DEUXIÈME PARTIE
dire à la merci des bètes féroces et des êtres dépourvus de sentiment, tels que les flots, les .vents, les tempêtes. Et quand miséricorde et merci se rapportent également à des hommes, on est à la miséricorde de celui de la pitié duquel on dépend , et à la merci de celui du pouvoir ou de la volonté duquel on dépend. Les six bourgeois de Calais , qui se dévouèrent pour le salut de leurs concitoyens , s'abandonnèrent à la miséricorde du roi Edouard III d Angleterre; Vendredi s'abandonna à la mer et de Robinson.
MODE. VOGUE. Une chose est à U mode ou en vogue, on la met à la mode ou en vogue, quand elle obtient ou qu'on lui fait avoir du succès dans le monde.
Hais mode annonce un succès de goût ou de caprice ; et vogue , un succès d'estime et de préférence. Ce qui est à la mode^ c'est ce qui pla!t aujourd'hui ; ce qui est en vogue, c'est ce qui est en réputation. La fantaisie fait la mode; l'opinion, la vogue. La chose à la mode est courue ou recherchée arbitrairement et passagèrement; la chose en vogue l'est par son mérite réel ou supposé. Une coiffure, un ajustement , une romance , un remède , est à la mode , c'est le goût dti Jour ; un médecin, un avocat, un ouvrier, un Ûvre, une doctrine, est en vogue ^ on en fait un grand cas.
« Une personne à la mode ressemble à une fleur bleue qui croit de soi-même dans les sillons où elle étouffe les épis , diminue la moisson et tient la place de quelque chose de meilleur, qui n'a de prix et de beauté que ce qu'elle emprunte d'un caprice léger, qui naît et qui tombe presque dans le même instant : aujourd'hui elle est courue, les femmes s'en parent; demain çlle est négligée et rendue au peuple. Une personne de mérite au contraire est une de ces choses qui embellissent le monde , qui est de tous les temps et d'une vogue ancienne et populaire, que nos pères ont estimées , et que nous estimons après nos pères... : un lis, une rose.» Labr. « Le livre d'fielvétius obtint une grande vogue, malgré le sérieux du sujet et le poids du format. Déjà dans ce monde frivole le nom de philosophie, qui commençait à être de mode, avait introduit les gros livres. « Lab. « La vogue de rOpéra-Co> mique a résisté à toutes les variations de la mode, » Id.
On dira plutôt de la poésie qu'elle est à la mode^ c'est une chose d'agrément; et d'un art, qu'il est en vogue , c'est une chose dont on apprécie l'utilité. .
Un poêle à la cour tai Jadis à la mode,' Mais des fous aajourâ'hui c'est le phis incommode. Quittons donc pour jamais une ville importune..., OA le seul art en vogue est l'art de bien voler.
BoiL.
Une actrice qui jouit dans le moment de la faveur publique , est à la mode ; un chirurgien de renom est en vogue,
« Cette grammaire diminuerait les changements capricieux par lesquels la mode règne sur les termes conmxe sur les habits. » Fân. « Je soupçonnne qu'il y a souvent de l'illusion , de la mode, du caprice dans les jugements des hom-
mes. » Volt. « Le ktma ou kaimac qu'Abraham fit lui-même, était une espèce de fromagtàla crème dont la mode a été chez les mabomètans.! In. ^ « Le temps de sa plus grande xogut (àa Cratès) était vers la cent treizième olympiade c'était pour lors qu'il florissait à Thèbes, etquu effaçait tous les autres cyniques de ce temps, i FÉN. c On est dans un temps auquel la scieoce des opinions anciennes est encore en copse. > Mal. « Un vieux chirurgien gascon avait un spécifique qui emportait toutes sortes du fièmseï moins de trois jours, de sorte qu'il s'était pari mis en vogiêe. * Lis.
MODÈLE, COPIE. Ces mots se rapportent] l'exécution d'un ouvrage d'après un autre, qi lui sert d'exemplaire ou de patron.
Dans la langue commune nulle difficulté : kdèle signifie toujours le patron même ou !':> ginal, et copie ce qui est fait d'après le modèk. « Les copiée, quoique fausses, supposent un «$> dèle, » BooRD. c La verta est un modèle (^i at peut être si bien contrefait , qu*il ne se disùcgat toujours de ses coptes. » In.
Mais en termes d'imprimerie copte se ditpeo modèle, car il désigne l'écrit ou L'imprimé d'aprà lequel on compose. Exception unique et tuài reconnaître par conséquent.
