‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 377 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

moi) , si je voyais mieux ceux que je n'ai fait que conjecturer! • J. J. « LîTré i la haine publique, sans qu'il me fût possible d'en apercevoir , d*en conjecturer au moins la cause, s Id. « On ne dé* couvre point l'homme sage, tant ses conduites sent profondes ; mais il sonde le cœar des autres , et on dirait qu'il devine, tant ses conjecturée sont sûres. » Boss. « Dieu ne pourrait voir la déter* mination des causes libres que pai conjecture , ce qui est contradictoire avec la prescience infinie.»

M0!?TBSQ.

Toutefois conjecturer se prend aussi dans le sens logique et judiciaire de présumer ; mais il annonce quelque chose de plus falbie on de moins fondé , de moins probable : la conjecture n'est guère plus qu'une supposition, un soupçon. « Nul n'a droit de conclure positivement que )a pénitence faite par un homme du monde soit indigne. Mais au défaut ^e l'évidence, du moins on peut en avoir des conjectures; et ces conjectures peuvent être si fortes, qu'elles donnent lieu i une raisonnable présomption. » Booan. c Les juges de Toulouse , qui condanmérent Galas au plus horrible supplice , devaient avoir certainement plus de présomptions de son innocence que de son crime. Les juges du bailliage de Bar, qui firent périr en 1768 un vieillard nommé Martin sur la roue , le condamnèrent sur les plus fausses conjectures. » Volt. « Le prédicateur ne fait point valoir, comme l'avocat, les violentes conjectures et les présomptions, > Labr.

La présomption est objective , donnée par les choses. On dit, non pas ma pr^omplûm, mais la présomption^ comme on dit la vraisemblance. « 11 n'y a que de l'avantage pour celui qui parle peu, la présomption est qu'il a de l'esprit. > Labr. « Si Sésostris construisit ce mur pour n'être point volé, c'est une grande présomption qu'il n'alla pas lui-même voler les autres nations, et conquérir la moitié du monde pour son plai sir. » Volt. La conjecture y an contraire, est subjective ou dépendante du sig'et , arbitraire ; aussi dit^n, non pas la conjeelure, mais ma conjecture^ comme on dit mon sentiment, ma pensée, mon goût, c Voilà des soupirs qui veulent dire quelque chose, et ma conjecture se trouvera véritable. » Mol.

▼ALBBK.

Ergaste, que dis-ln d'une telle aventme?

■BQAITB.

«« .Selon ma eoujeeiure^

Je tiens qu'elle n'a rien de déplaisant pour tous.

lo.

t J*ai vu avec la plus grande satisfi«ction mes conjectures confirmées par 'les faits. » Buff. c L'esprit critique rend les hommes déterminatifis et letir fait préférer leur goût et leurs conjectures k toute tradition et à toute autorité. »

^u^rer se dit seulement en parlant des choses à venir, qu'il fait considérer comme devant être bonnes ou mauvaises, heureuses ou malheureuses. « Les plaisirs de la table avec quelques étrangers ne firent pas augurer que le'czar Pierre serait un réformateur. » Volt. « Ces facilités du régent firent augurer en lui une faiblesse

fort nuisible à l'Etat et aux honnêtes gens. >S.S. < Les ennemis de César n'auj^éreat pas iani des suites que son faste devait entraîner. » Roii. c Pendant que Platon était encore tu mai'k>t, un jour qu'il dormait sous un myrte, oo di{ Qu'up essaim d'abeilles se posa sur ses lèTm, d'où l'on ewgura que cet enfant de? iendnit on homme éloquent, dont le stjle serait d'où grande douceur. » In.

L'effet en sera prompt et me sera fstsL

LE MAaqois.

Pourquoi de mes desseins augmm-ivos » mai.'

% Dut.

PRÉVitLOIR (SE), SE GLORIFIER, SE TARGIU Tirer avantage.

Il existe d'abord une grande difTérence ectt se prévaloir et se glorifier. On se prêtant d a chose qui fait qu'on pr^oaul, qu'on tant snê. {prx) les autres ou plus que les aotre^ 71 donne de la prépondérance ; on se gUmfe d ss chose orlorteuee, dont on fait gloirSs quibse l'amour-propre. Vous vous prétaUx de «dît vous tirez profit; vous vous glorifiex de cedol vous tirez vanité. Qui ne se prévaut pas, 1< pouvant, est désintéressé ou loyal; qui ne seg^fr pas, quand il y a lieu, est modeste. U y ap!» que toujours iiytutice ou usurpation isefi*nloir^ et assez souvent orgueil à se gUm^.^ se prévaut àt son autorité ou de la faiblesse ^c adversaire pour obtenir quelque chose d utlt pour se rendre le plus fort , pour l'emporter x les autres; on 10 glorifie de sa noblesse os i son savoir comme de quelque ohose de beau, s se glorifie d'avoir fait une action qu'on estiv honorable et digne de louange.

c Les anciens Romains ne se voulaient pvaloir en leurs guerres que de la vertu siopk^ naifve,... En la guerre contre AiioTistos, il^' Teint- quelque remuement entre les deui ansées: sur ce tumulte, César se trouva avoir fort ffoi advantage sur ses ennemis; toutesfois il ne ic voulut point prévaloir', de peur qu'on luy p^^ reprocher d'y avoir procédé de mauYaisefcr • MoNTAXGir. « A Rome, les esprits ambitimet remuants excitaient les jalousies pour l'ec fff^ valoir. » Boss. « Vous ne pouvez vous prÂ^ des passages de Vasquez que vous m'opposes- > Pasc. « Cette faiblesse qu'on sent dans ia ^ fait que chacun ne songe qu'à s'en prévaloif'^ les presse , on les importune , on les accable, d on réussit en les accablant. > Fin. « Ha Ut» pouvait donner sur moi bien des prises. Il •< ^ avec joie; mais comment se prévaloir de c^ avantage sans se compromettre f Bo moum cette lettre, il s'exposait au reproche d'aboser « la confiance de son ami. > J. J. Un wéàtcin d» à d'autres dans MoUère : « Profitons des soitL* des hommes le plus doucement que ^^^J^^^^ rons; nous ne sommes pas les seuls qoi (icfcoà fiottf Revaloir de la faiblesse humaine.»c II fout qu'il y ait un étrange renversement disi la nature de l'homme pour vivre dans cet et- (de négligence du aalut) , et encore pins poitf ^faire vanité.... Ce repos. brutal entre \iciv^ de l'enfer et du néant aemble si beau, qii« v**

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

ulemeKit ceux qui sont yéritablement dans ce >ute nnalheureux, jTen glorifient, mais que mx m6zne qui n*y sont pas croient qu'il leur est iorieux de feindre d'y être. > Pasc. « Les sociiens , les indépendants, les trembleurs se priorient de leur simplicité : ils se vantent tous de ne ien croire que le symbole. » Boss. « Ne yante ooc pas ta science , qui ne sert qu'à te repdre lus coupable; ne te glorifie pas de tes dons, ui ne font que t'obliger i un plus grand ompte. »lD. « Il vit à l'égard de Dieu dans une spèce d'indépendance d'autant plus criminelle ue, bien loin d'en rougir, il semble encore >u7ent *'en glorifier, » Bourd.

