DEUXIÈME PARTIE
« L'union ineffable des deux natures dans la seule personne d'un Homme-Dieu. » Pasc. « Admirer les ménagements ineffables de la Providence. » Mass. — Hors du langage religieux , tfieffable équivaut à divin ou céleste :
De vos regards divins ViaeffabU douceur.... Mol. c Ineffable félicité. • J. J. Et naturellement il ne se prend qu'en bonne part : on ne dirait pas une douleur , un tourment ineffable , comme on dit une douleur , un tourment indicible ou inexprimable.
Indicible et inexprimable n'indiquent pas, comme tn^narrable, l'impossibilité de raconter, de rapporter, d'exposer en détail, mais celle de mettre au jour ou dehors, de faire entendre; d'autre part, ils diffèrent àHneffàble non-seulement en ce qu'ils n'ont aucun rapport particulier à la religion , mais en ce qu'ils se prennent en mauvaise ainsi qu'en bonne part.
De l'un à l'autre la différence est aussi simple qu'évidente. Il n'y a pas de mots pour donner idée de ce qui est indicible , c'est une chose cachée, inconnue, qui reste en dedans ou renfermée faute de termes ; il n'y a pas d!expreseion pour rendre ce qui est inexprimable , tant c'est chose forte ou extraordinaire. Des tourments indicibles (Mass. , tloLL.) sont inouïs, n'ont pas été encore éprouvés , n'ont pas de noms dans la langue ; un disespoir inexfyrimable (Volt.) est au comble, il n'y a pas de couleur assez forte pour le peindre. «J'éprouvais (en relisant Vlliade) une sorte de ravissement inexprimable..,. J'avais un plaisir secret et indicible à sentir que mon admiration était égale à son génie et à sa renommée. » Lab.
Evénements merveilleux et inénarrables. ^ Mystère ineffable , joie ineffable ou céleste ; joie ou douleur indicible , c'est-à-dire concentrée et secrète ; joie ou Couleur inexprimable , c'est-àdire très-grande.