Girard prétend de plus que, de son côté, s*dé/e a quelquefois , dans les arts, le se» de 0pte, d'ouvrage fait d'après un autre; et il doue pour exemple les modHet de l'antique qai so« au Louvre. Mais, outre que les dictionnureiii mentionnent pas cette acception de modèU,èsi l'exemple cité il signifie toujours chose à iax plutôt qu'ouvrage qui en reproduit un autre eir cuté ailleurs et antérieurement.
MODELE, TYPE. Ce d*après quoi quel?»
chose est fait, figure originale.
Modèle a été formé du latin modus, messrt. manière , méthode , règle ; type est le grec rJa;. empreinte , moule , figure , esquisse.
Modèle appartient à la langue commune, 02» non pas lype. Buffon parle comme tout le rnoo^ quand il dit : < Le cochon domestique a s oreilles beaucoup moins roides , beaucoup pis longues et plus inclinées que le sanglier, qa® doit regarder comme le module de l'espèce. «B ailleurs : « Dans tout notre bétoil domcsi«ptf. la figure, la grandeur, la position, jadirecuea et même le nombre des cornes varie si fort, quu serait impossible de prononcer quel est pj?» cette partie le vrai modèle de la nature. » sa» c'est en savant, en naturaliste, qu'il s'expnnw dans les phrases suivantes. < Le mUe ^^^ beaucoup plus que la femelle sur la forme eiterieure du produit , et le mâle est le pr'na^ type des races dans chaque espèce. > ' l'hom s'est trouvé le même dans les deux »'<^°^*H la peau, les cheveux, les traits, 1» taOi^'f varié sans que la forme intérieure ait change : » type en est général et commun. »
Modèle se rapporte à la réaUté et à Is pnm type à l'idéal et à la théorie. On traTtiUcf " se conduit d'après un modèle; selon les pU»^ ciens, les idées de Dieu sont les typ^^^j"^ les choses créées. L'entent qui commence i e»^
SYNOmniES À RADICAUX DIVERS.
»u à dessiner suit le modèle placé sous ses yeux; lous avons dans Tesprit des types de beautés et e rertus. c Dans tous ses ouvrages la natur« résente le sceau de l'fitemel : cette empreinte in'ne, prototype inaltérable des existences, est i modèle sur lequel elle opère. * Buff.. Du reste, le sens des deux mots n'est pas exacîment le même. Le modèle est quelque chose a'on imite , le fype quelque chose d'où on tire es empreintes ou des calques. Bn se conformant Q modèle on fait des actions ou on produit des !UTres qui approchent plus ou moins de la periction; la type donne des images fidèles. C'est ; différence qu'il y a entre une figure exécutée ir un artiste d'après un modèU et un portrait lit au daguerréotype. Le sculpteur et le peintre availlent sur ou d'après des modèles; l'imprileur on le typographe tire des espèces de copiée 1 type par impression. Modèle , tout relatif & la *atique, exprime les efforts à faire pour atteinre i un original; au lieu que lype, mot essenellement théorique , annonce seulement la Tété avec laquelle est rendu ou reproduit un rigioal.
MODÉRER, TEHPÉRSIC ADOUCIR. MITIGER, 0D1F1ER. Corriger quelque chose qui pèche par ccès.
On modère ce qui est trop grand ; on tempère i qui est trop fort : on adoucit ce qui est trop trt pour la sensibilité et par conséquent désspréable ; on mitigé ce qui est trop sévère; et on lodi/îe ce qui est trop absolu.
De tous ces verbes qui sont opposés au trop et D expriment le retranchement , modérer est le lus général : il peut presque toujours se substiler aux autres , quand on ne veut pas parler rec une entière précision. Il vient du latin mous, mesure, et signifie réduire dans de certaines srnes, ramener à une juste mesure.
