DEUXIÈME PARTIE
trieiens , et chez les nations modernes U noblesse, le clergé , et les corporations religieuses ont eu des prérogatives et des privilèges,
FrérogcUive ^ prxrogativa {pr» rogare^ demander ayant), est le nom qu'on donnait, à Rome, à la centurie, à laquelle on demandait d'abord son suffrage daxu les comices. Aujourd'hui ce mot signifie un titre à certains homma^ ges , une préférence, une distinction , une dignité , une préséance. « C'est Tordre du monde qui a attaché certaines prérogatives d'honneur et de préférence à la naissance et i la qualité. » Nie. c Disputer sur les préséances, sur les pré^ rogatives , sur la dignité. » Bourd. < ^milius Scaurus était prince du sénat , c'est-à'-dire celui que le censeur, lisant publiquement la liste des Sénateurs , avait nommé le premier. On ne déférait ordinairement ce titre honorable qu'à un ancien sénateur qui eût déjà été honoré du consulat ou de la censure ; et il jouissait toute sa vie de cette prérogative. > Vert. « Nous ne vous disputons point , disait aux patriciens le tribun Junhis , les premiers rangs , ni l'éclat de la magistrature , et nous n'envions point les marques d'honneur à ceux que la fortune ou le courage ont élevés parmi vous. Nous sommes disposés à vous céder tout le brillant de vos prérogatives, » RoLL. « Sur le dernier article de ceux qui regardent le gouvernement en général, c'est-à-dire sur . lespr^ft>(|ra(tVe«, les honneurs et les distinctions des rois ou de ceux qui gouvernent, vous aurez à observer ce qui regarde les cérémonies, principalement par rapport au rang et aux questions de préséance, s D'Ao. « U n'y a pas de pays qui n'ait pas ses dignités , et ses grands distingués de tous par leurs prérogatives.* S. S. « L'armure complète était une prérogative d'honneur à laquelle les écuyers ne pouvaient prétendre. » Volt. « Sous Henri II les princes et les princesses eurent la prérogative d'avoir des habits rouges, soit en soie, soit en laine. » Id. « Toute la prérogative des baronnets de Jacques I*' consistait à passer devant les chevaliers. » In.
Privilège^ privati ou de privis lex^ désignait à Rome une loi faîte pour des particuliers ou les particuliers pour qui cette loi était faite. Il exprime dans notre langue un avantage réel et positif qui met en dehors de la loi commune : c'est, par exemple, l'exemption des charges imposées à tous, ou des grâces , ou le droit d'être jugé autrement , ou par un autre tribunal que le reste des citoyens. < Nulle exemption de la loi ne sera jamais accordée. Les citoyens mêmes qui ont bien mérité de la patrie doivent être récompensés par des honleurs, et jamais par des privilèges, » J. J. a C'est à vous que ce commandement s'adresse. Ne vous flattez pas d'avoir un privilège qui vous en dispense. » BouRD. < H n'y a rien à perdre à être noble : franchises, immunités, exemptions, privilèges, que manque-t-il à ceux qui ont un titre?» Labr. «Il dit que, bien que les magistrats lui aient permis tels transports de bois qu'il lui plairait sans payer de tribut, pour éviter néanmoins l'envie du peuple , il n'a point voulu user de ce privUége. > In. a Tous les privilèges de la noblesse sont anéantis, et elle paye la taille et
tous les autres in^ôts autant et plus r&ellflgwtt que les roturiers. » S. S. « Les protestants voulaient .avoir des privilèges , des coun de justice érigées exprès pour leurs afTaires. > b. t Les princes du sang avaient le privUége de n'ètn jugés que dans ]& cour des pairs. > Yoit. « Henri lY accorda le privilège exclusif du coamerce dans les Indes à une compagnie de marchands plus intéressés que ridiei. > Id. « U Dietionnaire encyclopédique^ au mot es^àtfnr, détaille tous les privilèges du bourreaude Paris.! In. < On a par de petits privilèges encoiuigè h profession des hommes qui travaillent aux nioa; on a joint à l'augmentation du travail cdU à gain. »HoNTESQ.