Se targuer ne vient pas de la langue latine omroe leS deux mots précédents; son origine est ertaînement vulgaire. Aussi appartient-il au ingage commun. Il ajoute à l'idée de te préaloir et à l'idée de te glorifier celle d'une outreaidance rare; en sorte qu'il signifie te prévaloir a se glorifier avec un excès, un emportement dieux ou ridicule. C'est, du reste, un mot qui B trouve à sa place dans des écrits tels que les omédies de Molière et deRegnard, et les Conftsiont de J. J. Rousseau. « Se targuer de la »lace de gouverneur et de chargé de la peronne du roi pour empêcher le régent de parler eul au roi dans un cabinet, c'était (pour le naréchal de Villeroy) porter l'audace jusqu'à Her des soupçons les plus fous et les plus iniirieax. » S. S. « Pour imposer à l'ambition , il ftut Viotimider. Doit-on donc affecter de l'orueil, vouloir dominer chez ses voisins, prendre es airs insolents et menaçants de hauteur, se lire un point d'honneur de ne point reculer, uand on a tort, et te targuer de ses forces f

[oa.aCOND.

Certes, vous vous targuez d'un bien faible avantage, Et, vous faites sonner terriblement votre âge. C^ que de plus que vous on en pourrait avoir M'eit pas un si grand cas pour s*en tant prévaloir; Et je ne sais pourquoi votre âme ainsi s'emporte, Madame, à me pousser de celte étrange sorte.

Mol.

1* PRIER; — 2* SUPPLIER, CONJURER; -- ' USVOQUER , IMPLORER. Demander en grâce, ;ir auprès de quelqu'un pour qu'il veuille bien ou s accorder quelque chose.

f* Prier.

jye tous ces verbes prter est le seul qui soit i>solu : il désigne le genre d'occupation , une ^cupation religieuse, un exercice de piété, qui insiste non-seulement à s'adresser à Dieu dans t l)eâoin , mais encore à lui rendre grâces, à le ènir, aie louer, à tourner vers lui son esprit et ^n cœur.

atbalh.

Tout ce peuple enfermé dans ce lien,

A quoi s'occupe- l*il?

JOAS

U loue, il bénit Dieu.

ATBALB.

Dieu veut-il qu'à toute heure on prie ^ on le contemple? Rac.

On ne peut pas toujours travailler, prier, lire.

BuiL.

Si je ne rougis pas de mon Dieu, je ne rougis

pas de le craindre, de l'honorer et de le prier. > Boa an. « Il passe les nuits à prier. » AcAn. — Quand ^er s'emploie relativement, et que la prière est faite à un être quelconque. Dieu , un saint ou un homme, de qui on sollicite une chose qu'on regarde comme une grâce, prier, alors véritablement synonyme des verbes suivants, est à leur égard le mot simple, celui qui exprime l'idée générale , abstraction faite de tout accessoire.

2» Supplier^ conjurer.

Supplier et conjurer ont pour accessoire de se rapporter à la manière : tupplier, c'est prier d'une manière humble , soumise , respectueuse ; et conjurer , prier d'une manière pressante , instamment.

Supplier, de sub plicare, plier au-dessous , se prosterner, marque une posture de tuppliant , d'homme qui s'abaisse , qui se jette à terre ou aux genoux. « Quand il s'agit de confesser sa faute, de faire satisfaction, de tupplier^ la voix devient douce, timide, soumise. » Roll. En parlant aux rois ou des rois, aux grands ou des grands, c'est le mot propre. «Votre Majesté a toujours daigné nous entendre par elle-même; et nous ne craignons pas de lui déplaire , en la tuppliant à genoux , comme nous faisons, que notre jugement parte de son trône, s Boss. c Le peuple même , dans un jour d'assemblée , se jetant à leurs genoux (de Pompée et de Crassus), les tupplia de vouloir bien se réconcilier. » Vbrt. «Nous nous jetons, sire, aux pieds de Votre Majesté : nous la tuppliont de nous faire jouir de ces privilèges. » Volt. « Dans les derniers états généraux , la nation tuppîia Louis XIII d'abolir les restes honteux de l'esclavage. » In. Autrefois les requêtes commençaient par : « Supplie humblement un tel.... » Acan. — Toutefois à l'égard de Dieu et des saints on se contente ordinairement du mot de prier , soit parce que leur supériorité est tellement incontestable qu'il est inutile de la faire sentir par nos expressions, soit parce que primitivement prier est un terme consacré pour signifier un acte de culte. Il ne faudrait pas croire , du reste , sur la foi de Vaugelas, que ce fût une faute de dire tupplier Dieu, au lieu d3 le prier. < Remuez, Seigneur, remuez nos consciences. Votre prophète vous ffuppItatC de ne le point reprendre dans votre fureur , et de ne le punir point dans votre courroux. • Bouan.

Conjurer, c'est prier avec force , en jurant , en faisant intervenir les choses saintes , par ce qu'il y a de plus sacré. « Un prédicateur a beau déclamer, un confesseur a beau conjurer ^ exhorter, menacer...; on ne se réveille plus.» Boobd. « Cette mère avait prié un solitaire de venir à Antîocbe et de se charger du soin de son fils. Elle l'en conjura d'une manière si vive et si touchante, qu'il ne crut pas pouvoir s'en défendre.» Roll. Dans les Fourberiet de Scapin, Scapin dit à Octave : « J*ai fait de grands serments de ne me mêler plus du monde; mais si vous m'en priez bien fort, peut-être.... » A quoi Octave repond : « Ah ! s'il ne tient qu'à te prier bien fort pour obtenir ton aide , je te conjure de

DEUXIÈIIfi PARTIE

tont mon cour d« pxpoàn la conduite 4e netpe barque. » Mol. a Contraiiu-les d'entrer me veut dire autre chose, einon, prieXy conjurer, pressez, obtenez, s Volt. « J'avais cent ibis remontré, prié y pressé, conjuré , et toujours inutilement. » J. J. « Je Tai prtV, piessé , eon^ juré, boudé, baisé, je lui ai pris les deux mains, je me serais misa à genoux s*il m*eût laissé faire : il ne m'a pas même écoutée. » In.

f Iftvoçuer , implorer.