Tempérer est une espèce relativement à mode' T. Il ne se dit que de la force et en désigne iffaiblissement; au lieu que modérer se rap- )rte aussi à la quantité , et en marque la réducon : on modère la dépense et les impôts; on ne s tempère pas. « Le dictateur reconnut qu'il liait modérer la hauteur de son caractère. » OLL. « Il fallut que Moïse mît des bornes i leurs eux empressements et modérdt l'excès de leurs rgesses. * Vass. On modère l'excès en quelque mre que ce .^oit; on tempère l'excès d'activité, violence. Tempérer a pour racine lepof , tiéîur , état d'une chose qui n'est ni trop chaude i trop froide. « Ensuite , modérer a plutôt un ins moral : on modère ce qui va trop loin , l'ex- ^s qui n'est pas juste ou convenable. Modérer \s passions , se modérer (Acad.). « Son courage poussait au hasard , et la sagesse ne modérait u sa valeur. » Viv. « 11 est bien plus aisé de iiitter absolument le jeu que de le modérer. » ouRD. « Que messieurs de la religion prétendue îformée , voyant que l'aversion qu'ils ont contre orne les porte à des excès si visibles, tâchent de i mod^er. » Boss. « Vous dites que j'aurais dû ^érer mon emportement contre un homme qui l'a réellement servi. » J. J.
Tâchons à modérer noire ressentiment.
Patience» mon cosnr, doucement , doucement.
Mol.
Modérez vos foreurs, et saches aujourd'hui, Plus huiid>le en vos chagrins, respecter mon ennui. (Cljtemnesire à Electre dans Orcste). Volt.
Mais on tempère l'excès qui pourrait nuire et de peur qu'il ne nuise. « Former divers tribunaux qui se tempèrent. > Montbsq. « Tempérer l'éclat du trône par l'affabilité. » Mass. « Dieu ne lève pas les voiles qui tempèrent l'éclat de sa majesté. » Roll. < Si la colère contre le péché était sortie inunédiatement du sein de Dieu pour passer en nous, elle aurait été trop ardente et trop allumée , et nous n'aurions pu la supporter; mais, pour la temperer. Dieu l'a fait passer premièrement dans le cœur de son fils , où elle a presque amorti tout son feu. » BotJRD. « Cette membrane leur sert aussi (aux oiseaux) à tempérer l'excès de la lumière. » BuFF. « Les vents purifient l'air, attiédissent les saisons brûlantes , tempèrent la rigueur des hivers. » Fân. « Une fraîcheur étemelle y tempête les chaleurs du tropique dont ce climat n'est pas éloigné, s Volt. — Enfin , tempérer n'est pas seulement attiédir ou affaiblir, mais c'est le faire par un mélange avec quelque autre chose qui a des qualités contraires; c'est ainsi qu'on fempère l'eau bouillante en y versant de l'eau froide , et le vin en le mêlant avec de Teau : aussi dit-on absolument que l'eau tempère. « HériUe cite toujours : il fait dire & Platon que le vin enivre , et i l'orateur rom^n , que l'eau tempère. « Labr. Le verbe latin temperare signifie d'abord mélanger, composer un breuvage. «Les vices entrent dans la composition des vertus , comme les poisons entrent dans la composition des remèdes; la prudence les assemble et les tempère. » Laroch. < Télémaque admirait le feu qui sortait de ses yeux , et la douceur qui tempérait cette vivacité. » Fân. Tempérer la crainte avec l'espérance (Pasg. , MoNTBSQ.) , la sévérité par l'indulgence (Volt.). « Le misanthrope de théâtre, ayant à parler de ce qu'il voit, doit vivre dans le monde, et par conséquent tempérer sa droiture et ses manières par quelques-uns de ces égards de mensonge et de fausseté qui composent la politesse. » J. J. « Il semble que l'avertissement de Fabius aurait bien mieux convenu à Néron , dont le caractère était vif et bouillant, qu'à son collègue, qu'on avait choisi exprès pour tempérer la vivacité de l'autre. « Roll. « L'auteur est ici d'une médiocrité qui ne permet aucune observation, parce qu'on ne pourrait tempérer la critique par aucune louange. » Lah. « La justice de Dieu n'a point d'action qui ne soit tempérée par sa miséricorde. » BouRo. « Se sentait-on embarrassé ou gêné du respect qu'on avait pour sa personne (Condé)? Quel soin n'avait- il pas de le tempérer par tout ce qu'il y a d'obligeant? » Id. « Qu'il est rare de trouver des génies assez supérieurs pour tempérer par leur modestie l'éclat de la supériorité de leurs lumières, s D'Ao.