La prérogative est un honneur, et se rapporte au rang; elle relève ou met au-dessus des aatrt& Le privilège a plutôt rapport à l'intérêt; c'est a avantage dont on est favorisé parmi les atttmS contre le droit commun. « Plus saint Jeaa a a de distinction , de faveur et de considératioQ u* près de son maître , plus il a éprouvé les rigaeis de la loi de Jésus-Christ. De sorte que cette frmgoHve , dont le fils de Dieu l'honora, ne fut pool un privilège potir lui. » Booan. Après U mA de Louis XIY, ses enfknts naturels et légitioa furent dépouillés des privilèges que leur pèn leur avait accordés solennellement en l7U.Uat leur resta que la prérogative de traverser, coav les princes du sang, ce qu'on appelle au pvii> ment le parqtiet (Volt.). « Les pr^gotsref héréditaires éteignent l'èintilation, restreignent k choix pour les places, et rendent inutiles Is talents de ceux qui manquent de l'illustratiii nécessaire pour arriver aux places : les pnii' léges en argent sont une des principales caosi de la mauvaise administration des finances et ie la mbère du peuple. » Id. '
Ensuite , les prérogatives viennent de la nais* sance ou sont essentiellement inhérentes auo&rpi ou à l'ordre. « Dans les Mémoires de l'Addésit ,des belles-lettres se trouve une disserUtisaH^ les prérogatives de la main droite sur U iDiis gauche. » Voit. « A Florence, les nobles éuiaiJ ambitieux de commander , et regardaieat mev la souveraineté conune une prérogative de letf naissance. » Cond. — Les privilèges, au contrairt. sont le fruit de certaines concessions : on oe» a que par bénéfice, a Les monarchies se corr^ peut lorsqu'on ôte peu à peu les prérogatit«>^ corps, ou les privilèges des villes. » MoïtCû. < Vous me direz que cette innocence si p^y c'est la prérogative du fils de Dieu. Mais, ô m maître, vous êtes innocent par nature, îbïj| ne Test que par grâce ; vous l'êtes par «cftlence, elle ne l'est que par privilège. » Boss.
La prérogative est plutôt permanente et essentielle; le privilège, accidentel ^^^^ « Un de nos critiques a écrit que saint Léoa «t» poussé plus loin que les autres lesp»'^^*? de son siège : mais ce critique parle-t-u de prérogative essentielle, qui est celle de U F mauté , ou de certains privilèges accidentel* |* peuvent croître ou diminuer avec l« ^^^^. Boss. « Quelques-uns (dans le parlement û gleterre) établirent le droit d'accorder des r
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
lièges y comme lisant partie de la prérogative tyale. » Cord. \
Il suit enfin de la distinction précédemment ablie que la prérogative appartient d'ordinaire quelqu'un de plus élevé. « La paix de West- ' i&lie fixa enfin les'jpr/ro(jra<îvet de l'empereur, ' ; les privilèges des états. » Coud. « On jugeait le , moins on secourrait le roi (Charles I*^ dans » besoins pressants, plus i] serait facile de liner les prérogatives de la couronne, et de établir las privilèges de k nation, s Id. « Ce roi es Indes éclatait de rire au récit des états béraux (de la Hollande), des états particuliers, u prérogatives de la noblesse , des prtvîleyet is villes, etc.» In»
PRÉS, PROCHE, AUPRÈS. Prépositions qui arquent proximité.
Près est Texpression ordinaire, celle d'où on )it partir pour déterminer précisément les iiances et remploi légitime des deux autres, die qui a la signification la plus étendue; car est la seule qui se dise du temps aussi bien ne du lieu : se voir pris de sa dernière heure, ris de mourir, pris du temps de la mois- )n , etc. ( Aoj}.).
Proche est proprement adjectif, et, s*il y a rop de rigueur à dire avec Condillac qu'il n'est unais bien que lorsqu'on l'emploie comme ad- «tif, il est certain qu'il ne connent conune réposition qu'avec le verbe étre^ et dans les as où on peut à volonté le prendre pour une répositîon ou pour un adjectif. « Le fer étant roche de l'aimant s' y vigoindre. » P. R. Proche, 'est-à-dire ou pris ou voisin, c Obi que ne ui^i-je couvert de cheveux blancs, courbé et roche du tombeau 1 » Fér. « Quand on est éloi- Qé de cette haie, on s'imagine qu'elle peut mettre à couvert; mais quand on en est proche, a trouve que c'est un faible secours. » Larocb. Dans toutes les conditions le pauvre est bien roche de l'homme de bien, et l'opulent n'est aère éloigné de la friponnerie. » Labb. c Le iprice est dans les femmes tout proche de la eauté, pour en être le contre-poison.» In. Sur 9tte dernière phrase Marmontel remarque < que mi pris n'eût pas été si b|en, que tout proche résente mieux l'image d'une plante i côté d'une itre. • C'est qu'en effet proehs pouvant être SQsidéré comme un adjectif offre k l'esprit, non is comme prisj l'idée d'un rapport abstrait, ais l'idée du caprice comme de quelque chose s concret , de réel , de semblable à une plante. Les Alpes et l'Apennin régnent bien plus pris i la Méditerranée que de la mer Adriatique.... I ligne du sommet de la Grande-Bretagne est en plus proche du bord occidental que de >riental de l'Océan. » Buff. On arrive pris d'un su; on est proche d'un lieu, ou un lieu est 'oche d'un autre.