Invoquer et implorer ont pour accessoire de se rapporter à l'objet. Anssi, à la différence de leurs synonymes précédents , prennent-ils bien le mot qui exprime cet objet pour complément direct : invoquer ^ tmplorsr le secours de Dieu ou de quelqu'un. Ils supposent d'ailleurs une situation critique qui exige qu'on nous Tienne en aide; et par là leur signification se trouve étroitement déterminée. Nous prtonf, nous supplions ou conjurons quelqu'un de faire toutes sortes de choses , de nous laisser tranquilles ou en repos , par exemple; quand nous Vinvoquons ou que nous rtmp/orons, c'est toujours afin qu'il nous assiste , afin qu'il use de sa puissance en notre lisTeur.

Invoquer, invoeare^ c*est appeler à son setonrs ; implorer, in plorare, pleurer à ou vers . on se tourner vers quelqu'un en pleurant , c'est appeler à son secours en cherohant à toucher, étant dans une position déplorable ou digne de pitié. Bourdaloue reproche aux chrétiens d* invoquer les saints pour des biens temporels , pour être plus heureux et plus opulents; et quand nous invoquons une loi ou le droit commun, c'est sans supplication et sans nous trouver en général dans une position à verser des larmes. Hais des prisonniers qu'on égorge implorent la pitié et la bonne foi de leurs assassins (Boss.); on implore la clémenee, la miséricorde. — On invogue en priant simplement , quelquefois même sans prier y auquel cas c'est nn droit qu'on revendique; on in^lore toujours en prient, et même en suppliant, c J'oserai donc non implorer la protection des princesses, mais invoquer leur justice. > Bbaum. « L'homme est naturellement obligé d'invoquer et d'implorer continuellement le secours divin. » D'Ag.

Dans cet asile saint elle êwooiM é genooK

La faveur de ses dieux, qu'elle implore pour vous.

Voit.

PRIER à dîner, INVITER à dîner, (PRIER de dîner). Faire l'offre d'un dîner.

Bans l'expression prier à dîner , prier ne signifie plus, comme primitivement, demander une gràoe ou demander quelque chose comme une grâce, avec soumission et humblement; c'est un terme de pure civilité qui , par l'abus qu'on a lait des mots prier et prière , a fini par marquer de la familiarité et du sans-façon. « On fait dire à Jésus, qu'il ne faut pas prier ses amis à dîner quand ils sont riches. » Volt. « Retiré chez lui , Babouc envoya chercher des livres nouveaux pour adoucir son chagrin , et il pria quelques lettrés à dîner pour se réjouir. Il en vint deux fois plus qu'il n'en avait demandé. » Xd. a Sylla ordonna qu'un hâte donnerait A chaque soldat

logé chex loi qoatre dragmes pir jonr, HqaT. lui donnerait à souper à lui et i toos les inu» qu'il voudrait prier. » Roll. Kme de SèTîgsèdit au sujet de son ami GoitinelU, bel esprit qves disputaient plusieurs sociétés, mùqoemat pour égayer leurs repas ..« « Je ne le vois plus.... S quelquefois le matin je ne me ttonuis i m passage quand il va à Tun des trois ou (joatR dîners où il est tons les jours prié y je d£ k reconnaîtrais plusb »

InvUer, latin invitare, supixne, aacontni». de 1& considération et de la cérémonie. tPhiSj^t de Macédoine se prépare à célébrjsr à£^, aïs une magnificence incroyable, les noces de Ckt» pAtre sa fille. U y avait invité toutes les jesonnes les plus considérables de la Grèo.* Roll. « L'empereur Othon II voulait régs».; entre donc dsns Rome; il y invité à âbere principaux sénateurs et les partisans da cobsl on dit qu'il les fit tous égorger. > Volt. «lera Christiem U invita à souper dans son >is deux évêques, tout la sénat, et quatre-vingti» torze seigneurs.... Tous les convives furent ::a' sacrés. « In. — cSocrate dit à Aristodcsf Seriez-vous d'humeur à venir aussi sooper as Agathon , quoique vous ne soyez poim frïK Homère feint que Ménélas vint au festio d^i^ memnon sans être invité, s Rac.

D*autre part, inviter, comme on peut le lOirF les deux derniers exemples de Voltaire, este propre à désigner une manœuvre oa qs uti? pour faire venir, pour attirer. « Un autre pli:i^ s'y prenant mieux, engageait une vieilk «^ dienne de ses amies à m*inviter à sonpir es elle où il ne manquait pas de se ttourer.i La

.Prier de dtner équivaut à prier à àisir.ei une légère différence qui a été indiquée disk r* partie, p. 62.

PRINCIPE , ÉUÊVENT. Les priii«p«f ^ * | éléments d'une chose sont ce qui la fait eut;-' causes ou les fondements de son ezistencâi

Mais principe, latin prifieipium, dont linP est pra9 aTant, a une signification plus étends! il exprime tout ce qui préexiste A un objet et is donne l'être. É^ment, du latin alime»Sf».i^ ment , nourriture , substance , désigne seolo^ ce qui constitue l'objet, la matière qui lecsspose. Le principe peut être abstrait; UU»^ est concret.

Outre les atomes, c'est-à-dire les «T^ £picure admet encore un autre prûwtpr. p^ le vide , < mais il ne le considère pas cono^ principe de composition des corps. > Fis. 1^ ment est toujours un principe de comp»'^ des corps. De même Aristote reconnaît c«3» principes des choses naturelle» et h m»^^^ privation; à propos de quoi Fénelon ajoute {<* remarque : « Aristote ne considèpe P»j*P"J|[ lion comme un principe de compesw^^^ corps, mais comme un principe externe deproduction. » Elément de production ne « pas. La chaleur est le principe et non Ifl'^ de la vie. Dieu est un principe et non db"^ ment des choses. « La physique est c«^^^jg plique les principes des choses nalnrelio^^ propriétés des' corps; qui discourt de»^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

es ^UmttUt^ des métaux, des minéraux, des

wcest des plantes et des animaux. > Mol. Dans

» systèmes de certains philosophes grecs, le

iUy auquel ils donnent le nom et le rôle de

'ieu , est moins un principe qu'un élément , dit

ondillac , en propres termes , car ce n*est tou-

)urs qu'une matière très-subtile dont les parties

roduisent toutes choses par ieups transforma-

oas et leurs combinaisons. L'homme a deux

rincipei^ Dieu et la terre; en tant qu*&me, il

st e n Dieu , comme dans son seul principe et sa

suie cause ; tout le resie est tiré des éléments!

ar €out le reste est terrestre et corporel (Boss.).

