DEUXIÈME PARTIE
L'Académie définit avec raison Yunivers, le monde entier. Monde est relatif, et signifie un ensemble, un système, un arrangement, conformément à la double acception de mundtts en latin, et de xô^iioc en grec, saToir monde et arrangement , ordre , parure ; univers , du latin universus , universel , tout entier, tous ensemble , est absolu et signifie le tout , t6 icSv ^ le tout sans exception et sans comparaison avec un autre, car il n*y en a qu'un. Monde s'emploie bien au pluriel ou avec d'autres mots qui le déterminent, la pluralité des mondef, l'ancien et le nouveau monde , notre monde , le monde physique , le beau monide; univers ne se dit qu'au singulier et sans addition d'aucun mot propre à le particulariser.
La discorde a toujours régné dans Vniuivr// Noire monde en roarnit mille eiemples divers. Iat.
c De quoi jouissais- je enfin quand j'étais seul? De moi , de Vunivers entier , de tout ce qui est , de tout ce qui peut être , de tout ce qu'a de beau le monde sensible et d'imaginable le monde intellectuel. » J. J. « Ils se détachent du reste de Yunivers, et créant entre eux un petit monde diflTérent du nôtre, ils y forment un spectacle véritablement nouveau. » lo.
Cet univers, dont Vimmense gnndeur Enferme tout en sa vaste rondeur; Ces éléments de la sphère da mondée Le feu léger, l'air, et la terre et l'onde....
J. B. Roms.
Suivant Épicure , les atomes , par leur concours fortuit , ont composé une infinité de mondes, dont chacun périt au bout d'un certain temps ; mais Vunivers est infini ; il n'a ni milieu , ni extrémités, et, outre les mondes ^ il comprend ce qui est entre, au delà et à l'entour, le vide (Fér., Roll.}. « Je crois que l'untrers peut avoir été fait de sorte qu'il s'y formera de temps en temps des soleils nouveaux. Pourquoi la matière propre à faire un soleil ne pourra-t-elle pas se ramasser à la longue en un certain lieu , et y jeter les fondements d'un nouveau monde? » Font.
Le monde est une partie de VuniverSy et assez souvent la partie la plus importante , les hommes et ce qui s'y rapporte. Vunivers , remarquable surtout par son étendue, est plutôt considéré comme un local, comme quelque chose qui contient et embrasse. « Le divin esprit remplit tout Yunixers de ses lumières et sanctifia le monde par sa venue. » Bonao. « Tout l'um'^er* est aujourd'hui rempli de l'esprit du monde. » Id. c Les disciples sont persuadés (à la mort de Jésus-Christ) que le monde ne saurait survivre i la mort de son auteur, que l'attentat commis . contre sa personne ne doit être expié que dans la ruine entière de Vunivers. » Màss. « Le duc d'Orléans naquit du plus illustre rang du monde ^ h côté du premier trône de Vunivers, » J. J.
Le mot untrerff se restreint aussi , quoique plus rarement*, mais c'est alors une expression sensiblement hyperbolique et emphatique. Ainsi , dans le sens particulier de terre, quand on dit qu'un animal se rencontre dans les cinq parties du monde, ou qu'un homme a fait le tour du monde^ cela doit s'entendre à la lettre; au lieu que
c'est une exagération manifeste de frètcedrc qu'un héros remplit l'univers de sa gloire, ({« son nom vole par tout l'icmverf , etc.
MONDE (le GRAND) , le BEAU VOmffi. Deax expressions peu synonymes auxquelles Roobaod a néanmoins consacré un article , paies qn: Trévoux les avaient définies d'une manièn in< exacte. Elles aignifient l'une et Taotre, uae partie choisie ou la partie la plus distioguée de la société.
Ce qui fiait la grandeur parmi les hommes, c'cs: le rang qu'y donnent les richesses, les dignités, la qualité et la naissance; en sorte que le ^ monde est la première classe ou la chsse h plas élevée de la société. Autrefois on entendait iniquement par là les gens de la cour, etceqi revenait i peu près au même , les gens de btste qualité. « Il y a des pénitents jusque dus h grand monde , jusques à la cour. > Bonu). i ^ croyait la vie intérieure trop sauvage posr paraître à la cour et dans le grand monde. > Bou. c Toute son étude fût celle du grand monde, i qi il plut , et il fût mêlé dans les meilleures eoD;agnies de la cour et les plus gaillardes. > S. 1 « Vicherley, amant déclaré de la duchesse 6 Cléveland, maîtresse du roi, passait sa vie dai le plus grand monde, et en peignait les ridinJ^ et les faiblesses. > Volt. « C'est-à-din que l' docteur Sangrado t'abandonne le sang du peopie, et se réserve celui des personnes de qualité. J<i> félicite de ton partage; il vaut mieux aroir affaire i la populace qu'au grand monde. > I:^ c Je passai huit jours i Valence dans le jrvi monde, vivant comme les comtes et les vavqé.^ In. A présent le grand monde comprend les ps de condition , les riches , les notables, les lotorites et tous les personnages haut placés. Un homme du grand monde et de condition Youloir aimer sa femme ! oh ! qoeUe Tiiiosl Itot- Le beau monde est toute autre chose : c'est is partie de la société qui brille le plus par sooir banité dans les manières et dans le lasrf ^ ainsi que par l'esprit et le goût. < Us baiosattraient à Pouzzoles beaucoup de heau sw«* » Roll. c Les pensées du beau monde et de U galanterie ont fait place à celles de Mars. »Sr « Stre sans cesse à étudier de bons motspoff avoir l'applaudissement du heau monde. » Bob- « C'est un grand Jour pour le heau «osdf ce de Paris qu'une première représentation. ■ Voit Aujourd'hui le beat* monde n'est plus guère (|W le monde qui se fait remarquer par la beauté© l'habillement et de la toilette, et tout au pins F l'élégance des manières.
Mais puisque nous voici dedans les Tnfleries, Le pays du beau monde et des galanteriei, Dis-moi, me trouves-ln bien tsit en caTsIier?»» Le grand monde est plutôt formé et îwp^ par les hommes , par ceux qui ont une fortje* établie ou qui cherchent à s'en faire une. «(?«' ne se façonne point à cette souplesse, ce»T«^ esprit qui n'est propre ni pour la fortune ni^ le grand monde. • Boss. « Ces "1»'®*^^ insupportables aux hommes généreux, twjj^ dans la cour et dans le grand me»*» ^ Pr vent espérer d'y faire une si belle fortiu»» » "^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
— Ca sont lei femmes surtout qui composent le beau monde f parce que sans elles il n'y a guère de compagnie agréable et polie , et parce qu^eUes sont en poaeession de Juger de la mode , du ton , de l'sir, des manières, de rajustement, et même en certains temps, des ouvrages d*esprit. Les Préeiiuset ridicules de Molière viennent à Paris pour être du beau numde. « Le rendez-vous du beau mondi est les soirs chez la maréchale d*Bstrées. 9 Siv. « Le titre de divinités se prodigue tous les jours à ces idoles (les femmes) , avec l'applaudissement de tout le beau monde. » Boss. « C'est bien à votre âge qu'on s'ensevelit auprès des femmes! Le Cirque, le Pirée, voilà vos écoles, et non pas pe cercle Ix'iYole qu'on appelle le èeauffionde. > Mabu.