Aupris , contenant l'article , est moins yague le pris, et signifie tout pris : on ne dit pas tout iprist ce serait un pléonasme. La rivière qui isse pris d'une ville peut en être encore à une irtaine distance; la rivière qui passe aupris une ville la touche. — Mais ce qui par-dessus ut distingue aupris ^ c'est son caractère moral;
il se dit principalement des personnes et de leurs rapports : être bien, mériter, se justifier aupris de quelqu'un. Il suppose d'ordinaire entre les hommes des relations d'attachemeiit, de l)on8 offices ou de protection. Etre prés d'une personne, c'est n'en être pas éloigné. « Le fils d'Aïcinoûs, Laodamas, était assis prisàe lui. * FÉir. A la table d'Esther l'insolent (Aman] pris du roi A déjà pris sa place. Rac.
Mais on est aupris d'une personne qu'on aime, dont on est aimé, de qui on attend secours, estime, appui. « Ulysse va se présenter à Pénélope : il s'asseoit aupris d'elle; il lui reproche son air d'indifférence. » Féir. « Clytemnestre dit à Achille dans Iphigénie :
Vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile , ses dieux.... AiÊfrèi de votre époux, ma fille, je vous laisse.
Kac.
Dans Amphitryon^ Mercure dit à Amphitryon lui-même qu'Amphitryon
Est auprès de la belle Alcmène A Jouir des douceurs d'un aimsble entretien. Mol.
« Etre avec les gens qu'on aime, cela suffit : rêver, leur parler, ne leur parler point, penser à eux, penser à des choses plus indifférentes, mais auprès d'eux, tout est égal. » Labb. « Enivré du charme de vivre aicpréf d'elle, je voyais toi^onrs en elle une tendre mère, une sœur chérie, une délicieuse amie, et rien de plus.»
PRiSAGB, AUGURE. Signe par lequel on juge de l'avenir, ou induction relativement à l'avenir. Les premières démarches d'un administrateur et les premières actions d'un enfant sont par rapport à leur conduite future un bon ou un mauvais présage y un bon ou un mauvais augure; on en conçoit ou on en tire un bon ou un mauvais présage , un bon ou un mauvais auguré*
Cependant, à le bien prendre , présage exprime plutôt le signe, la chose d'après laqueUe nous présumons ; et augure ndtre présomption même, ridée que nous nous faitôns. Tel événement nous parait on heureux présage ; on dira plutôt qu'il nous semble d'un heureux augure , ou que nous en tirons un heureux augure. Une chose présage le succès , et le fait augurer; les choses n'augurent pas, il n'y a que les hommes qui augurent, preuve que le mot augure est plus propre à marquer l'interprétation , le travail de l'esprit. Le présage a une existence hors de l'entendement , c'est un indice ; l'augure est quelque chose de purement subjectif, c'est une conjecture. Chez les Rontoins, la foudre tombée à gauche était un présage fhvorable (Comd.) , ou bien d'un bon augure (Montbsq.). L'injustice d'un plaideur n'est pas un présage infaillible de celle de sa cause ; mais la prévention du juge veut presque toujours en tirer un augure certain. (D'Ag.).
De là suit une seconde différence pour les cas où les deux mots signifient l'un et l'autre ce sur quoi nous jugeons ou notre jugement même. Le présage a une valeur propre, indépendante de notre estimation; il est fondé sur des rapports réels ou des raisons vraisemblables
DBimeiK vkMŒ
V augure, xa coTilraire, n'a que là" valeur d'une opiniou, d'une divination; il est fondé sur des circonsUnces insignifiantes , snr des rapports imaginaires ou vagues. C'est ce qui est confirmé par réiymologie : Tpfisage^ prxsagivm, vient de pracÊogirt , sentir , discerner snbtilement les choses d'avance, avant qu'elles soient; entgurr, de atrium gorriUu, Ifr chant des oisettax, Appelle une manière de pénétrer et de fafre connaître l'avenir évidemnwnt snperstittetise et' incertaine, savoir par le chant on le vol des • ci* seaux Le retour des birondelleevstHQ préM^e du retour du printemps;. « GraBSUs-, peoÂaiit'iin sacrifioe', ayant laissé tomber son' couteau des mains, on en prit un mauvais»- oM^iirr. »'lio«- TBSQ. -^ Les- premiers soeoès d'Alexandre étaient autant de présages de ses succès- futurs. • Je frémis, à ces mots , sans savoir pourquoi , et 'j'en tirai un mauvais augure. » Las. — Le raisonnement , Texpérience , la science tirent des frésages; rimagination, là superstition, le pressantimeort tirent des augurer.