* « Albert le Grand enseignait les principe* du

hau d, du froid, du sec et de l'humide. > Volt.

Arlstote tient que tous les corps terrestres sont

imposes de quatre ^2/mentf, .la terre. Teau,

air et le feu. » Tin,

PRINQPES, ÉLÉMENTS, —RUDIMENTS. Noons sur une science ou un art.

Les pnncipes sont des règles, des préceptes, uelque chose de général qui s'adresse à des esrits qui réfléchissent et raisonnent, c Personne *a connu mieux que Dumarsais la métaphysiue de la grammaire ; personne n'a plus approsndi les principes des langues. » Volt. < Quittez es recueils modernes, et étudiez fort sérieuement toute la suite et tous les principes de la eligion dans ses sources. > Ftv. Les éléments, a contraire , sont quelque chose de simple , de ensible , de matériel , en quelque sorte , qui est •on pour les commençants. On enseigne à des lomestiques les éléments du salut (Bouro.)? à les enfanta, qu'on catéchise , les éléments de a religion (Boss., Roll.)> «Kous sommes encre dans les préludes de notre «oieno»; ne soulaitons pas de demeurer dans eae premiers l^nMfili. • Ross. « Ignorait-elle les premiers Umenis de la religion qu'on enseigne aux pins etits enfants dès qu'ils sa?enl parler?» Fax. — Mes réponses dérivent inmédiatenMnt des preiiera.]N^'fictpes de la justice et des pwmierS'^MlenU du bon sens. « J. J. « Peur ce qui regarde art oratoire, les inrtnei'pef gèoènux, les pieaiers éléments sont en tout temps et en tous ieuz les mêmes. » Las. « Les Grecs et les Rooains donnaient un temps considérable et une pplication particulière à l'étude de leur propre sngue , au lieu qu!il est très-rare que nous apirenions la nôtre par principeff.... Gliez les Eooains, Tunique emploi des nrriNimuiltaleff ou Utérateurs était d'enseigner aux entants les iremiers éléments de la langue grecque ou laine. » RoLL. « La même année panisent les fuftdifet de Justinien; c'est un livre qui con-' ient les éléments et lés ]>f tMtpfc du (broit -vonnin. » lo.

Quelquefois même les éUmenis n'ont rien de héorique , sont concrets , pour ainsi dire, rèsulent d'obseryalions particulières. « En attendant e sacre, on amnsa le roi (Louis XV) de l'attaque L'on petit fort dans le bout de l'avenue de Ver- Ailles , et à lui montrer ces premiers éléments nilitaires. « S. S. Voltaire parle d'un enfant qui m contemplant le ciel apprit par lui-même es premiers éléments de l'astronomie, et, à

quelques lignes de là, il rappelle que Galilée expliqua les véritables principes de l'astronomie devant le doge et les sénateurs de Venise. sur la tour de Saint-Marc.

Les rudiments sont les éléments les plus élémentaires» ceux qui ne font que débrutir ou dégrossir : ce mot vient du latin rudts, brut, grossier , inculte , ignorant. « Il a fallu beaucoup de temps pour que des hommes doués d'un ta* lent singulier, aient formé et enseigné aux autres les premiers rudiments d'un langage impartait et barbare. » Volt. « Ignace de Loyola n'ayant pu apprendre en Espagne les premiers rudiments de la grammaire , il alla se mettre eu sixième , dans Paris , au collège de Montaigu. > Id. « De ces rudiments informes (exclamations formées de voyelles) il y a un chemin immense pour arriver à la syntaxe. » Id. « Ce sont là les rudiments de la philosophie , qui sont loin , je l'avoue , du génie de nos sophistes. » Lab. Les rudiments y c'est-à-dire Ta b c

PRIVÉ, APPRIVOISÉ. Ces deux mots se disent des animaux soumis au pouvoir de l'homme par opposition à ceux qui en sont indépendants.

Grammaticalement, ce sont deux participes. Néanmoins , comme dans d'autres acceptions , privé est un adjectif pur, et que d'ailleurs le verbe priver auquel 11 correspond est peu usité en comparaison d'appnrot>er, prive a une signification tout adjective , il marque un état , une qualité, et ne rappelle point d'action. Apprivoisé ^ au contraire, a toujours avec le verbe d'où il dérive un rapport qui se présente nécessairement à l'esprit. L'animal privé est tel ; l animal apprivoisé a été rendu tel. En disant qu'un animal est privée vous attirez sur ses qualités toute l'attention ; en disant qu'un animal est apprivoisé , vous faites allusion à son caractère antérieur, aux efforts qu'il a fallu faire pour la changer, à l'action et au talent de celui qui l'a changé. Un animal est plus privé qu'un autre , et mieux apprivoisé; un animal est fort privé, et très-bien apprivoisé. « Le magot ne s'opprtvotfe qu'avec peine et ne se prive jamais parfaitement. » Bufp.

De là résulte une autre différence qui saute aux yeux et la seule qui ait été signalée par les synonymistes , c'est que les animaux privés le sont quelquefois naturellement, et que toujours les animaux apprivoisés ont été apprivoisés , domptés , réduits par l'homme. « Les cochons d'Inde sont naturellement doux et privés. » Bupf. « Il n'est point d'oiseau lil re dans les champs qui se montre aussi privé que la bergeronnette, qui fuit moins et moins loin, qui aoit aussi confiant, qui se laisse approcher de plus près. • Iiv. Nos bœufs, nos chevaux, nos chiens, nos canards, nos oies, nos pigeons, nos cygnes sont des animaux privés : bien qu'ils remontent à des individus qui ont été apprivoisés , ils ne l'ont point été eux-mêmes , ils sont nés dans l'état de domesticité. Les lions et les ours apprivoisés ont été eux-mêmes apprivoisés. < Quoique l'ours paraisse doux pour son maître , et même obéissant lors' qu'il est apprivoisé ^ il faut toujours s'en dèSeret le traiter avec circonspection. » Buft.

DEUXIÈME PAKTIE :

CependaDt cette difiTérence est loia de s^étendre à tous les cas. Il y a des SDimauz privs qui ne sont pas nés tels , mais que rhomme a rendus tels. Comment diflërentils donc des animaux apprivoisés ?