idouct'r, rendre doux ou moins f&cheux, donner de la douceur , se distingue nettement de tous ses synonymes en ce qu'il est subjectif ou relatif à l'impression produite sur l'âme. Ce qui est me*
DEUXlftHE PARTIS
àifi^ UmpérCy miHgé^ modifié àsv'mnXUà on tel; ce qui est adouci ne cause plus de douleur, ne choque plus , n'offense plus. On adoucit Tamertume (Corn.) , la rudesse (Boil., IfoL.)^ Taigreur (BouKD., Mass., VoLt.), le eanctèra oo Thumeur (Bourd., Volt.), 1& peine ou les peines (BouRD. , Tin. , Mass.) , les afflictions (Labr.) , les inquiétudes (Mol.), les infortunes (J. !.)• lés souffrances (Pasc.). « Ces exercices si propres à fiire des gens durs et sauvages ayaient besoin d'être tempérés par d'autres qui passent adoucir les mœurs. » Moktbsq. « Un hmome dont il ne fallait que tempérer la yiolence et odouctr Thumeur pour en faire un très*bon mari. * Mark. « Le premier soin de Niima devait être de travailler à adottctr et à appriroiser les esprits. » RoLL. « N'appréhendez pas mon joug, il est doux ; ni mon fardeau , il est léger. Le saint amour que j'inspire adouctl tout; il rend tout agréable et aisé. » poss.
Du Dieu qui nous créa la élémeSKe iBlnlo, Pour adoucir les nunu de celle courte vie , ▲ placé parmi nous deux êtres bienfaisants^. : UoD. est le doux Sommeil^ et l'anlre est l'Espérance.
Volt.
Miliger semble équivaloir à «doiictr, car il inent de mitig , doux , comme adoucir de dulcû , doux. Mais, au lieu que dulcif veut dire doux , agréable, mitit se prend pour doux, mou, tendre, flexible. C'est pourquoi odonetr reste seul subjectif, et mxHger se dit, dans une acoeption très-restreinte, pour assouplir une régie ou une loi. Une loi adoucie est moins rude; une loi mtiigée est moins roide, moins inflexible; elle est rââchée. — D'ailleurs» nutt^er, mtltfore, n'est pas du langage commun : il annonce une diminu* tion de rigueur, qui n'est pas l'effet de la bonté, de la tolérance ou de la facilité d*un supérieur, Bomme pourrait être un simple adtmcitctmcnt ^ mais l'effet d'un changement opéré régulièrement par l'autorité compétente. « On appelle ordres mitigés ceuc dont la règle primitive a été odoucte par une règle nouvelle. » Roub. Un socinien oo rigide ou mitigé (Boss.); des républicains rigi> des , des républicains mitigés ( Volt. ). « Ces hérétiques se mitigoaietU quelquefois 4 l'égard du mariage : on le permettait à un garçon qui épousait une fille, s Boss. « Les mitigations de Mélanchton avaient mené peu à peu les luthériens des excès de Luther contre le libre arbitre à ceux des demi-pélagiens qui l'outraient. » In. « Qu'on rende à la discipline son austérité, sa vigueur ; que la faveur ne se mêle point d'en mitiger les lois sévères. » Mark. « Il est vraisemblable que le pouvoir de Gharlemagne dans Rome était fort mitigé pour ne pas trop choquer les Romains. » Volt. « U était permis d'appeler à César pour mitiger une peine, maïs non pour l'aggraver. » In. « Cette sentence fut mitigée et changée en un exil perpétuel. » Roll. c Ayant une ooUectioiT considérable d'estampes dont les droits , exigés à la rigueur, attraieat passé mes ressources , je les priai de tâcher de faire mitiger le droit. > J. J.
Modifier a une ùgoification tonte aussi spéciale. Use s'emploie qu'en parlant des expres-
sions, et c'est les restreindre, en dininiier >. sens , le rendre moins étendu. On eiodi/W proprement une proposition. Selon rAcadëmie, oc g; aussi mtti^er une proposition. Nous n'en ani! jamais trouvé d'exemple. Du reste, quand inte cela se dirait, ce ne serait toujours qu'en paiiii de doctrines morales d'une austérité oaUie.!: lieu que modifier est aussi d'usage quand lie question de toute autre chose. « Le plénipo'£h tiaire est vif et grand parleur, pour dire plusics: choses indifférentes qui se modifient oa qai s détruisent les unes les autres. » Labs. < Qm, Dieu veut seulement menacer, il ijoute tOQ>sn à ses menaces des conditions qui en suspe&dc; l'effet et qui les modifient, s Booan. < Tertolz: se trompait dans la première propositioD, uli prenant pas au sens orthodoxe qui la fnodi^ j Id. c II aurait dû modifier son assertion. ' B:?t « La harangue du premier président se termo: par demander que l'édit des monnaies f&t ovoyé au parlement pour le modifier. » Mm « Vous commencez , pour rendre ma propos^L^ plus dure, par supprimer charitablement ItK toujours , qui non-seulement la modt'/if, maisf^ lui donne un autre sens. *J.J. «Jfod>/i<r^ clauses d'un traité. % Acad. — MUiger m i: ou une peine regarde la loi ou la peine ellHata; qu'on Tend moins sévère ; la modifier se î^fi plutôt aux termes qui l'expriment.
