous trouverez toujours dans l'histoire des justes je ne sais quoi d'incroyable et de singulier , qui a même révolté la crédulité des âges suivants. * Mass. c Les fnis qui se font à lever la taille vont à des excès incroyabln, s Boss. « Les habitants de Formose sont excellents nageurs, et ils courent avec une vitesse incroyable. 1 BoFF. dc Je trouvai le maréchal dans des transes et dans un abattement incroyables. » S. S.

Ce qui est paradoxe ne paraît pas vrai ou conforme aux principes de la raison, a On dirait d'abord que cette proposition a quelque chose de paradoxe. Nullement; elle est fondée sur les principes les plus solides , les plus naturels et les plus simples de la raison. » Bourd. c A cela je fais une réponse qui paraîtra d'abord avoir quelque chose de paradoxe , mais dont on reconnaîtra bientôt la solidité et l'incontestable vérité, pour peu qu'on entende ma pensée. » In. « Proposez à un mondain de ce caractère les opinions les plus paradoxes d'une nouvelle philosophie. » Id. « Proposition qui, toute paradoxe qu'elle parait, ne laisse pas d'être exactement vraie, tant par le ùiit que par la démonstration. « J. J. c J'avais trouvé dans ses éeriU des idées et des maximes très - paradoxes. > lo. « Ce livre de Regius ne contient rien touchant la physique ,

sinon mes assertion miae» e&naaiMiaad»,* sans tours vmieB pnovas, an sortr qu'aile» paraiseent paradoxes, »> Dasc. « faute oyaioa nonvttlla et paradoxe doit être pioearitar pae la seule raison qu'elle est nouvelle^ aJ^it^cPhlùi a là-deasui on systèoM qui vous panUa ms doute btea pmraéox». > P. A. « Heliétiaa prétend qu'on no pent espliqver le détins de l'avare qu'en supposant qu'il regarde an nN» l'argent oomme la repvésMitatiott de toai la plaisirs qu'il peut acheter. Cetto idée n'est poiat para<ftMMil0.... Cette opinion panlt pAanaibie: cependant je ne la croie pas fboidêt. • Lài;

mnoBsuM, mmipnoii, mwAËfm. ict»

de troeipes qui entrent dane un pa^ enaami.

Ineursion^^ 4U IMin imourrmo^ ooorirdav, courir aair , e^rime une ooune , une aetioa pu* sagère par conséquent, un coa^ de main pov piller, coBune foat le» corsaires, qui se téùoeâ ausntftt avec ee qu'ils, ont pria^ cQuantàliOft* nièn dooomtatlre des Moscovites, sAVi^éUi, tout se faisait par ifieiarsson; et qaand il b> avait plus lien à piller , la boyard ramoiaît a troupt. » fovt, c Les gueifta de» Samas ooatif les Francs n'étaient guère que des Hmfsimk barbares qui venaient enlever <to» inmpBSU,» lo. s Les guerres entre las citée primitifa à riUlie n'étaient que de» iiieiifs«Dnt paassBèis > Com). « Les Tartarea, préftmntle butin ifi^ culture , faisaient continuellement des âicarwH chez leurs voisins. » Id. • Verrèa ne se aat {V en peine d'exposer la Sidie aux inewnem io pirates qui infbstaieat les mer». » Las. cLapàleur flit cfaatigé de défendre les côte» oonttsl'i*' cursion des pirates. » Roll.