Outre que privé se rapporte dsTantage à Véts^t et aux qualités acquises, et apprivoisé à Taction qui a réduit à cet état, privé est proprement opposé à sauvage , et apprivoisé à farouche. < Le canard, si privé la veille, est devenu sauvage aujourd'hui : au lieu de présenter le bec, il tourne la queue et s'enfuit. » J. J. «On demanda à Biogène quelle était la bète qui mord le plus fort? Entre les farouches, répondit-il, c'est un médisant; et* entre les apprivoisés y c'tst un flatteur. sFÉN. Les animaux privés ne s'enfuient plus, restent volontiers avec nous, deviennent familiers , domestiques ; les animaux apprivoisés ne sont plus méchants, ne font plus de mal, deviennent traitables. Les ures, dit César, ne peuvent se priver ni tt^ apprivoiser : non possunt assueseere ad homines et mansuefieri» On prive des animaux fuyards , des cerfs, par exemple, et différentes sortes d'oiseaux. « C'était une pie privée, s S. S. « Les oiseaux privés attirent les autres dans le piège. » Roll. < On se sert d'un canard privé pour attirer les canards sauvages. » AcAD. « Pour connaître si les rennes qui avaient passé par là étaient sauvages ou privées, » Rkgn. Des chevaux sauvages et des chevaux privés (BuFF.), des grues, des autruches privées (Id). « J'ai eu des cerfs privés et enfermés dans des enclos. » iD. Mais on apprivoise des bètes féroces ou malfaisantes. « On fut obligé de renvoyer au supplice, comme un monstre qu'on désespérait d* apprivoiser, » Yolt. « Il y a des animaux si féroces , qu'ils ne t^ apprivoisent jamais. » Ron. c Ces choses forcent la nature du gouvernement despotique sans la changer : sa férocité reste ; elle est pour quelque temps apprivoisée, » Mon* TESQ. c Comme ce lion était apprivoisé , le roi même le caressait souvent. » Vin, « Lorsque les aigles ne sont point apprivoisés , ils mordent cruellement. ■ Buff. < Ce vautour est d'une telle férocité qu'on ne peut l'apprivoiser. *

ID

Un animal privé peut n'être point apprivoisé ; il reste avec nous , vit dans notre société , mais sans perdre son caractère mauvais. « Cette perriche, quoique privée depuis longtemps, conserve toujours un naturel sauvage et farouche; elle a même l'air mutin et de mauvaise humeur. »Boff. Le loup pris jeune se prive ^ mais ne s* apprivoise point; il reprend avec l'ftge son caractère féroce (In.J. De même un animal apprivoisé peut n'être pas privé : il est doux, innocent, sans danger pour nous; mais il est peu domestique et se tient loin de nous le plus qu'il peut. « Les chats , quoique habitants de nos maisons ne sont pas des animaux entièrement domestiques -, ceux qui sont le mieux apprivoisés n'en sont pas plus asservis : on peut même dire qu'ils sont entièrement libres. Ils ne font que ce qu'ils veulent.... La plupart sont à demi sauvages , ne connaissent pas leurs maîtres , ne fréquentent que les greniers et les toits. > Bdft.

PBIVER, FBUSntER, FRAUDER, SETBEE.Ots i quelqu'un la jouissance de quelque chose.

C'est ce que priver exprime simplement et sans accessoire.

FriMfrer, frtutrare^ de frustra , en vtin, sgnifie priver quelqu'un de ce qu'il espénit^de ce qu'il attendait, de ce qu'il prétendait on de ce qui lui était dû. SouTent la prtvalien empédK qu'on ne continue i avoir, détruit ou interroupt une possession actuelle ; toujoun TaetioQ àt frustrer empêche qu'on n'obtienne , s'oppose à une possession à venir , et à la possessbn d'où chose sur laquelle on compte ou on a lieu & cempter. On prive un homme de ses biens, è sa liberté , de la vue de ses enfants; on le fnin de ses droits, de ses prétentions, d'un prix qui a mérité, d'un héritatjge qui lui est dû, de « attente, de ce qu'il espère. • Rien de plus misérable que cette fâcheuse agitation d'une 'm toujours frustrée de ce qu'elle espère. > Bss. « Il cherche des expédients pour frustrer tt i^nité de Tadoration qui lui est due. » In. < llliA frustré de sa prétention par le mariage de Iismilien, rendit Nantes au roi. • In. «J'anis» péré que.... Je me dédommage de cette atteik frustrée,.,. » 1. J. « Jeu odieux aux honmies,^ se trouvent par U frtutrés de ce qui leur est ^i et de ce qui leur appartient par de si jua titres. • Bouan. « Mon dessein n'était pas dik frustrer de la peti'.e rétribution qu'il avait oèitée. » Lbs.

A me ravir Celle il se va préparer.... Trouve rases, détours, fourbes, inreniioiii, VowT frustrer mon rival de ses préleolioDS. S<l Mon oncle mourra donc sans faire ua tettooi; Et Je neni/rtutréf par cette mort craelle, De l'espoir d'obtenir la channanle IsabeUel Ba

— A l'égard dé ce qu'on n'a pas encore, frÀ^ se dit bien aussi quelquefois , mais alors 3 3 marque pas comme frustrer une action qui bief la justice ou cause le désappointement : Dio-c privant les bétes de la raison , ne leur a pis fc: de tort et n'a pas contrarié leur espérance coe» un père qui fhisfre ses «nfants de sa saoee$st& Bt en parlant d'une succession , on en ^tt ï personne qui ne sait pas qu'elle doit hériur « qui n'est pu fondée à l'espérer parce qn'elki'c est rendue indigne; mais hors de là et ponrlt^ dinaire on dit proprement frustrer d'une soee» sion ou d'un héritage. « Louis XIY regardiit si renonciation (aux Pays-Bas) comme oull^sara principe : qu'un père ne saurait, par aocno ac&, frustrer ses enfants de leurs droits. » C^ « Mithridate accuse les Romains d'avoir sopp«< un &UX Ustament d'AtUle pour frustrer iJi^ nie, fils d'Bumène, du royaume de ion p^; qui lui appartenait de droit. > Rou. Dus * Tartufe , Tartuié frustre Damis des biens à» tf père en acceptant la donation que lui en lait » lul-ci : ^^

Et songes qu'A vaot mieux encor qoll es o»*' Que si de Ten/naZ/wr il faut qu'on vons iwo»

*é bien î vous souOriies que voire oodc, àuaV Fasse , devant vos jeux , un si sot mariai Qu'il jQUM frustra d'un bien que Tooiderei «*

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

Frauder, c'est frustrer par quelque fraude , joindre la tromperie à Tinjustioe, priver furtivement de ce qui est dû, attendu ou promis. < Dieu , plutôt que de manquer à ses enfants , et que de les frauder du souverain bien qu'il leur promet gratuitement , éclairerait un homme nourri dans les forêts d'une lie déserte. « Fbn. Deux officiers gaulois du parti de César « maltraitèrent leurs cavaliers , qu'ils fraudaient souvent de leur prêt , et trompèrent même César, par qui ils se faisaient payer pour un plus grand nombre d'hommes qu'ils n'en avaient effectivement. » RoLL. « Plus on met le peuple en occasion de frauder le traitant , plus on enrichit celui-ci et on appauvrit celui-lA. Pour arrêter la fraude , il faut donner au traitant des moyens de vexations extraordinaires, et tout est perdu. »

HONTCSQ.