MOLLESSE, NONCHALIKCE. Déduit qoi»
sisteàagir d'une manière lAche, langaiwat, peu ou point animée.
La molleue est objective , relative à r«fe' à l'action, et non à l'agent; la nonMMits subjective, relative au sojel ou à l'agest ir elle constitae une qualité mauvaise. On Dut v molle résistance; on a l'humeur moncMaxti.:dit un nonchalaut^ c'est une sorte de earactc! par la raison contraire, on ne dit pis di c^ façon absolue un mou. Se battre moUimai,c^ Y aller de main morte ; se battre nosc^eca; c'est y mettre du laisser aller, de TabaïKiaL
Il n'y a dans la mollesse que de la laibles qu'un manque de fermeté eu de Tîguear. il'ssoupissement de la molUsee, » D*Afi.<i|pf i"^ I vigueur , parce que c'est Tordre de Cien (p^'^' ne fiasse rien Mollemenf. » Boss. « La swOetf f le reUchement d'un côté , et de l'autre le bv tisme, sont les effets de cette illusion. >Id.(^ mollesse est une langueur de rime qui Teogcv dit et qui lui ôte toute vie pour le bien.... U^ une foi m&Ie et vigoureuse qui goonnande c^ moUesêê.^, L'homme moM ne saurait s'assojea dc| suite au travail ni se eontcaiodre Joogte^ ni s'appliquer courageusement A se earàfi^ C'est le paresseux de l'JBcriture, qui îent ^^ veut pas, à qui les mains tombent de Jio^' dès qu'il regarde le travail de pr^>^^ règne encore dans vos lettres on ton de *^ et de langueur..* J. J. « La moUesse et l'iao^^ dn tentatives pour défendre Capoue pendastf les Romains l'attaquaient avec une Ttga^^' croyable. » Roll. c Par là (des délices ca^ nuelles) l'ei^rit et le con» oostisctest use ^ blesse, une moUesse qui les rend iactf^'^J'. tout effort. » Is. — Mais dans U noium^*
SYNONTMBS A RADICAUX DIVERS.
y a de plus que dans la moI2etae im peu de Dégligenoe , ne se chaloir de rien ayant signifié anciennement ne se soucier ou ne s'inquiéter de rien. « Nonchalamment est un vieux mot pour lequel on dit négligemment , peu soigneusement. » Vaug. « U laisse ses affaires en désordre par nonchcUanee» » àcao. « Si toute notre prévoyance ne peut rendre notre vie heureuse, combien moins notre nonchalance t » V>.uv. « Numa voulait que ses citoyens n'assistassent pas au service divin et aux prières, publiques négligemment et avec fumcAoîanee et distraction , mais qu'ils abaadonnassent toutes leurs occupations pour raquer à câlle-làavec une application entière. » Roxx.
Un soldat bien récompensé
Le gardait (ce mon) avec vi|ilaiiee.
Il élait dit par ordonnance Qae si d'aotrea Toleurs , un parent, un ami , L'enleraient , le soldat, nonchalant y endormi ,
Remplirait ansBitÛt sa place. Ltr.
On dit la mollesse d'une tentative (Roll.) , et la nonchalance du salut (Pàsc). On regrette pour le succès d'une entreprise qu'une personne ait de la mollesse; on lui reproche d'avoir de la nonchalance. « 11 faut avoir oublié ses péchés, ses obligations..., pour faire nonchalamment et avec nrwUessê et indifférence une action aussi importante. » Boss. Voilà le mot : la nonchalance com^ prend la mollesse et l'indifférence. L'homme mou est incapable d'effort; le nonsbolanl, d'effort et âesoia.
Aussi nonchalance se met-il bien après mollesse comme y ajoutant quelque chose, il y ajoute nne idée d'insouciance. « Le salut ne se fait point avec inolUsse et none/ialance. » Boss. « Démosthëoe rejette sur la moUese des Athéniens et sur leur nonchalance la cause de leurs désastres. > HoLL. « Antoine , par mollesse et par nonchalance , ne se h&ta pas d'entrer en section. » In. « Après s'être assuré de la moUesse^ de la nonchalance^ éa la timidité de la classe aisée et paisible , ce parti cessa de dissimuler. » HABM.^
MOMENT, INSTANT. Noms qa'on donne aux plus petites parties du temps.