lyruplioi», du latin tmi«ifer«, se Jfttf oi fondre sur, exprime un» action impétoeoifff fi^ rompt ou renverse les obstacles, et csosi'^ dégât» ou des ravagea, une vive attaqoi, ^ choo irrésistible et funeste. « Us ireotoai'' rupfioii ai vive sur le» Algériens qui Isar 0xf opposés, qu'ils les «nfoncènnt du puaff choc, w Le». Dans la ftd^le de l'aigle^ k ^ et la chaUCy U chatte dit à la laie que fi ^ sort, l'aigle fondra sur ses petits : )a laie !■* chez elle, afin de secourir ses petits «eadf d'irruption. » Laf. « De retour, Sésostrii *« un mur depuis Péluse * jusqu'à Héliofiolis.iti* parat occupé qu'A mettre se» Btets à l'abri d^ irruption semblable à celle qu'U venait defc^ GoMD. c Le» pauvres ne firent aucuaa ^^^^ dans le» maisons des riches.... Il* ne se jetti«< point sur les vivres qui étaient exposés an i««»^ Roll. « Bn défendant Geuta et IféliH», *^ d'Espagne préservait le royaume de l'*"''*JJ* des infidèles. » S. S.— Des brigands qui neew chent que du butin feront des »***''*'"JÎ7^ ennemis irrités , ou barbares qui ^^ !J venger ou qui ne savent que nuire, f^'/J| irruption, « A cette époque, l'^'W^fj-.

mélange de tant de peuples féroces afaieDt«fl>| dans l'occident le goût des lettres. » M»* '^ féroces habitants du nord ont fcit dans WJ«J tempe des irruptions dans les contrées du BW»-

Invasion, du latm intadere, bWP»^^

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

parer ea se sëpandant aie toutes paru, exprime uns afitîoa ^^érale par Ikqaelfe oa se rend ' mattm de tout un grand pajs. Difléreota de Vinemniour qui fait entendre que la troupe s'en retQomft bientôt», au lieu db restar en possession^ ràtoaaîoii diflèie aussi de rtrruptioii en ce qu'elle suppepe dès tzoupes plua nombreuses, une armée» et un plus vaste tbé&tre» une province entiàra^ un royaume > un empire» L'irruption ressembla à l'action d'un torrent qui, dans son COUTA borné, mais rapidis, brisa et emporte tout ce qui se trouve sur son passage; l'invasion est parâûtemaat représentée par l'action d'un fleuve q;iii déborde^ s'étend eiinoode toute une contsée. «. t'Bspagne ne pouvait garantir les princes d^Ualie de ces vezationa de l'Allemagne, ni même d'une invofion totale* b S. S. « Les Scythes se répandirent dans l'Asie, la ravagèrent pendant Tîogt^buit ans , pénétrèrent dans la Judée et s'airaocèrent iusque sur les frontières de USgypte. Les circonstances étaient ftvocables à leur invasion^ » Coaa. « Le marqpis de Coeuvres entre daoa la Valtelina avec une armée et affranchit ce pays de l'intxwion autrichienne. > Volt. « Ces peuples du nord (l'es Tartares ou les Scythes) firent de tout temps des invasions vers le midi.... Ils se répandirent, vers le zi' siôcle , du côté de la Moscovie; ils inondèrent' les bords de la mer Caspienne.» In. Vtnvasion des croisés (to.) ; Yin- «ottoa de la Flandre, de la HoUànde, par les armées de Louis XIV (In.J.

OlfiFFiiÇaBCE, INDâLEBOLE. Spithëtes applicables à quelque chose d'écrit, d'empreint, de marqué , qu'on ne peut faire disparaître.

Ineffaçable est un mot- purement français , fonné du verbe effiiesr, changer la face, altérer les formes, défigurer les traits , rendre méconnaissable. Ihdélébile est un mot tout latin , indelibiliSy du verbe delere, renverser de fond en comble, ruiner, perdre tout à foit, détruire entièrement. Par conséquent, ineffaçable appartient à la langue commune, et indélébile se dit plutôt dans le didactique ou dans le dogmatique et en termes de théologie. Mais cette différence n'est pas Ja seule n^ la plus consldlârable.

La chose ineffaçable ne peut être raturée, brouillée, confondue, rendue inlisible; la chose indélébile ne peut être ôtée , détachée. On peut toujours lire ou apercevoir ce qui est ineffaçable; ce qui é^t indélébile reste toujours. L'écriture est ineffaçable^ V encre, indélébile.