L'ambiiiem le met souvent (l*honneor) à tout brûler....

Ce marquis , A savoir /rMufer ses créanciers. Bon..

Sevrer veut dire au propre ûter à un enfant l'usage du lait de sa nourrice. Au figuré et dans un style voisin du familier, c'est priver quelqu'un de quelque chose de doux ou d'agréable. « Dieu nous sèvre de ces douceurs par nos infirmités. » F EN. • Il faut se sevrer des joies les plus innocentes, quand Dieu nous les refuse. » Id. « Plus je m'apercevais que je rencontrais les regards de presque tout le monde sous les miens, plus j'étais averti de tevrer leur curiosité par ma retenue. » S. S. « Les maladies l'ont assiégé dès son enfknce, et l'ont sevré dans son printemps de tous les plaisirs de la jeunesse. » Yadv. « Comme il est une classe de littérateurs fort avide de ces petits détails historiques, nous n'avons pas cru devoir les en sevrer. » D'Al. « Je suis obligé de me sevrer pour quelque temps du plaisir de vous voir. » Marm.

Eauleroent d'un chacan elles MAment la vie, Kon pokit par charité, mais par un trait d'enrie Qui ne saurait souOHr qu'un autre ait les pUisirs Dont le penchant de l'âge a seyré leurs détirs.

llOL.

PROCHE, PROCHAIN; — VOISIN, CONTIGU, IDJACEIST, ATTENANT, JOIGNANT. Qui n'est pas loin, qui est près ou à peu de distance.

proche et prochain ont été distingués l'un de 'autre dans la I'* partie , p. 260 et 261 . Ils ont ^ela de particulier par rapport à voisin et à leurs LUtres synonymes suivants , qu'ils impliquent 'idée de mouvement, et peuvent se dire du ;exnps et de tout ce qui arrive. Une chose est 7roche ou prochaine, qui approche ou dont on tpproehe. Il crut les ennemis fort proches de lui D*AL.); il 8tt retira dans un château qui était rroche (Ybrt.); elle n'a fait qu'entrer dans la chambre prochaine (Rac.) ; le temps de leur malkeur était proche (Boss.); sentir sa mort proihaine (Laf.)*, un danger prochain (Roll.).

Voisin, latin viHnus, de vicus, village, quarier, rue, signifie proprement du même village, lu même quartier, de la même rue, et ne r». ^arde que la situation : une montagne voifine l'un fleuve. Un lieu voisin n'est point éloigné; m lieu proche ou procham est tel , qu'on y ar*

STH. VltAHÇ.

rivera prockainsinewt : on demeure (Rbon.), on e<t enterré (Roll.) dans un lieu voinn; on arrive (J. J.)p on aborde (Hohtbsq.), on mène quelqu'un (Rac. , Laf.) dans un lieu proche ou prochain. D'autre part, on ne dit pas qu'une époque, une saison, une disgrftce est voisine, absolument , ou , d'une manière relative , qu'elle est voisine d'une autre ou d'autre chose. Enfin , le substantif voisin ne se prend qu'au propre et désigne quelqu'un A côté de qui on habite; au lieu que nos proches et notre prochain sont des hommes avec lesquels nous entretenons des relations abstraites de parenté ou de charité. — Il est vrai que voisin s'emploie aussi au figuré ; mais ou bien il n'exprime encore aucune idée de temps et de mouvement : ce discours emphatique est voisin du galimatias (Acad.); ou bien, au lieu de qualifier la chose qui est près d'arriver, il s'applique A la personne qui va la subir : un homme, dont la ruine est proche ou prochaine ^ est voisin de sa ruine.

Une autre différence A remarquer , et la seule quelquefois A laquelle on ait égard, c'est que proche et prochain supposent des objets moins considérables que voisin. « Qu'on fasse réflexion combien, dans un camp, dans une maison, on est mal informé des faits particuliers qui se passent dans un camp voisin, dans une maison prO' ehaitte. • Volt. « Le moulin le plus proche et le marché vdsin sont pour ce paysan les bornes de l'univers. » J. J.

A regard de tous les mots qui suivent , voisin marque le genre ; mais il a cela de propre d'abord , qu'il se dit principalement des hommes , et non pas exclusivement des objets : peuples, princes , États voisins. < Les vices de l'homme le rendent quelquefois inférieur aux bètes, dont il est plus voisin que de l'homme par ses indignes inclinations. » Roll. Ensuite , chacun de ses synonymes suivants a sa nuance distinctive.

Contigu , eontiguus , de cum tangere , être en contact avec, indique un grand voisinage, ou plutôt un contact. « On peut présumer que les deux continents sont contigus, ou du moins trèsvoisins vers le nord A l'orient de l'Asie. » Buff. « Lorsqu'on rompt la pierre , et qu'on en sépare la .coquille , on observe toujours que la pierre a reçu l'empreinte ou la forme de la surface avec tant d'exactitude , qu'on voit que toutes les parties étaient exactement eontigués et appliquées A la coquille. » In. « Je n'attribuerai point A Dieu une présence corporelle en chaque lieu ; car il n'a point une superficie contigui A la superficie des autres corps. » Ftv. « Les rues étaient ix>rdées de maisons qui n'étaient point contiguis, ayant de chaque côté un vide qui les séparait les unes des autres. » Roll.

Adjacent, adjaeens, est un terme spécial de géométrie et de géographie. En géométrie on appelle angles adjacents des angles immédiatement contigus l'un A l'autre, de manière A avoir un côté commun. Hors de lA, le mot adjacent ne se dit guère qu'en parlant de la position respective des différentes parties de la terre. « Il y a plusieurs lies adjacentes A la Grèce fort connues dans l'histoire, s Roll. « Le consul manda aa

Dï:U^1ËHE PAftTIK :

sénat que VenouM et ks terres adjacmUes lui paraissaient un lien fort propre pour y envoyer une colonie. » Id. « Une montagne fort élevée et presque adjacente i celle de Chimboraço , Tune des plus hautes dea Cordilières, dans la province deÔuito, s'écroula tout à coup. » Boff. « L'em* pereur d'Allemagne, Ferdinand II ^ contient Be> thlem*Gabor par un traité qui lui laisse U Tsansylvanie et les sept oomtés adjaeewU. » YoLT. «Le maréchal de Ghflonillyy son onde, rnvait fait succéder à son commandement de Poitou , Saintonge , Angoumois , pays d' Avais , la Bochelle et lies adjacentes, » S. S.