Ce qu:\)n considère surtout dans le présùge, c*èBt^sa certitude; et il peut, du reste, se rapporter A des choses, pour nous indifférentes. L'atigursi au contraire, d'une probabilité très-faible,, est esseotiellemeut bon ou mauvais , r^atif à des choses qui nous intéressent. cRossàoante, qui ««mit 1» nez fia, sentit l'oitse ausBitôt<,.et se mit à hennir; ce que don Quichotte regardîk comme un infaillible présage du bonheur de sa sortie-.* Il dit à Sancho : Tu vois coiune tout s»' montre fteorable à notre dessein ; nous n'avons rien vu «noru. dont nous puissions tiarer un- mauvais ^M^nrei * Lis< On présage plus. ou moins sûrement; on aiifsfv bien. ou mal d'une entreprise. PAriMt présages on peut juger de nos lumières,. dt'netre sagacité, de la justesse de notre esprit;, et par nos avgures', d« nos espérances , de nos omintes, de nos passions, de notre humeur.
Il semble aussi que présage se prend plus vo- Inntiers en bonne part, et augutre en mauvaise. «Les anciens, ne voyant qu'un feu sous le» nuMs qu'ils nommaient l'astre d'Hélène, ils l'es^ timaient de mauvais augura ; au lieu que lors* qu'ils en voyaient deux , qu'ils nommaient Castor etPoUttX, ilales prenaient pour un bon présage»» Disc. « Lorsqu* Alexandre arma contre Darius, tout paraissait lui ouvrir la conquête de l'Asie. Il voyait, comme présages des succès qui l'attendaient , le» victoires de Thémistocle , de Pausanias, de Cimon, la retraite des Dix lliUe et les progrès rapides d'Agésilas...» Annibal formait une entreprise plus difficile^ On n'avait encore rien tenté qui pût en faire prévoir le succès, et U première guerre entre Carthage et Rome était d'un mauvais augure pour lui. » CoNn.
fiaESQlUE, QUASI. Peu s'en faut, c Le prince est la source de presque tout le bien qui se fait , et guoft toutes les punitions sont sur le compte des lois. » MoNTBSQ.
A en juger par cet exemple , il ne parait pas y avoir de difTèrence entre les deux mots. Cependant l'Académie déclare, et avec raison, que quasi est familier et peu usité. C'est déjà pour l'application une indication précieuse. Mais il est
possible' er iV peut être utiie<d*en donner vue autre , tirée de l'étymologie.
Presqumvient i près de : prtsqu cent, ^ de cent;- prtsquêivx portes de la ville, non bin ou & une petite distance des portai de livilk. Quati est le latin quasi ^ qui signifie primittre mefftoojmnè , de même que : quasi feu, q«m légitime, comme fbu ou comme légitime, oomsK s'il étair ttm ou légitime. Fresqwt rsfipert àli mesure , à l'étendue , à la quantité; et çvoh ili manière. Vous êtes presque plus grand qoeiutt firère, et ^trasi ptus savant. Vous stcz prêtât achevé, et^qimsi fini. P^etgue aussitôt après os chose 'on en fkit une autres et on se porte iflà mal : « Depuis cette funeste époque, le canliia. de Koailles ne ports qyasi jÂus santé, je nez dire qu'il fut presqps incontinent attaqaé, s peu & peu* poussé sans relâche- ait demièrei atrémités Juaqu*! la fin de sa vie: >;S. S.
Un voyageur* est* presque arrivé à son W prer^tie tous les ' phiKnophes* pensent telle dff sur tel point', il est jnvrqur mfamit: Mais («et quasi contraint (llÀt.); quaxt fatonteor (Vh?.) quasi nu (Sttv.), on mène quasi une vie ^ raie (Foht.), dans telle province on ovick qwui pas thinçais (Ur.): Ll il s'agft de disuv. dénombre, de durée; ici de maniëfei d^àiea d*agir, d'états, de qualités.