On dit de préférence des caractères ineffuça- (les.c Cette idée générale de la beauté est gravée dans le fond ■ de nos ftmes avec des caractères ineffaçahUi, » Pasc. « Quelle noble retenue ne doit pas accompagner des actions qui seront écrites en caractères tneffaçablee dans le livre de la postérité t » Hias. « Cette empreinte divine est le modèle sur lequel la nature opère , modèle dont tous les traits sont exprimés en caractères ineffaçables et prononcés pour jamais. * Buf?. <— Vais on dit mieux un caractère indélébile, « Ah ! me dit-il , il n*y a qu'un caractère indélébOe dans le monde, c'est celui de moine. 9 Volt. m rai regardé le caractère d'historiographe comme indélébile, > Id. « Malgré^ ï& plus excel-

lente éducation , le caractère de prince est trop souvent indélébile, > D'Al. « On appelle essence la qualité abstraite , qui est la muque propre et distincte du genre ou die Tespèce, son caractère indélébile. > Kàbv.

De même , on dira plutOt dise principes ineffth fabfet gravés au fond du coeur (7. J.), eV une tache inâDHébUe (Id.). Uh souvenir est ineffaçch blé (AcAD.) , c'est-à-dire que rien ne peut Fem* pêcher d'être net aux yeux de l'esprit; un naturel est ind^biie (Mabic.), c'est-à-dire que rien ne peut le détruire , le fhire en aller.

Ce qu'il y a proprement d'inattaquable dans ee qui est ineffti^le , c'est la forme | elle continue à âtre distincte ; dans ce qui est indélébile , c'est la matière, elle est invinciblement adhérente. Des figures gravées sur le marbre sont plus ineffaçables que celles qui sont tracées sur fe sable , le vent ou le pied des passants ne peut les déranger, Y mettre le troublé, les bouleverser; Buffon parle d'un animal « dont l'urine tache et infecte d'une manière indélébile y « c'est-àrdire fkit des taches et communique une odeur qu'on ne peut enlever.

IRÉNABRABCB, HfEFFABtB, nflHCUnES*, B^ EXPRDKABLK. Qu'on ne peut &ire coimaltrepsr la parole ou par des paroles.

Inénarrable y, le moins usité de ces mota, est Te seul qui suppose des choses k^ narrer ^ à raconter , une suite de teila à décrire. CTest pourquoi on ne dit pas un sentiment, une Joie in" énarrable , comme on dit un sentiment, une joie ineffable, indicible ou inexprimable. « Qui- nous racontera sa génération (du fils de Dieu)? Elle est inexplicable et in/narrabie. » Boss. « Les grâces que Dieu ftit aux ftmes par le ministère de ses ministres sont tn/nerroMer. » Td. « Saint Paul , étant transporté au troisième oiel , vit des choses inénarrables. » Acad. Laharpe dit au sujet de l'histoire Aiture des absurdités de son temps : « H faudra bien évaluer quelque Jour en langage humain cet inénarrable excès de révolte insolent et stupide contre la raison des sièdes et des nations. »

Ineffable vient de deux mots latins-, in négatlC; et effari, parler : ineffb^le, c'est-à-dire dont on ne peut pas parier. En latin, e/fari et /lirl étaient des termes consacrés à la religion; ri bien' que, primitivement, ineffable' Rapplique aux choses saintes qu'on ne doit pas ou qu'on ne peut pas révéler, sur lesquelles on est obligé ou feroè de se taire. Le nom mystérieux de Jéhovah étsàx ineffable chez les Hébreux. « Le grand mot devenu ineffable chez les Juife modernes, Jaho, ou Jova, ou Jaou, ne peut être à la fois phénicien, syrien et chaldéen. » Volt. « Les JUil^ ont dk qjae Jésus-Christ et ses disciples avaient fait des miracles par le nom de Dieu , ce nom inconnu et ineffable y dont la vertu peut tout selon les Juift, et que Jésus-Christ avait découvert , on ne sait comment , dans le sanctuaire. * Bosa. c Le Saint- Esprit est la dernière des ineffaXfles productions de Dieu en lui-même. » In.

Source ineffable de lumière.

Verbe en qui l'Etemel contemple sa beauté....

Page 1