Attenant et joignant sont du langage commun ou même familier* On ne s'en sert guère qif en perlant de nuûsons, de jardina et autres possessions en terres, et ils seêsthlenl différer tiîs-peu. Cependant attenant est plue usité et convient surtout quand il est question d'une chose considérée relativement A une autre principale, & laquelle elle tient comme accessoire. « Des bourgeoia riches sont ensereiia dans l'église ^ tandis que les pauvres pourrissent dane le cimetière nitenant. » Volt. « Lorsque A la fin des séanoes le public quittait le Lycée ^ oe peiti se nsaeablait aussitôt dans le salon attenante » Lab. & Sens le vieux toit de la maisen «fteriMile A la ferme ^ U vint se retirer avec sa feouiM ei ses entets. » IIaum: Au contraire , la chose joignante peut ne pas faire partie, ne pas être dans la dépendance de celle à laquelle elle touche, «tfyrtis ocdenna qu'on lui hAttt un togibeau joifiuinf le chemin le pins fréquenté. » L'f. « SainV<yermain, lien unique pour fassemi»'Qr les merveillea de la vue, l'immense plein- |iod d'une forêi toute joiffianle...., Louis XI v l'abandonna pour Versailles, , le plus triflte et U f^lus^ ingrat de tous les lieux.» & S.

PHODWB , MIRA( LB , — KERTEILLB. Efiet d*une puissance surnaturelle.

£i qnel temps fut jamais si restito en minules^

Quand Dieu par pkas d'eSèU moalra^tr-il son pouvoir?...

Peuple ingrat! quoi! tonjours les pins grandes rMr*- Vêtîtes

Suis ébranler ton ccetir (Vapperont les ereiHes?

Favt'il, Abner, flsub-fi veus rappslCT le ooor*

Des prodiget îemma accompHa en nos |Qurs ?

iUa.

Poar ee qui concerne d'abord ]M^o«Kf# et mirasse, ffrodige, du latin, proàigium, qul.& le même sena, se dit spéctaletnent en parlant de Fanti(^t4 païenne^ au lieui que miracle^ du ktin mifaeuLmm, oho» à admirer, mtr«fida ree, est l9 motdont on se sert propremenit quand ileat qfttestîon de la religion chrétienne ou juive. Au point de vue moderne , c'est-à-dise chrétien., les prodiges sont des prestiges y des tromperies, des œuvres du malin esprit ,. d'autant plue que les anciens non-seulement regardaient comme des pt*oêigBS dies faits naCurela ou imaginaires , mais encore leur attribuaient faussement une signifir oatien prophétique; les mtrac2ea, au. contraire;, aoat vént8J)les, «uihentiqnes , séellemeut opérés par rinterrentUin- de Bien» ^ Mêla première bête fit de granés prodiges (Apoealypse) : elle , c'est- A^dienk.pMLQaophiftetla.aagiek Toualea éocits

d'Iamblique, de Porphyre et des antres, tant estimés de Julien, sont pleins de ces pnsliçB trompeurs, que le peuple prenait pour des ni> racles. » Boss. « Ajouter ibi trop légèrcomt aux prodiges^ c'est ébranler sans le f osloir ki fondements de la croyance que l'on doit au vrais miracles rapportés dans les livre laiots. 9 D'Al. « Les wUracles de Jésus^hrist et da apôtres sont si vrais, qu'on ne dMtpun^BS d'affaiblir le profond respect qu'on a pour eai, en leur associant de faux prodiges, * Tolt. t Ca vrais mtracies sont assez nombreai.... Uà c'était une impieté et une folie de vouloir soutenir oes pfodf^, que Dieu daigna luinste opérer en Judée , par des fables absurdes. > Is.

Toutefois cette différence n'est pu toQjooi observée. Froêige se prend bien auisi dûsii sens d'une manifestation réelle de la puissus divine. Maie dans ee cas même il ne laisi} ps de se distinguer encore de miracle. Le prodi$r. de pro «fers , agir eu fake au dehors , denst,!: kMB , produire , mettre au jour , doDoer a spectacle, est un «urasZs éclatant, public, elennel, qui se montre A beaucoup de regards. < qui d'ordinaire consiste dans un grand pIû» mène de la nature , propre k être va de tooi k monde. « C'est ainsi que parla Moïse, quaii^^ vit réclatant miracle que Dieu, par soQSiifr siére, avait opéré » divisant les eaux de lias Rouge^». Saisi d'étonnement à la vue da fOr dige^ il s'éorie que Dieu est magnifique dam a sainteté. » Boord. « La sainteté d'un gwi^ le cbeWmuvre de la grA.e; la sainteté d'ua:« en est le miracle ;. celle du plus grand et à plus absolu des rois en sera le prodige *I^ « Le grand miracle de la mor'^ de Jésus Cats est la conversion d'un pécheur mouraol;^ cependant il n'est point de pécheur qui » > promette le même prodige en ce dernier apment. » Mass. a Dieu rend témoignage à Ud«trine de Jésus-Christ par tant de signes, f tant de miracles ^ par tant de prodiges.^ ^ a Toutee qui s'est fait sous le règne de LouisS^ tient beaucoup du miracieel du prodige.* ^' — Pfodige l'emporte donc sur miracle, ii^^^ force ou en valeur, du moins en étendue.^ dit une grandeur prodigieuse , et une guénsK miraculeuse. Prodigieusement signifie beauwv? et miraculeusement par mtraele , d'une msi» divine, divinttus. Un homme est un pn# d'érudition ; une femme , un miracle de beîiu: c'est par la quantité que se recommande TOi et par la qualité que brille l'autre^

Quant aux merveilles (de mirabilia, choses^ tiennent de ce qui est admirable}, cefooij^ espèces de mêracles on de prodiges. ^^^ est comme un dimânutif de mtroci^, et p encore de jprodtge. « Les incrédules di«n<^ n'est pae possible que Dieu ait fait de p grands mitodles pour éUblir la religion i^ que pour établir le christianisme.... Selen ^ U est indigne de Dieu de ne fortifier son $ec«» culte que par de petitesi mefretl^t ^^^y^ fendA le premier sur les plus grands P^^ Volt. — D'autre. part,, mervmUe n'eipnawj»' nomme prodi§$ et migankr le fai^ ^ê»my '

SYNONTMBS A RiLOIGAUX DIVERS.