PVBSSAtft; CBGfENT. Ces mots serrent i ap mer des impressions ftites sur nons par<i«# chose qui nous excite à Hkire au plot tftc^ taine&^ctions : afûiire pressante ou urge^)^ soin, cas, mal pressanl ort urgent.
Pressant est moins fort qu'urgeid; la à» pressante vous filit dépêcher; la chose sryee vous presse l'épée dans les reins, veut aM ment être faite sur-le-champ. e
On dit plutôt un pressant besoin. < Sllfis besoin pressant que rëxpérience nous rende iflisible , c'est celui que nous avons d'un tel kcours. » Boss. « J'ai un besoin pressai ^ instruit à temps. » Volt. « Les prolétaiiesd» naient au moins des citoyens à l'Eut, qa^ fois même des soldats dans les besetui'»sanU. « J. j: — Biais on dira de P^féreocetf nécessité urgente. « On payait volontieis les subsides , parce qu'on savait que ce n'était (prepî* subvenir aux urgentes nécessités de 1'^ ' Boss. « Il ne faut pas que vous abandOBtsezTV amis dans leurs nécessités urgentes. » Volt. < l faut que les diètes extraordinaires soient rai9 et convoquées uniquement pour d'urgaia «»• cessités. » J. J. a Ce sont des drogues donttf « sert dans les nécessités urgentes. » Mol. « J**^ avec quelle précipiution MI de Vendôme p»*» de l'Italie , sans avoir voulu donner q»#* jours de plus à la nécessité la plus if9^'*
Ce qui est pressant ne souffre gaère de Am à l'égard de ce qui est urgent^ si on ^'^^^.^ est perdu!^» Les chirurgiens déclarèrent il «* Dubois qu'il lui fellail faire une opéfttioB^ était très-urgente, sans laqueUe il ne P«f* espérer de vivre que fort peu de jours. » S^
PRESSENTIR, SE DOUTER, M^V^^^ Avoir idée qu'une chose pourrait bien être.
STNONTMEa i; RâlHQAlIX DIVERS.
On pr€9t9nt oe* qtri dttU Brmv (ienUre pra ^ sentir d'aTance) : o*69t to^ionr9^ Taeveoir ou les choses fatures qu'on prewene, et cela, d'une manière inexplicable, par une sort» de divination:, d'inspiration, de meuvement intérieur dont on ne ' se rend pas cofnipte. «< Je suis sAr que vous'pres^ seniex d'arance où j*en vais venir. » J. J. «'Si FOUS prenenief (4àas votre él&v*^ ce raisonne* ment , vous pouvez aisément' le prévenir avantqu*il le fasse. > Id. « Ce fat Thémistocle , qui , perçant dans l'avenir, etpresienlaiil de loin oe qu'on ayait à craindre de la part des Perses, tourna toutes les forces d'Athènes dn oMé de la nier. » Roll. « Plus le temps est -froid, plus les litomes abondent; il semble mène quf elles en ^pressentent la cessation. > Bupf. « Les oiseaux ne s'établissent dans un dinat qu'après en avoir ^pressenti la température. » In. « La faction ^lackiste avait presiênH intérianreinent que ; 0\\ick ne soutiendrait pas la coocurrenoe avec ,: 'Ptecini pour le mérite du chant. aiJkE.
r J*ai dans le t:œnr, Hector, un bon pnumtimmitf Bt )e dois aujoard'hui gifnerassurteant.
Tettv coar est , montiear, ieii^l^iifs imeilable .
Ces- iaspiialions viennent souvent da diible, Rioic. s'
c n nous semblait que* les omelles déesses ne
^ nous avaient agité» que pour neu^ fairee près»-
'^ sentir des malheurs auxquels sous étiona desli-
' nés. » liONTSSQ.
5e douler et i oup^oniier' serapportest; nen pas uniquement à l'avenir, mais-â toutes levpasties^ d a temps. Déplus, ils -expriment une* manière de^onnaître qui n'a rien d'instinotif et demysté^ rieuz : se douter suppose de l'esprit , de* la finesse; et sevpçmner^ dee indices. « lis soupcfmnefU au fbnd dé leur ftme 1»- profond mépris que la philosophie a pour* eux, quoiqu'elle ne s'en vante pas* MaisàXûroed'teprh ils s'en dou^ tent, 9 D'Al.