Mais un moment, quoique court, Test encore moins qu'un instant « Voua épouser I qu*à cela De tienne, dans ce momenl, dans Yinstant; je ne demande pas mieux, je vous jure; et je voudrais d^à que cela fût lait. » Volt. En un mo* ment^ c'est-à-dire en peu de temps; en un instant^ c'est-à-dire en un clin d*œiL
Le moment se représente comme un espace de quelque étendue ; on y conçoit une sucoession , suivant Tétymologie du mot, momentvm pour movimentum, mouvement : dans un moment de disette (Vbbt.) , c*est-à-dire durant une disette. L'tnfMml, ce qui est instant, suspendu au-dessus, ce qui presse ou menace , est» au contraire.
I. Girard a comparé ensemble mou et indolent^ gai se ressemblent beaucoup moins qoe mon et non* tkaUtnt, En effet la molteste, comme la nonehalanee^ ae rapporte à la volonté et conshie dans vn défaut d« ncvt, dans une certaine inctpaellé d'effort; an lien que i'mdnUmee se rapporte A la SfwmiWlirt et eonsisie à n'ècre pas aceessiUe anx impresskms, suicepUUe d'être ima.
quelque chose d'inétendu , et répond au latin punctum, un point, qui se disait dans le même sens. « Notre existence est un point, notre durée un instant , notre globe un atome. » Volt.
L'heure d'un rendez -vous d'ordinaire s'étend. Et n'eat pas resserrée aux bornes d'un instant,
Uou
Moment se prend quelquefois dans le sens général de temps, abstraction faite de toute idée de brièveté : au moment que, c'est-à-dire lorsque? bien employer ses momento , c'est-à-dire ses loisirs ou les différentes parties de sa vie; avoir de bons moments , c'est être bon par intervalles , sans que la longueur de ces intervalles soit déterminée. Au contraire , instant emporte toujours l'idée d'un temps extrêmement court.
La campagne avec vous me semblera riante ;
Les jours m'y parallronl aenlement des instanu,
Dest.
c Tous les temps ne sont qu'un instant , comparés à la durée de Dieu , qui est éternelle. » Labr. « Il ne faut pas compter les années du monde ; le nombre des grains de sable de la mer ne leur est pas plus comparable qu'un tnstone.» Hontbsq. « On peut toi^ours concevoir un temps plus grand sans dernier , et un moindre sans arriver à un instant et à un pur néant de durée. » Pasc. « L'indivisible est un zéro d'étendue. On trouvera un pareil rapport entre le repos et le mouvement, et entre un instant et le temps, car toutes œs choses sont hétérogènes à leurs grandeurs. » In.
« J'ai senti palpiter mon cœur à chaque papier que j'ôtais (de dessus ton portrait) , et je me suis bientdt trouvé tellement oppressé, que j'ai été forcé de respirer un moment sur la dernière enveloppe.... 0 ma Julie, qu'il est prompt, le magique effet de ces traits chéris 1 Non, il ne faut point un quart d'heure pour le sentir; une minute , un instant suffit pour arracher de mon sein mille ardents soupirs, s J. J. « 0 délices , vous avex disparu comme un éclair. Cette éternité de bonheur ne fut qu'un instant de ma vie. Le temps a repris sa lenteur dans les moments de mon désespoir, et Tennui mesure par longues années le reste infortuné de mes jours. » In.
Le moment se considère bien d'une manière concrète, en rapport avec les événements qui s'y passent : un beau (Volt., J. J.), un heureux (Acan.), un délidoux (J. J.) moment; un auteur a des moments admirables (Agad.) ; nwment seul signifie une bonne occasion, un temps opportun ou favorable. Vinstant se considère d'une manière abstraite, et ne reçoit des faits aucune qualification. On arrive en un instant au triste moment de la mort. « Rappelez ce moment terrible (de la mort). Vous y viendrez ; et , quelque loin qu'U puisse être y ce sera demain , et vous y arriverez en un instant. » Mass. «Quelque sage et quelque heureux qu'on soit, on a toujours quelque fftcheux moment qu'on ne saurait prévoir; il ne faut souvent qu'un tnstani pour changer la face entière des choses qu'on croyait le mieux établies. » Gin.
UONDB, UNIVERS. L'assemblage des êtres; le ciel, la terre et ce qui y est contenu.
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