Ma

événeflQ0n(, (pielqnd chdse' d*aecidetifel et àe passager , mais le résultat ou quelque cftose de permanent. Dieu a rendu témoignage à la doctrine de Jésus-Christ par des miracUi et des prodiges {BoÈs.); nos yeux sont accoutumés au cours du soleil et à toutes les autres tnerveillei de la nature (Mass.). On est témoin d'un proâig" ou d'un miracle ; on contemple une merteille , l*une des sept merveilles du monde , on raconte des merveilles d'un pays. « Hérode, instruit des merteilles qu'on publiait de Jésus-Christ^ s'attend à lui voir opérer des prodiges. • Mass.

Dans l'antiquité païenne, surtout à l'époque de la plus grande ignorance , les prodiges étaient , dit-on , très-fféqueats; ils ont cessé ou on les a réduits à des faits naturels , à mesure que- la i^cience, faisant des progrto, a rendu les horn^ mes moins crédules et plus instruits de» lois qui président à la production des phénoiâènes les plus capables d'effrayer f tels que le tonnerre, les éclipses, les apparitions dé comètes et les anrores boréales. Depuis l'établissement définitif da christianisme , les miracles, c'est-à-dire tes prodtges particuliers , opérés dans une maison ou une ^lise, devant quelques témoins, comme la gaérison surnaturelle d'un malade et la résurrection d^un mort, sont derenus rares tout au moins. Mais il reste pour objet à l'admiration humaine les merveillex de la création ou de la nature, et les merveilles de l'art ou de l'industrie.

FRODfOinS, MSSIPATBCII ; -^ BËPBVSIER. Qtti ne tient pas assez à l'argent, qui en fait Un usage peu ou mal mesuré.

Prodigne, de pro agere, pousser en atant, loin, trop loin , marque l'excès; disstpe^eur, de dUsipate, répandre çà etlà, disperser, exprime le gaspillage. Le prodiguée dépense trop ou plus qu'il ne faut; le dissipateur dépense mal ou autrement qu'il ne faut : l'un fait d'énormes dépenses , l'autre fait de folles dépenses.

Le prodigué pèche sous le rapport de la quantité, il est trop libérai, il ne sait pa» se retenir. ■ D'une humeur serrée et épargnante, Fanibi- Ueux devient libéral, prodigue méose, tout est inondé de ses dons. » BIass^

Caton.

< Moi arare 1 j'étais bon ménager; je ne voulais laisser rien perdre ; mais je ne d4>6iiaais que tropl

RHAnAKAHTB.

« Ho I voilà le langage de l'avarice , qui croit toujours être prodigue. » ¥in.

iLa marquise de Créqui était la femme la plus nodigue aux pauvres et la plus avare pour ellenéme. » S. S. « Le roi donna à Mme de Warens me pension de quinze cents livres , ce qui était )eaucoup pour un prince aussi peu prodigue. » . J. Mais le dissipateur pèche sous le rapport le Tapplication ou de la manière , il est désorlonnè, extravagant, dans ses entreprises, dans a disposition de sa fbrtune. « Le mondain ne sait >as si ses héritiers seront des sages ou des dissimttars. > Bon an. « Ses parente ont été éblouis le cette somme (une dot de cent mille écas) : ils ont avares; mais en même temps onr Imrt donné

Ta pfus folle, là plutr dissipatritey la pluseée^, la plus cela , qu'il est possible d'imaginer. » Siv. « La famille de cette femme Ta fait interdire comme folle; et son llls, qui est un dimipateut, a donné sa maison pour moitié de ce qu'elie vaut. » Regn. « Son économe était un dissipch teut.... Il faisait des entreprises continuelles en choses où il n'entendait rien. » J. J. « Pétrone ne passait pas pour un débauché et un dit«fp<iteur comme ceux qui se ruinent par des d^)aiiches folles et sans goût. » Roll.

Un prince qui, dans ses largesses, passe les bornes est prodt^e ; un jeune étourdi qui jette tout par les fenêtres est dissipateur, La destination donnée pat le prodigue à ce dont il est maître est peut>^tre excellente ; seulement il va trop loin : un général est prodigue du sang de ses soldats. D'un autre côté, le dissipateur ne fait peut-être qiie de petites dépenses; seulement il les fait à tort et à travers, inconsidérément, indiscrètement. H ftiudrait apprendre au prodtgue l'épargne, au âissipateur l'économie; il faudrait accoutumer Fun à se modérer , l'autre à se régler.

L'idée propre de prodigue étant celle d'excès, et Texcès pouvant avoir lieu dans le bien comme dans le mal , prodigue se prend quelquefois m bonne part : on dit, en forme de louange , proéKffue de ses soins, de ses services, de son sang, de sa vie , etc. < Cet homme est prodigue de son bien pour soulager les malheureux. » Acad. Mais Comme dtrWpofeur Implique l'idée de désordre, il signifie toujours quelque chose de répréhensible.

Enfin , on détermine quelquefois de quoi oïl est prodt'^e ; on ne dit jamais de quoi on est dûttpateur, «Également avides et dhsipateurs, et non moins prodt^uex du bien d'autrui que du leur, les courtisans de Néron n'avaient conservé, au lieu de terres et de revenus , que les instraments ou les vices qui avaient acquis et consumé tout cela. « 1. J.

Dépefaier indique par s& termînaisonp ainsi que les mots tracassier, fripotier, minaudier^ un godt ou un penchant petit , peu noble , une habitude peu relevée , une sorte de métier. Il se dit proprement de Thumeur, et, dans tous les cas, il impute un défaut vulgaire, qui se trouve chez des personnes de bas étage ou dont on fait peu de cas. c Le préirident Rose atait marié sa fille à un grave magistrat, qui venait quelquefois lui faire de longues plaintes de l'humeur frivole et dépensière de sa femme. » D'Al. « Malheureusement, Thérèse est peu entendue en économie à tous égards , peu soigneuse et fort dépensière. » J. J. « Avec raîr nohle et de l'esprit, le prince d'Harcourt avait tout à ftiit celui d'un comédien de campagne. Grand menteur, grand libertin d'esprit et de corps, grand dépensier en tout, grand escroc avec effronterie, et d'une crapule obscure qui fanéantit toute sa vie. » S. S.

PROFAFCATf 01^ , SACRILÈGB. Attentat contre les choses de la religion.

La profanaiiofi , c'est-à-dire l'action d'un profane, d'un homme qui est devant le temple, pro fano, hors du' temple, et qui se pefMt d'y

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