Dans se douter le pronom personnel a pour effet de mettre le sujet en scène, de le montrer qui développe son talent ou sa pénétration. « Ce prince n'était point si stupide qu'il ne se doutât bien qu'une pareille assemblée était une conspiration contre son autorité. «-YEar. «-La physique expérin entaie était un: trésor caché dont Bacon #'était' douf^ , et que tou& les philosophe», eneourages par sa promesse, s'eiloroèrent de déterrer.» VOI.T. c Le fourbe, qui se douta bien de son des* sein , ne fit pas- semblant de se défier d'elle. * Lss. « Il se dit fdrt habile dan» cet art, mais il ne s'en doiife pas. » Acao.
On soupçosne comme on oonjeeture et comme on présume, d'après certains si^es', en se fou* dant sur certaines apparences;
On soupçonne aisément , à sa triste fisurr. Qu'il cherche en vain quelqu'un, qm prèle i triple^ usure. RacK.
« Œdipe , qui sait qur dans ce temps-li môme* il s'est battu contre deux étrangers en Phooide, doit son^pofiner dès ce moment que Lalus- a été tué de sa main. » Volt. « Soupçonnant sur plusieurs indices que mon jeune docteur n'avait rten du- tout ooflipris i rhistonro', je^... sfJ. J«-
« Rarmices jeunes gens j'en remarquai un dont l'habit me fit souppoimer que le caialier qui l'avait sur le oorps pouvait être l'homme que je cherchais. » Lss. « Ru touchant mes habits et mon visage , elle^soupfonsa que je n'étais point ramant chéri qu'elle attendait. » Id. a L'impression (que. fit la fumée noire sortie de la hotte ouverte par Psyché) fut si violente , que Psyché settp^ow». d'abwd quelque sinistre accident. » La»«
Les choses ne nous font pas pressentir; car le pressemHmeni est tout d'inspiration , ou sans cause assignable. Les choses ne nous font pas nous doufer; car on se dvute en vertu d'une disposition ou d'une sagacité propre, snbjective, indépendamment des objets. Mais les choses nous font soupçonner , le soupçon est une croyance légèrement mntivée , qui résulte de ce qui nous appandt.
niflSUliSR, GONIBCIURER (PaÉSOVFnON, GOlfJSGTURB); *<- ADGUKEBr. Concevoir quelque chosed^près' les apparences , d'après da simptes indioe»r
Ptéstmef, du latin prm sumere , prendre d'à* vanee, signifie prendre d'avance un avis, pié* juger. Conieetwrer, de conjecture^ jeter ensemble desdés', pour savoir, pour deviner, d'où eo»* jeetor:, interprèt»der songes, o'est imaginer ou se représenter les choses. Qui présume se fait proprement une opinion; qui cof^'eclure se ftût une idée. Ce qu'on présume^ n'est pas tdUjoura certain, et demande à être confirmé par des (ireures^) cei qu'ion conjecture n'est pas toujours vrai, et demande à: être confronté à la réalité, vérifié par* lès faits. La pr^jompCtofi est^ une croyante^, une affirmation : on présume que r&me ne meurt point (J. J-)* ^ conjecture est une explication, une manière de voir, un près* sentiment, une théorie : on conjecture un événement (Volt.); ne donner une explication que comme une conjecture (Boss.) ; ne donner ses idées que pour des conjectures {Cohu.), Là où il s'agit- de juger, de^ décider, et^ par exemple, de?ant les tribunaux et dais les afllaires,onpf^sume : là où il s'agit de rechercher , de se rendre compte-, de trouver les oauses ei le comment de ce qui arrive, dans les sciences naturelles, en particulier, on conjecture, — La présomption supplée à laicertttude. • N'imaginant point comment l'être pensant peut' mourir , je présume qu'il ne meurt pas. » Boss. « Une bonne cause ajoute aux autres avantages de la guerre.... On a sujet de présumer qu'on a Dieu pour soi.... » ID. cLovsqu'on arrét|> la Brinvilliers dans Liège , on trouva une confession- générale écrite de sa main, qui servit' non pas de preuve contre elle, mais de présomption^ n Volt. «Ce ne sont pas là des convictions entières, mais ce sont les pré* somptions les plus fortes. » Id. « Qu'on se permette de telles pr^somptûNit dans la chaleur d'unequerelle littéraire, cela est très-blàmable et très-eonnaun; mais le pivndre pour des preuves dans les tribunaux, voilà une jurisprudence à faire trembler, s J. J« La conjecture supplée à la vue. » Oh 1 si je savais mieux tous les détails que j*ignore^(du pl«i de persésutioa suivi eontre